OPEP

Réunion des membres de l’OPEP, à l’exception de l’Iran : la République islamique au cœur des débats

 

Réunion des principaux membres de l’OPEP, sans l’Iran, le tout sur fond de tensions dans le Golfe persique. Tous droits réservés.

Dimanche 19 mai, une réunion des ministres de l’Energie des principaux membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) s’est tenue dans la ville de Djeddah. Cette réunion a permis aux pays de l’OPEP de se coordonner afin de stabiliser le marché mondial du pétrole. En effet, les crises iranienne et vénézuélienne ont entrainé une baisse dans la production quotidienne de barils et une chute des exportations. Toutefois, les stocks de brut continuent d’augmenter selon le ministre de l’Energie saoudien, Khaled al-Faleh, malgré les tensions croissantes entre les Etats-Unis et l’Iran – grande absente de cette rencontre.

Le 19 mai, le Président des Etats-Unis a mis en garde sur Twitter la République islamique :« si l’Iran veut se battre, ce sera la fin officielle de l’Iran ». Il prévient la théocratie : « Ne menacez plus jamais les Etats-Unis ! ». Le lendemain, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif a répondu : « les Iraniens sont restés debout pendant des millénaires alors que leurs agresseurs [sont] tous partis ». Il ajoute : « Le terrorisme économique et les railleries génocidaires ne mettront pas fin à l’Iran ».

Ces attaques verbales font suite aux sanctions américaines prises à l’encontre de Téhéran avec une volonté de « porter à zéro les exportations » iraniennes dans le secteur pétrolier. L’Iran étant le 4ème exportateur mondial de pétrole en 2018, ces sanctions fragilisent le marché de l’or noir, qui craint des hausses des stocks mondiaux. Toutefois, les pays de l’OPEP sont « unanimes dans leur volonté de continuer à travailler pour arriver à la stabilité entre l’offre et la demande » a indiqué le ministre de l’Energie saoudien.. Riyad et Abou Dhabi assurent qu’ils « seront flexibles » et qu’il faut rester prudents. « Produire davantage ferait enfler les stocks et conduirait à une chute des cours du baril » selon les mots de Khaled al-Faleh.

La menace iranienne – brandie à plusieurs reprises par la République islamique en cas de conflit aggravé avec Washington – de fermer le détroit d’Ormuz aggrave davantage la situation. Ce couloir, hautement stratégique, est « le point de passage le plus important au monde » selon l’administration américaine. Cependant, l’Iran, auquel les Etats-Unis ont également imposé des sanctions dans le secteur bancaire, et sur les exportations de fer, d’acier, d’aluminium et de cuivre, est au bord de l’implosion économique et ne veut probablement pas envenimer la situation.

La réunion des membres de l’OPEP était également l’occasion de revenir sur les actes de « sabotage » déplorés contre quatre navires au large des côtes orientales des Emirats et l’attaque contre un oléoduc saoudien revendiquée par des rebelles yéménites, soutenus par Téhéran. Néanmoins, le ministre saoudien de l’Energie a voulu se montrer rassurant déclarant que « les actions destructives qui ont été commises la semaine dernière, ne produisent aucun effet à l’encontre de la distribution pétrolière ». Il ajoute concernant le marché pétrolier : « Je ne suis pas sûr qu’il y ait une pénurie de l’offre, mais nous regarderons l’analyse du marché. Nous serons sans aucun doute réactifs et le marché sera fourni ».

Riyad a demandé la convocation de sommets extraordinaires du Conseil de coopération du Golfe ainsi que la Ligue arabe, à La Mecque le 30 mai prochain afin de « discuter des agressions et de leurs conséquences sur la région » selon l’agence de presse officielle saoudienne. Il s’agit également de débattre sur « tous les sujets susceptibles de renforcer la sécurité et la stabilité dans la région ».

OPEP : Le retrait du Qatar

Lundi 3 décembre 2018, le nouveau ministre de l’Energie et de l’Industrie du Qatar, Saad AL-KAABI a annoncé lors d’une conférence de presse le retrait de Doha de l’OPEP.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP, en anglais Organization of the Petroleum Exporting Countries (OPEC)) a été créée en septembre 1960 lors de la Conférence de Bagdad par l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Iran, le Koweït et le Venezuela. L’OPEP est une organisation intergouvernementale permanente dont le siège est à Vienne. Elle a pour mission de coordonner et d’unifier les politiques pétrolières de ses pays membres et d’assurer la stabilisation des marchés du pétrole. L’objectif officiel poursuivi est « de garantir aux producteurs de pétrole des prix justes et stables, aux pays consommateurs un approvisionnement efficace et régulier et aux investisseurs un juste retour sur capital ». Le Qatar a été le premier pays à rejoindre ces cinq membres fondateurs en 1961 et a été rejoint par 9 autres Etats. Actuellement, l’OPEP concentre plus de 40% de la production de pétrole mondiale. Parmi les Etats-membres figurent deux Etats d’Amérique latine, la plupart sont issus du Moyen-Orient et d’Afrique. Deux acteurs de la rive sud de la Méditerranée, l’Algérie et la Libye en sont membres.

Lors de la conférence de presse, Saad AL-KAABI, également PDG de Qatar Petroleum, société d’Etat appartenant au Qatar exploitant les activités pétrolières et gazières, a déclaré : « Le Qatar a décidé de se retirer comme membre de l’OPEP avec effet en janvier 2019 ». Cette décision, annoncée comme« difficile » par le ministre,  est officiellement liée à la faible quantité de pétrole produite par l’émirat qui est l’un des plus petits producteurs de l’OPEP au sein de laquelle il bénéficie d’une influence limitée. Le pays continuera de produire du pétrole mais « notre potentiel, c’est le gaz » a affirmé le ministre, l’industrie gazière étant affichée comme la priorité à moyen et long terme dans ce petit Etat de 2,6 millions d’habitants et de 12 000 kilomètres carrés. En effet, Doha est le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) avec une production de 77 millions de tonnes par an qui sera de l’ordre de 110 millions en 2024. Le secteur gazier a permis de transformer et d’enrichir l’économie qatarie.

Cette décision est à rapprocher des tensions avec l’Arabie saoudite. La monarchie apparait isolée sur la scène régionale depuis juin 2017, subissant un embargo économique et diplomatique de la part de Riyad, qui a fermé ses liaisons terrestres, maritimes et aériennes. Le régime wahhabite, qui domine actuellement le cartel, est suivi par ses alliés dont font partie les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte. Tous soupçonnent le Qatar de soutenir des mouvements terroristes, de favoriser les Frères musulmans et de se rapprocher de l’Iran. Sans surprise Saad AL-KAABI a assuré qu’il ne s’agissait pas d’une décision politique mais d’une réflexion sur les moyens de renforcer le profil international du pays par son industrie gazière.

L’annonce du ministre intervient alors qu’une réunion cruciale doit se tenir les 6 et 7 décembre à Vienne entre les pays membres de l’OPEP et leurs partenaires.  Les discussions porteront notamment sur une baisse de la production de pétrole pour enrayer la baisse du prix des barils. Le Qatar y participera, probablement pour la dernière fois. Cet épisode illustre le clivage croissant au sein du Moyen-Orient.

 

Pétrole – 2017 01 27 – Le trop-plein d’or noir n’est pas près de se résorber – Le Monde

Il est bien révolu le temps, pas si lointain, où le monde s’inquiétait du peak oil, ce point culminant de la production pétrolière annonciateur d’un inexorable déclin de l’énergie reine du XXe siècle. C’était il y a seulement quelques années… Dans son dernier rapport prospectif « Energy Outlook 2017 », publié mercredi 25 janvier, BP constate que le trop-plein d’or noir n’est pas près de se résorber, ce qui exacerbera la guerre des parts de marché qui a fait rage pendant deux ans entre les pays producteurs. ….