Guerre

Au cœur de l’inextricable conflit libyen : 44 migrants meurent dans un raid aérien

Dans la soirée du 2 au 3 juillet, à Tadjourah, ville située à 14 kilomètres à l’est de Tripoli, 44 migrants ont trouvé la mort dans une frappe aérienne contre leur centre de détention.

Sans surprise, l’attaque fut très vite condamnée par une déclaration conjointe de l’agence des Nations unies pour les réfugiés (High Commissioner for Refugees (HCR)) ainsi que par l’organisation pour les migrations (OIM) appelant à une « enquête complète et indépendante » pour « traduire les responsables en justice ». Selon Amnesty International, les vies de 1,2 million de civils sont en danger à Tripoli, parmi lesquels les migrants, livrés à eux-mêmes, font bien souvent figure de premières victimes. Selon l’OIM, environ 660 000 d’entre eux vivraient sur le territoire libyen.

Depuis 2014, la Libye s’enfonce progressivement dans une guerre latente entre deux blocs antagonistes. Les forces loyales du gouvernement d’accord national (GAN) du premier ministre Fayez al-Sarraj, installées principalement à Tripoli et reconnues par la communauté internationale, s’opposent à celles de « l’armée nationale libyenne » (ANL) du général Khalifa Haftar affiliées à la chambre des représentants de Benghazi.

La complexité de la guerre s’explique par une superposition des conflits rendant l’issue pour le moins incertaine. A l’opposition traditionnelle entre nouvelles et anciennes élites, s’additionnent des rivalités religieuses ancrées et durables soutenues directement par les puissances régionales. A l’instar de ce qui s’est passé en Egypte en 2014 lors de la destitution du président Mohamed Morsi, la guerre dépasse le seul cadre libyen et empoisonne les relations régionales entre pays arabes. On observe véritablement en Libye le poids des influences des deux grands pôles sunnites du Moyen-Orient avec d’une part le Qatar, associé à la Turquie, soutenant ouvertement le GAN et, d’autre part, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, par le biais de l’Egypte notamment, défendant les actions offensives du général Khalifa Haftar. De son côté, la France, qui est plutôt en soutien de l’ANL, semble faire preuve d’une certaine prudence sur la question en appelant « les parties à une désescalade immédiate et à la cessation des combats » en demandant également en parallèle « le retour rapide au processus politique sous les auspices des Nations Unies ».

Cet évènement contrarie l’initiative du président Fayez al-Sarraj d’organiser des élections d’ici la fin de l’année en Libye. Le processus de paix est donc aujourd’hui à l’arrêt et enfonce chaque jour davantage le pays dans l’instabilité. Or, la Libye englobe une zone stratégique majeure en proies aux trafics internationaux transitant par le Sahara. Le trafic humain, dont les migrants sont une des principales composantes, mais aussi tous les produits illicites, armes ou drogues, sont acheminés par cette route vers l’Europe. Les recettes profitent alors aux organisations terroristes de la zone.

Ainsi, sur la route des migrants, du sud vers le nord, le carrefour libyen, plongé dans un chaos sur les rives de la Méditerranée, menace la sécurité des frontières en Afrique du Nord. Celles-ci, cruciales pour la sécurité régionale avec d’inévitables conséquences en Europe, font du conflit libyen un enjeu stratégique dont l’issue n’a jamais semblé aussi loin.

Image satellite du centre de détention pour migrants après le raid aérien 

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Patrouilles conjointes russo-turques à Idlib


Un camp de réfugiés dans la région d’Idlib.
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Vendredi 8 mars 2019, le ministre turc de la Défense Hulusi Akar a annoncé des opérations conjointes entre la Turquie et la Russie à Idlib. L’agence de presse du gouvernement turc Anadolu a annoncé à la même date que l’armée turque avait achevé sa première patrouille de surveillance.

La province syrienne d’Idlib, au nord-ouest du pays, est le dernier bastion de l’opposition. Elle est contrôlée par l’organisation djihadiste Hay’et Tahrir al-Sham (HTS) héritière de la branche syrienne d’Al Qaïda. Cette province a fait l’objet, en septembre 2018, d’un accord entre le président turc Recep Tayyip Erdogan, soutient de la rébellion syrienne, et son homologue russe Vladimir POUTINE, allié indéfectible de Bachar al-Assad.

Les deux chefs d’Etats se sont accordés sur la mise en place d’une zone démilitarisée dite de « désescalade » sous leur contrôle, exigeant de fait le retrait des armes lourdes. Il s’agissait d’éviter la « pire catastrophe humanitaire du XXIème siècle », selon les mots de Marc LOWCOCK, secrétaire général adjoint de l’ONU. Le 14 février 2019 lors du sommet entre la Russie, la Turquie et l’Iran à Sotchi, les pays ont accepté de renforcer leur coopération dans le cadre du conflit syrien et de la situation à Idlib. Cette décision intervient alors que le cessez-le-feu entre opposition et forces du régime est fragile et n’a pas permis l’arrêt des combats. De surcroit, celui-ci a été mis à profit par les djihadistes du HTS pour étendre leur emprise sur le territoire au détriment d’insurgés plus modérés.

Dans cette région qui abrite plus de trois millions de personnes, souvent évacuées de poches insurgées conquises par le régime, l’intervention des forces russe et turque initié vendredi 8 mars entend ainsi empêcher le gouvernement syrien de Bachar al-Assad de lancer une nouvelle offensive. Hulusi Akar a ainsi déclaré : « notre coopération avec la Russie s’est améliorée. Nous considérons qu’il s’agit d’une étape importante pour la poursuite du cessez-le-feu et le maintien de la stabilité ». Conformément à l’accord conclu, les forces russes patrouillent au bord de la province tandis que l’armée turque se déploie dans la zone démilitarisée. Le ministre précise que les restrictions turques autour de l’espace aérien d’Idlib et d’Afrin ont été levées et qu’Ankara réclame de Moscou qu’elle fasse pression sur le gouvernement syrien afin de cesser ses attaques.

Moscou et Ankara occupent, avec Téhéran, le devant de la scène concernant la situation en Syrie, où ils y ont investi d’importantes ressources militaires. Si les deux Etats ne soutiennent pas le même camp, l’annonce du retrait des troupes américaines est une nouvelle occasion pour eux de renforcer leur position dans ce conflit.

Idlib étant une région abritant un nombre important de civils, la fin du cessez-le-feu pourrait engendrer une nouvelle vague migratoire en direction de la Turquie. Ankara, qui partage une frontière longue de 900 kilomètres avec Damas et qui accueille déjà un nombre important de réfugiés syriens, craint un nouvel afflux.

Depuis le début de l’année, Anadolu estime à au moins 111 le nombre de civils tués dans la région d’Idlib dans des attaques causées par le régime syrien. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, 504 personnes sont décédées dans les régions d’Idlib, Alep et Hamas depuis avril 2018.

Yémen : une situation inquiétante malgré les efforts de l’ONU

 

Des Yéménites lors d’un rassemblement de soutien aux rebelles houthis près de Sanaa, le 21 février 2019.
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Après plus de quatre années de conflit, la situation reste préoccupante au Yémen. Depuis plusieurs mois, des ONG et l’Organisation des Nations Unies alertent sur le peu d’évolution d’une région qui, selon l’ONU, connaît « la pire crise humanitaire du monde ». Le pays est le théâtre d’affrontements violents depuis 2015 entre les Houthis, appuyés par l’Iran, et les forces loyales au président Hadi, soutenues par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite.

Aux conséquences politiques et économiques qu’engendre le conflit s’ajoutent des conséquences humanitaires. La famine menace les Yéménites, en particulier les enfants. L’immense majorité de la population dépend donc de l’aide internationale. Environ 80% d’entre elle nécessite une assistance humanitaire et une protection, ce qui représente environ 24 millions de Yéménites. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 10 000 personnes ont perdu la vie depuis 2015 et plus de 60 000 ont été blessés dans les combats. Pour la plupart, il s’agit de civils. A ces chiffres s’ajoutent le nombre d’enfants de moins de 5 ans morts de faim qui s’élève à plus de 80 000.

Le 26 février, l’ONU a organisé à Genève, avec la Suisse et la Suède, une conférence pour les opérations humanitaires dans le pays. Pour la troisième fois, la communauté internationale tente de mobiliser des donateurs pour aider la population yéménite. A l’issue de la réunion, le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est félicité d’un « succès ». Sur les 4,2 milliards de dollars demandés, les promesses des 16 donateurs s’élèvent à plus de 2,6 milliards, ce qui représente une augmentation de 30% par rapport à l’année 2018. Parmi les pays donateurs ayant augmenté leur aide figurent le Royaume-Uni, l’Union européenne, l’Allemagne et le Canada mais surtout l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

Alors qu’ils sont les principaux belligérants dans ce conflit, Riyad et Abu Dhabi ont paradoxalement annoncé contribuer à hauteur d’un milliard de dollars, soit 500 millions chacun. Pourtant, selon le Haut Commissariat des droits de l’homme, la coalition anti-Houthistes menée par les deux pays est responsable de la mort des deux tiers des civils yéménites. Les actions des deux pays du Golfe s’inscrivent toutefois dans une logique de lutte hégémonique dans la région contre l’ennemi iranien et ils contribuent de fait massivement dans l’aide humanitaire. Face aux accusations de conflits d’intérêts, Antonio Guterres a rétorqué : « L’aide humanitaire sera distribuée de manière impartiale, neutre et indépendante. Cela veut dire qu’elle aura un impact à la fois pour les zones contrôlées par le gouvernement, mais aussi pour celles contrôlées par le mouvement Ansar Allah. Sans aucune discrimination ».

En 2018, la côte occidentale du Yémen autour du port d’Hodeida est devenue le principal front de guerre. Malgré une accalmie survenue en décembre après des pourparlers en Suède et l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 18 décembre 2018, les tensions sont montées dernièrement, les deux parties s’accusant tour à tour de violer la trêve. Mais, pour la première fois depuis septembre dernier, l’ONU est parvenue à accéder à des entrepôts de céréales. Hervé Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial a déclaré que ces entrepôts « qui abritent 51.000 tonnes de céréales » représentent « une quantité suffisante pour nourrir plus de 3,7 millions de personnes pendant un mois ».

La fin de l’Etat islamique ?

Des combattants des FDS dans le village de Baghouz, le 17 février 2019.
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La bataille menée contre l’Etat islamique (EI) représente aujourd’hui le principal front de la guerre en Syrie, qui a fait plus de 360 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés depuis 2011. Depuis la chute de Raqqa, « capitale » du califat autoproclamé, au second semestre de l’année 2017, les experts prédisaient la fin imminente de Daesh, ou du moins sa territorialisation.

Au fil des mois, les combattants kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS), appuyés par la coalition internationale, ont progressivement reconquis toutes les localités détenues par les djihadistes de l’Etat islamique. Le 9 février dernier, un porte-parole des FDS avait annoncé la victoire « dans les jours à venir ». Les djihadistes du groupe sont retranchés dans une petite poche du sud-est de la Syrie de moins d’un demi-kilomètre carré, dans le village de Baghouz. Cette zone n’a aucune valeur stratégique, mais est occupée depuis l’origine du mouvement par les forces de Daesh. Elle est d’ailleurs difficilement attaquable, minée et maillée de tunnels. Les derniers soldats islamistes se servent en outre de la population civile comme d’un bouclier humain. La reconquête de cette dernière poche, entamée en septembre 2018, aurait fait 700 morts dans les rangs des FDS et 1 300 parmi les troupes de Daesh, en plus des 400 civils. Les derniers survivants de l’État islamique sont, selon toute probabilité, au bord de l’épuisement, du manque de nourriture et de munitions. Toutefois, pour Nicholas Heras, expert du Center for a New American Security : « Il n’y a aucun moyen d’affronter ce qui reste de l’EI à Baghouz sans une opération directe, qui nécessiterait un soutien de l’aviation et de l’artillerie, qui finirait par tuer presque tout le monde ».

La fin annoncée de l’Etat islamique ne signifie pour autant ni la fin du groupe terroriste qui conserve des cellules clandestines en Syrie comme en Irak, ni la fin du conflit syrien, alors que le devenir des Kurdes inquiète, la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) dénoncée comme organisation terroriste par la Turquie dominant l’alliance arabo-kurde des FDS. Face au retrait des troupes américaines et aux menaces d’intervention de la Turquie, la milice apparait fragilisée.

Dimanche 17 février, lors d’une réunion avec des chefs de conseils locaux à Damas, le Président syrien Bachar al-Assad a déclaré également que la guerre dans son pays n’était pas terminée. Il affirme que Damas est en proie actuellement à quatre types de guerres : militaire, économique, informatique et contre la corruption. Sans les nommer, il a prévenu les Kurdes que les Américains, après leur retrait de la région, ne les protègeront pas et que seul l’Etat syrien est en mesure de leur apporter paix et sécurité. Dans l’optique de se protéger, les Kurdes ont déjà amorcé un rapprochement avec le régime syrien afin de préserver leur semi-autonomie. Dans le même temps, ils exhortent les Européens à ne pas les abandonner, et en particulier la France, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.

Daesh prépare depuis quelques années son retour à la clandestinité, laissant place à un djihadisme diffus. De nombreux soldats d’Allah pourraient se fondre dans la masse des civils en optant pour des actions de guérilla plus discrètes ou des attentats-suicide pour maintenir un climat de terreur ou rejoindre d’autres théâtres de djihad comme le Yémen, la Libye ou le Sahel. De fait, la question du retour des djihadistes reste un dossier épineux pas encore tranché. Le président américain a réitéré sa demande aux pays occidentaux, le 17 février : « Les Etats-Unis demandent à la Grande-Bretagne, à la France, à l’Allemagne et aux autres alliés européens de reprendre plus de 800 combattants de l’EI que nous avons capturés en Syrie afin de les traduire en justice ».

Nouvelle escalade des tensions à Gaza

Le bâtiment abritant al-Aqsa TV, la télévision du Hamas, bombardé par l’armée israélienne, le 12 novembre 2018.
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Après plus de sept mois d’affrontements entre Israël et Gaza, contrôlé par le Hamas, un blocus de l’enclave palestinienne avait conduit à l’instauration d’un calme précaire. Pourtant, dimanche 11 novembre, Gaza s’est de nouveau embrasé et fait face à la plus violente confrontation avec Israël depuis la guerre de 2014.

Le 11 novembre, les forces spéciales israéliennes ont mené une incursion secrète à Gaza, mais ont été surprises par une brigade d’al-Qassam, le bras armé du Hamas. En représailles à l’intervention des forces armées israéliennes pour dégager leurs soldats, le Hamas et le Jihad islamique ont tiré des roquettes et obus de mortier. Outre la mort d’un lieutenant-colonel de Tsahal, au moins sept personnes ont péri depuis dimanche du côté palestinien et des blessés sont à déplorer dans les deux camps.

Gaza est depuis devenu le théâtre d’un chassé-croisé ininterrompu entre les centaines de tirs de roquettes palestiniens et les frappes aériennes israéliennes en riposte. Mardi 13 novembre au matin, plus de 400 roquettes et obus de mortier ont été tirés depuis la bande de Gaza, dont plus d’une centaine ont été interceptés par le Dôme d’acier israélien. Pour le porte-parole de l’armée israélienne, Jonathan CONRICUS, il s’agit du « barrage de projectiles le plus intense en un seul jour depuis la guerre de 2014 », le Hamas et le Jihad islamique ayant accru leur arsenal militaire ces dernières années. En réponse, l’armée israélienne procède à des raids aériens et a déployé ses avions de combat, ses hélicoptères et ses chars. Israël a détruit des bâtiments affiliés au Hamas tels que les studios de la chaine de télévision du Hamas, Al-Aqsa TV.

S’agissant de la communauté internationale, les Nations Unies et l’Egypte ont poursuivi leurs efforts dans le dessein de parvenir rapidement à un cessez-le-feu et appellent les deux parties à la mesure. Quant à la France, elle « condamne avec la plus grande fermeté les nombreux tirs de roquettes revendiqués par le Hamas » et « demande la cessation immédiate de ces actions inacceptables et injustifiables » appelant « les parties à éviter un nouveau cycle de violences dont les populations civiles seraient les premières victimes ». Mardi 13 novembre 2018, la Turquie, « préoccupée par la nouvelle vague de violence à Gaza », exhorte la communauté internationale à « prendre les mesures nécessaires pour mettre fin aux attaques israéliennes ».

A Paris, alors que les chefs d’Etats s’étaient réunis pour commémorer l’armistice de 1918, Benyamin NETANYAHOU a écourté son séjour face à cette situation inquiétante. Si l’embrasement de la bande de Gaza n’est pas inédit, la surenchère à laquelle se livrent les deux camps peut mener à une nouvelle guerre.

Yémen : les appels pour mettre fin au conflit

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Depuis 2015, le Yémen est le théâtre d’affrontements violents entre les Houthis et les forces loyales au président Hadi. L’intervention en faveur de ces dernières d’une coalition dirigée par l’Arabie Saoudite du prince héritier Mohamed ben SALMAN, a aggravé le conflit et occasionné une famine dévastatrice. Pour les Nations Unies, il s’agit de la « pire crise humanitaire au monde ». L’affaire KHASHOGGIa considérablement affecté la crédibilité de Riyad sur la scène internationale et sa légitimité au Yémen pâtit de ce meurtre. Le royaume wahhabite fait l’objet de pressions de la part des puissances occidentales, mais le revirement de son plus fidèle allié en Occident, les Etats-Unis, sera déterminant.

Le 30 octobre 2018, par la voix de Mike POMPEO, secrétaire d’Etat américain, Washington réclame en effet la fin du conflit yéménite : « les Etats-Unis appellent toutes les parties à soutenir l’envoyé spécial des Nations Unies, Martin GRIFFITHS, dans la recherche d’une solution pacifique au conflit au Yémen ». Les Etats-Unis demandent « la cessation des hostilités », qu’il s’agisse des « frappes de missiles et de drones depuis les zones contrôlées par les Houthis en direction du royaume d’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis » mais également des « frappes aériennes de la coalition (…) dans toutes les zones peuplées du Yémen ». En recommandant le recours à la voie politique, les Washington considère qu’« il est temps de mettre fin à ce conflit, de le remplacer par un compromis et de permettre au peuple yéménite de guérir par la paix et la reconstruction ». Les Etats-Unis réclament l’ouverture de négociations de paix d’ici trente jours. La déclaration américaine surprend, l’administration de Donald TRUMP n’ayant jamais caché son soutien à l’Arabie saoudite.

A Washington pourtant, l’opposition, notamment au Congrès, espérait depuis des mois que Donald TRUMP incite Riyad à plus de discernement dans la conduite de cette guerre. D’ailleurs, mardi 30 octobre, le New York Times a publié un articlealertant sur la situation au Yémen, entrecoupé par des photographies glaçantes d’enfants yéménites mourant de faim.

Dans les capitales européennes, un débat a émergé quant à la fourniture d’armes à l’Arabie saoudite. La ministre des Armées, Florence PARLY, invitée de l’émission de Jean-Jacques BOURDIN sur BFM-TVmardi 30 octobre, assure que « la France est un fournisseur modeste d’armes à l’Arabie saoudite ». Toutefois, la ministre affiche un positionnement clairement défavorable à l’encontre de cette guerre, déclarant qu’ « il est plus que temps qu’elle cesse ».

Les déclarations française et américaine rejoignent les positions des associations et ONG, à l’instar d’Amnesty Internationalqui militent depuis des mois afin d’interpeler la communauté internationale sur les atrocités commises à Sanaa.

Les différentes parties yéménites se montrent cependant réticentes à l’idée d’un accord commun, suggéré par Mike POMPEO et par l’ONU le 14 avril 2015 au travers de la résolution 2216. Selon les estimations d’Acled (The Armed Conflict Location & Event Data Project), une organisation indépendante chargée de collecter les données des violences politiques étatiques, plus de 50 000 personnes sont mortes entre janvier 2016 et septembre 2018 dans ce pays de 22 millions d’habitants où 8,4 millions ont besoin d’aide et de protection selon les Nations Unies.

 

Crises – 2005 09 30 – La gestion des crises Dossier – CHEM CEREMS

Sommaire
I/ Essai de typologie des crises….p.4
1/ Approche fondée sur la séparation entre crises intérieures et crises extérieures…p.5
2/ Approche académique…p.7
3/ Approche par symétrie ou dissymétrie…p.8
II/ La prise en compte du fait culturel dans la gestion des crises….p.9
1/ Qu’est-ce que la culture ? – définition et typologie de cultures de guerre…p. 9
2/ La coopération interculturelle au sein d’une coalition internationale…p.12
3/ Interaction entre les forces d’une coalition multinationales et les populations locales..p.15
III/ Exemples d’opérations menées dans le domaine de la gestion de crises…..p.17
1/ Europe de la défense : les missions en cours (août 2005) …p.18
2/ Le RECAMP et autres programmes pour la paix en Afrique…p.21
3/ Bilan de l’opération Artemis en RDC (2003)…p.28
4/ L’Union africaine et la crise du Darfour…p.31
IV/ Plan documentaire : Rôle des forces armées dans la gestion globale des crises (Internet et ouvrages)…p.34
V/ ANNEXE : Etude du CEREMS sur le RETEX irakien – “Gagner la Paix”….p.44