Niger

Premier sommet extraordinaire pour le G5 Sahel

Les chefs d’Etats des 5 pays membres du G5 Sahel. Tous droits réservés.

La capitale mauritanienne a accueilli les 5 et 6 décembre 2018 la Conférence de coordination des partenaires et des bailleurs du G5 Sahel, premier sommet extraordinaire destiné à mobiliser 2 milliards d’euros afin de financer la première phase du Programme d’investissement prioritaire (PIP).

Le G5 Sahel, né en février 2014, regroupe le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Les chefs d’Etats des pays membres se sont rendus à Nouakchott à l’exception notable d’Ibrahim Boubacar KEÏTA, le président malien. L’organisation cherche à démontrer aux bailleurs de fonds ses atouts et sa capacité à favoriser le développement dans les zones frontalières. La somme attendue permettra de financer près de quarante projets communautaires dans la région où la menace djihadiste s’appuie sur la frustration générée par des conditions de vie difficiles.

Le PIP est un plan régional ambitieux nécessitant 1,9 milliard d’euros d’investissements sur la période 2019-2021. Les deux tiers de cette somme serviront aux infrastructures et au développement humain. A Nouakchott, des enjeux cruciaux seront débattus, cette jeune organisation rencontrant des problèmes financiers. Ces derniers mois, la Force du G5 Sahel peine à être efficace face à une recrudescence de l’insécurité et un manque de moyens. De fait, l’organisation a fait l’objet de discussions du Conseil de sécurité de l’ONU.

Les pays membres du G5 Sahel doivent développer une approche équilibrée soucieuse des problématiques frontalières, longtemps délaissées. International Crisis Group, dans son rapport du 12 décembre 2017, souligne que le G5 Sahel ne remplira sa mission que s’il parvient à gagner la confiance des populations.

Jean-Yves Le DRIAN, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères s’est rendu en Mauritanie. Depuis 2014, « la France soutient activement » le G5 Sahel. Le ministre a annoncé une contribution importante de la France à ce programme, cette action de Paris allant de pair avec l’engagement français pris au sein de l’Alliance Sahel. Lancée en juillet 2017 par le Président de la République française, la chancelière allemande et la Haute représentante de l’UE, l’Alliance Sahel a pour objectif de financer et de coordonner plus de 500 projets pour répondre à tous leurs défis actuels, sécuritaires, démographiques, économiques et sociaux en vue d’une stabilisation et d’un développement de la région.

Au terme des discussions, l’Union européenne et la France ont annoncé prendre en charge la plus grande partie du financement. Neven MIMICA, commissaire européen pour la Coopération internationale et le développement a déclaré : « Grâce aux 125 millions d’euros additionnels que l’Union européenne annonce aujourd’hui, l’accent sera mis sur des projets de développement dans les zones les plus fragiles, avec un impact immédiat sur les conditions de vie des populations locales. ». Au total, la contribution européenne s’élève à environ 800 millions d’euros. La France ajoutera quant à elle 220 millions d’euros de financements aux 280 millions déjà engagés. Selon Jean-Yves le DRIAN, « la moitié de cette somme concerne des projets déjà en gestation et en cours » et « l’autre moitié sera octroyée de manière accélérée dans les deux ans qui viennent » afin de permettre aux pays du G5 Sahel d’être « au rendez-vous de leurs priorités ».

In fine, les Etats du G5 Sahel sont parvenus à obtenir 1,3 milliard d’euros sur les 2 milliards escomptés. Cette somme, axée sur la prévention du terrorisme, permettra d’améliorer la lutte contre ce phénomène qui, depuis 2013, s’est progressivement répandu dans toute la région.

L’ONU somme l’Algérie sur la question des migrants

Des migrants expulsés d’Algérie débarquant d’un bus dans le désert. Mai 2018.
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Dans un rapport publié à Niamey le 9 octobre 2018, Felipe GONZALEZ MORALES, rapporteur spécial de l’ONU sur la question des droits de l’Homme des migrants, a appelé l’Algérie à « cesser immédiatement les expulsions collectives de migrants » africains vers le Niger. A l’issue d’une mission menée au Niger du 1er au 8 octobre, il dénonce les traitement subis et les opérations de rapatriement forcé.

Des hommes d’origine subsaharienne vivant et travaillant en Algérie depuis des années sont également victimes de ce phénomène. Felipe GONZALEZ MORALES s’est indigné du sort des migrants qui « sont raflés à leurs domiciles en pleine nuit sans même avoir le temps de s’habiller, de prendre leurs affaires et leurs économies ». Emmenés dans des postes de police où ils sont « battus », selon les termes du rapporteur spécial de l’ONU, ils sont conduits vers la frontière du Niger en bus, où ils doivent marcher dans le désert afin de rejoindre la ville la plus proche.

En réponse, le gouvernement algérien, qui avait déjà réfuté les accusations de mauvais traitement en juillet, a rejeté mercredi 10 octobre « globalement et dans le détail les assertions » de Felipe GONZALEZ MORALES. Le ministère des affaires étrangères algérien, étonné des propos tenus par le rapporteur spécial onusien, considère que ce dernier « outrepasse les limites de son mandat » et « prend pour vérités les allégations des personnes reconduites à la frontière pour séjour illégal ». Demandant des explications au représentant de l’Organisation internationale pour les migrants (OIM) au Niger, Alger l’accuse dans le même temps de « devenir un vecteur de propagande alimentant et entretenant depuis des mois une campagne de désinformation contre l’Algérie. »

Si l’Algérie rappelle sa « lutte implacable contre la traite humaine et les réseaux de passeurs » dans le cadre de sa campagne contre le crime organisé transnational, elle affirme que les « opérations de reconduite aux frontières des migrants illégaux vont se poursuivre ». Et de rappeler qu’elles « se dérouleront dans le respect de la dignité des personnes » conformément à la loi algérienne et aux dispositions des conventions internationales.

Selon les chiffres officiels de l’OIM, Alger a expulsé 35 600 Nigériens depuis 2014 dont plus de 12 000 depuis le début de l’année 2018. De plus, plus de 8 000 personnes venus d’Afrique de l’Ouest ont été reconduits aux frontières. Face au sort réservé aux migrants en Algérie, l’OIM a critiqué à plusieurs reprises la politique menée par les autorités algériennes.

Union européenne et insécurité : à l’heure où la mission EUCAP Sahel Niger est prolongée, quid de la situation au Sahel ?

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Dans le cadre de sa politique de sécurité et de défense commune (PSDC), l’Union européenne agit dans le cadre de missions extérieures.

Au Niger est lancée en 2012 la mission civile EUCAP Sahel Niger afin de fournir des conseils, des formations et une aide aux autorités nigériennes en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme et le crime organisé. En 2016, la mission a adopté une nouvelle dimension en combattant également la migration irrégulière.

Le 18 septembre 2018, le Conseil européen a prorogé son mandat jusqu’au 30 septembre 2020 et a fixé son budget à 63,4 millions d’euros du 1er octobre 2018 au 30 septembre 2020.

Un appui européen au-delà des frontières de l’Union européenne

Cette fonction revient aux origines de l’Europe. Si le projet initial n’était pas une Europe de la défense, il s’agissait au contraire d’établir une « Europe de la paix ».

La PSDC, permettant une politique de défense commune de l’Union où chaque Etat-membre demeure souverain dans sa politique de défense nationale, est imaginée sur la base du Traité de Nice en 2000. Elle est consacrée en 2009 par le Traité de Lisbonne à travers le Titre V. Conforme aux principes des Nations-Unies, la PSDC entend renforcer le rôle de l’UE en complément avec l’OTAN, notamment lors des crises militaires et civiles. Les objectifs de la PSDC ne sont pas liés à la défense du continent européen, cette fonction étant déjà remplie par les armées nationales et l’OTAN. Elle entend plutôt promouvoir le maintien de la paix notamment par la construction de structures étatiques.

A travers ses efforts de pacification du monde au sein de la PSDC ou des mandats de l’ONU, l’UE met en place des partenariats extérieurs et des politiques de développement dans le but de défendre ses idées par le biais de la gestion des crises et ses tentatives de résolution des conflits.

Les « opex » européennes comportent des abréviations. Si elles sont précédées par « FOR », elles font référence à des opérations de type militaire, tandis que les autres abréviations sont relatives à des missions dites civiles.

Au Sahel, les opérations prennent le nom de EUCAP, CAP faisant référence à Capacity Building Mission.

Une situation au Sahel inquiétante

Le Sahel renvoie à l’espace de transition entre le désert saharien au Nord et la zone soudanienne au Sud. Se référant à une dizaine de pays de part et d’autre du continent africain, c’est aujourd’hui l’une des régions les plus pauvres du monde. D’ailleurs, cette zone se caractérise comme un espace en crise.

Dans cette région du monde où coexistent des pays tels que le Mali, la Mauritanie, le Niger ou le Tchad, la fragilité de cet espace explique le succès des mouvements radicaux comme AQMI ou le MUJAO. L’essor de ces organisations terroristes djihadistes engendre des trafics en tous genres.

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A l’occasion de la Conférence de haut niveau des donateurs pour le développement du Mali en mai 2013 à Bruxelles, le Président du Conseil européen, le belge Herman Van Rompuy a déclaré :

« Le Sahel et l’Europe sont unis par l’histoire, la géographie, la culture. Nos relations remontent à l’Antiquité. Cette intimité fait de l’Europe et du Sahel des partenaires privilégiés. Notre avenir est lié autant que l’est notre passé. »

L’éclatement du conflit malien à partir de 2012 met le feu aux poudres dans une région du monde déjà fragilisée. En effet, cette guerre engendre le déplacement de réfugiés en direction du Niger et l’insécurité est grandissante aux frontières.  De plus, le Niger est devenu l’un des seuls pays de transit sahélien pour les Ouest-africains désireux de se rendre en Libye ou en Europe.

Le Niger et EUCAP Sahel Niger

En Afrique de l’Ouest, le Niger est le principal pays bénéficiaire de fonds internationaux. Il s’agit du pays le plus pauvre du monde derrière la République Centrafricaine selon le dernier rapport publié en 2017 par le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD). Les sommes débloquées en faveur du Niger par les agences de coopération complètent les budgets des différents projets et de celui d’EUCAP Sahel Niger. Pour sa première année d’existence, le budget alloué était de 8,7 millions d’euros. Concernant la période 2016-2018, EUCAP Sahel Niger bénéficiait d’un budget de 26,3 millions d’euros. Ce montant ne cesse de s’accroitre puisqu’il doit atteindre entre 2018 et 2020 près de 64 millions d’euros.

Alors que le pays ne consacrait que 14,8% de son budget à la sécurité et à la défense dans un contexte sécuritaire se dégradant, il est clair que Niamey a grandement besoin de l’aide extérieure pour faire face notamment à son endettement qui représentait en 2016 46,7% de son PIB, selon le FMI.

Le Niger occupant le rôle d’espace de transit, il tient une place importante dans les négociations entre l’Europe et l’Afrique, notamment depuis 2015 et le Sommet de la Valette sur les migrations. Le trafic illicite de migrants est aussi une des priorités de l’UE dans sa relation avec le Niger, le pays ayant ratifié le Protocole additionnel de Palerme des Nations-Unies de 2000 contre la criminalité transnationale organisée.

Une des raisons à l’origine de la création d’EUCAP Sahel Niger émane des conséquences du conflit libyen ayant de facto considérablement influé sur l’insécurité au Sahel.

A la demande du gouvernement nigérien, la mission EUCAP Sahel Niger débute en août 2012. Permise par la décision 2012/392/PESC, elle a pour but d’assister les forces de sécurité nigériennes en termes de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée.

Une cinquantaine d’experts internationaux provenant de divers Etats européens et une trentaine de membres du personnel local nigérien composent cette mission dont le quartier-général se trouve dans la capitale nigérienne.

Les tâches d’EUCAP Sahel Niger sont au nombre de cinq : fournir une assistance et des conseils pour la sécurité et le développement ; apporter un soutien dans la coordination régionale et internationale contre le terrorisme et la criminalité organisée ; renforcer l’Etat de droit avec le développement des capacités d’enquête criminelle et l’élaboration de programmes de formation ; permettre une pérennisation des forces de sécurité nigériennes et enfin l’aide au recensement, à la programmation et à la mise en œuvre des projets d’ordre sécuritaire.

Toutefois, si elle s’inscrit dans le cadre de la Stratégie de l’UE pour la sécurité et le développement de la région du Sahel, cette mission ne dispose d’aucun caractère exécutif, les experts en fonction ne pouvant pas non plus participer aux missions opérationnelles des services de sécurité nigériens.

EUCAP Sahel Niger fait don de matériels informatiques à Niamey pour lutter contre le terrorisme et le trafic illicite de migrants, juillet 2018.
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La mission EUCAP Sahel est concentrée sur le Niger mais ses activités ont été étendues à d’autres pays du Sahel, en l’occurrence la Somalie et le Mali.

EUCAP Sahel en Somalie

En 2012 est également mis en œuvre EUCAP Nestor, devenue en 2016 EUCAP Somalia. Cette mission, relative au domaine maritime régional dans les Etats de la corne de l’Afrique et dans l’océan Indien occidental, est une nouvelle fois une mission dite de renforcement.

Depuis 2008, l’Union européenne a apporté une assistance en Somalie d’un montant supérieur à 1,2 milliard d’euros, l’aide étant concentrée autour de trois secteurs : la construction d’un Etat de droit, la sécurité alimentaire et l’éducation. Pour la période du 1er mars au 31 décembre 2018, le budget a augmenté de plus de 40%.

EUCAP Sahel au Mali

Depuis janvier 2012, un conflit armé oppose l’armée malienne aux rebelles touaregs du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), une région au Nord du pays, et au mouvement salafiste Ansar Dine. Entre volonté indépendantiste des Touaregs et proclamation de l’intégrité du territoire de la part du gouvernement en place, le conflit s’est intensifié au début de l’année 2012 quand le MNLA lance une offensive contre plusieurs camps militaires au Nord du Mali et à l’issue du coup d’Etat des militaires basés à Bamako en mars, ayant engendré la fuite du Président en place. Cette crise politique permet au MNLA de déclarer l’indépendance de la région de l’Azawad le 6 avril.

Déjà, en octobre 2012, le Conseil européen a qualifié la crise malienne de « crise politique, sécuritaire et humanitaire » pouvant représenter une menace immédiate au Sahel, en Afrique mais également en Europe.

A partir de janvier 2013, l’Union européenne agit dans le cadre d’EUTM Mali (European Union Training Mission in Mali) permise par la PSDC. Il s’agit d’une mission de formation permettant des conseils de l’UE en matière militaire afin de leur permettre de mener des opérations dans le but de rétablir l’intégrité du territoire et de réduire la menace constituée par les groupes terroristes. L’objectif global d’EUTM Mali est de répondre aux besoins opérationnels des forces armées maliennes. Si la mission regroupe près de 550 militaires issus de 23 Etats-membres, l’EUTM ne participera pas à des opérations de combat. Parmi ces militaires qui doivent former environ 3 000 soldats maliens de quatre régions du Mali, 210 sont français. Prévue pour une durée de 15 mois, cette période est jugée trop courte pour mener à bien la mission instituée.

La décision de la PESC concernant l’EUTM insiste sur sa cohérence. En effet, l’EUTM doit coordonner son action avec l’EUCAP Sahel Niger, l’action de la France au Mali, l’ONU, l’Union africaine, et les autres organisations ou Etats ayant un rôle dans la région.

A contrario, la France, en janvier 2013, lance l’opération militaire Serval afin de soutenir les troupes maliennes face aux groupes armés islamistes ayant pris le contrôle de l’Azawad. A la demande des autorités maliennes, la France s’engage dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Pour la première fois de son histoire, l’Union européenne voit l’un de ses Etats-membres, en l’occurrence la France, décider de sa propre initiative de mener une opération militaire en Afrique en ayant le soutien des autres Etats.

Le 15 avril 2014, à la suite d’une invitation officielle du gouvernement malien à aider les forces de sécurité intérieure à réaffirmer leur autorité dans l’ensemble du pays, le Conseil de l’Union européenne approuve le mandat d’EUCAP Sahel Mali. Et, depuis 2015, l’UE agit au Mali dans le cadre de la mission de soutien à travers EUCAP Sahel Mali. Il s’agit d’une mission civile dont l’objectif est de rétablir une paix et une sécurité durables au Mali. EUCAP Sahel Mali s’inscrit dans l’approche stratégique de l’Union, pour la sécurité et le développement au Sahel. Cette mission fournit des experts en conseil stratégique et en formation à la police, la gendarmerie, la Garde nationale mais également aux ministères concernés.

Le Général LECOINTRE, commandant la mission de formation d’EUTM Mali de janvier à juillet 2013, et les forces maliennes en 2013.
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Des défis à surmonter

Alors qu’en septembre 2013, le Président de la République française François Hollande déclarait « Nous avons gagné cette guerre » en évoquant le Mali, la région sahélienne n’est pas, à l’heure actuelle, exempte de tensions. Le Mali est dans un état de délitement inquiétant et les violences se diffusent au-delà des frontières, touchant les pays voisins, le Burkina Faso et le Niger en particulier.

Les Nations-Unies permettent à l’Union européenne des mandats pour des actions de maintien de la paix en lui conférant une dimension et une légitimité internationales. La PESD représente alors un atout pour l’ONU.

Néanmoins, la défense européenne ne dispose pas d’un caractère opérationnel et ne peut fonctionner en dehors de l’OTAN ou de l’influence d’un Etat-membre de l’UE. Pour devenir un acteur de la sécurité collective, l’UE devra surmonter des défis, notamment en cordonnant ses actions en termes d’humanitaire, de politique, de judiciaire et de moyens militaires.

Le bilan de l’action de l’UE est mitigé à tel point que le 18 septembre 2018, la Cour des comptes de l’Union européenne, dans un rapport publié, estime que le soutien financier de l’Union européenne pour la paix et la sécurité en Afrique « a eu peu d’effet ». Il apparait donc urgent de « recentrer l’aide de l’UE dans le but de la rendre davantage axée sur des mesures de renforcement des capacités plutôt que sur le financement des coûts opérationnels ».

Près de 80% des fonds de l’UE sont utilisés pour financer des opérations de maintien de la paix telles que la mission de l’Union africaine en Somalie. L’UE souligne d’ailleurs que depuis sa création en 2002, l’Union africaine (UA) peine à s’imposer comme acteur politique sur le continent africain. L’UA entend s’inspirer de la Commission européenne en tant que puissant exécutif politique. Toutefois, il a été difficile pour l’UA de convaincre ses 55 pays membres de financer l’organisation. En 2017, les donateurs ont contribué à hauteur de 54% du budget annuel de 395 millions d’euros.

Le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker souhaite conclure un accord européo-africain. Cet accord est pensé dans une optique d’égal à égal, désirant une implication plus forte de l’Europe sur le continent africain, à l’heure où l’influence de la Chine se diffuse. L’Union européenne doit donc faire face à un défi : l’aide apportée au Sahel doit se montrer plus efficiente.

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Algérie – 2016 03 03 – Terrorisme et Libye, l’Algérie en première ligne – Le Point Afrique

L’Algérie fait face à plusieurs défis sécuritaires intenses. D’abord, sur son flanc est, empêcher la Libye de devenir un « Libyenistan », selon l’expression du Premier ministre Abdelmalek Sellal, tout en surveillant d’un œil attentif les turbulences du voisin tunisien dont la révolution dite de Jasmin n’en finit pas de faner. Sur le plan interne se profile désormais une crise économique et sociale alors que le prix du baril est tombé à un niveau si bas qu’il ne permet plus à l’État de continuer à acheter, à grands coups de subventions, la déjà très relative paix sociale. Akram Kharief, journaliste spécialisé dans les questions de sécurité et animateur du très bien renseigné site Secretdifa3.net, analyse pour Le Point Afrique les enjeux sécuritaires que connaît l’Algérie.