Netanyahou

Israël : Benjamin Netanyahu en route pour briguer un cinquième mandat

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et sa femme Sara saluent les militants du Likoud, le 10 avril 2019 à Tel-Aviv.
Tous droits réservés.

La campagne pour les élections législatives s’est achevée en Israël par un scrutin affichant une participation de 67,8%. Les 6,3 millions d’électeurs israéliens étaient appelés à désigner les 120 députés du Parlement – la Knesset – lors d’une élection anticipée décidée par le Premier ministre Benjamin Netanyahou, après qu’il a dissous le Parlement en décembre dernier. A l’issue du dépouillement de 97% des bulletins de vote, le Likoud, parti du Premier ministre sortant, a obtenu 35 députés, soit 5 sièges de plus que lors des dernières élections législatives. La formation de centre droit Bleu Blanc de son principal rival Benny Gantz, ancien chef d’Etat-major de l’armée, bénéficie du même nombre de sièges. Mardi 9 avril, aux alentours de 22 heures, les deux hommes, au coude-à-coude, ont proclamé leur victoire.

Toutefois, le Premier ministre sortant est annoncé comme le grand vainqueur, seul considéré comme capable de fédérer autour de lui les différents partis de droite. Dans cette optique, il est très probable que le président Reuven Rivlin lui confie la mission de former une coalition de gouvernement. Selon les projections qui estiment à 65 sièges sa majorité potentielle, il est alors sur la voie d’un cinquième mandat. Benjamin Netanyahou a déclaré à ses partisans : « c’est une nuit de victoire colossale ». Après désignation par le président, il aura 42 jours pour former un gouvernement.

Benjamin Netanyahou, au pouvoir depuis 10 ans, avait fait campagne autour des thèmes nationalistes, colonialistes et sécuritaires. Ce scrutin incarnait un référendum autour de sa personne et de sa légitimité à la tête de l’Etat hébreu. Il s’est opposé à Benny Gantz de manière virulente et a tenté de discréditer ses adversaires. Avec le nombre de sièges obtenus, Benjamin Netanyahu réalise son meilleur score à des élections législatives et obtient une légitimité populaire qui tempère les nombreux appels à la démission. En effet, la campagne électorale s’est déroulée alors que le Premier ministre est soupçonné de corruption, de pots-de-vin, de fraude et d’abus de confiance. A ce titre, le procureur général Avichai Mandelblit a annoncé en février dernier son intention de l’inculper en raison de trois affaires. Alors qu’il nie en bloc, Benjamin Netanyahou est en passe de devenir le premier chef de gouvernement israélien inculpé alors qu’il est au pouvoir. Pour autant, s’il n’est pas tenu de démissionner selon la loi du pays, sa décision de convoquer des élections anticipées était considérée par certains comme un moyen de conforter sa popularité. Sa victoire aux élections lui donnera également l’occasion de passer une législation le protégeant de toute poursuite judiciaire durant l’exercice de son mandat, à l’instar du système juridique français.

Cette victoire probable du Premier ministre est historique. Alors que des scandales politico-financiers le menacent et qu’un concurrent de taille aurait pu le détrôner, Benjamin Netanyahu a su fédérer son camp et s’imposer une nouvelle fois en homme fort du pays. En juillet 2019, il détiendra le record de longévité à la tête de l’Etat hébreu en devançant le père fondateur de l’Etat d’Israël, David Ben Gourion. Sa victoire a suscité la réaction de plusieurs dirigeants internationaux. Parmi eux, le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini, le chancelier allemand Sebastian Kurz ou encore le Premier ministre indien Narendra Modi l’ont rapidement félicité. Ce scrutin marque par la même le déclin sans précédent de la gauche. En effet, le parti travailliste n’a obtenu que 6 sièges, représentant le score le plus faible de son histoire. Mais surtout, ce nouveau paysage politique ne laisse que peu de place à la résolution du conflit israélo-palestinien, sentiment renforcé par les échanges avec Donald Trump, qui a félicité Benjamin Netanyahu depuis Air Force One, l’occasion pour le Premier ministre de remercier le Président américain pour sa reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël ou encore de l’annexion du Golan syrien.

Etats-Unis – Israël : début du protocole d’accord décennal historique

Le Président américain Donald TRUMP et le Premier ministre israélien Benyamin NETANYAHU à Jérusalem en mai 2017.

Tous droits réservés.

Le 1er octobre 2018, Heather NAUERT, porte-parole du Département d’Etat américain, annonce le début du protocole d’accord décennal, signé par les Etats-Unis et Israël en 2016. Selon les termes de l’accord, les Etats-Unis octroieront, pour les dix prochaines années, une aide s’élevant à 3,3 milliards de dollars pour les financements militaires étrangers et 500 millions de dollars serviront à l’Etat hébreu pour des programmes de coopération pour la défense antimissile. Cette somme considérable s’élevant à 7 230 dollars par minute, représente l’aide la plus importante octroyée par les Etats-Unis à son allié moyen-oriental.

Dans le but d’accroitre la sécurité d’Israël et de renforcer la coopération bilatérale entre deux Etats, ce protocole « historique », reflète « l’engagement durable et inébranlable du Président, de l’administration américaine et du peuple américain à l’égard de la sécurité d’Israël ».

Le protocole a été conclu en 2016, sous l’administration OBAMA, entre le Président américain et le Premier ministre israélien, Benyamin NETANYAHOU. Si Barack OBAMA espérait que ce geste servirait pour ses actions à l’égard des initiatives palestiniennes, le protocole a fait l’objet de vives négociations de la part de Benyamin NETANYAHOU qui entendait bénéficier d’une aide importante.

Dans son communiqué, H. NAUERT fustige le régime iranien de « parrainer des groupes terroristes cherchant à attaquer non seulement les intérêts d’Israël, mais également les Américains ». Israël incarnant « un allié précieux et compétent pour les Etats-Unis » la porte-parole du Département d’Etat insiste sur la menace régionale qui pèse sur le pays et craint « la possibilité d’une escalade du conflit » dans une région déjà instable.

L’aide permise par Washington est l’affirmation sans réserve du droit d’Israël à s’autodéfendre en bénéficiant d’un « avantage militaire qualitatif sur tous les adversaires régionaux potentiels ». Sur Twitter, le Premier ministre israélien remercie l’administration américaine et le Congrès pour cette aide financière. En rappelant les problèmes auquel son pays est confronté, B. NETANYAHOU écrit que « le soutien sans réserve des Etats-Unis à la défense d’Israël est l’un des piliers du lien très fort qui unit les deux pays ».

Actuellement, Israël craint un regain des tensions. A l’issue de l’incident de l’avion russe en Syrie pour lequel la Russie tient Israël responsable, Moscou a annoncé la livraison de systèmes de défense antiaériens S-300 à Damas. Interrogée par les journalistes après l’annonce du ministère de la Défense russe, H. NAUERT espère que cette transaction n’a pas eu lieu. Un haut responsable israélien a confié qu’Israël se réservait le droit de se protéger en cas d’attaque, le pays restant soutenu par les Etats-Unis.