Israël

5ème Sommet Israël – Grèce – Chypre, des « partenaires pour le futur »

Le Premier ministre grec Alexis TSIPRAS et sa compagne Peristera BAZIANA, le Président chypriote Nikos ANASTASIADES et son épouse Andri et le Premier ministre israélien Benjamin NETANYAHU et son épouse Sara. A Jérusalem, le 19 décembre 2018.
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Le 20 décembre 2018, s’est tenu à Beer Sheva, en Israël, le cinquième sommet trilatéral entre Israël, la Grèce et la République de Chypre.

Au musée des Sciences Carasso Science Park, le Premier ministre israélien Benjamin NETANYAHU a accueilli le président chypriote Nikos ANASTASIADES et le Premier ministre grec Alexis TSIPRAS. C’est depuis 2016 le cinquième sommet entre Israël, Chypre et la Grèce , les domaines de coopération concernant l’innovation, l’énergie, le commerce, les conditions météorologiques et les catastrophes naturelles et la cyber sécurité. Le sommet du 20 décembre portait sur les domaines du cyber et de l’innovation. Il s’agit d’encourager l’innovation et le développement économique et social entre ces trois Etats.

Le Premier ministre grec, Alexis TSIPRAS considère que cette coopération entre les trois pays est « désormais stratégique » et « en développement constant ». Sur son compte Twitter, le président chypriote Nikos ANASTASIADES a partagé une vidéo, à laquelle s’ajoute la légende « Partenaires pour notre futur ». Cette vidéo renvoie à ces « trois peuples anciens, ces trois démocraties connectées à travers un riche héritage et un partenariat stratégique » et fait référence au gazoduc East Med qui sera « le plus long et le plus profond au monde ».

Au cours du sommet, les dirigeants ont discuté des questions stratégiques régionales et notamment du projet de construction du gazoduc East Med en provenance d’Israël à destination de l’Europe. Le 19 décembre, Benjamin NETANYAHU avait d’ailleurs déclaré, à l’issue d’un congrès économique israélien : « Demain j’organiserai à nouveau notre sommet annuel avec la Grèce et Chypre. Nous souhaitons installer un gazoduc reliant Israël à Chypre, la Crète, la Grèce continentale, l’Italie et pourquoi pas le reste de l’Europe. Cela permettra à Israël de jouer un rôle déterminant dans le domaine de l’énergie mondiale ».

D’un coût estimé à 5,8 milliards d’euros et d’une longueur de 2 200 kilomètres, East Med permettrait d’acheminer le gaz naturel découvert au large des côtes chypriotes et israéliennes., La construction de ce gazoduc, qui ne serait opérationnel qu’à l’horizon 2025, ferait d’Israël et de Chypre de nouveaux fournisseurs en gaz pour l’Europe, à l’heure où le continent est très dépendant du gaz russe.

L’ambassadeur de Washington en Israël, David M. FRIEDMAN affirme le soutien américain : « Je suis honoré aujourd’hui de prendre la parole devant le 5ème Sommet trilatéral (…) et d’offrir le soutien et les félicitations des Etats-Unis pour le projet de gazoduc en Méditerranée orientale ».

A l’issue du sommet, le Premier ministre israélien a déclaré que « ce sommet politique est réussi » et qu’il continuera « à tout faire pour renforcer le pouvoir d’Israël dans le monde ». Israël, Grèce et Chypre ont opéré ces dernières années un rapprochement diplomatique, concrétisé par une véritable coopération. Dans le même temps, ces trois pays connaissent des tensions avec la Turquie, grande rivale régionale qui espère elle aussi, tirer profit de ces gisements de gaz.

Israël lance « Bouclier du Nord » à sa frontière avec le Liban

Au Nord d’Israël, un mur sépare le pays du Liban.
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Mardi 4 décembre, l’armée israélienne a annoncé la découverte de tunnels souterrains du Hezbollah en territoire israélien. En réponse, par la voix du lieutenant-colonel Jonathan CONRICUS, Tsahal a déclaré lancer une opération baptisée « Bouclier du Nord » à la frontière israélo-libanaise pour « mettre à jour et entraver » ces tunnels.

« Nous avons lancé l’opération Bouclier du Nord pour déjouer la menace des tunnels d’attaque de l’organisation terroriste Hezbollah à la frontière du Liban vers Israël » a affirmé aux journalistes le porte-parole des forces israéliennes, Jonathan CONRICUS. Il poursuit, fustigeant l’organisation djihadiste chiite libanaise « Nous considérons les activités du Hezbollah comme une violation flagrante de la souveraineté israélienne, et cela prouve une nouvelle fois le mépris total du Hezbollah pour les résolutions des Nations unies ». L’armée israélienne agira sur son propre territoire pour détruire ces « tunnels d’attaque » dont ni le nombre ni la taille n’ont été communiqués. Si ces tunnels ne sont pas encore opérationnels et ne représentent donc pas une « menace immédiate » pour la population civile, leur existence est soupçonnée depuis 2013 par Tsahal.

Cet épisode est le dernier événement en date opposant Israël et le Hezbollah, la formation libanaise pro-iranienne. Le 11 août 2006, par sa résolution 1701, le Conseil de sécurité de l’ONU a mis un terme à la deuxième guerre israélo-libanaise de 33 jours ayant fait 1 200 morts côté libanais et 160 côté israélien. Depuis, la frontière entre les deux Etats connait une relative stabilité. A l’issue de cette guerre, le mandat FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban) a été étendu. La Force a été établie en 1978 par le Conseil de sécurité afin de rétablir la paix et la sécurité internationales et confirmer le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban. Depuis 2006, elle doit contrôler la cessation des hostilités, appuyer les forces armées libanaises et fournir une assistance humanitaire aux populations civiles et aux personnes déplacées.

Pour autant, les escarmouches entre les deux camps n’ont pas cessé. Vendredi dernier, la branche militaire du Hezbollah, qui figure sur la liste de l’Union européenne des groupes impliqués dans des actes de terrorisme, a diffusé une vidéo d’avertissement destinée à Israël, montrant des images par satellite et des localisations cartographiées précises de sites stratégiques israéliens. Un message menaçant accompagnait cette vidéo « Attaquez, vous le regretterez ». Cette vive tension s’est également manifestée en Syrie ces dernières années. A l’instar de l’Iran, qui appelle régulièrement à la destruction d’Israël, le Hezbollah s’est allié au régime de Bachar AL-ASSAD.

Ces dernières années, Israël a renforcé ses défenses le long de sa frontière avec le Liban. En effet, l’Etat hébreu a débuté la construction d’une barrière afin de mettre un terme à d’éventuelles tentatives d’infiltration. A terme, un véritable mur isolera la frontière de 130 kilomètres.

Le lancement de l’opération « Bouclier du Nord » intervient au lendemain d’une rencontre tardivement annoncée à Bruxelles entre le Premier ministre israélien Benjamin NETANYAHOU et le secrétaire d’Etat américain Mike POMPEO. Le Premier ministre israélien a indiqué se rendre à Bruxelles afin de discuter des actions conjointes avec Washington « pour stopper les actes d’agression de l’Iran et de ses affidés », faisant naturellement référence au Hezbollah. Le mouvement chiite est considéré par Israël comme une des menaces les plus sérieuses à sa frontière. Pour le moment, le Hezbollah n’a pas réagi mais cet épisode illustre les tensions dans cette région du Moyen-Orient.

Nouvelle escalade des tensions à Gaza

Le bâtiment abritant al-Aqsa TV, la télévision du Hamas, bombardé par l’armée israélienne, le 12 novembre 2018.
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Après plus de sept mois d’affrontements entre Israël et Gaza, contrôlé par le Hamas, un blocus de l’enclave palestinienne avait conduit à l’instauration d’un calme précaire. Pourtant, dimanche 11 novembre, Gaza s’est de nouveau embrasé et fait face à la plus violente confrontation avec Israël depuis la guerre de 2014.

Le 11 novembre, les forces spéciales israéliennes ont mené une incursion secrète à Gaza, mais ont été surprises par une brigade d’al-Qassam, le bras armé du Hamas. En représailles à l’intervention des forces armées israéliennes pour dégager leurs soldats, le Hamas et le Jihad islamique ont tiré des roquettes et obus de mortier. Outre la mort d’un lieutenant-colonel de Tsahal, au moins sept personnes ont péri depuis dimanche du côté palestinien et des blessés sont à déplorer dans les deux camps.

Gaza est depuis devenu le théâtre d’un chassé-croisé ininterrompu entre les centaines de tirs de roquettes palestiniens et les frappes aériennes israéliennes en riposte. Mardi 13 novembre au matin, plus de 400 roquettes et obus de mortier ont été tirés depuis la bande de Gaza, dont plus d’une centaine ont été interceptés par le Dôme d’acier israélien. Pour le porte-parole de l’armée israélienne, Jonathan CONRICUS, il s’agit du « barrage de projectiles le plus intense en un seul jour depuis la guerre de 2014 », le Hamas et le Jihad islamique ayant accru leur arsenal militaire ces dernières années. En réponse, l’armée israélienne procède à des raids aériens et a déployé ses avions de combat, ses hélicoptères et ses chars. Israël a détruit des bâtiments affiliés au Hamas tels que les studios de la chaine de télévision du Hamas, Al-Aqsa TV.

S’agissant de la communauté internationale, les Nations Unies et l’Egypte ont poursuivi leurs efforts dans le dessein de parvenir rapidement à un cessez-le-feu et appellent les deux parties à la mesure. Quant à la France, elle « condamne avec la plus grande fermeté les nombreux tirs de roquettes revendiqués par le Hamas » et « demande la cessation immédiate de ces actions inacceptables et injustifiables » appelant « les parties à éviter un nouveau cycle de violences dont les populations civiles seraient les premières victimes ». Mardi 13 novembre 2018, la Turquie, « préoccupée par la nouvelle vague de violence à Gaza », exhorte la communauté internationale à « prendre les mesures nécessaires pour mettre fin aux attaques israéliennes ».

A Paris, alors que les chefs d’Etats s’étaient réunis pour commémorer l’armistice de 1918, Benyamin NETANYAHOU a écourté son séjour face à cette situation inquiétante. Si l’embrasement de la bande de Gaza n’est pas inédit, la surenchère à laquelle se livrent les deux camps peut mener à une nouvelle guerre.

Une « voie de la paix » au Moyen-Orient ? Le rapprochement Israël-Oman

Benjamin NETANYAHOU et le sultan Qabous Ben SAID à Oman.
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Le 7 novembre, le ministre israélien des Transports, Yisrael KATZ, s’est rendu à Mascate afin de présenter un projet de ligne ferroviaire, lors d’une conférence de l’Union internationale des transports routiers.

Appelée « la voie de la paix régionale », cette ligne, au départ d’Haïfa, port israélien le plus important, permettrait de relier la Méditerranée aux pays du Golfe en passant par la Jordanie. Pour le ministre israélien, il s’agit d’une démarche « logique » allant « au-delà des différends idéologiques et politiques ». Arguant l’argument économique, KATZ déclare que cette ligne permettra la création d’une route commerciale supplémentaire plus courte, plus rapide et moins coûteuse.

La présence du ministre israélien dans le sultanat d’Oman intervient presque deux semaines après le déplacement de Benjamin NETANYAHOU. Le Premier ministre israélien revenait le 26 octobre dernier, d’une visite au sultan Qabous Ben SAÏD, première visite de ce genre entre les deux pays depuis 1996. Les deux chefs d’Etat ont discuté des « façons d’avancer le processus de paix au Moyen-Orient et de plusieurs autres sujets d’intérêt commun concernant la paix et la stabilité au Moyen-Orient ». Cette rencontre s’inscrit dans la volonté d’Israël d’approfondir ses liens avec les pays de la région, l’Etat hébreu n’entretenant des relations diplomatiques qu’avec l’Egypte et la Jordanie avec lesquels des traités de paix ont été signés. Israël, qui s’inquiète de l’expansion et de l’influence de Téhéran qu’il qualifie de « nouvelles réalités régionales », se livre à une opération de séduction envers ses pays arabes voisins.

Le choix de Mascate n’est pas anodin. Le sultan Qabous, régnant depuis presque 50 ans, s’est démarqué par sa politique étrangère autonome et sa neutralité. Entretenant des relations à équidistance entre Washington et Téhéran, le pays, qui permet la cohabitation entre sunnites et chiites, n’a pas participé au blocus contre le Qatar. Le sultanat soutient la solution de deux Etats concernant le conflit israélo-palestinien et le président palestinien Mahmoud ABBAS s’est également rendu à Oman peu de temps avant son homologue israélien.

Benjamin NETANYAHU et Donald TRUMP partagent et promeuvent l’idée selon laquelle une nouvelle convergence d’intérêts entre Israël et ses voisins arabes, avec au premier plan l’Arabie Saoudite, pourrait mener à une reconfiguration diplomatique régionale. De fait, Washington soutient le projet de ligne ferroviaire et œuvre au rapprochement entre Israël et le royaume wahhabite, ses deux alliés dans la région. Le rôle de l’Iran, présenté comme un danger, aura permis de donner une dimension arabe à la politique étrangère du Premier ministre israélien et la volonté de tisser des liens avec le monde arabe.

Subsiste la question palestinienne. Les pays arabes ont historiquement fait du règlement palestinienne la condition à la reconnaissance d’Israël et à une normalisation de leurs relations. Ces dernières années, Donald TRUMP a exprimé le souhait de régler cette question. Il partage, avec Benjamin NETANYAHOU, l’idée selon laquelle une paix israélo-arabe serait propice à une solution pour l’entité palestinienne. Mais la nouvelle diplomatie arabe de NETANYAHOU pourra-t-elle convaincre ou se heurtera-t-elle à un refus des populations arabes ?

Etats-Unis – Israël : début du protocole d’accord décennal historique

Le Président américain Donald TRUMP et le Premier ministre israélien Benyamin NETANYAHU à Jérusalem en mai 2017.

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Le 1er octobre 2018, Heather NAUERT, porte-parole du Département d’Etat américain, annonce le début du protocole d’accord décennal, signé par les Etats-Unis et Israël en 2016. Selon les termes de l’accord, les Etats-Unis octroieront, pour les dix prochaines années, une aide s’élevant à 3,3 milliards de dollars pour les financements militaires étrangers et 500 millions de dollars serviront à l’Etat hébreu pour des programmes de coopération pour la défense antimissile. Cette somme considérable s’élevant à 7 230 dollars par minute, représente l’aide la plus importante octroyée par les Etats-Unis à son allié moyen-oriental.

Dans le but d’accroitre la sécurité d’Israël et de renforcer la coopération bilatérale entre deux Etats, ce protocole « historique », reflète « l’engagement durable et inébranlable du Président, de l’administration américaine et du peuple américain à l’égard de la sécurité d’Israël ».

Le protocole a été conclu en 2016, sous l’administration OBAMA, entre le Président américain et le Premier ministre israélien, Benyamin NETANYAHOU. Si Barack OBAMA espérait que ce geste servirait pour ses actions à l’égard des initiatives palestiniennes, le protocole a fait l’objet de vives négociations de la part de Benyamin NETANYAHOU qui entendait bénéficier d’une aide importante.

Dans son communiqué, H. NAUERT fustige le régime iranien de « parrainer des groupes terroristes cherchant à attaquer non seulement les intérêts d’Israël, mais également les Américains ». Israël incarnant « un allié précieux et compétent pour les Etats-Unis » la porte-parole du Département d’Etat insiste sur la menace régionale qui pèse sur le pays et craint « la possibilité d’une escalade du conflit » dans une région déjà instable.

L’aide permise par Washington est l’affirmation sans réserve du droit d’Israël à s’autodéfendre en bénéficiant d’un « avantage militaire qualitatif sur tous les adversaires régionaux potentiels ». Sur Twitter, le Premier ministre israélien remercie l’administration américaine et le Congrès pour cette aide financière. En rappelant les problèmes auquel son pays est confronté, B. NETANYAHOU écrit que « le soutien sans réserve des Etats-Unis à la défense d’Israël est l’un des piliers du lien très fort qui unit les deux pays ».

Actuellement, Israël craint un regain des tensions. A l’issue de l’incident de l’avion russe en Syrie pour lequel la Russie tient Israël responsable, Moscou a annoncé la livraison de systèmes de défense antiaériens S-300 à Damas. Interrogée par les journalistes après l’annonce du ministère de la Défense russe, H. NAUERT espère que cette transaction n’a pas eu lieu. Un haut responsable israélien a confié qu’Israël se réservait le droit de se protéger en cas d’attaque, le pays restant soutenu par les Etats-Unis.

Situation alarmante dans la bande de Gaza

A Gaza, les affrontements meurtriers perdurent entre Israéliens et Palestiniens. Dimanche 23 septembre, un Palestinien a été tué d’une balle dans la tête alors que des Gazaouis s’étaient rassemblés dans le but de lancer des pierres et des pneus enflammés en direction de soldats israéliens.

La situation ne cesse de se détériorer depuis le 30 mars, date à laquelle ont débuté des manifestations pour demander la levée du blocus israélien. Depuis 2007, date à laquelle le Hamas, un mouvement islamiste, remporte les élections législatives, Israël et l’Egypte imposent un embargo à la bande de Gaza. Trois guerres ayant opposé Israël et le Hamas ont eu lieu et, depuis la fin du mois de mars, au moins 180 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens. Les conséquences d’une telle situation sont psychologiques, sanitaires, écologiques et économiques. En effet, l’économie gazaouie est dite « en chute libre » : la croissance négative est d’environ 6% pour le premier trimestre 2018. Ce chiffre peut encore s’aggraver et s’ajoute à un taux de chômage historique de 53% de l’ensemble de la population et de 70% concernant les jeunes.

Entourées d’un mur et privés d’échange avec l’extérieur, deux millions de personnes vivent dans cette enclave de Gaza. La région est prise en tenailles par les querelles intra-palestiniennes entre Fatah et Hamas, mais également par les velléités israélo-américaines. Si le Président américain Donald TRUMP affirme pencher pour la première fois pour la solution à deux Etats lors de l’Assemblée générale des Nations-Unies à New York, le plan de paix préparé par Jared KUSHNER, gendre et conseiller du Président, est très attendu. KUSHNER aimerait faire de Gaza un proto-Etat ou une sorte d’entité autonome liée à l’Egypte.

Plus tôt cette année, Washington a décidé de déplacer son ambassade, de couper les financements aux programmes d’appui aux Palestiniens et notamment à l’UNRWA, l’agence de l’ONU concernant les camps de réfugiés palestiniens. 70% de la population à Gaza bénéficie du statut de réfugié et la situation risque de devenir de plus en plus précaire sans cette aide. Ces décisions américaines interviennent après que Mahmoud ABBAS, Président de l’Autorité palestinienne ait décidé de couper les liens avec Washington. De plus, marginalisé sur la scène internationale, le leader de 83 ans est quasi abandonné par son peuple. Alors qu’en 2017 était envisagée une tentative de réconciliation entre Fatah et Hamas, les positions restent figées, le Fatah espérant toujours pouvoir récupérer la bande de Gaza.

Renforcement de la défense aérienne syrienne par Moscou : Israël inquiété

Benjamin NETANYAHU et Vladimir POUTINE à Moscou le 29 janvier 2018

Près d’une semaine après la perte de l’avion de renseignement russe Iliouchine-20 après un missile tiré par la défense aérienne syrienne, la Russie a décidé de livrer des systèmes de missiles sol-air S-300 à l’armée syrienne.

Alors que 15 militaires russes ont perdu la vie, pour Moscou, la responsabilité revient à l’aviation israélienne, accusée de s’être servie de l’avion russe comme « couverture ». De fait, la Syrie aurait tiré sur son allié par erreur. L’état-major israélien a contesté cette version et si une délégation israélienne s’est par ailleurs rendue à Moscou présentant les documents concernant l’opération menée dans la région de Lattaquié, la Russie ne s’est pas montrée convaincue. Le Kremlin a en effet soutenu que la perte de son avion était due à l’action des F-16 israéliens et a annonce par le biais de son ministre de la Défense, Sergeï CHOIGOU, des mesures afin de renforcer les troupes en Syrie.

La première de ces mesures concerne la livraison des systèmes de défense aérienne S-300 à l’armée syrienne dans les deux prochaines semaines, ces systèmes étant en mesure de frapper plusieurs cibles simultanément et d’intercepter des appareils à plus de 250 kilomètres de distance. Cette livraison de systèmes d’armement hautement sophistiqués n’est pas une idée nouvelle : alors que la Syrie avait déjà commandé de tels systèmes en 2010, la transaction n’avait pu être finalisée du fait de l’opposition israélienne. D’ailleurs, en avril dernier, Avigdor LIEBERMAN, ministre israélien de la Défense s’était exprimé : « Si des systèmes d’armes russes sont utilisés contre nous en Syrie, nous agirons contre eux ». Toutefois, « la situation a changé » a fait valoir CHOIGOU.

Cette décision peut envenimer les relations israélo-russes puisqu’elle vient compliquer les opérations israéliennes dans la région, lesquelles cherchent à contrer les transferts d’armes vers le Hezbollah et à empêcher l’implantation militaire iranienne en Syrie. De manière générale, cette acquisition de systèmes de défense russes par Damas peut perturber les actions des forces occidentales.

Lundi 24 septembre 2018, le Premier ministre israélien Benyamin NETANYAHU s’est entretenu avec le Président russe Vladimir POUTINE pour lui faire part des dangers d’une telle décision. Alors qu’il a réitéré la crédibilité de la version israélienne concernant l’avion abattu, NETANYAHU a souligné que cette fourniture d’armements contribuera à renforcer les dangers déjà inhérents dans la région. Son service de presse indique que « la remise d’armes de pointes dans des mains irresponsables fera croître les risques dans la région » alors même que l’Etat hébreu n’entend pas abandonner ses opérations militaires en Syrie.

Agitations autour de l’avion russe abattu en Syrie

Visite de Bachar AL ASSAD à Vladimir POUTINE au Kremlin en octobre 2015

Dans la nuit de lundi à mardi 17 septembre 2018, la défense antiaérienne syrienne aurait accidentellement abattu, dans le nord-ouest du pays, un Illiouchine-20 russe, un avion de reconnaissance. Quinze membres d’équipage russes ont perdu la vie. Alors que la Russie est l’alliée de la Syrie de Bachar AL ASSAD, cet incident survient à l’issue d’un accord entre la Turquie et la Russie portant sur la création d’une zone tampon autour de la province syrienne d’Idleb, entre les territoires insurgés des groupes rebelles appuyés par Ankara et les zones gouvernementales. Cette entente entre Turquie et Russie sur la Syrie est porteuse d’espoirs dans un pays déchiré par la guerre ayant engendré plus de 360 000 morts depuis 2011.

Dans le même temps, Israël est soupçonné de multiplier les tirs en Syrie contre le régime dans une logique de lutte contre l’Iran. En premier lieu, la Russie a jugé Israël comme « entièrement responsable » du drame, les forces syriennes ayant ouvert le feu pour contrer les tirs de missiles israéliens sur Lattaquié, bastion d’AL ASSAD. Selon le ministère de la Défense russe, les F-16 israéliens se seraient cachés derrière l’avion russe. Le même jour, Moscou accuse Paris d’avoir tiré des missiles à partir d’une frégate stationnée en Méditerranée. Ces déclarations successives influent sur le climat de tensions ambiant. De son côté, Tsahal se défend et avance une version différente. Des chasseurs-bombardiers israéliens ont bien visé une installation militaire syrienne supposée fabriquer des armes « précises et meurtrières » devant être transférées au Hezbollah au nom de l’Iran. Toutefois, Israël avance que les appareils engagés n’étaient plus dans la zone au moment de l’incident. Selon elle, les tirs syriens souffrant d’imprécision ont causé l’accident.

Mercredi 19 septembre, Vladimir POUTINE a tenté de calmer les esprits. A l’issue d’une conversation avec son homologue israélien Benjamin NETANYAHU, le Président russe a parlé d’un « enchaînement de circonstances accidentelles tragiques » tout en rappelant à Israël sa violation à la souveraineté syrienne en procédant à ces tirs.

Le non-respect du droit international au cœur du dernier accrochage syro-israélien

Via son porte-parole, le Secrétaire général des Nations Unies s’est alarmé le 10 février 2018 de l’escalade militaire « dans toute la Syrie » et de la « dangereuse contagion au-delà des frontières du pays ». Outre l’offensive meurtrière des forces armées syriennes contre les dernières zones tenues par les groupes insurgés à l’est de Damas et dans la région d’Idlib, sont visées l’opération « rameau d’olivier » lancée il y a plus de trois semaines et surtout la destruction d’un drone d’origine iranienne par un hélicoptère israélien puis d’un chasseur israélien par la défense antiaérienne syrienne.

Le rappel au respect du droit international et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité formulé par António Guterres s’adresse à toutes les parties en Syrie et dans la région. Le ministère russe des affaires étrangères a été plus direct dans sa réaction au raid israélien, appelant au strict respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie et s’insurgeant contre des actions menaçant la vie et la sécurité du personnel des forces armées russes, « présent en Syrie à l’invitation du gouvernement légitime afin d’apporter son soutien dans la lutte contre les terroristes ».

Si l’origine iranienne du drone abattu ne fait aucun doute, la localisation précise des faits n’est pas connue, la seule vidéo disponible ne présentant pas en incrustation de coordonnées géographiques. Il est très probable que le drone ait été détruit sur les hauteurs du Golan syrien, territoire dont l’annexion en 1981 par Israël n’a pas été reconnue par la « communauté internationale », qui s’était exprimée par la résolution 497 votée à l’unanimité le 17 décembre 1981.

Si Benjamin Netanyahu justifie la destruction du drone par une violation de l’espace aérien, il est ainsi possible que ce drone ait uniquement survolé le territoire appartenant légalement à la Syrie[1]. Selon des sources officielles iraniennes, ces drones mènent « des actions de reconnaissance contre les groupes terroristes et jouent un rôle important dans le nettoyage de l’est de la Syrie ». Il est difficile dans ces conditions d’invoquer le droit naturel de légitime défense face à une agression armée prévu par l’article 51 de la charte des Nations unies.

Conséquence du conflit d’octobre 1973, la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD) a été établie le 31 mai 1974 par la résolution 350, suite au recul négocié des forces syriennes et israéliennes de part et d’autre de la ligne de cessez-le-feu. Le mandat de cette force « déployée dans le Golan syrien » a été prolongé jusqu’au 30 juin 2018 par la résolution 2394. Les rapports régulièrement publiés, dont le dernier établi pour la période allant du 10 septembre au 24 novembre 2017, permettent de suivre les activités militaires qui « risquent d’exacerber les tensions entre Israël et la République arabe syrienne [et] de fragiliser le cessez-le-feu entre les deux pays ».

Ces rapports, comme la résolution 2394, confirment la présence de « groupes d’opposition armés non étatiques »[2] dans la zone de séparation, ce qui peut justifier les survols par un drone de surveillance. Le dernier rapport confirme également le soutien apporté par les Forces de défense israéliennes à des « individus » en provenance du secteur syrien[3] et s’inquiète des tirs de représailles en réaction aux « dérapages » (tirs d’obus ou de munitions d’artillerie à travers la ligne de cessez-le-feu). Enfin, ce rapport note en le regrettant que « les Forces de défense israéliennes tiennent le Gouvernement syrien responsable de tous les tirs provenant de son territoire en direction du secteur alpha, et ce, quelle que soit leur origine ».

[1] L’aviation militaire israélienne viole régulièrement l’espace aérien libanais (ministère de la défense libanais)

[2] dont le Jabhat Fatah el-Cham (Front el-Nosra), groupe terroriste inscrit sur la liste établie par le Conseil de sécurité, et le Jaysh Khaled ibn el-Walid, qui a prêté allégeance à l’État islamique d’Iraq et du Levant (Daech)

[3] « La FNUOD ne peut confirmer ni vérifier la nature de l’interaction qui généralement fait intervenir des individus non identifiés du secteur bravo accompagnés de mules déchargées qu’on voit s’approcher de la barrière technique israélienne ainsi que des positions des Forces de défense israéliennes et repartir vers le secteur bravo avec des mules transportant des fournitures de caractère indéterminé. »

Offshore – 2016 02 – Espoir d’un indépendance énergétique retrouvée en Egypte – IFRI

Le destin pétrolier et gazier de l’Égypte semblait encore scellé en juillet 2015. Cet État, producteur de pétrole depuis près de cent ans1 et de gaz depuis 19752 devait composer avec une dépendance énergétique de plus en plus importante vis-à-vis des marchés extérieurs. En 2010, le pays a pour la première fois, et ce depuis fort longtemps, consommé davantage de produits pétroliers (765 000 barils par jour (b/j)3) qu’il n’a produit de brut (725 000 b/j) et cette tendance s’est ensuite poursuivie…