Libye

Libye : les combats se poursuivent malgré la trêve

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En Libye, les combats entre les deux parties du pays – menées par Khalifa Haftar et Fayez al-Sarraj – se poursuivent. A l’occasion de l’Aïd al-Adha – fête religieuse se déroulant du dimanche 11 août au mardi 13 août – et sur recommandation de l’Envoyé spécial de l’Organisation des Nations unies en Libye Ghassan Salamé, une trêve avait été réclamée. La gravité, la violence et la longévité des combats   implique une nécessaire présence de l’ONU sur le dossier libyen et suscite une légitime inquiétude de la communauté internationale. Dans une déclaration conjointe du 11 août 2019, les Emirats arabes unis, les Etats-Unis, la France, l’Italie et le Royaume uni ont salué l’annonce de cette trêve et ont « invité les parties à cesser les hostilités sur l’ensemble du territoire libyen ». Les Etats signataires se disent « prêts à appuyer les Nations unies pour assurer le respect de la trêve et à prévenir toute tentative de la rompre » et rappellent qu’« il ne peut y avoir d’option militaire en Libye ».

Mais en dépit de ces efforts, l’accord de la trêve a pris fin au bout de 24 heures. En effet, le lundi 12 août, des tirs de roquettes ont visé l’aéroport de Mitiga, le seul aéroport opérationnel à Tripoli. Le trafic aérien a donc été suspendu « jusqu’à nouvel ordre ».

L’armée nationale libyenne (ANL) de l’autoproclamé Khalifa Haftar et les forces du gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, reconnues par la communauté internationale, s’affrontent depuis plus de quatre mois autour de la capitale. En effet, depuis le 4 avril dernier, le maréchal Haftar, l’homme fort de l’Est libyen a lancé une offensive pour conquérir Tripoli. L’aéroport de Mitiga, sous contrôle du GNA, est souvent visé par les milices d’Haftar. Face à l’enlisement de la bataille pour le contrôle de la capitale – ses forces ont multiplié les raids aériens.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les combats dans la région ont fait 1 093 morts, 5 752 blessés et ont provoqué le déplacement de plus de 120 000 personnes.

Le porte-parole du GNA, Moustafa al-Mejii, accuse les forces d’Haftar d’avoir violé la trêve à deux reprises et prévient que les forces du GNA « détiennent tous les moyens de riposte à tout moment ».

Le raid contre l’aéroport survient dans un contexte d’escalade de tensions dans le pays. En effet, il succède à l’attentat contre un convoi de l’ONU à Benghazi, causant la mort de trois agents de la Mission des Nations unies en Libye (MANUL) le samedi 10 août. Cette attaque à la voiture piégée, condamnée par l’ONU, révèle une fois encore le chaos régnant dans le pays. Toutefois, elle n’a pas été revendiquée par l’ANL.

Depuis 2011 et la révolte populaire libyenne ayant entrainé la chute du dictateur le colonel Mouammar Kadhafi, la Libye est en proie à l’insécurité avec la présence de groupes armés et rivaux qui ne cessent de s’affronter. Depuis 2014, le pays s’enfonce progressivement dans une guerre entre les deux parties menées par deux hommes forts que tout semble opposer. Les élections envisagées ne semblent pas ouvrir de perspectives rassurantes malgré les efforts de la communauté internationale. A ce conflit s’ajoute celui d’un risque de crise migratoire affectant l’ensemble du pourtour méditerranéen.

L’insécurité en Libye a donc de quoi inquiéter les rives Nord et Sud de la région.

Au cœur de l’inextricable conflit libyen : 44 migrants meurent dans un raid aérien

Dans la soirée du 2 au 3 juillet, à Tadjourah, ville située à 14 kilomètres à l’est de Tripoli, 44 migrants ont trouvé la mort dans une frappe aérienne contre leur centre de détention.

Sans surprise, l’attaque fut très vite condamnée par une déclaration conjointe de l’agence des Nations unies pour les réfugiés (High Commissioner for Refugees (HCR)) ainsi que par l’organisation pour les migrations (OIM) appelant à une « enquête complète et indépendante » pour « traduire les responsables en justice ». Selon Amnesty International, les vies de 1,2 million de civils sont en danger à Tripoli, parmi lesquels les migrants, livrés à eux-mêmes, font bien souvent figure de premières victimes. Selon l’OIM, environ 660 000 d’entre eux vivraient sur le territoire libyen.

Depuis 2014, la Libye s’enfonce progressivement dans une guerre latente entre deux blocs antagonistes. Les forces loyales du gouvernement d’accord national (GAN) du premier ministre Fayez al-Sarraj, installées principalement à Tripoli et reconnues par la communauté internationale, s’opposent à celles de « l’armée nationale libyenne » (ANL) du général Khalifa Haftar affiliées à la chambre des représentants de Benghazi.

La complexité de la guerre s’explique par une superposition des conflits rendant l’issue pour le moins incertaine. A l’opposition traditionnelle entre nouvelles et anciennes élites, s’additionnent des rivalités religieuses ancrées et durables soutenues directement par les puissances régionales. A l’instar de ce qui s’est passé en Egypte en 2014 lors de la destitution du président Mohamed Morsi, la guerre dépasse le seul cadre libyen et empoisonne les relations régionales entre pays arabes. On observe véritablement en Libye le poids des influences des deux grands pôles sunnites du Moyen-Orient avec d’une part le Qatar, associé à la Turquie, soutenant ouvertement le GAN et, d’autre part, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, par le biais de l’Egypte notamment, défendant les actions offensives du général Khalifa Haftar. De son côté, la France, qui est plutôt en soutien de l’ANL, semble faire preuve d’une certaine prudence sur la question en appelant « les parties à une désescalade immédiate et à la cessation des combats » en demandant également en parallèle « le retour rapide au processus politique sous les auspices des Nations Unies ».

Cet évènement contrarie l’initiative du président Fayez al-Sarraj d’organiser des élections d’ici la fin de l’année en Libye. Le processus de paix est donc aujourd’hui à l’arrêt et enfonce chaque jour davantage le pays dans l’instabilité. Or, la Libye englobe une zone stratégique majeure en proies aux trafics internationaux transitant par le Sahara. Le trafic humain, dont les migrants sont une des principales composantes, mais aussi tous les produits illicites, armes ou drogues, sont acheminés par cette route vers l’Europe. Les recettes profitent alors aux organisations terroristes de la zone.

Ainsi, sur la route des migrants, du sud vers le nord, le carrefour libyen, plongé dans un chaos sur les rives de la Méditerranée, menace la sécurité des frontières en Afrique du Nord. Celles-ci, cruciales pour la sécurité régionale avec d’inévitables conséquences en Europe, font du conflit libyen un enjeu stratégique dont l’issue n’a jamais semblé aussi loin.

Image satellite du centre de détention pour migrants après le raid aérien 

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Libye : l’inquiétude de la communauté internationale

Ghassan Salamé et Jens Stoltenberg, le 13 mai au siège de l’OTAN.
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Depuis le lancement de l’opération du maréchal Haftar – chef de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) – sur Tripoli, la Libye s’enlise à nouveau dans la guerre. L’insécurité a engendré une aggravation de l’instabilité au sein du pays où sont déplorées de nombreuses pertes et le déplacement de milliers de Libyens. Le dossier libyen suscite l’inquiétude de la communauté internationale.

Le 13 mai, le Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne a adopté une déclaration concernant la situation en Libye : « L’offensive militaire lancée par l’ANL sur Tripoli et l’escalade qui s’en est suivie dans la capitale et aux alentours de celle-ci constituent une menace pour la paix et la sécurité internationales et compromettent encore davantage la stabilité de la Libye. Elles aggravent également le risque de menace terroriste dans tout le pays. L’UE réaffirme son attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale de la Libye ». De fait, l’Union européenne exhorte les parties libyennes à mettre en place un cessez-le-feu et à coopérer avec les Nations unies.

La même journée, la Haute représentante de l’Union européenne, Federica Mogherini a rencontré le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj. Au nom de l’UE, la cheffe de la diplomatie européenne a exprimé la volonté d’un arrêt immédiat des activités militaires et a demandé une reprise du dialogue politique « dans l’intérêt de tous les Libyens ». L’UE soutient « sans réserve » les actions de Ghassan Salamé. En sus du domaine militaire, la situation humanitaire du pays inquiète. Federica Mogherini a donc souligné l’importance de « garantir l’accès à l’aide humanitaire, de protéger les civils (…) et de protéger et d’aider les migrants ». Face à la situation préoccupante du pays, l’UE dénonce la violation du droit international et considère que les attaques dont le pays est victime « peuvent être assimilées à des crimes de guerre ».

Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN, s’est également entretenu le 13 mai avec le Représentant spécial de l’ONU en Libye Ghassan Salamé, l’occasion de rappeler que l’OTAN à l’instar de l’UE, « soutient pleinement le travail des Nations unies en Libye » et de son Représentant spécial. L’OTAN affiche également la volonté d’aider davantage la Libye à se doter d’institutions efficaces. L’organisation exhorte « toutes les parties à mettre fin aux combats et à rejoindre le processus politique », conformément aux demandes exprimées par l’Organisation des Nations Unies.

Mardi 14 mai, l’Organisation des Nations unies a, à son tour, alerté sur l’insécurité en Libye. Face à la situation humanitaire se dégradant, des agences des Nations unies « ont fait part de leur préoccupation » concernant les migrants, les réfugiés et les personnes déplacées.

La communauté internationale est unanime : aucune solution militaire ne résoudra la crise libyenne. Seule une solution politique globale amorçant la tenue d’élections générales favorisera un retour au calme.

Au terme de plus de six semaines de combats, 450 personnes ont perdu la vie, 2 000 ont été blessées et 63 000 ont été déplacées. Cette offensive a accentué la rupture entre les deux parties libyennes.

 

Situation en Libye : Jean-Yves le Drian s’exprime

 

Jean-Yves Le Drian. Tous droits réservés.

Plus d’un mois après le début de l’assaut de l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal autoproclamé Khalifa Haftar sur Tripoli – siège du Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, la situation en Libye est plus que jamais dans l’impasse. Alors que l’instabilité règne dans le pays depuis 2011 et la chute du « Guide suprême » Mouammar Kadhafi, le dialogue entre les deux hommes semble impossible. En effet, les affrontements et les combats urbains se sont multipliés ces dernières semaines.

Le dossier libyen suscite l’inquiétude de la communauté internationale. Le Conseil de sécurité des Nations unies ne parvient pas à s’accorder sur une résolution. Le Royaume-Uni a en effet présenté un projet mais s’est heurté aux refus russe et américain. Des Etats sont soupçonnés de soutenir l’un des deux camps tandis que Haftar est accusé de vouloir fomenter un coup d’Etat pour s’emparer du pouvoir. Dans ce contexte, les puissances régionales jouent un rôle important. A ce titre, l’Egypte, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis soutiennent Khalifa Haftar tandis que la Turquie et le Qatar sont favorables au GNA d’al-Sarraj. Quant à la France, elle est très impliquée dans la résolution du conflit, à l’instar de l’Italie – ancienne puissance coloniale. Toutefois, Paris a été accusé par le GNA de soutenir l’ANL. Après que Paris a démenti en appelant à « un processus sous l’égide de l’ONU », le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves a répondu aux questions du Figaro à ce propos.

En premier lieu, la France se dit impliquée dans le dossier libyen pour « combattre le terrorisme », qui représente « l’objectif prioritaire » de Paris dans la région depuis plusieurs années. La chute de l’Etat islamique – ou du moins de sa dimension territoriale – aurait ainsi des répercussions directes sur la Libye, le ministre français indiquant que des djihadistes auraient gagné des villes libyennes, telles que Syrte, ancien bastion de Daech libéré par les milices de Misrata ou Sabratha, autre foyer terroriste d’où avaient été planifiés des attentats visant la Tunisie. Le ministre n’a pas précisé la nationalité de ces anciens combattants de Daech, où le contingent tunisien était un des plus importants.

La dimension sécuritaire explique par la même l’engagement de Paris, qui dispose d’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU qui lui confère une « responsabilité particulière dans les grandes crises internationales ». En effet, « le chaos libyen fait peser un gros risque » pour les pays de la région dont la Tunisie et l’Egypte qui incarnent des pays clés pour la stabilité de la zone sur lesquels la France s’appuie.

Jean-Yves Le Drian, qui s’était entretenu avec le maréchal Haftar à Benghazi le 19 mars dernier, assure ne pas avoir été mis au courant de l’offensive sur Tripoli qui se préparait. Si le ministre rappelle le rôle tenu par Haftar durant son opération contre-terroriste lancée à l’est sur Derna et Benghazi en 2014 et approuvée par les autorités reconnues internationalement à l’époque, la position française affiche un soutien ferme aux accords d’Abu Dhabi devant aboutir à des élections. En effet, l’absence d’élections a engendré une situation chaotique où deux hommes forts se disputent la légitimité du pouvoir. En ce sens, le chef de la diplomatie française déclare : « Je constate que l’absence de perspective politique a entraîné l’immobilisme des uns (Sarraj) et l’imprudence des autres (Haftar). On retourne toujours au même point. Sans élection, aucun acteur libyen ne peut prétendre être totalement légitime ».

En Libye, l’homme fort de l’ANL connait des revers, de nombreuses milices s’étant réunies dans un front anti-Haftar. Parmi elles, Jean-Yves Le Drian évoque des « groupes mafieux de passeurs qui torturent et mettent en esclavage des migrants ». Face aux accusations de soutien au clan Haftar, le ministre rétorque au journaliste « je vous laisse juge » et se défend : « C’est triste. La France a continûment soutenu le gouvernement de Sarraj. Nous l’avons beaucoup soutenu aux Nations unies et sur le plan de la sécurité ».

Face à une situation qui se détériore, la position de la France est la même depuis juillet 2017, date à laquelle le président de la République française Emmanuel Macron a reçu Khalifa Haftar et Fayez al-Sarraj à La Celle-Saint-Cloud. Pour autant, la France ne dément pas un soutien à l’homme fort de l’ANL pour son action contre le terrorisme, en dépit d’exactions commises et de la présence au sein de l’ANL de la brigade salafiste/madkhaliste Tariq Bin Ziyad.

Sommets d’urgence à l’UA sur les crises en Libye et au Soudan

Les dirigeants de l’UA réunis pour les sommets d’urgence sur les crises du Soudan et de la Libye au Caire le 23 avril 2019. Tous droits réservés.

Le mardi 23 avril 2019, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi a convoqué ses homologues du Tchad, de Djibouti, du Rwanda, du Congo, de la Somalie et de l’Afrique du Sud pour un sommet d’urgence sur le Soudan dans le cadre de l’Union africaine (UA). Un autre sommet portant sur la crise en Libye s’est tenu le même jour, réunissant autour du président égyptien et de Moussa Faki, président de la Commission de l’UA, les chefs d’Etats rwandais, sud-africain et congolais, ce dernier étant également président de la Commission sur la Libye à l’UA.

Alors qu’au sein du Conseil de sécurité des Nations unies réside une « division extrême » sur le conflit libyen selon le représentant spécial de l’ONU pour la Libye Ghassan Salamé, et que gravitent beaucoup d’incertitudes quant à l’avenir du Soudan, ces deux sommets d’urgence ont été motivés par la dégradation récente des conflits en Libye et au  Soudan.

Le premier sommet sur le Soudan a porté sur « l’évolution de la situation au Soudan » ayant « pour objectif de discuter […] des moyens les plus appropriés pour faire face à l’évolution de la situation et de contribuer à la stabilité et à la paix », selon la présidence égyptienne. Une stabilité qui se fait d’autant plus rare depuis décembre 2018, lorsque des manifestations populaires ont éclaté après la hausse du prix du pain – qui est passé d’une livre soudanaise (équivalent d’un centime d’euro) à trois livres – et du carburant. Au-delà des revendications sociales, la population a réclamé la chute du régime d’Omar el-Béchir. L’armée soudanaise a destitué le chef d’Etat par un putsch le jeudi 11 avril 2019. Le mercredi 24 avril 2019, les manifestants sont toujours mobilisés malgré les incitations du Caire afin que « le peuple et l’armée [coopèrent] pour surmonter les défis ». La population réclame un gouvernement civil et le retrait du nouveau chef, le général Abdel Fattah Abdelrahman Burhan, qui dirige le Conseil militaire de transition.

La crise que subit le Soudan rappelle les « printemps arabes » des pays voisins. Toutefois, les chefs d’Etats africains, réunis au sommet de l’UA, intiment le pouvoir militaire au Soudan et les manifestants à parvenir à une « transition pacifique » d’ici trois mois, afin d’éviter tout chaos comparable à celui de la Libye.

Le deuxième sommet s’est déroulé autour de la situation de crise que connaît la Libye où le maréchal autoproclamé Khalifa Haftar, chef de l’ANL (Armée nationale libyenne), a engagé depuis le jeudi 4 avril 2019 de violents combats à l’encontre des forces loyales au Gouvernement d’Union nationale (GNA), dirigées par Fayez al-Sarraj. Les dirigeants africains réunis au sein de l’UA ont demandé « l’arrêt immédiat et inconditionnel » des combats en Libye, appelant « toutes les parties à la retenue » et à permettre « l’arrivée de l’aide humanitaire ». Selon l’OMS, « les derniers chiffres de la nuit du 22 avril 2019 sont de 264 morts et 1 266 blessés » civils et militaires, des deux bords confondus.

Du côté de la communauté internationale, l’ANL bénéficie du soutien de l’Egypte, de l’Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis et de la Russie. Quant à la France, selon le représentant spécial des Nations Unies pour la Libye, elle « soutient l’activité des Nations unies en Libye », alors que le GNA prône le contraire.

L’Egypte, présidente de l’UA et frontalière du Soudan et de la Libye, entend jouer un rôle dans la résolution de ces conflits.

Libye : les combats se poursuivent

Des membres de l’Armée nationale libyenne, le 7 avril.
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De combats violents secouent la Libye depuis le jeudi 4 avril. L’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal autoproclamé Khalifa Haftar s’oppose aux forces loyales au Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale et dirigé par Fayez al-Sarraj. Le maréchal Haftar, qui contrôle l’est du pays et une partie du sud a lancé un assaut sur l’ouest, en particulier sur la capitale Tripoli où siège le GNA.

Dans un discours diffusé samedi soir, Fayez al-Sarraj a mis en garde contre la perspective d’une « guerre sans gagnant ». Il a ajouté bénéficier du soutien de toutes les régions de Libye pour faire face à l’offensive de l’ANL. Dans un pays en proie au chaos depuis 2011, cette escalade de tensions a fait au moins 32 morts et 50 blessés depuis le 4 avril selon le ministère de la Santé du GNA. D’après le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, ces événements autour de la capitale libyenne ont déplacé plus de 2 800 personnes et empêchent l’aide humanitaire d’atteindre civils et blessés.

Face aux violences, la mission d’assistance de l’Organisation des Nations unies en Libye (MANUL) a appelé au calme et a décrété dimanche une « trêve humanitaire » de deux heures dans la banlieue sud de Tripoli pour permettre l’évacuation des blessés et des civils. Le 4 avril, dans une déclaration commune, la France, l’Italie, le Royaume et les Emirats arabes unis, « préoccupés par les affrontements se déroulant en Libye », ont exhorté, sans jamais dénoncé l’agresseur, « toutes les parties à apaiser immédiatement les tensions qui entravent les perspectives de médiation politique des Nations unies ». Au contraire, rompant avec sa ligne diplomatique, les Etats-Unis se sont opposés le 7 avril à « l’offensive militaire menée par les forces de Khalifa Haftar » et ont appelé à « l’arrêt immédiat de ces opérations » mettant en danger les civils et « compromettant les perspectives d’un avenir meilleur pour tous les Libyens ». Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a invité les dirigeants libyens et les partenaires internationaux à reprendre les « négociations politiques menées par le représentant spécial de l’ONU ».

Malgré les demandes pour mettre fin aux hostilités, l’ANL du maréchal Haftar poursuit son offensive en direction de Tripoli. La courte trêve s’est achevée pour laisser place, dans la nuit de samedi à dimanche 8 avril, à une frappe aérienne contre l’aéroport de Mitiga, le seul aéroport fonctionnel de la capitale.

Ce raid, qui n’a fait aucune victime, n’a pas été revendiqué pour l’heure. Toutefois, l’Organisation des Nations unies l’impute à Haftar. Ghassan Salamé, l’émissaire de l’ONU « condamne l’attaque aérienne perpétrée par un avion de l’ANL ». Quant au Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, il a fermement condamné l’escalade de la violence et a appelé, dimanche 8 avril, à un arrêt immédiat de l’assaut. Son porte-parole a déclaré : « Le Secrétaire général demande instamment que toutes les opérations militaires cessent immédiatement afin de désamorcer la situation et de prévenir un conflit de grande ampleur ». Pour Antonio Guterres, il n’existe en effet aucune solution militaire au conflit libyen.

A l’issue d’une réunion avec les ministres des Affaires étrangères de l’UE au Luxembourg, Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, a appelé « les dirigeants libyens et en particulier Haftar à mettre un terme aux activités militaires et à retourner à la table des négociations sous les auspices de l’ONU ».

Les deux hommes forts du pays se sont rencontrés à plusieurs reprises. En février aux Emirats arabes unis, soutien actif du camp de Tobrouk, al-Sarraj et Haftar s’étaient accordés pour organiser des élections avant la fin de l’année.

Cette escalade de violence survient alors qu’une conférence nationale, organisée sous l’égide de l’ONU était prévue le 14 avril dans le sud-ouest du pays. Cette réunion aurait permis de dresser une feuille de route. Alors que l’ONU a fait savoir le maintien de cette conférence, sauf cas de « circonstances majeures », elle a finalement fait savoir son annulation.

 

 

Opération Sophia : Suspension du déploiement des moyens navals

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Le déploiement des moyens navals de l’opération EUNAVFOR Med, également appelée opération Sophia, sera suspendu à partir du 31 mars 2019.

Décidée en 2015 par le Conseil européen dans le cadre de sa Politique de sécurité et de défense commune, l’opération Sophia, dont le quartier général est situé à Rome, est une réponse à la crise migratoire en Méditerranée. Sa mission est d’œuvrer au démantèlement du « modèle économique des réseaux de trafic de migrants et de traite des êtres humains dans la partie sud de la Méditerranée centrale ». A travers cette opération, l’UE contribue également à former la marine et les garde-côtes libyens et mène des activités de surveillance et de recueil des informations sur les trafics illicites, « y compris des informations sur le pétrole brut et d’autres exportations illégales ».

Si, en décembre 2018, la prorogation jusqu’au 31 mars 2019 du mandat de l’opération a été obtenue de justesse, le mercredi 27 mars, le Conseil européen a décidé de suspendre temporairement le déploiement des moyens navals. Cependant, les Etats membres se sont accordés pour que l’opération Sophia poursuive ses opérations pendant une durée de six mois et sur le renforcement de la surveillance par des moyens aériens ainsi que du soutien apporté aux garde-côtes libyens et à la marine libyenne.

Pour le journal autrichien Wiener Zeitung, il s’agit de « la première victime de la campagne des européennes ». En effet, l’opération Sophia cristallise les tensions et les clivages des pays membres de l’UE concernant le défi des migrations. Faute de compromis entre les Etats, le Conseil a dû suspendre les activités navales. En effet, les Etats membres ne sont pas parvenus à un partage des responsabilités s’agissant du dossier migratoire. Les débats se sont donc heurtés à la question du débarquement des migrants secourus, un grand nombre d’Etats européens se montrant réticents à les accueillir. Parmi eux, les principaux contributeurs (Royaume-Uni, Allemagne, Belgique, etc.) de l’opération se sont retirés. L’Italie, qui a le commandement de la mission, espère changer la politique en matière de secours des migrants et se montre fermement opposée à l’utilisation de ses ports.

Cette décision s’inscrit dans le calendrier des élections européennes : retirer les moyens maritimes de l’opération Sophia, dans un climat où prospèrent l’euroscepticisme et le nationalisme, permet de contrer le discours des partis populistes.

La suspension du volet naval de l’opération Sophia suscite l’ire des associations. Pour Matteo de Bellis, chercheur d’Amnesty International concernant les migrations, la décision de réduire les activités de EUNAVFOR Med est « une abdication scandaleuse de responsabilités des gouvernements de l’Union européenne ». Les associations dénoncent en effet la reconduite des personnes secourues en Libye alors que Tripoli est accusée d’infliger torture et détentions arbitraires aux migrants et réfugiés.

Faute d’accord, rien ne présage la reprise des activités navales. En janvier, le vice-amiral Enrico Credendino, commandant de l’opération, avait pourtant revendiqué le sauvetage de plus de 45 000 personnes par EUNAVFOR Med depuis son lancement, ce chiffre représentant 9% du total des migrants secourus en Méditerranée.

Pour autant, le sauvetage en mer des migrants, s’il est indispensable, n’a pas permis jusqu’à lors de résoudre les véritables enjeux de la crise migratoire.

 

Accord pour des élections en Libye

Le maréchal de l’Armée nationale libyenne, Khalifa Haftar, le président du Parlement libyen basé à Tobrouk, Aguila Saleh Issa, le chef du Gouvernement d’accord national Fayez al-Sarraj et le président du Haut Conseil d’Etat libyen Khaled Mechri, lors d’un congrès international.
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Jeudi 28 février 2019, la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL) a annoncé un nouvel accord sur l’organisation des élections en Libye. A Abu Dhabi, une rencontre organisée sans annonce préalable par l’Envoyé spécial de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, a permis de réunir les deux hommes forts du pays : Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar. Dans un communiqué, la MANUL a déclaré : « Les deux parties se sont entendues sur la nécessité de mettre fin à la période de transition à travers des élections générales mais aussi sur les moyens de préserver la stabilité de la Libye et d’unifier ses institutions ».

L’appareil d’Etat libyen s’est écroulé à la chute du « Guide suprême » Mouammar Kadhafi en 2011, laissant le pays dans l’instabilité. A la situation économique alarmante se sont ajoutés l’émigration massive en direction de l’Europe et l’installation de multiples foyers terroristes. Le pays est le théâtre de luttes d’influence et deux autorités se disputent le pouvoir depuis de longs mois : Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar. Le premier est à la tête du Gouvernement d’accord national (GAN), reconnu par l’ONU et basé à Tripoli tandis que le maréchal Haftar, chef autoproclamé de l’Armée nationale libyenne (ANL), contrôle l’est du pays et est soutenu par la Chambre des représentants élue lors des élections du 25 juin 2014, et installée à Tobrouk. Un accord entre les deux hommes est nécessaire pour organiser des élections et parvenir à un retour à la sécurité.

Bien qu’aucun calendrier n’ait été communiqué à l’issue de la réunion, la rencontre est considérée comme une avancée significative, tant la communauté internationale peine à réunir les deux rivaux. Paris et Rome se sont ainsi disputé le dossier libyen : le président français Emmanuel Macron était parvenu à réunir Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar en mai dernier. A Paris, les deux hommes s’étaient déjà accordés pour organiser des élections présidentielles avant la fin de l’année 2018, sans effet concret. Ancienne puissance coloniale et partenaire historique de la Libye, l’Italie a tenté de régler cette question en organisant en novembre 2018 une conférence internationale à Palerme. Malgré la présence des deux hommes, le bilan de la conférence de Palerme fut mitigé, le maréchal Haftar ayant boudé les réunions.

Alors que Fayez al-Sarraj se montre affaibli, notamment au sein de son camp, Khalifa Haftar s’est lancé depuis le début de l’année 2019 à la conquête du sud du pays. Dans cette région, historiquement marginalisée par le pouvoir et devenue un repaire pour les djihadistes, le maréchal est parvenu à rallier les tribus locales. La rencontre des deux hommes s’est de plus déroulée à Abu Dhabi, soutien historique du camp Haftar. Dans une logique diplomatique, les Emirats arabes unis entendent s’ériger en médiateur et prouver qu’ils sont capables de régler la situation en Libye alors que les Occidentaux n’y sont pas parvenus.

Libye : Salamé « persona non grata » pour l’ANL

Ghassan SALAME. Tous droits réservés.

L’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa HAFTAR a déclaré l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies et chef de la Mission de soutien aux Nations unies en Libye (MANUL), Ghassan SALAME, « persona non grata » dans son pays.

Depuis la chute du « Guide suprême de la Révolution », la Libye s’est installée dans un régime de transition permanente avec deux gouvernements, deux parlements et deux hommes forts. D’un côté, Fayez el-SARRAJ, à la tête du gouvernement d’entente nationale et de l’autre le maréchal Khalifa HAFTAR. Ce dernier, à la tête de l’ANL, qui n’est ni une armée ni nationale, est surnommé l’homme fort de Cyrénaïque. Les deux hommes peinent à s’entendre mais ont convenu lors de la conférence de Palerme en novembre dernier de la tenue d’une conférence nationale, appuyée par les Nations unies.

Depuis 2011 et les débuts de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), cinq représentants spéciaux se sont succédé. Depuis sa nomination, Ghassan SALAME tente de bousculer le statu quo dans ce pays où la crise politique s’est conjuguée à une crise économique et sécuritaire. Malgré les efforts entrepris par le représentant spécial et la MANUL, des combats se déroulent régulièrement en Libye entre factions rivales, dont l’ANL, qui mène également des opérations militaires dans le sud-ouest du pays.

Le 28 janvier 2019, Ahmad al-MISMARI, porte-parole de l’ANL, a déclaré Ghassan SALAME comme indésirable dans son pays. L’émissaire du secrétaire général de l’ONU fait en effet l’objet de critiques de la part des représentants de l’est libyen qui le décrivent comme un « opposant ». Ghassan SALAME est accusé de soutenir une partie des Libyens au détriment des autres, d’être incapable de ramener la paix, d’être à la fois juge et partie et enfin de prendre la défense des islamistes. Aguila SALEH, président du Parlement libyen qui siège à Tobrouk – en opposition avec le gouvernement de SARRAJ de Tripoli – l’accuse de s’être rangé du côté du Conseil présidentiel et du gouvernement d’entente nationale.

Toutefois, le 13 janvier 2019, l’émissaire s’était déjà défendu : « Nous sommes en Libye pour servir la population libyenne, pas les politiciens ». Le 18 janvier dernier, devant le Conseil de sécurité, Ghassan SALAME a déclaré que les acquis restaient « fragiles et réversibles » et fait la promotion de l’organisation d’une Conférence nationale qui permettrait d’ouvrir la voie à la tenue d’élections présidentielles. La réconciliation nationale escomptée est selon lui « un grand mot et un bel objectif » mais inadaptée à la situation du pays où le véritable enjeu consiste à « libérer les institutions pour que la volonté puisse s’exprimer ». Il considère en effet que la crise libyenne est due à la rivalité pour le contrôle des richesses nationales, notamment le pétrole. La conquête du sud par l’ANL en est une illustration. Quelques jours plus tard, il a estimé que ses déclarations ont été mal interprétées. Tandis que l’envoyé spécial se défend d’être « le premier à vouloir organiser ces élections », la date de ces dernières ne cesse d’être reculée, venant compliquer la mission de Ghassan Salamé.

La Libye est de plus en plus le théâtre de jeu des puissances étrangères qui soutiennent l’un ou l’autre camp. En Europe, Rome et Paris se disputent également le parrainage du processus de réconciliation.

Sommet arabe de Beyrouth : illustration des tensions entre sunnites et chiites – Arabie Saoudite et Iran

Photo de famille du sommet de Beyrouth, le 20 janvier.
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Après Koweït City (2009), Charm-el-Cheikh (2011) et Riyad (2013), Beyrouth a accueilli les 19 et 20 janvier 2019 la quatrième édition du Sommet arabe pour le développement économique et social.

A l’issue de la séance de clôture et devant Hussam ZAKI, secrétaire général de la Ligue arabe, Gebran Bassil a lu la « Déclaration de Beyrouth » : « Nous, dirigeants des pays arabes réunis au 4ème sommet socio-économique arabe de Beyrouth, réitérons notre engagement complet à réaliser les décisions des sommets précédents (…) et assurons la nécessité d’éliminer les obstacles qui entravent leur mise en œuvre, afin de poursuivre le processus économique, social et développemental arabe ».

La question des réfugiés a été très prégnante dans les débats. Le président libanais Michel Aoun, qui considère que les guerres ont des « conséquences destructrice sur l’économie et le développement des pays » a appelé les grandes puissances mondiales à « faire tous les efforts » afin que ces réfugiés puissent rentrer chez eux. La question des déplacés et réfugiés est essentielle pour le Liban qui en accueille environ 1,5 million, soit près d’un tiers de sa population totale. Parmi les orientations prises par la Déclaration de Beyrouth, l’accent a été mis sur le soutien au peuple palestinien et la préservation de l’identité de la ville de Jérusalem mais les Etats arabes se sont également penchés sur les progrès et besoins de l’union des Douanes, dans l’espoir d’établir un « marché arabe commun ».

Mais derrière cette unité de façade, les habituelles tensions ont marqué ce sommet. Seuls deux chefs d’Etat ont répondus à l’invitation du président libanais Michel Aoun : l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani et le président mauritanien, Mohammad Ould Abdel Aziz. La présence de l’émir qatari, qui a permis d’éviter un camouflet total au Liban, se place dans un contexte de crise avec ses voisins du Golfe depuis presque deux ans. Ces derniers, menés par l’Arabie Saoudite, ont rompu leurs relations avec Doha, l’accusant de soutenir des mouvements islamistes radicaux et d’entretenir des liens étroits avec l’Iran. Les autres Etats ont fait le choix d’envoyer des délégations moins  prestigieuses. A l’issue du sommet, Gebran Bassil, ministre libanais des Affaires étrangères par intérim a constaté l’échec de cette rencontre : « Chaque pays a le droit de décider de son niveau de représentation. En toute franchise, je comprends que certains Présidents aient pris cette décision. Le Liban doit assumer ses responsabilités dans ce qui s’est passé. Il y a des façons de donner son avis ».

Si les chefs d’Etats et de gouvernements ont boudé ce sommet, c’est en raison de la question syrienne et de l’absence de délégation libyenne. Le positionnement du Liban sur l’axe syro-iranien déplait à de nombreux Etats arabes. Lors d’une rencontre préparatoire du sommet, Gebran Bassil avait ainsi plaidé pour une réintégration de la Syrie dans la Ligue arabe : « la Syrie devrait revenir vers nous… Nous devrions prendre la Syrie dans nos bras plutôt que la jeter dans les bras du terrorisme ». Toutefois, le siège de la Syrie est gelé depuis la fin de l’année 2011, en réaction à la répression du régime de Bachar al-Assad et la question de sa réintégration ne fait pas encore l’objet d’un consensus. La guerre en Syrie oppose les pays de la région et accentue les tensions à Beyrouth entre les alliés de Bachar al-Assad incarnés majoritairement par le Hezbollah chiite, et les mouvances favorables aux rebelles, principalement sunnites. L’Arabie saoudite, poids lourd de la région, se montre réticente à une normalisation de ses relations avec la Syrie de Bachar el-Assad. Pourtant, les signes d’ouverture en faveur du président syrien, qui a repris le contrôle d’une très large partie du territoire grâce à ses victoires militaires et au soutien russe, se multiplient ces dernières semaines. Alors que les Emirats arabes unis – soutien des opposants au régime en place – ont rouvert leur ambassade à Damas, le président soudanais Omar el-Béchir a rencontré Bachar al-Assad en décembre dernier – première visite d’un chef d’Etat arabe à Damas depuis 2011.

Deuxième point de discorde : l’absence de la Libye. Gebran Bassil, ministre libanais des Affaires étrangères a déclaré : « En tant qu’Etat libanais, nous regrettons que la Libye n’ait pas participé ». La chaise vide de Tripoli est un signe de protestation après que des partisans du mouvement chiite libanais Amal, qui ont pour tête de file le président de la Chambre des députés Nabih Berri, ont brûlé un drapeau libyen à Beyrouth. Ils soupçonnent la Libye d’être à l’origine de la disparition de l’imam Moussa Sadr en 1978. Le mouvement Amal, soutenu par le Hezbollah, espérait aussi obtenir la participation de la Syrie.

Le pays hôte du sommet est apparu dans toutes ses divisions. Ces désaccords ont percé à jour l’absence d’un pouvoir central et ont accru la crise politique. Huit mois après les élections législatives, le Premier ministre Saad Hariri ne parvient toujours pas à former un gouvernement.