nucléaire iranien

Nouvelles mesures américaines sanctionnant l’Iran

 

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Moins d’un mois après les dernières annonces du président américain Donald Trump de « porter à zéro les exportations » iraniennes dans les secteurs pétrolier et bancaire afin de « priver le régime de sa principale source de revenus », Washington a pris de nouvelles mesures punitives sanctionnant les exportations de fer, d’acier, d’aluminium et de cuivre iraniens.

Dans un communiqué du 8 mai 2019, le Président Trump déclare qu’« avec l’accord sur le nucléaire iranien, l’Iran était en mesure de s’engager et de financer des groupes terroristes, de développer ses forces balistiques, fomenter des conflits régionaux, détenir illégalement des citoyens américains et maltraiter sa propre population, tout en maintenant des infrastructures nucléaires robustes ». Il ajoute qu’il prendra de nouvelles mesures si l’Iran ne « change pas radicalement son attitude ». Cette décision fait écho aux déclarations du Conseiller à la sécurité nationale, John Bolton qui a annoncé le déploiement du porte-avions USS Abraham Lincoln et de plusieurs bombardiers B-52 dans le Golfe Persique afin « d’envoyer un message clair et indubitable au régime iranien, que toute attaque contre les Etats-Unis ou ses intérêts, ou ceux de ces alliés, sera réglé par la force ».

En réaction aux nouvelles sanctions, Téhéran a annoncé cesser de remplir une partie des obligations qui découle du JCPoA (Plan d’action global commun sur le nucléaire iranien). A cet effet, le Président iranien, Hassan Rohani a déclaré : « A partir d’aujourd’hui, nous ne vendons plus notre uranium enrichi ni notre eau lourde », revenant sur une des contraintes imposées par l’accord conclu à Vienne en juillet 2015 sur la non-prolifération nucléaire iranien.

La République islamique menace également la communauté internationale, en affirmant qu’elle prendra des mesures encore plus radicales si, dans les soixante jours à venir, les pays signataires du JCPoA (France, Royaume-Uni, Allemagne, Russie et Chine) ne tiennent pas leurs « engagements » d’aider à sortir l’Iran de son isolement dans les secteurs pétrolier et bancaire, mis à mal par les sanctions américaines. Le président iranien assure néanmoins, que ces mesures sont destinées à « sauver l’accord et pas à le détruire ».

Dans une déclaration conjointe du 9 mai 2019, la Haute Représentante de l’Union européenne et les ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni ont réaffirmé leur engagement « en faveur de la préservation et de la pleine mise en œuvre du JCPoA » défini comme « un élément central du régime international de non-prolifération nucléaire ». Ils rejettent par la même occasion « tout ultimatum » imposé par l’Iran, et s’engagent à « maintenir leurs efforts pour permettre la poursuite du commerce légitime avec l’Iran ».

L’UE et ses pays membres se détachent des mesures restrictives prises par Washington envers l’Iran : « nous regrettons la réimposition de sanctions par les Etats-Unis après leur retrait du JCPoA » – qui s’est concrétisée le 8 mai 2018. Federica Mogherini, la Haute représentante de l’Union européenne a ajouté : « Jusqu’à présent, nous avons vu l’Iran se conformer pleinement à tous les engagements qu’il a pris en matière nucléaire » et souligne que l’UE continuera d’y veiller à travers l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

La France quant à elle, exhorte à éviter « toute action qui alimenterait une escalade des tensions », tandis que la ministre de la défense, Florence Parly rappelle que « si ces engagements n’étaient pas respectés, naturellement cette question [des sanctions] serait posée ».

Toutefois, les Etats-Unis laissent la porte ouverte à de futures négociations directes, comme le souligne Michael R. Pompeo dans un communiqué du 9 mai où il rappelle que Donald Trump « se réjouit à l’idée de rencontrer un jour les dirigeants de l’Iran afin de conclure un accord et, ce qui est très important, de prendre des mesures pour donner à l’Iran l’avenir qu’il mérite. »

Echange d’ambassadeurs entre France et Iran : la fin d’une crise diplomatique

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Mercredi 6 mars 2019, la France et l’Iran ont respectivement nommé des ambassadeurs. Le Journal officiel a publié le décret de nomination du conseiller d’Etat et ancien ambassadeur au Pakistan, Philippe Thiébaud, en tant qu’« ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République islamique d’Iran ». De son côté, une source officielle iranienne a annoncé la désignation par Téhéran de Bahram Ghassemi, jusqu’à présent porte-parole du ministère des Affaires étrangères et ancien ambassadeur d’Iran en Espagne et en Italie.

Les deux hommes auront pour mission de travailler dans un contexte qui s’est récemment durci. Si elle présage un retour à la normalisation des relations entre les deux pays, cette double nomination intervient dans une atmosphère délicate et particulièrement tendue. En effet, en juin 2018, l’ambassadeur de France en Iran, François Sénémaud, avait été promu représentant personnel d’Emmanuel Macron pour la Syrie. Depuis lors, les deux postes d’ambassadeurs étaient vacants alors que de multiples événements attisent les tensions entre Téhéran et Paris. Le projet d’attentat déjoué contre un rassemblement de l’opposition iranienne, les Moudjahidines du peuple (MEK), survenu en juillet 2018 à Villepinte constitue l’une des raisons de ce froid diplomatique. La France avait accusé une branche du ministère des Renseignements iranien. En réponse, l’Iran a strictement démenti les accusations françaises et accuse la France d’héberger cette « secte terroriste d’hypocrites ». Toutefois, ni Paris ni Téhéran n’ont déclaré que cet événement était la cause directe de l’absence d’ambassadeurs.

La France exige également de l’Iran qu’il renonce à ses programmes de missiles balistiques et dénonce la prolifération d’armement exercée par la République islamique dans la région. Dans le même temps, la France est l’un des trois pays européens – avec l’Allemagne et le Royaume-Uni – à s’impliquer pour maintenir l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, mis à mal par le retrait unilatéral de Washington en mai 2018. Ces trois Etats s’ont à l’origine d’un outil de troc permettant le maintien du commerce entre l’Union européenne et l’Iran malgré les menaces de sanctions de la part de Washington. Cependant, l’Iran juge ces efforts insuffisants.

Sur la scène régionale, Téhéran, allié de Moscou et d’Ankara, veut s’imposer en leader face à son grand rival, Riyad. La République islamique dénonce les actions du royaume wahhabite et son influence. Elle critique par ailleurs les ventes d’armes européennes aux puissances du Golfe, telles que l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

La nomination par Paris et Téhéran de ces deux ambassadeurs intervient alors que les Pays-Bas ont rappelé, le 4 mars 2019, leur ambassadeur en Iran pour consultations. Cette action fait suite à l’expulsion de deux diplomates néerlandais de Téhéran après que Amsterdam a accusé la République islamique d’avoir orchestré l’assassinat de deux Néerlandais d’origine iranienne entre 2015 et 2017 et d’avoir fomenté des projets d’attentats en Europe.