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Sahara Occidental : un tour pour rien ?

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La table ronde sur le Sahara occidental s’est déroulée les 5 et 6 décembre 2018 au Palais des Nations au siège des Nations Unies à Genève. Initiée par l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental, Horst KOHLER, cette rencontre a réuni le Front Polisario, le Maroc, la Mauritanie et l’Algérie. Elle permet de faire renaitre un processus bloqué depuis 2012.

La première séance de cette table s’est déroulée conformément à la résolution 2440 du Conseil de sécurité de l’ONU du 31 octobre 2018 qui enjoint le Maroc et le Front Polisario, les deux parties au conflit, à reprendre les négociations. Elle a été présentée par l’ONU comme « un premier pas vers un processus renouvelé de négociations en vue de parvenir à une solution, juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ». Cet événement a suscité de vifs espoirs d’autant plus qu’en octobre dernier, le Conseil de sécurité a prorogé sa mission au Sahara occidental pour une durée supplémentaire de 6 mois.

Le Sahara occidental représente un territoire de 266 000 kilomètres carrés. Ancienne colonie espagnole, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) déclare son indépendance en 1976. Toutefois, le Maroc contrôle toujours 80% de son territoire. Le Sahara occidental fait l’objet de tensions dans la région, notamment entre l’Algérie et le Maroc.

Alors que le Secrétaire général de l’ONU Antonio GUTERRES les avait exhortés à se présenter « de bonne foi et sans pré conditions » comme le stipule la résolution 2440, Maroc et Front Polisario ont campé sur leur position. Nasser BOURITA, ministre des Affaires étrangères marocain a relevé la « très bonne atmosphère » durant les discussions mais a prévenu que le royaume chérifien n’était « pas prêt à s’engager dans des réunions sans fin ». De plus, il affirme que « l’autodétermination est une chose, le référendum en est une autre. L’autodétermination se fait par les négociations. Le référendum n’est pas à l’ordre du jour ». Le Front Polisario par la voix de sa représentante en Suisse, Omeima MAHMOUD ABDEL SALAM, a réitéré le rejet du peuple sahraoui de toute solution « en dehors de l’exercice de son droit inaliénable à l’autodétermination ». Le président du « Parlement » sahraoui Khatri ADDOUH a quant à lui déclaré : « si les Marocains ont vraiment la réelle volonté d’en finir avec cela et de façon plus rapide qu’en organisant un référendum, ils doivent reconnaitre la République sahraouie ».

Dans un communiqué du 6 décembre, après « ces deux jours de discussions intenses », l’ancien président allemand Horst KOHLER s’est félicité que les parties se soient « engagées ouvertement et dans un esprit de respect mutuel ». Il poursuit : « Toutes les délégations ont reconnu que la coopération et l’intégration régionale, plutôt que la confrontation, étaient les meilleurs moyens de relever les nombreux et importants défis auxquels la région est confrontée ». Selon lui, aucune partie n’aurait intérêt à maintenir le statu quo et une solution pacifique serait possible. Toutefois, les blocages entre les protagonistes sont restés entiers et certains sujets épineux ont été délibérément évités. Au terme de cette rencontre, aucune avancée significative n’a donc été retenue si ce n’est la tenue à l’horizon 2019 d’une nouvelle rencontre. Cette future table ronde permet d’envisager des conclusions plus concrètes.

Conférence de Marrakech sur les migrations, un sujet qui divise

Des demandeurs d’asile et des migrants à bord d’un canot dans les eaux internationales au large des côtes libyennes en novembre 2016.Tous droits réservés.

Les 10 et 11 décembre 2018 se tient à Marrakech une conférence des Nations Unies concernant les migrations. L’objectif de cette Conférence de Marrakech est d’adopter officiellement un pacte global afin de « rendre les migrations plus sûres et plus dignes pour tous ».

Le texte de l’accord, le « Pacte mondial pour des migrations plus sûres, ordonnées et régulières », a été approuvé par les Etats membres de l’ONU le 13 juillet 2018. Il entend mieux gérer les migrations internationales, renforcer le droit des migrants et à contribuer au développement durable et répond à la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants du 19 septembre 2016. Pour la première fois, les Etats se sont accordés pour négocier un accord couvrant toutes les dimensions des migrations internationales. « Réalisation importante » pour le Secrétaire général de l’ONU Antonio GUTERRES, il s’agit d’un « moment historique » pour Miroslav LAJCAK, président de l’Assemblée générale jusqu’au 18 septembre 2018, puisqu’en décembre ce pacte « deviendra officiellement le premier cadre global sur la migration que le monde ait jamais vu ».

Ce Pacte mondial mentionne 23 objectifs à atteindre qui reposent sur des valeurs telles que la souveraineté des Etats, le partage des responsabilités, la non-discrimination et les droits de l’homme afin d’encadrer les migrations. Toutefois, ce texte propose des pistes de réflexion. Même s’il aura de facto une valeur normative, il ne sera pas contraignant juridiquement.

La Canadienne Louise ARBOUR, Représentante spéciale des Nations Unies pour les migrations internationales, présidera la Conférence et espère après adoption du Pacte « une nette amélioration des aspects développement, de l’aspect humanitaire et de tous les avantages économiques que la migration peut produire » à condition que cette dernière soit « bien gérée de manière coopérative ». Si la migration n’est pas un phénomène nouveau, le nombre de migrants s’est accru ces dernières années. « Aujourd’hui, 3,4% de la population mondiale sont des migrants. En 2000, il était de 2.7% » déclare la Représentante spéciale de l’ONU qui affirme que les changements climatiques donneront également lieu à une hausse significative de ce nombre.

L’adoption de cet accord apparait essentielle à l’heure où les conséquences de la migration deviennent préoccupantes. Selon l’OIM, plus de 3 300 personnes ont péri sur les routes migratoires au courant de l’année 2018. Parmi elles, plus de 1700 sont mortes en Méditerranée en tentant de rejoindre l’Europe. Les préoccupations d’un autre ordre se font également entendre. Les pays d’émigration perdent une partie de leurs compétences, les migrants étant souvent qualifiés. Les pays d’accueil sont confrontés à l’inquiétude liée à la perception de concurrence et de vulnérabilité culturelle générée par l’arrivée des migrants.

Ce Pacte fait donc l’objet de critiques dans plusieurs pays craignant qu’il ne devienne un « droit à la migration ». Les gouvernements français et belge annoncent qu’ils signeront ce pacte en accord avec l’ONU mais font face à une vive opposition. Quant aux Etats-Unis, ils se sont retirés des négociations du texte. D’autres Etats, soutenant une ligne ferme en matière de politique d’asile des migrants, ont annoncé pour leur part qu’ils ne signeraient pas le document. Il s’agit en l’occurrence de l’Autriche, la Bulgarie, la Hongrie, Israël, la Pologne, la Slovaquie ou encore la République Tchèque. Face à ces absences, Louise ARBOUR défend que « l’écrasante majorité des Etats membres de l’ONU soutient ce projet de coopération » qui « réaffirme la souveraineté des Etats en terme de politique migratoire ».

La conférence de Palerme : un bilan mitigé

De gauche à droite : le président du Conseil d’Etat en Libye, Khaled al-Mechri, le président du Conseil italien Giuseppe Conte, l’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, le 13 novembre à Palerme.
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La conférence de Palerme s’est tenue les 12 et 1novembre 2018. Organisée par l’Italie pour régler la situation en Libye, elle a réuni 38 délégations. Parmi les pays représentés, figurent les Etats voisins et acteurs du dossier libyen, principalement d’Afrique. Ghassan SALAME, émissaire du secrétaire général de l’ONU pour la Libye, était présent, tout comme la représentante de l’Union africaine pour la Libye, Wahida AYARI. Jean-Yves le DRIAN s’est rendu à Palerme le mardi 13 novembrele ministère de l’Europe et des affaires étrangères souhaitant « le succès de cette conférence (…) organisée dans le prolongement de la conférence de Paris du 29 mai ».

La rencontre s’est achevée mardi 13 novembre au soir par un bilan mitigé, lconférence n’ayant abordé aucune des véritables questions de fond.

La venue du maréchal Khalifa HAFTAR a monopolisé toutes les discussions. Reçu par le président du conseil italien Giuseppe CONTE le mois dernier, il avait confirmé sa présence à la conférence. Pourtant, l’homme fort de l’est libyen, chef autoproclamé de l’Armée nationale libyenne et rival du chef de gouvernement d’accord national Faïez al-SARRAJ, n’est arrivé que lundi 12 novembre au soir, laissant les spéculations autour sa venue se multiplier. Avec son attitude, le maréchal HAFTAR envoie un message à Rome, qu’il juge trop proche du gouvernement tripolitain d’al-SARRAJ. S’il a boycotté la première journée, il a accepté mardi matin, de retrouver plusieurs pays actifs dans le dossier libyen (dont l’Egypte, la Russie, l’Algérie, la Tunisie et la France) lors d’une réunion en marge de la conférence.

L’autre événement marquant est le départ de la Turquie. Exclu de la réunion informelle du mardi matin, le pays représenté par son vice-président Fuat OKTAY, s’est déclaré « profondément déçu ». Pour la Turquie, toute réunion sans sa participation serait « contre-productive pour régler le problème ». Ankara déplore les actions de certains Etats qui « continuent de détourner le processus libyen au profit de leurs propres intérêts ».

Durant la conférence de presse finale, Giuseppe CONTE souligne le bon déroulement de la réunion, tous les protagonistes importants en Libye étant présents. D’ailleurs, les deux leaders libyens se sont rencontrés brièvement en marge de la conférence et se sont symboliquement serré la mainToutefois, le président du conseil des ministres italiens a tout de même déclaré : « Nous n’avons jamais eu la prétention de fournir à travers cette conférence, la solution à la crise libyenne ». En effet, la rencontre n’a débouché sur aucune avancée significative. L’Italie souhaitait pourtant faire de cette conférence son grand rendez-vous diplomatique. En rivalité avec la France sur le dossier libyen qui espérait des élections à la fin de l’année 2018, l’Italie a tenté depuis de reprendre la main depuis l’échec de la proposition d’Emmanuel MACRON, jugée « intenable » pour la plupart des observateurs. 

Le nouvel élan au processus politique espéré par Rome n’a pas obtenu l’effet escompté. Avec sa portée symbolique, cette conférence de Palerme entretient toutefois l’espoir de la tenue d’élections générales au printemps 2019, à la suite d’une Conférence nationale organisée par la Libye dans les premières semaines de 2019, annoncée dans le plan d’action présenté le 8 novembre par Ghassan SALAME.

 

Yémen : les appels pour mettre fin au conflit

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Depuis 2015, le Yémen est le théâtre d’affrontements violents entre les Houthis et les forces loyales au président Hadi. L’intervention en faveur de ces dernières d’une coalition dirigée par l’Arabie Saoudite du prince héritier Mohamed ben SALMAN, a aggravé le conflit et occasionné une famine dévastatrice. Pour les Nations Unies, il s’agit de la « pire crise humanitaire au monde ». L’affaire KHASHOGGIa considérablement affecté la crédibilité de Riyad sur la scène internationale et sa légitimité au Yémen pâtit de ce meurtre. Le royaume wahhabite fait l’objet de pressions de la part des puissances occidentales, mais le revirement de son plus fidèle allié en Occident, les Etats-Unis, sera déterminant.

Le 30 octobre 2018, par la voix de Mike POMPEO, secrétaire d’Etat américain, Washington réclame en effet la fin du conflit yéménite : « les Etats-Unis appellent toutes les parties à soutenir l’envoyé spécial des Nations Unies, Martin GRIFFITHS, dans la recherche d’une solution pacifique au conflit au Yémen ». Les Etats-Unis demandent « la cessation des hostilités », qu’il s’agisse des « frappes de missiles et de drones depuis les zones contrôlées par les Houthis en direction du royaume d’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis » mais également des « frappes aériennes de la coalition (…) dans toutes les zones peuplées du Yémen ». En recommandant le recours à la voie politique, les Washington considère qu’« il est temps de mettre fin à ce conflit, de le remplacer par un compromis et de permettre au peuple yéménite de guérir par la paix et la reconstruction ». Les Etats-Unis réclament l’ouverture de négociations de paix d’ici trente jours. La déclaration américaine surprend, l’administration de Donald TRUMP n’ayant jamais caché son soutien à l’Arabie saoudite.

A Washington pourtant, l’opposition, notamment au Congrès, espérait depuis des mois que Donald TRUMP incite Riyad à plus de discernement dans la conduite de cette guerre. D’ailleurs, mardi 30 octobre, le New York Times a publié un articlealertant sur la situation au Yémen, entrecoupé par des photographies glaçantes d’enfants yéménites mourant de faim.

Dans les capitales européennes, un débat a émergé quant à la fourniture d’armes à l’Arabie saoudite. La ministre des Armées, Florence PARLY, invitée de l’émission de Jean-Jacques BOURDIN sur BFM-TVmardi 30 octobre, assure que « la France est un fournisseur modeste d’armes à l’Arabie saoudite ». Toutefois, la ministre affiche un positionnement clairement défavorable à l’encontre de cette guerre, déclarant qu’ « il est plus que temps qu’elle cesse ».

Les déclarations française et américaine rejoignent les positions des associations et ONG, à l’instar d’Amnesty Internationalqui militent depuis des mois afin d’interpeler la communauté internationale sur les atrocités commises à Sanaa.

Les différentes parties yéménites se montrent cependant réticentes à l’idée d’un accord commun, suggéré par Mike POMPEO et par l’ONU le 14 avril 2015 au travers de la résolution 2216. Selon les estimations d’Acled (The Armed Conflict Location & Event Data Project), une organisation indépendante chargée de collecter les données des violences politiques étatiques, plus de 50 000 personnes sont mortes entre janvier 2016 et septembre 2018 dans ce pays de 22 millions d’habitants où 8,4 millions ont besoin d’aide et de protection selon les Nations Unies.

 

Rencontre CONTE-HAFTAR, l’Italie sur le dossier libyen

Giuseppe CONTE et Khalifa HAFTAR à Rome, le 28 octobre 2018.
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Dimanche 28 octobre 2018, le maréchal Khalifa HAFTAR, l’homme fort de l’Est libyen et commandant autoproclamé de l’Armée nationale libyenne, s’est entretenu avec le président du Conseil des ministres italien, Giuseppe CONTE. Cette réunion a pour but de préparer la conférence internationale concernant la Libye, qui se tiendra à Palerme, les 12 et 13 novembre prochains.

La conférence de Palerme, organisée par Rome, a pour dessein de réunir les principaux acteurs libyens et vise à « soutenir les conditions de sécurité et de développement économique, ainsi que le renforcement du cadre politico-constitutionnel ». Le but est de résoudre l’impasse politique que connait la Libye, représentée par deux hommes : le maréchal HAFTAR et Fayez al-SARRAJ, Premier ministre du Gouvernement National d’Accord, reconnu par la communauté internationale.

Giuseppe CONTE, exhortant Khalifa HAFTAR à participer à la conférence de Palerme, a précisé qu’elle sera une « conférence pour la Libye et non sur la Libye ». Le chef de l’Armée nationale libyenne a confirmé sa venue, qui permettra un débat constructif débouchant à terme sur un « véritable processus d’unification conforme aux attentes permanentes du peuple libyen ».

La rencontre avec le maréchal HAFTAR s’est faite à l’issue de deux entretiens, vendredi 26 octobre, avec Fayez al-SARRAJ puis Ghassan SALAME, envoyé spécial de l’ONU en Libye. Considérant la conférence de Palerme comme un « signe essentiel de l’appui de la communauté internationale au processus politique », Ghassan SALAME a félicité « l’approche inclusive suivie par l’Italie en faveur d’une implication totale des principaux acteurs libyens dans l’organisation de la conférence ». Fayez al-SARRAJ a également confirmé sa présence en novembre prochain et espère une évolution positive de la situation en Libye, dans « l’intérêt de ses populations et de ses institutions ».

Le président Conte entend s’ériger en « facilitateur » dans les questions libyennes. Il espère bénéficier de la présence de nombreux membres de la communauté internationale.

Le président Emmanuel MACRON avait réuni fin mai à Paris, Fayez al-SARRAJ et Khalifa HAFTAR. Dans une « déclaration politique finale » les deux leaders libyens s’étaient engagé sur la tenue d’élections au 10 décembre 2018. Toutefois, si la France espère maintenir ce calendrier, l’Italie, rejointe par les Etats-Unis et des experts, le considère prématuré, au regard de la fragilité libyenne. En effet, la situation en Libye est délicate. Dans la nuit de dimanche à lundi 29 octobre, quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres enlevées au centre du pays, lors d’une attaque armée commise par le groupe terroriste Daesh. Le sud du pays est en proie aux groupes armés étrangers, émanant notamment du Soudan et du Tchad. Les deux pouvoirs en place en Libye peinent à éradiquer ce phénomène dans cet Etat libyen en déliquescence.

Sommet tripartite Grèce-Egypte-Chypre

Poignée de mains entre Abdel Fattah AL-SISSI, Alexis TSIPRAS et Nikos ANASTASIADES durant le sommet tripartite Grèce-Chypre-Egypte, le 10 octobre
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Les présidents chypriote et égyptien, Nikos ANASTASIADES et Abdel Fattah AL-SISSI et le Premier ministre grec Alexis TSIPRAS se sont réunis à Elounda, en Crète, le 10 octobre 2018, à l’occasion du 6ème sommet Grèce-Chypre-Egypte.

Dans le cadre de ce partenariat trilatéral et sur la base de valeurs et d’intérêts communs, les Etats ont réaffirmé leur volonté d’élargir et d’approfondir leurs relations dans divers domaines. Dans la déclaration commune publiée par le gouvernement chypriote, les chefs d’Etats et gouvernement affirment reconnaitre que « les principes directeurs du partenariat tripartite sont le respect du droit international et les principes consacrés par la Charte des Nations Unies ».

Lors de ce sommet qui a aussi permis des réunions bilatérales, les chefs des trois délégations se sont félicités des avancées depuis le dernier sommet à Nicosie et ont discuté des nombreux enjeux de la région. Parmi les sujets discutés, les questions liées à l’immigration, à la Libye, à la Syrie, au conflit israélo-palestinien ou encore à la pollution et au tourisme ont fait l’objet de débats. Cette coopération trilatérale ayant pour but de lutter contre le terrorisme international et instaurer une sécurité à long terme, préfigure un partenariat renforcé entre l’Union européenne et l’Egypte et précède le sommet UE-Ligue arabe qui se tiendra au début de l’année 2019.

En termes énergétiques, les défis sont nombreux pour l’avenir. Les trois Etats entendent promouvoir une coopération énergétique dans les domaines des hydrocarbures, de l’électricité et des énergies renouvelables. Le débat des énergies a suscité d’importantes discussions, en rapport avec la découverte et l’exploitation prochaine de gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale qui sont « d’une importance vitale pour la stabilité de la région », la sécurité énergétique s’érigeant en « pierre angulaire de la coopération énergétique trilatérale ».

Les chefs d’Etats et de gouvernement réunis ont exprimé le souhait de renforcer leur coopération par le biais d’une série d’accords concernant l’exploitation et le transfert de gaz naturel, conformément à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Ils entendent du même fait « poursuivre rapidement les négociations sur la délimitation de leurs frontières maritimes communes », en appelant Ankara à cesser ses activités illégales dans la ZEE chypriote. Par ailleurs, les 3 Etats ont également affirmé leur soutien « indéfectible » aux efforts menés par la République de Chypre dans sa recherche d’une solution globale au regard du droit international, dans un contexte d’« occupation militaire illégale par la Turquie ».

En réponse, Ankara, le 12 octobre, par le biais du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hami AKSOY, se dit « consternée par les revendications injustifiées contre la Turquie ». En rappelant que les Chypriotes turcs sont copropriétaires de l’île, le pays accuse la partie grecque de l’île d’atrocités commises entre 1963 et 1974 et promet qu’il « continuera résolument de préserver ses droits et intérêts ». La Turquie fustige « ceux qui prennent des mesures au détriment des droits et intérêts légitimes de la République de Turquie et de la République turque de Chypre-Nord ».

La République turque de Chypre-Nord, indépendante depuis 1983 est un Etat non reconnu par la communauté internationale, à l’exception de la Turquie. La Conférence sur Chypre de juin 2017 n’ayant pas abouti « à un règlement durable, global et juste », le mandat des forces de l’ONU, présentes sur l’île depuis 1964, a été prolongé jusqu’au 31 janvier 2019.

L’ONU somme l’Algérie sur la question des migrants

Des migrants expulsés d’Algérie débarquant d’un bus dans le désert. Mai 2018.
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Dans un rapport publié à Niamey le 9 octobre 2018, Felipe GONZALEZ MORALES, rapporteur spécial de l’ONU sur la question des droits de l’Homme des migrants, a appelé l’Algérie à « cesser immédiatement les expulsions collectives de migrants » africains vers le Niger. A l’issue d’une mission menée au Niger du 1er au 8 octobre, il dénonce les traitement subis et les opérations de rapatriement forcé.

Des hommes d’origine subsaharienne vivant et travaillant en Algérie depuis des années sont également victimes de ce phénomène. Felipe GONZALEZ MORALES s’est indigné du sort des migrants qui « sont raflés à leurs domiciles en pleine nuit sans même avoir le temps de s’habiller, de prendre leurs affaires et leurs économies ». Emmenés dans des postes de police où ils sont « battus », selon les termes du rapporteur spécial de l’ONU, ils sont conduits vers la frontière du Niger en bus, où ils doivent marcher dans le désert afin de rejoindre la ville la plus proche.

En réponse, le gouvernement algérien, qui avait déjà réfuté les accusations de mauvais traitement en juillet, a rejeté mercredi 10 octobre « globalement et dans le détail les assertions » de Felipe GONZALEZ MORALES. Le ministère des affaires étrangères algérien, étonné des propos tenus par le rapporteur spécial onusien, considère que ce dernier « outrepasse les limites de son mandat » et « prend pour vérités les allégations des personnes reconduites à la frontière pour séjour illégal ». Demandant des explications au représentant de l’Organisation internationale pour les migrants (OIM) au Niger, Alger l’accuse dans le même temps de « devenir un vecteur de propagande alimentant et entretenant depuis des mois une campagne de désinformation contre l’Algérie. »

Si l’Algérie rappelle sa « lutte implacable contre la traite humaine et les réseaux de passeurs » dans le cadre de sa campagne contre le crime organisé transnational, elle affirme que les « opérations de reconduite aux frontières des migrants illégaux vont se poursuivre ». Et de rappeler qu’elles « se dérouleront dans le respect de la dignité des personnes » conformément à la loi algérienne et aux dispositions des conventions internationales.

Selon les chiffres officiels de l’OIM, Alger a expulsé 35 600 Nigériens depuis 2014 dont plus de 12 000 depuis le début de l’année 2018. De plus, plus de 8 000 personnes venus d’Afrique de l’Ouest ont été reconduits aux frontières. Face au sort réservé aux migrants en Algérie, l’OIM a critiqué à plusieurs reprises la politique menée par les autorités algériennes.

Trafic des migrants : le Conseil de sécurité proroge ses mesures pour un an

Des migrants en Libye

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Le 3 octobre, les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont adopté la résolution 2437, prorogeant pour une période de 12 mois, à compter de son adoption, les dispositions prises en 2015 contre le trafic des migrants et la traite des êtres humains en Libye.

Depuis 2011 et le renversement de l’ancien dirigeant et « Guide de la Révolution » Mouammar KADHAFI, la côte libyenne est en proie à la traite des êtres humains et au trafic des migrants. Des hommes et des femmes sont même vendus en tant qu’esclaves en Libye. L’ampleur de ce trafic engendre des conséquences humanitaires, politiques et sécuritaires pour la Libye et toute la région.

Sur proposition du Royaume-Uni, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité la résolution. Les Etats-membres, pour une période supplémentaire d’un an, s’ils soupçonnent un trafic de migrants ou une traite d’êtres humains, sont autorisés à inspecter les bateaux naviguant en haute mer au large des côtes libyennes. Ils sont d’ailleurs en mesure de les saisir.

La France s’est félicitée du renouvellement des autorisations et souligne le soutien unanime du Conseil à l’engagement de l’Union européenne en faveur de la paix et de la stabilité en Libye à travers l’opération EUNAVFOR MEED Sophia. Cette dernière, décidée en 2015 par l’UE dans le cadre de sa PSDC, est chargée de lutter contre le trafic de migrants en Méditerranée en désorganisant les réseaux de passeurs tout en sauvant des dizaines de milliers de vies chaque année. Elle mène ses missions en lien avec le Gouvernement d’entente nationale incarné par le Premier ministre libyen EL-SARRAJ. L’autorisation permise par le Conseil permet à EUNAVFOR MEED Sophia de disposer des moyens adaptés pour remplir efficacement son rôle. Paris regrette tout de même que le texte ne soit pas plus explicite dans le rappel des positions sur le sort des migrants au regard du cadre juridique international et des conventions internationales sur le droit de la mer, le crime international organisé et les réfugiés.

A l’issue du vote, France et Royaume-Uni ont désiré prendre la parole pour rappeler la gravité du sujet. De nombreux migrants continuent de risquer leur vie en tentant de traverser la Méditerranée, victimes de passeurs exploitant leur détresse. La France rappelle, conformément aux résolutions 2240 (2015) et 2380 (2017), la nécessité de traiter les migrants avec humanité, dignité et dans le plein respect de leurs droits. Elle rappelle les obligations qu’imposent le droit international et notamment le droit international des droits de l’Homme et exhorte les Etats à protéger les droits de l’Homme des migrants, en dépit de leur statut migratoire.

 

Algérie, Maroc et Sahara occidental : les rivalités des frères ennemis du Maghreb

Camps sahraoui de Tindouf en Algérie
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Assemblée générale des Nations-Unies : le Sahara occidental au cœur des discussions

Le chef du gouvernement marocain, Saâdeddine EL OTHMANI, dans une allocution prononcée lors de la 73ème Assemblée générale de l’Organisation des Nations-Unies mardi 25 septembre 2018, évoque le Sahara occidental. Le considérant comme un « conflit artificiel » qui « nuit à l’intégration maghrébine », EL OTHMANI qui représentait le monarque Mohammed VI à l’ONU, accuse l’Algérie dans le traitement de ce différend1. En rappelant son attachement à l’ONU, capable de trouver « une solution politique, réaliste, pratique et durable », le chef du gouvernement chérifien pointe du doigt l’Algérie, accusée de « continuer d’entretenir ce conflit2 »

« Nous appelons la communauté internationale à inciter l’Algérie à assumer pleinement sa responsabilité en autorisant le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (HCR) à enregistrer et à recenser cette population conformément aux résolutions du Conseil de sécurité et en réponse aux appels du Secrétaire général de l’ONU et des organisations humanitaires spécialisées».

Le diplomate marocain fustige l’Algérie, qu’il prétend coupable de faire « une situation tragique » aux réfugiés sahraouis dans les camps algériens.

Saâdeddine EL OTHMANI devant les délégations étrangères lors de la 73e Assemblée générale de l’ONU à New York le 25 septembre 2018.
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Parallèlement, Abdelkader MESSAHEL, ministre algérien des Affaires étrangères, a rencontré l’Allemand Horst KÖHLER, envoyé personnel du Secrétaire Général de l’ONU pour le Sahara le 25 septembre. Le 27 septembre, MESSAHEL s’est entretenu avec le Secrétaire Général Antonio GUTERRES pour évoquer les relations algéro-onusiennes, la situation au Mali et en Libye et le cas du Sahara occidental. L’Algérie s’affirme comme le soutien par excellence du Front Polisario, le mouvement politique et armé du Sahara occidental qui milite pour l’indépendance.

Le dossier du Sahara occidental se diffuse au-delà des frontières marocaines et algériennes. Horst KÖHLER, l’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, a rencontré mardi 25 septembre David HALE, sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires politiques afin de discuter de la question sahraouie quand l’ONU tente de relancer les négociations entre Rabat et le Front Polisario.

Cette position américaine fait écho à la déclaration de Washington en avril qui espérait relancer les pourparlers d’ici le mois d’octobre 2018, félicitant les efforts de médiation menés par KÖHLER et la MINURSO (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental) en vue de l’organisation d’un référendum d’autodétermination dans cette région4.

Cette rencontre précède également la remise du rapport du Secrétaire Général de l’ONU concernant le Sahara occidental au Conseil de Sécurité. Devant être remis le 28 septembre 2018, sa présentation est prévue pour le mois d’octobre et vient relancer le processus de paix au Sahara occidental, dans l’impasse depuis 2012, date à laquelle le Maroc et le Front Polisario se sont rencontrés pour la dernière fois aux Etats-Unis.

Le Sahara occidental : un incubateur des tensions

« C’est bien l’Algérie qui a créé cette crise » affirme EL OTHMANI devant l’Assemblée générale de l’ONU pour qui ce différend relève de l’intégrité de son territoire. En sa qualité de représentant du roi marocain, il accuse Alger de négligence envers les réfugiés sahraouis présents sur le sol algérien notamment dans les camps de Tindouf, ville située à l’extrême sud-ouest algérien. Pourtant, Maria CAMELLO, chercheure au GRIP (Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la sécurité) dans le domaine des « armes légères et transferts d’armes », dans un rapport publié le 17 septembre 2018, condamne d’autre part la politique chérifienne à l’égard du Sahara occidental qui y mène des « pratiques répressives violentes et injustifiées concernant la liberté de mouvement, la liberté d’expression et d’association, le droit à un procès équitable ou encore la sauvegarde des droits économiques, sociaux et culturels » du peuple sahraoui5.

 

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Le statu quo de « ni guerre ni paix » nuit à la région et représente un facteur de risque6. Les deux pays s’accusent de désinformation à propos de ce différend et le prennent pour prétexte quant à la fermeture des frontières, initialement fermées à la suite d’un attentat perpétré à Marrakech. Accusant l’Algérie de ces attaques, les autorités marocaines ont annoncé l’instauration d’un visa obligatoire pour les ressortissants algériens. En réponse, l’Algérie a fermé ses frontières. Alors que des citoyens algériens et marocains réclament la réouverture de ces frontières, elles demeurent fermées depuis 1994. Cette question représente un point de crispation entre Alger et Rabat et vient maintenir l’état de rupture des deux pays, déjà brouillés autour du problème du Sahara occidental.

Des pays similaires en apparence mais hétérogènes en faits

Les deux pays sont frontaliers, partagent la même langue, la même religion et la même culture. Il est de prime abord aisé de croire qu’ils se rejoignent en tout point. Pourtant, tandis que les pays se montrent similaires dans plusieurs domaines, l’ancrage politique est toutefois différent entre le Maroc et l’Algérie.

Le Maroc se montre davantage libéral et attaché à l’Europe. Nabil Adghoghi, premier conseiller de la Mission du Royaume du Maroc auprès de l’Union européenne confirme que la politique extérieure du royaume chérifien est ancrée en Europe avec une ouverture économique marquée7. La volonté d’adopter le modèle européen est telle que le Maroc va même jusqu’à demander l’adhésion à l’Union européenne en 1984. Cette demande est rejetée trois ans plus tard pour une raison géographique, le Maroc n’étant pas européen. En réalité, le Maroc, jouant de cette appartenance à la fois arabe et musulmane d’un côté – le monarque chérifien étant légitime sur le plan religieux – fait office du bon élève de l’UE au Maghreb en adhérant à ses principes et en entretenant des relations cordiales avec les pays européens. À ce titre, Henry Kissinger, le diplomate et politologue américain écrit à propos du Maroc qu’il se trouve « depuis un siècle à l’intersection des grandes stratégies des puissances étrangères, ce qui contraint ses dirigeants à manœuvrer avec art, subtilité et autorité8 ». De plus, le Maroc fait partie des principaux partenaires de l’Union dans toute la Méditerranée9.

Quant à l’Algérie, elle est profondément marquée par son histoire empreinte d’une longue période de colonisation. Cette période impacte la vie politique algérienne qui perçoit dans l’Europe une menace néocolonialiste. Durant la Guerre froide, l’Algérie se montre beaucoup moins encline au libéralisme. A contrario, elle devient un pays socialiste et s’affiche avec les pays phares du tiers-mondisme.

Arrivent au même moment à la tête des deux États Abdelaziz BOUTEFLIKA côté algérien et le roi Mohammed VI pour le Maroc, à la fin des années 1990 et début des années 2000. Ces chefs d’Etats viennent ancrer davantage les différences entre Alger et Rabat. Ces derniers réhabilitent certains héros nationaux et confèrent à leur pays un passé propre. De fait, les idées de nationalisme priment sur l’idée d’un Maghreb unifié et éliminent le patriotisme maghrébin10.

Un dossier brûlant et des différends anciens

Le Sahara occidental représente aujourd’hui le dossier brûlant entre les deux pays. Pendant la Guerre froide déjà, Hassan II a instrumentalisé ce conflit en établissant un parallèle entre le conflit du Sahara occidental et la confrontation entre Est et Ouest, en avançant la proximité idéologique de l’Algérie avec l’URSS11.

D’ailleurs, les deux pays se sont déjà livrés à une guerre ouverte en 1963. Peu de temps après l’indépendance algérienne, la tension monte entre les deux pays. L’irrédentisme marocain, l’absence de frontières claires et la non volonté de l’Algérie de reconsidérer les frontières héritées de la période coloniale sont autant de raisons qui ont donné lieu au conflit.

Appelée la Guerre des Sables, cette guerre renvoie à l’attaque de l’armée algérienne en direction de troupes marocaines qui cause la mort de 12 soldats marocains. Ce conflit fait office de théâtre de la Guerre froide : l’Algérie est appuyée par l’Égypte et Cuba tandis que le Maroc bénéficie de l’appui américain12. Si cette guerre se solde par un cessez-le-feu permis par l’Organisation de l’Union Africaine (OUA) sous proposition du Président malien Modibo KEÏTA, le dossier du Sahara demeure un problème gênant à l’établissement de la paix dans la région.

Le Sahara occidental fait partie intégrante du Maroc pour Rabat. Toutefois, l’Algérie considère que le peuple sahraoui doit pouvoir accéder à l’indépendance et soutient le Front Polisario depuis 1975, date à laquelle l’Espagne cesse d’exercer son autonomie sur la région après des années de colonisation.

La crise du Sahara occidental ne cesse d’empoisonner les relations entre les deux États. Pour Alger, cette question relève de la décolonisation et de la prévalence du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, consacré par les Nations-Unies dès leur création en 1945. Alger en appelle donc à l’action des grandes puissances, notamment celles qui ont un siège au Conseil de sécurité de l’ONU afin de faire appliquer le droit dans le cadre de cette crise13. D’ailleurs, en 2002, le pays demande même par le biais de l’ONU que ce territoire soit partagé avec le Maroc14. La République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) créée en 1976 est soutenue par Alger qui accepte même d’abriter sur son sol ses dirigeants mais également des centaines de milliers de réfugiés sahraouis15. Pour Rabat, il s’agit de la défense pour l’intégrité de son territoire. Sa perception de la menace est obnubilée par la question des frontières.

Soldats de la MINURSO.
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Un cessez-le-feu entre les deux parties est maintenu depuis 1991 grâce aux casques bleus onusiens mais fait office d’une maigre consolation. De fait, l’ONU tente de trouver une solution durable pour la région.

Aujourd’hui, le Sahara occidental est considéré comme un territoire non autonome selon l’ONU à la suite d’une demande marocaine. Si son statut reste à déterminer à l’issue du référendum, seulement 32 Etats reconnaissent la RASD. 50 pays avaient dans le passé reconnu son existence mais sont revenus sur leur décision, jugeant que cette reconnaissance s’opposait avec le principe d’un référendum à l’autodétermination.

 


 

1 BENARGANE Yassine, « Sarah occidental : El Othmani fustige l’Algérie depuis New York », Yabiladi, 26 septembre 2018. Disponible sur : https://www.yabiladi.com/articles/details/69258/sahara-occidental-othmani-fustige-l-algerie.html

2 « Le Maroc attaque l’Algérie à l’Assemblée générale de l’ONU », TSA, 26 septembre 2018. Disponible sur : https://www.tsa-algerie.com/le-maroc-attaque-lalgerie-a-lassemblee-generale-de-lonu/

3 Discours de Saâdeddine EL OTHMANI devant l’Assemblée générale des Nations-Unies à New York le 25 septembre 2018.

4 ADAM Kenzi, « Sahara occidental : rencontre Köhler-Hale sur fond de relance des négociations », Algérie Patriotique, 25 septembre 2018. Disponible sur : https://www.algeriepatriotique.com/2018/09/25/sahara-occidental-rencontre-kohler-hale-sur-fond-de-relance-des-negociations/

5 CAMELLO Maria, Note d’analyse : Exportations d’armes au Maghreb : quelle conformité avec la Position commune ? Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la Sécurité, 17 septembre 2018, 16 pages. Disponible sur https://www.grip.org/sites/grip.org/files/NOTES_ANALYSE/2018/na_2018-09-17_fr_m-camello.pdf

6 BAGHZOUZ Aomar, « L’Algérie face à l’Europe : quelle place dans les dispositifs de coopération en Méditerranée ? », Maghreb – Machrek 2009/2 (N° 200), p. 50.

7 BERRAMDAME Abdelkhaleq, Le partenariat euro-méditerranéen à l’heure de l’élargissement de l’Union européenne, Karthala, Paris : 2005, p. 51.

8 KISSINGER Henry, Les Années orageuses, Fayard, Paris, 1982, p. 781.

9 BERRAMDAME Abdelkhaleq, Le partenariat euro-méditerranéen à l’heure de l’élargissement de l’Union européenne, Karthala, Paris : 2005, p. 52.

10 VERMEREN Pierre, « L’historiographie des deux côtés de la Méditerranée », Histoire@Politique 2011/3 (n° 15), p. 9.

11 SAIDY Brahim, « La politique de défense Marocaine : articulation de l’interne et de l’externe », Maghreb – Machrek 2009/4 (N° 202), p.126.

12 ALILAT Farid, « Début de la guerre des Sables », Jeune Afrique, 9 octobre 2007. Disponible sur : http://www.jeuneafrique.com/124805/archives-thematique/d-but-de-la-guerre-des-sables/

13 BAGHZOUZ Aomar, « L’Algérie face à l’Europe : quelle place dans les dispositifs de coopération en Méditerranée ? », Maghreb – Machrek 2009/2 (N° 200), p.50.

14 SAIDY Brahim, « La politique de défense Marocaine : articulation de l’interne et de l’externe », Maghreb – Machrek 2009/4 (N° 202), p. 124.

15 BERRAMDAME Abdelkhaleq, Le partenariat euro-méditerranéen à l’heure de l’élargissement de l’Union européenne, Karthala, Paris: 2005, p. 63.

Président du Conseil européen à l’Assemblée générale des Nations-Unies : la position européenne

Donald TUSK, Président du Conseil européen, a prononcé un discours lors de la 73ème Assemblée générale des Nations-Unies à New York, le 27 septembre 2018. Il déclare au préalable que l’Union européenne lutte pour préserver l’ordre international régulé, menacé dans les domaines du commerce, de la sécurité, du changement climatique et des droits de l’Homme. Devant les chefs d’Etats et de gouvernements du monde, Donald TUSK insiste sur le soutien du continent européen à l’Organisation des Nations-Unies : « En tant que dirigeants, nous devons donner aux Nations-Unies les moyens de s’acquitter avec succès de leur mandat » en précisant qu’il faudrait « davantage d’unité et d’action collective dans la lutte contre les conflits, la pauvreté et la famine, le terrorisme et les déplacements massifs des personnes perceptibles au Venezuela en Syrie, en Birmanie et dans bien d’autres endroits ».

A ce titre, Donald TUSK témoigne de l’appui européen aux initiatives de réformes onusiennes et déclare que l’UE prend davantage ses responsabilités en matière de sécurité face à l’urgence que traversent plusieurs régions du monde. L’Union européenne participe aux missions de gestion de crise et de maintien de la paix avec des organisations telles que l’OTAN, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ou encore l’Union africaine. Le Président du Conseil européen assure qu’en Afrique, « continent de grands défis » et « d’excellentes opportunités », « l’éducation, l’investissement dans le développement, le changement climatique et le libre-échange seront au cœur de nos relations futures » et rappelle l’excellente coopération entre ONU, l’UA et l’UE qui a permis à plus de 30 000 personnes de quitter la Libye grâce à des retours humanitaires volontaires. L’instabilité en Libye s’est érigée en cause urgente qui a attiré l’attention du monde. Si Donald TUSK félicite le Conseil de sécurité pour ses actions, il précise que l’UE travaillera « avec diligence et de bonne foi » avec les partenaires nord-africains dans les opérations en Méditerranée. En effet, « seule la responsabilité collective peut offrir des solutions efficaces aux phénomènes mondiaux tels que les migrations et les déplacements forcés ».

Donald TUSK rappelle les nombreux défis auxquels l’UE doit faire face. Alors qu’il énumère les urgences résultant des conflits (problème des migrants, guerre en Syrie, en Libye et tensions dans de nombreuses régions du monde qui peuvent présager une catastrophe humanitaire), il alarme sur la situation climatique et le développement durable qui doivent faire l’objet d’une coopération accrue avec les partenaires européens notamment grâce à l’Accord de Paris.

Cette déclaration du Président du Conseil européen fait suite au Sommet informel de Salzbourg, lequel n’a pas permis de dégager une solution de sortie consensuelle au Royaume-Uni, la proposition de Londres sur la future relation commerciale entre Londres et Bruxelles ayant été rejetée. En somme, l’UE doit faire face à des challenges à la fois internes et externes.