Nations Unies

Quatrième rapport du Secrétaire général sur l’application de la résolution 2231 (2015) du Conseil de sécurité

Le Plan d’action global commun est à la « croisée des chemins », a, ce 19 décembre 2017, estimé le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Jeffrey Feltman, en faisant référence à l’accord adopté le 14 juillet 2015 en vue d’apporter à la question nucléaire iranienne une solution à long terme globale et appropriée.

M. Feltman était venu présenter le rapport semestriel sur l’application de la résolution 2231 (2015), par laquelle le Conseil a approuvé ce plan d’action, que le Secrétaire général considère comme un « succès diplomatique » et « le meilleur moyen de garantir la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire » iranien et de réaliser les ambitions de son peuple.

Bien que, depuis le 16 janvier 2016, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a fait savoir à « neuf reprises » que l’Iran s’acquitte de ses engagements contractés « en matière nucléaire », le Président des États-Unis a cependant décidé, le 13 octobre, de ne pas certifier que la suspension des sanctions imposées par son pays était « appropriée et proportionnée », eu égard aux mesures vérifiables prises par l’Iran en vue de mettre fin à son « programme nucléaire illicite ».

Le Secrétaire général, a indiqué M. Feltman, est toutefois « rassuré de constater que les États-Unis se sont engagés à continuer de respecter le Plan d’action pour le moment ».  Dans son rapport, il encourage Washington, « avant de prendre toute autre décision », « d’en soupeser les effets sur la région et au-delà ».

La représentante américaine a accusé aujourd’hui l’Iran de ne pas respecter certaines des dispositions du Plan d’action, comme celle qui interdit à l’Iran d’entreprendre toute activité liée à des missiles balistiques capables de transporter des armes nucléaires et d’effectuer des tirs recourant à la technologie des missiles balistiques.

Elle en a voulu pour preuve le tir, qui a pu être intercepté, auquel auraient procédé les forces houthistes au Yémen, « aujourd’hui même », contre une réunion de responsables internationaux à Riyad, en Arabie saoudite.

« Si nous ne disposons pas d’éléments définitifs, tout porte à croire que des armes iraniennes ont été employées », a-t-elle soutenu.  Cette accusation s’inscrit dans le droit fil des allégations, mentionnées par le Secrétaire général, selon lesquelles l’Iran aurait transféré aux « houthistes du Yémen » « des missiles balistiques, des composants de ceux-ci ou de la technologie connexe », qui auraient été utilisés « lors de tirs […] visant l’Arabie saoudite les 22 juillet et 4 novembre 2017 ».  « Imaginez si cela avait été JFK ou les aéroports de Paris ou de Bruxelles », a tonné la représentante.

Reprenant ses conclusions à son compte, la déléguée des États-Unis a qualifié d’« édifiant » le rapport, qui prouverait que Téhéran transférerait illégalement des armes.  Elle a rappelé que son pays avait saisi des armements et matériels connexes à bord d’un boutre, à proximité du golfe d’Oman, en mars 2016, de toute évidence en provenance de l’Iran.

Mme Haley a rappelé que son pays avait pris « l’extraordinaire mesure », lors d’une conférence de presse, de dévoiler au public les « débris » d’armes utilisées lors d’une attaque « contre un pays du G20 », invitant les membres du Conseil à se rendre à Washington pour les examiner.  Ces armes sont bien d’origine iranienne, a-t-elle argué, s’appuyant sur le logo d’un fabricant d’armes visible sur ces débris pour étayer ses accusations.

Ne partageant pas cet avis, le représentant de la Fédération de Russie a assuré que l’Iran avait strictement respecté ses obligations découlant du Plan d’action global commun, avant de dénoncer les tentatives visant à saper la dynamique positive observée dans sa mise en œuvre et à en faire « l’otage des calculs de politique intérieure d’un pays ».

Il s’est ensuite étonné que le Secrétariat de l’ONU « mène des enquêtes » pour lesquelles il n’a « ni compétence, ni capacité, ni légitimité », affirmant que le rapport ne devait pas inclure des « informations non vérifiées » émanant de certains États Membres.

Le délégué russe a rejeté la proposition du Secrétaire général pour que le Conseil organise une réunion « en formation 2231 » avec son Comité créé par la résolution 2140 (2014), relatif aux sanctions applicables au Yémen.  Cette proposition a été en revanche appuyée par le Japon et le Royaume-Uni.

Ces deux délégations ont été rejointes par de nombreux autres membres du Conseil, qui ont agréé aux conclusions du Secrétaire général selon lequel l’Iran se serait acquitté de ses obligations relatives aux activités nucléaires, mais aurait violé l’embargo sur les armes et enfreint les interdictions de déplacements à l’étranger qui visent certains individus, comme le général de division Qasem Soleimani.

Intervenant en sa qualité de Coordonnatrice de la Commission conjointe établie par le Plan d’action global commun, la Haute Représentante de l’Union européenne pour la politique des affaires étrangères et la sécurité, Mme Joanne Adamson, a indiqué qu’elle avait appelé toutes les parties à une « désescalade de la rhétorique actuelle » et à trouver un « terrain d’entente minimal » pour « affermir leurs relations de voisinage ».

Pour la représentante des États-Unis, cependant, l’Iran doit « rendre compte » de ses crimes, sinon « il poussera le monde à un conflit régional de grande envergure ».  Aussi a-t-elle suggéré au Conseil de faire pression sur Téhéran et de « parler d’une seule voix », « soit en renforçant la résolution 2231 (2015) », soit en adoptant une nouvelle résolution, soit en imposant des sanctions.

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Rapport du Secrétaire général sur les activités du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest, M. Mohamed Ibn Chambas, a expliqué devant le Conseil de sécurité, qu’en dépit de progrès continus réalisés en matière de transition démocratique et politique, la situation sécuritaire dans la région demeurait une source de grave préoccupation.

Venu présenter le dernier rapport du Secrétaire général sur les activités de Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), M. Chambas s’est notamment dit préoccupé par les incidents sécuritaires au Mali, du fait notamment des activités de groupes affiliés à Al-Qaida et à l’État islamique du Grand Sahara, ainsi qu’au Niger.

Il a souligné qu’après un déclin notable des attaques perpétrées par Boko Haram, les incidents se sont multipliés depuis le mois de septembre.  En tout, deux millions de personnes attendent désespérément que se termine la crise dans le bassin du lac Tchad, s’est-il alarmé.

Aux activités terroristes s’ajoutent également les effets délétères de la désertification qui, a relevé le représentant de la Guinée équatoriale, pousse les éleveurs à la transhumance, une source constante de tension dans la région.  La propagation exponentielle des conflits intercommunaux et entre agriculteurs et éleveurs a du reste été qualifiée de véritable « bombe à retardement » pour la région par M. Chambas.

Face à autant de défis, de nombreux membres du Conseil ont plaidé pour la mise en œuvre intégrale de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, le représentant de la Guinée équatoriale jugeant en outre urgent que la communauté internationale apporte un soutien décisif à la Force multinationale mixte et à la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S).

Alors qu’une structure de commandement militaire ainsi qu’un quartier général de la Force conjointe du G5 Sahel ont récemment été établis, le Représentant spécial a aussi estimé que la réponse sécuritaire devait être complétée par des mesures destinées à renforcer la gouvernance, le développement ainsi que la résilience de la population sahélienne.

Le représentant de la Côte d’Ivoire a également appelé à tirer le meilleur parti des organisations régionales et sous-régionales, comme l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont les médiations au Burkina Faso, en Guinée-Bissau et en Gambie, a-t-il noté, se sont avérées décisives.

À l’instar du Pérou, plusieurs délégations ont par ailleurs salué l’efficacité de l’UNOWAS, notamment dans les domaines de la diplomatie préventive, la coordination avec les organismes sous-régionaux et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

Le représentant du Kazakhstan a toutefois noté que l’UNOWAS se voyait confronté à de nouveaux défis depuis la fermeture de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), ainsi qu’en raison de la menace croissante posée par le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Estimant que toute approche militaire et humanitaire devrait être assortie d’un volet « développement », soutenu par un financement durable et prévisible, la délégation kazakhe a en outre estimé nécessaire de reconfigurer la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel.

Dans son intervention, le Chef de l’UNOWAS a par ailleurs salué l’aboutissement du processus électoral au Libéria, où un nouveau président a été élu à l’issue d’un « remarquable processus électoral », pour citer les propos de la délégation bolivienne qui y a vu la preuve que les processus de réconciliation axés sur un processus sans exclusive sont essentiels.

M. Chambas a estimé que le Conseil devait à présent porter son attention sur les élections qui doivent se dérouler prochainement en Sierra Leone et en Guinée, avertissant par ailleurs que l’absence de consensus sur la mise en œuvre des réformes constitutionnelles au Togo menace le déroulement des élections législatives et locales qui y sont prévues cette année.

Il a également touché mot de la situation au Burkina Faso et en Gambie où les Nations Unies continuent de mettre en œuvre une approche pionnière en matière de pérennisation de la paix.

Le site des Nations Unies ⇒

The Least Developed Countries Report 2017

« Unlike the Millennium Development Goals, the 2030 Agenda for Sustainable Development includes an explicit goal for energy — Sustainable Development Goal (SDG) 7, to “ensure access to affordable, reliable, sustainable and modern energy for all”. Access to modern energy plays a major role in economic structural transformation — a critical issue both for the least developed countries (LDCs) and for the 2030 Agenda more generally.

This year’s edition of UNCTAD’s Least Developed Countries Report focuses on transformational energy access for the LDCs, where 62 per cent of people have no access to electricity, compared with 10 per cent across other developing countries. Today, the majority of people worldwide who lack access to electricity live in LDCs — a proportion that has grown steadily from less than one third in 1990.

Importantly, this year’s Report finds that “energy for all” in LDCs requires more than access to energy for basic household needs. It requires that access to energy in LDCs also serves productive capacities directly, by powering the structural transformation of LDC economies and the development of more productive, modern activities and sectors with adequate and reliable energy supplies.

Structural transformation, in turn, has a role in increasing energy access, by generating sufficient additional demand for electricity for productive uses to make viable the infrastructure investments required for universal access more broadly. Yet strengthening this energy-transformation nexus remains a massive challenge, given that installed generating capacity per person in LDCs is barely one twelfth of that even in other developing countries, and one fiftieth of that in developed countries.

The LDCs are the battleground on which the 2030 Agenda will be won or lost. The central role of access to modern energy in achieving the other SDGs means that meeting SDG 7 will be central to the success or failure of the 2030 Agenda as a whole.

It is our intention that this Report will serve as a valuable input to the deliberations of the 2018 High-level Political Forum, which will review progress on Goal 7. Greater international support and more concerted collective action towards realizing transformational energy access in the least developed countries could be key catalysts for implementing the entire 2030 Agenda. »

Vers le site de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement ⇒