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Tentative échouée de coup d’Etat au Gabon

Image des militaires lors de la lecture de leur communiqué à la radio télévision gabonaise, le 7 janvier 2019.
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Lundi 7 janvier 2019, un groupe de militaires s’est emparé de la radio nationale gabonaise. Dénonçant le message du président Ali BONGO du 31 décembre 2018, ils annoncent la mise en place d’un « conseil national de la restauration » après consultation des forces vives de la nation, chargées d’assurer la continuité de l’Etat et garantissant au peuple gabonais une transition démocratique.

Ali BONGO, au pouvoir depuis 2009 et en convalescence au Maroc depuis son accident vasculaire cérébral, est apparu pour la première après deux mois et demi d’absence. Le 31 décembre 2018, le président gabonais est apparu à la télévision souhaitant ses vœux à son peuple. Si cette apparition fait taire les rumeurs de mort le concernant, les stigmates de la maladie sont perceptibles. Les militaires ayant fomenté un coup d’Etat affirment que ce message présidentiel à l’occasion de la nouvelle année « a renforcé le doute sur sa capacité à assurer la fonction de président de la République ». Et les militaires de poursuivre : « Une fois encore, une fois de trop, les conservateurs acharnés du pouvoir, dans leur funeste besogne, continuent d’instrumentaliser et de chosifier la personne d’Ali BONGO sous le regard complice de la haute hiérarchie militaire ».

Des coups de feu ont été entendus autour de la Radio Télévision du pays après que ces cinq militaires ont pris la parole sur la radio gabonaise aux alentours de 5h30. Trois militaires apparaissent sur les images diffusées par les putschistes. Parmi eux, celui qui prend la parole se présente comme le lieutenant Kelly Ondo OBIANG, commandant adjoint de la Garde républicaine. Il se proclame « président du Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon (MPJFDS) » et explique lancer une « opération Dignité » en faveur de son pays. Le communiqué est diffusé en boucle sur les ondes gabonaises alors qu’Internet, les réseaux sociaux et l’électricité sont successivement coupés dans plusieurs quartiers de la capitale. Les putschistes appellent certaines personnalités à se rendre à l’Assemblée nationale dont un ancien commandant de la Garde républicaine, le président du Sénat, des syndicalistes, des membres de la société civile, des mouvements de jeunesse de partis politiques d’opposition et même le clergé. De plus, ils appellent les militaires à rejoindre leur cause.

Au terme de quelques heures, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Guy-Bertrand MAPANGOU a annoncé que la situation était sous contrôle, quatre des mutins ayant été abattus par les unités du GIGN gabonais et deux autres arrêtés. Kelly Ondo OBIANG, alors en fuite, a été retrouvé quelques heures plus tard. Selon le porte-parole du gouvernement, « aucune caserne n’a suivi l’appel », le projet de coup d’Etat étant avorté. Toutefois, cette tentative, bien qu’ayant échoué et n’étant le fait qu’un infime groupe de l’armée, illustre les problèmes internes du Gabon, certains remettant en cause la légitimité du président actuel depuis son élection en 2009.

L’Union africaine « condamne fermement la tentative de coup d’Etat au Gabon » par la voix du président de la commission Moussa Faki MAHAMAT qui « réaffirme le rejet total par l’UA de tout changement inconstitutionnel de pouvoir ». Le ministère des Affaires étrangères français condamne également « toute tentative de changement de régime extraconstitutionnel », la stabilité du pays ne pouvant être assurée que « dans un strict respect des dispositions de sa Constitution ». Durant la matinée, l’Ambassade de France à Libreville a appelé ses ressortissants à « éviter tout déplacement ». Actuellement, près de 8 900 ressortissants français sont inscrits au consulat de Libreville et environ 10 000 Français au total vivent au Gabon.

Grèce – 2015 07 04 – Les risques géopolitiques d’un Grexit – Le Monde

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