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Journée mondiale de l’environnement : Point sur la pollution en Méditerranée

Plage de plastique sur le littoral grec.
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Le 5 juin est la Journée mondiale de l’environnement. Instaurée par l’Organisation des Nations unies lors de la Conférence sur l’environnement de Stockholm en 1972, cette journée a pour but de « développer les bases nécessaires pour éclairer l’opinion publique et donner aux individus, aux entreprises et aux collectivités le sens de leurs responsabilités en ce qui concerne la protection et l’amélioration de l’environnement. » La Méditerranée, zone de trafic maritime intense – concentrant 25% du trafic mondial – et une des principales destinations touristiques, est particulièrement concernée par les problématiques environnementales.

Le thème retenu pour l’année 2019 par la Chine – hôte des célébrations de la journée – concerne la pollution de l’air, problème mondial majeur et l’un des principaux dangers écologiques actuels. Une étude réalisée par l’Union pour la Méditerranée (UpM), estime à environ 7 millions le nombre de décès annuels causés parla pollution atmosphérique, dont un million dans les régions d’Europe et de Méditerranée orientale. La pollution de l’air causée par les navires traversant la mare nostrum est à elle seule responsable de la mort de 6 000 personnes chaque année. Sans surprise, trois ports français méditerranéens figurent parmi les 50 ports les plus pollués d’Europe, selon les résultats d’une enquête de l’ONG Transport et Environnement. Il s’agit de Marseille, Nice et Toulon, respectivement à la 8ème, 39ème et 49èmeplaces. Si ces résultats s’expliquent par la forte présence de navires de croisière, ils sont également dus au « carburant très soufré » utilisé. Toutefois, des efforts sont mis en œuvre en faveur de la réduction de la pollution atmosphérique des navires. En ce sens, Paris entend soumettre au début de l’année 2020 un projet international de réduction de la teneur en soufre des carburants marins utilisés avec la création d’une nouvelle zone ECA (Zone d’émission contrôlée, Emission Control Area) en Méditerranée.

Aux problèmes atmosphériques se greffent les problèmes de pollution menaçant les espèces marines et la santé humaine. 8 à 10% de la biodiversité est concentrée en Méditerranée. Or, cette dernière est actuellement en grand danger. En juin 2018, l’ONG WWF avait déjà alerté sur ce phénomène : la mer Méditerranée se transformerait « en un dangereux piège de plastique ». L’organisation déplore un taux de concentration de plastique anormalement élevé alors que la mer Méditerranée ne représente qu’1% des eaux marines du monde. Le tourisme de masse et la mauvaise gestion des déchets contribuent à la pollution en Méditerranée et font de cette mer l’une des plus polluées au monde en termes de plastique. Tandis que 60 millions de tonnes de plastique sont produites par an en Europe, près de 500 mille tonnes de macroplastiques et 130 de microplastiques sont rejetés dans la mer, les principaux pays concernés étant la Turquie, l’Espagne, l’Italie, l’Egypte et la France. Si la récente directive de la Commission européenne concernant le plastique à usage unique symbolise une prise de conscience et un effort considérable, elle devra s’accompagner pour les Etats membres de l’UE, d’efforts supplémentaires en faveur d’une réduction de la pollution marine.

A cela s’ajoute un stress hydrique de plus en plus important. En effet, l’accès à l’eau et son utilisation sont des préoccupations de taille, les zones bordant les rives sud et est de la région comptant « parmi les plus pauvres en eau du monde ». Plus de 150 millions de personnes sont victimes de stress hydrique et sont confrontées à des problèmes liés à la pollution de l’eau.

Face à ces enjeux, la région méditerranéenne tente d’œuvrer en faveur d’un développement durable et respectueux de l’environnement. A ce titre, l’UpM, les ONG et les mobilisations citoyennes encouragent le dialogue et la coopération au niveau régional dans le dessein de tendre vers « une économie durable et inclusive » et d’œuvrer en faveur d’un environnement moins pollué.

Alors que tous les pays du bassin méditerranéen – des rives Nord et Sud – s’accordent à affirmer que les questions climatiques et environnementales se sont érigées en véritables enjeux, les efforts en la matière demeurent insuffisants malgré la prise de conscience amorcée par les gouvernements et les organisations internationales. Toutefois, une frange grandissante de la société civile entend faire évoluer les positions sur ces questions, cruciales pour l’avenir.