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Séminaire de rentrée pour la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES)

C’est parti ! La 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques composée de 25 auditeurs s’est donnée rendez-vous le mercredi 16 octobre au Château de Cadarache pour lancer le cycle 2019-2020.

Une première approche du thème d’étude relatif aux enjeux des nouvelles routes de la soie en Méditerranée a été délivrée par le professeur Patrice Gourdin. C’est sous le prisme d’une province chinoise que ce docteur en histoire, professeur d’histoire contemporaine à l’école de l’air et chercheur associé de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, a choisi d’aborder la question de ce nouveau défi. En s’intéressant à la province du Xinjiang, il a décliné une forme de matrice géopolitique reposant sur quatre facteurs déterminants que sont la population, le territoire, les représentations géopolitiques et les acteurs extérieurs pour finalement dégager les risques et opportunités pouvant être rattachés aux nouvelles routes chinoises. Ce fut une belle entrée en matière avec une méthode dont les auditeurs pourront peut-être s’inspirer pour conduire leurs travaux.

La promotion de la 30ème SMHES à Cadarache.

Ensuite, la « pression » fut maintenue en présentant le programme de l’année. Un point d’attention a été portée sur les travaux de comité pour rappeler qu’il fallait toujours conserver en ligne de mire le rapport final des travaux de la session. Rendez-vous est donc pris au mois de juin prochain pour soutenir les conclusions d’une année de travail collaboratif. L’exercice est difficile mais les auditeurs seront au rendez-vous de l’université de Toulon dans le cadre de l’attribution d’un diplôme universitaire.

Dès le lendemain, la visite du centre de Cadarache a permis, s’il en était besoin, à la session de mesurer la performance du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Cela tombe à point nommé puisque la session compte deux auditeurs issus de ce pôle d’excellence qui poursuivront les explications données à l’occasion de ce rendez-vous. Les savoir-faire dans la conception des chaufferies nucléaires et le réacteur RES ont souligné une expertise hors du commun où la France occupe un niveau d’excellence.

Ces visites tiennent toute leur place dans le déroulement d’une session. La réflexion stratégique doit en effet être conjuguée à la prospective technologique car elle en est souvent interdépendante. Les auditeurs ont été servis ! Car la suite de la visite a été consacrée à celle du chantier ITER.  Ce projet de réacteur de recherche à fusion nucléaire est une exception mondiale. 35 pays participent à la mise en œuvre de ce laboratoire avec pour simplifier, parmi les principaux, les Etats-membres de l’Union européenne, la Chine, la Corée du Sud, les Etats-Unis, l’Inde, le Japon et la Russie. La fusion par compression magnétique… il faut interroger les auditeurs qui ont saisi tous les facteurs déterminants d’un réacteur prometteur pour la production d’énergie et le respect de l’environnement.

Sur le site d’ITER

Dans la soirée de ce jeudi 17 octobre, la session a rejoint la base aérienne d’Orange. Très belle présentation faite par le colonel Jordi Vergé. C’est une première approche des capacités de l’armée de l’air sur les scènes nationale et internationale. Cette base aérienne 115, née en 1939, au nom du « capitaine de Seynes » poursuit, nous dit-il, son envol et participe en permanence à la sûreté aérienne de notre territoire.

Ensuite, c’est un retour au thème de la session avec une intervention de monsieur Emmanuel Puig, sous-directeur de la stratégie au sein de la direction générale des relations internationales et de la stratégie. Docteur en sciences politiques, sinologue, monsieur Puig ne s’aventure pas. Il déroule. Son expertise impressionne et son exposé fait mouche. La Belt and Road Initiative devrait donc bien occuper les auditeurs de la 30ème session.

A l’issue de ces séquences statiques, les auditeurs sont passés à une phase plus dynamique. Le mirage 2000 et son équipage observés de nuit dans sa hangarette alors que le décollage peut être réalisé en quelques minutes seulement ne les ont pas laissés indifférents. La posture permanente de sûreté prend ici toute sa dimension s’inscrivant dans la fonction protection de notre territoire. S’en est suivie la visite dynamique autour d’un hélicoptère Fennec en charge des mesures actives de sûreté aériennes pour l’interception de cibles lentes et d’un groupe de fusiliers commandos dont la mission est de garantir la protection des installations.

Il fallait poursuivre la présentation de l’armée de l’air sur un site d’importance car il constitue l’un des principaux tremplins pour la projection de nos forces en opérations. C’est donc à Istres, le vendredi 18 octobre au matin, que la 30ème Session a fait mouvement pour une présentation plus approfondie encore en l’élargissant aux fonctions stratégiques de projection et de dissuasion. Le colonel Pierre Gaudillière a livré aux auditeurs les clés de lecture indispensables pour comprendre le fait aérien dans sa dimension globale. Une opportunité rare en la circonstance pour compter parmi les premiers auditeurs à découvrir le nouvel avion ravitailleur stratégique Phénix considéré comme un véritable Game Changer pour les forces aériennes. Il faut comprendre ainsi le rôle polyvalent de ce nouveau vecteur qui élargit d’emblée le spectre d’actions dans la nature des opérations aériennes qu’il peut conduire. A l’évidence, au terme de ces deux journées, une très belle image de l’armée de l’air a été adressée à une session qui démarre très vite.

Sur la base aérienne d’Istres.

Pour compléter cette compréhension du monde aéronautique, Dassault Aviation avait mis les petits plats dans les grands. Ce fleuron de l’aéronautique a été présenté à la hauteur de l’image qu’il renvoie dans le monde entier. Monsieur Alexis Durand, ancien auditeur des SMHES, n’a pas boudé son plaisir. La présentation de l’entreprise Dassault et du site d’Istres par le directeur des essais en vol, monsieur Patrick Castagnos, a presque retracé toute l’épopée des essais en vol et de ses équipages, acteurs historiques de l’innovation aéronautique. Les auditeurs ont ensuite parcouru le site en approchant de très près les avions Rafale et Falcon de dernière génération.

Enfin, pour clore ce déplacement, une réception à la préfecture de Région à Marseille a confirmé l’attention qu’il fallait accorder à des auditeurs très impatients d’interroger les grands responsables de l’Etat en Région. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à partager leurs réflexions avec monsieur Pierre Dartout, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, préfet de la zone de défense et de sécurité Sud et préfet des Bouches-du-Rhône.  Cette rencontre a témoigné de l’attachement qu’il porte à une formation née avec l’institut il y a maintenant 30 ans mais aussi de toute l’importance qu’il accorde à la réflexion de niveau stratégique. Les échanges nourris de ce rendez-vous ont d’ailleurs démontré que des auditeurs d’origines professionnelles très variées veulent prendre part au débat portant sur les grands sujets d’actualité et qu’ils entendent y tenir toute leur place.

Le directeur du centre méditerranéen d’études stratégiques, Patrick Lefebvre et le préfet Pierre Dartout, à la préfecture de région de Marseille.

Ce premier séminaire très prometteur s’est conclu le samedi 19 octobre à Toulon avec la conférence du vice-amiral Olivier Lebas sur le thème « la Méditerranée : enjeux opérationnels pour les armées ». Sans surprise, l’adjoint opérationnel du commandant en chef pour la Méditerranée confirme que l’espace méditerranéen est un espace stratégique qui concentre les enjeux et les tensions. Une intervention complète, très riche avec une ouverture sur le thème de la présence chinoise qui confirme la pertinence de ce choix pour une session très engagée.

Sans surprise, l’adjoint opérationnel du commandant en chef pour la Méditerranée a dressé une présentation complète, très riche avec une ouverture sur le thème qui confirme la pertinence de ce choix pour une session très engagée.

Rendez-vous en novembre désormais à Paris avec de très nombreux rendez-vous. Un agenda tendu en perspective avec une ambiance plutôt détendue mais des acteurs très concentrés et déterminés…

 

L’institut FMES prépare le nouveau cycle de sessions 2019/2020

Peu de temps après avoir clos les dernières sessions, les équipes de l’institut FMES s’affairent déjà aux préparations du nouveau cycle 2019/2020 qui commencera à l’automne.

Un premier groupe travaille sur la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques. Cette année, le thème retenu portera sur « les nouvelles routes de la soie en Méditerranée ».

Une partie de l’équipe se concentre quant à elle sur la rédaction du document « Regards Maritimes ». Cette synthèse rend compte des travaux réalisés au cours des séminaires « Enjeux et Stratégies maritimes » de l’institut FMES, réalisés en partenariat avec l’IHEDN. Un document important pour l’institut qui retrace une année de formation et de travail sur les enjeux maritimes.

L’équipe de l’Institut FMES à l’oeuvre dans ses préparations du nouveau cycle de sessions 2019/2020. Toulon, juillet 2019. Tous droits réservés.

A la rencontre des centres de décision de l’action extérieure de la France

Le séminaire parisien de la session 2017-2018 méditerranéenne des hautes études stratégiques s’est déroulé du 18 au 20 janvier 2018. Organisé sur le thème « les centres de décision de l’action extérieure de la France », il a permis aux auditeurs d’approfondir leurs réflexions sur les évolutions du monde des prochaines années.

Dans le cadre prestigieux de l’Ecole militaire, un officier de la direction du renseignement militaire (DRM) a tout d’abord décrit la menace probable à l’horizon 2030, dans un monde qui verrait les puissances chinoise et russe concurrencer l’hyperpuissance américaine, alors que les pays émergents auraient réussi à s’affirmer et à dénier l’accès à leurs espaces maritimes et aériens et que d’autres mouvements violents non étatiques auront succéder à Daech et al-Qaïda.

Sans transition, monsieur Henri Carlos a initié les auditeurs à l’intelligence économique en leur présentant la « vision décalée » de cette fonction essentielle au sein du groupe Total, entièrement orientée vers l’amélioration de l’efficacité opérationnelle du groupe afin de lui permettre de répondre aux trois grands défis de ce début du XXI° siècle : satisfaire les besoins en énergie d’une population mondiale plus nombreuse ; préserver la planète et limiter le réchauffement climatique ; s’adapter aux nouveaux modes de consommation et anticiper l’évolution des attentes des clients.

Dans le cadre encore plus prestigieux de la « chambre du roi », monsieur Gurvan Le Bras, conseiller des affaires étrangères, a fait découvrir aux auditeurs l’action du Centre d’Analyse, de Prévision et de Stratégie du ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères (CAPS). Se plaçant comme son collègue de la DRM à l’horizon 2030, il a décrit les mondes possibles, où la puissance pourrait être concentrée ou dispersée et la coopération entre les divers mondes totale ou impossible. Cette revue des huit mondes, du monde du tyran au village global, fait l’objet du hors-série Eté-automne 2017 des Carnets du CAPS.

 

Le 19 janvier, l’éclairage de madame Lioudmila Vilarrasa, conseillère Russie (entre autres pays) à la Chambre de Commerce et d’Industrie Paris Ile-de-France a permis aux auditeurs de mesurer les difficultés auxquelles sont confrontées les entreprises souhaitant travailler avec des pays « sous sanctions ». La présentation « comprendre pour mieux vendre et travailler ensemble », assortie d’un nombre impressionnant d’articles de presse et de textes réglementaires, restera un moment fort de ce séminaire parisien.

La matinée s’est achevée par un entretien avec le général de division Gaëtan Poncelin de Raucourt, secrétaire général de la garde nationale. Les auditeurs, qui avaient consulté le compte-rendu de l’audition du général par la commission de la défense nationale et des forces armées, ont pu ainsi débattre des grandes évolutions récentes, des facilités apportées aux entreprises comme des mesures adoptées en faveur des réservistes, qui contribuent à la constitution d’une réserve opérationnelle forte de 70 000 hommes et femmes.

 

L’après-midi, alors que le Président de la République dévoilait à Toulon les grandes lignes de la future loi de programmation militaire, les auditeurs ont bénéficié d’une description des grandes lignes de cette loi, réponse cohérente aux menaces et mondes évoqués la veille, exposée par un colonel de la division « études-synthèse-management général » de l’état-major des armées, avant de parcourir le site de Balard, un site mis à la disposition des armées par la ville de Paris en 1890 dans le cadre d’un échange avec le Champ-de-Mars.

Enfin, les préparant aux travaux de comité du samedi matin, le professeur Jean-Jacques Roche, directeur de la formation, des études et de la recherche de l’Institut des hautes études de la défense nationale, dans une présentation « à l’encontre du sens commun » de la « guerre en chiffres », a clos la journée en poussant les auditeurs à remettre en cause leur approche de « réalistes pessimistes », décrivant un monde où il est bien plus probable de gagner le gros lot du loto que de périr dans un attentat terroriste.

VA(2S) Alain Christienne, directeur de la stratégie de l’Institut FMES

Crises – 2009 04 09 – “Les transformations silencieuses” de F. Jullien – Le Monde

On ne voit rien. Pourtant, heure par heure, jour par jour, tout change. L’enfant grandit, le corps vieillit, la montagne s’érode, le climat change, ou bien le couple, lentement, se délite. Ces modifications minimes et constantes, inaperçues mais essentielles, forment le cours du monde et la trame de l’existence. Elles progressent à bas bruit, partout présentes, invisibles toutefois, à force d’être minimes et graduelles. […]