MINURSO

Sahara Occidental : le Conseil de sécurité prolonge la mission

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Le mercredi 31 octobre, le Conseil de sécurité des Nations Unies a prorogé pour six mois la MINURSO (Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental).

Créée en 1991 par la résolution 690, la MINURSO supervise une période transitoire pour l’organisation d’un référendum durant lequel le peuple sahraoui fera le choix entre l’indépendance ou l’intégration au royaume chérifien. Le 29 avril 2016, le Conseil de sécurité exhortait par la résolution 2285 les Etats parties à poursuivre leurs efforts en vue de négociations plus résolues. Une récente rencontre de ceux-ci a permis, le 31 octobre, l’adoption de la résolution 2440 prorogeant le mandat de la MINURSO jusqu’au 30 avril 2019.

Pour les Etats-Unis, porte-plume de cette résolution, le « processus politique ne fait que débuter ». La prolongation d’une durée de six mois est de fait un moyen de soutenir le processus politique entrepris dans la région. Parmi les 15 Etats membres du Conseil de sécurité, 12 ont approuvé le texte. Les 3 Etats restants, Bolivie, Russie et Ethiopie, ont préféré s’abstenir, estimant que « leurs remarques n’ont pas été considérées par les Etats-Unis ». Moscou n’a pas usé de son droit de véto, le mandat reconduit étant jugé nécessaire à la stabilité de la région. La France salue l’adoption de la résolution 2440 qui appelle à « la mise en œuvre d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable » et soutient fermement la MINURSO qui « joue un rôle essentiel en faveur de la paix et de la stabilité dans la région ». Toutefois, François DELATTRE, représentant permanent de Paris à l’ONU, considère que le renouvellement doit rester « exceptionnel » afin de ne pas perturber la capacité de la Mission.

Ce mandat prolongé témoigne du soutien du Conseil de sécurité au Secrétaire général de l’ONU, Antonio GUTERRES et à son Envoyé spécial au Sahara occidental, Horst KOHLER, qui ont fait de la relance du processus politique une priorité avant la fin de l’année 2018. Après plus d’une quarantaine d’années de conflits et de tensions qui envenime les relations entre Alger et Rabat, Antonio GUTERRES espère trouver une issue positive à ce dossier. Pour ce faire, est prévue une « table ronde » à Genève au sujet du Sahara occidental les 5 et 6 décembre prochains. Le secrétaire général a invité les quatre principaux acteurs : Front Polisario, Maroc, Algérie et Mauritanie. Tous ont répondu favorablement à l’appel, ce qui nourrit l’espoir de négociations plus approfondies. Si Alger accepte de se joindre à la réunion, le pays souligne tout de même que seule une négociation directe impliquant le Maroc et le Front Polisario pourra conduire à une solution. Pour l’heure, le Front Polisario ne cesse de réclamer un référendum d’autodétermination tandis que le Maroc envisage toujours un plan d’autonomie.

Cette table ronde permettra d’inclure les pays limitrophes au Sahara occidental, acteurs directs ou indirects de ce conflit et laisse présager les prémices d’une réelle négociation.