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« Terminé barre et machines » pour la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » autour du général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN.

Que le temps est passé vite pour les 36 auditeurs de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » depuis leur première escale parisienne et leur colloque d’ouverture fin septembre 2019. Leurs navigations les auront conduit le long du littoral français à Boulogne, Brest, Calais, Dunkerque, Lorient, Marseille, Nantes, Saint-Nazaire, Toulon, mais également en Europe à Bruxelles, La Haye et Rotterdam et enfin en Corée à Séoul, Inchon, Busan et Ulsan. Et c’est un peu groggy par « le mal de terre » et avec une nostalgie non feinte qu’ils se sont retrouvés le 14 juin à l’École militaire pour leur dernier séminaire.

Ils y ont tenu le traditionnel « colloque des auditeurs », présidé par le préfet Denis Robin, Secrétaire général de la mer, pour lui présenter ainsi qu’à l’amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la Marine et à Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du Cluster maritime français, le résultat de leurs réflexions sur les sujets qui les ont animé toute l’année. Il s’agissait des politiques et des stratégies de la France en Indo-Pacifique, vis-à-vis de ses territoires ultramarins et dans le domaine portuaire.

A l’image de l’investissement des auditeurs et de leur cohésion forgée au cours de l’année, les présentations et les débats furent particulièrement riches et intéressants entre les auditeurs et leurs invités. Parmi ces derniers étaient présents les auditeurs des anciennes sessions, qui n’étaient pas les derniers à pousser leurs successeurs dans leur retranchement.

Après les interventions du général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN, de Frédéric Moncany et de l’amiral Christophe Prazuck, le préfet Denis Robin a clôturé le séminaire en félicitant les auditeurs pour leurs travaux puis en leur livrant ses réflexions sur les enjeux maritimes actuels et futurs de la France. Que les pistes ainsi ouvertes rassurent les futurs auditeurs : il reste du pain sur la planche pour les prochaines sessions !

C’est avec la satisfaction du devoir accompli, beaucoup de nostalgie mais la certitude de se revoir bientôt – les futures escales sont déjà programmées – que les auditeurs ont reçu leur diplôme bien mérité. Le banquet s’est terminé tard dans la nuit, rythmé par les rires et les chants de marin.

Le préfet Denis Robin, Secrétaire général de la mer, prononçant son intervention de clôture de la session.

La Corée accueille les auditeurs de la 4e session nationale de l’IHEDN « Enjeux et stratégies maritimes » pour leur mission de fin d’étude

Isolée du continent asiatique par une frontière extrêmement hermétique, la Corée du Sud est devenue un « Etat quasi insulaire » et a construit son développement exceptionnel sur son économie maritime constituant pour les auditeurs une destination idéale. Un programme de 6 jours particulièrement dense leur a offert l’opportunité de nombreuses visites et rencontres permettant de riches débats animés par des personnalités de très haut niveau sur des sujets maritimes variés.

Dès l’après-midi de leur arrivée, ils ont été accueillis à l’ambassade où S.E.M. Fabien Penone, ambassadeur de France en Corée du Sud, assisté de ses grands conseillers, leur a donné les principales clés de lecture pour appréhender ce pays qui connait un essor économique exceptionnel. En effet, de 3ème pays le plus pauvre du monde à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, la Corée du Sud est devenue la 11ème puissance économique mondiale. Mais quelle ne fut pas leur surprise en arrivant à l’ambassade de découvrir les photos de Cédric de Pierrepont et d’Alain Bertoncello entourées de fleurs déposées par des Coréens anonymes reconnaissants envers les deux commandos marines français qui avaient donné leur vie pour la libération d’otages parmi lesquels une Sud-Coréenne.

Le général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN, le vice-amiral d’escadre (2s) Gérard Valin, responsable des sessions nationales “Enjeux et stratégies maritimes” de l’IHEDN, et le général de brigade Guillaume Grimaux, commandant de la Gendarmerie maritime, devant l’ambassade de France en Corée du Sud, où des fleurs ont été déposées à la mémoire de Cédric de Pierrepont et d’Alain Bertoncello.

Intervention de S.E.M. Fabien Penone devant les auditeurs et des personnalités sud-coréennes.

Le lendemain, les auditeurs ont eu d’abord l’occasion d’aborder les grands enjeux de sécurité maritime auxquels sont confrontés la Corée du Sud avec Patrick Defranoux, président de Thales Korea, et avec le président et des chercheurs du Korea Institute for Maritime Strategy (KIMS), partenaire de l’institut FMES qui apporte son expertise maritime à l’IHEDN pour la session nationale « Enjeux et stratégies maritimes ».

L’après-midi fut consacrée à des rencontres plus institutionnelles, au ministère de la Défense nationale d’abord, puis à l’Assemblée nationale, où M. Song Yong-Gil, député sud-coréen, leur a présenté les grands enjeux de la réunification entre les deux Corées.

À l’Assemblée nationale avec le député SONG Yong-Gil

Le mercredi, un dernier passage à l’ambassade de France a permis aux auditeurs d’échanger avec S.E. M. Park Heung-Kyeong, ambassadeur pour les Affaires arctiques de la République de Corée et avec des représentants du ministère des Océans et des Pêches coréen. Ils purent ainsi poser de nombreuses questions sur les ambitions de la Corée du Sud en Arctique – qui a obtenu le statut d’observateur du Conseil de l’Arctique en 2013 – et sur la politique qu’elle conduit pour rendre ses ports plus attractifs face à la forte concurrence de ses voisins.

S.E. M. Park Heung-Kyeong, ambassadeur pour les Affaires arctiques de la République de Corée

Les auditeurs sont ensuite partis à la découverte du port d’Incheon où ils ont visité le KGC Tae Pung Yang VIII 3008, frégate de 3000 tonnes, l’un des fleurons des garde-côtes sud-coréens qui jouent un rôle majeur dans cette Nation maritime par excellence.

La 4e Session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” à bord du KGC Tae Pung Yang VIII 3008

Le jeudi, après une soirée passée à découvrir les spécialités culinaires de Séoul, capitale réputée pour sa cuisine de rue (street food), la session s’est rendue à l’état-major de la seconde flotte, stationné à Pyeongtaek. Les auditeurs furent d’abord accueillis par le directeur du musée des Incidents des îles du Nord-Ouest, où leur furent ensuite présentés les enjeux de mémoire liés à l’incident de Baengnyeong, autrement dit le naufrage en 2010 d’une corvette de la Marine coréenne, le Cheonan, torpillée par la Corée du Nord, causant la mort de 46 marins. Ensuite, rejoints par le commandant de la seconde flotte, Coréens et Français réunis par une même émotion, ont respecté une minute de silence à la mémoire de ces marins, au pied de l’épave du Cheonan, renflouée, rénovée et exposée au public au sein de la base navale.

Les auditeurs devant l’épave du Cheonan

Ensuite, les auditeurs ont été reçus de façon particulièrement chaleureuse et professionnelle par la Korea National Defense University (KNDU) dont la fanfare a accueilli les auditeurs à leur arrivée. Cette université de grande renommée est un partenaire de choix pour l’IHEDN qui a signé avec elle un accord de coopération en 2017. L’après-midi, consacrée à un séminaire conjoint entre les deux instituts, a permis des échanges et des débats très riches sur des sujets stratégiques aussi variés que l’influence croissante de la Chine sur la scène internationale – notamment à travers la “Belt Road Initiative” (BRI) – ou les enjeux de sécurité maritime contemporains au premier rang desquels le climat et la protection de la biodiversité marine.

Accueil en fanfare à la Korea National Defense University (KNDU)

Échange de cadeaux avec le général de corps d’armée LEE Seok Gu, président de la KNDU

Les auditeurs à la Korean National Defense University (KNDU)

Cap ensuite au sud-est vers le cœur de l’industrie maritime coréenne pour atteindre Ulsan, ville côtière profondément marquée par l’industrie navale, et profiter d’une nuit bien méritée après un long trajet en bus à travers la campagne coréenne.

Le programme du vendredi fut aussi dense que celui des jours précédents. Dès potron-minet, les auditeurs furent accueillis par le général Ha dans les superbes locaux des garde-côtes du port de la ville équipés de système de contrôle particulièrement modernes, performants et – petite satisfaction – de fabrication française.  Quatrième port au monde pour le transport de liquide, avec 200 millions de tonnes de transits annuels, Ulsan abrite également une construction navale florissante. Le trafic maritime y croît donc sans trêve d’année en année comme le rôle des Garde-Côtes.

La 4e Session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” chez les Garde-Côtes d’Ulsan

Toujours à Ulsan, les auditeurs se sont ensuite rendus chez Hyundai Heavy Industries, plus grand constructeur naval au monde, chantiers duquel sont lancés près de 50 navires par an. Cette fulgurante réussite industrielle qui a transformé un village de pêcheur en épicentre du monde maritime depuis 1972, est due à la puissance du groupe Hyundai, l’un des “Chaebol” (grand conglomérat industriel familial) sud-coréens, qui a su intégrer les différentes filiales de son groupe pour maximiser l’efficience de son chantier naval, tout en offrant des solutions globales aux clients du groupe. Hyundai Heavy Industries espère ainsi conserver sa position de chef de file international de la construction navale, en se concentrant notamment sur le lancement de navires et plates-formes à haute valeur technologique. Au cours de cette visite, les auditeurs ont pu apprécier la démesure de ce chantier avec ses quatre kilomètres de quais, ses dizaines de portiques monumentaux capables de soulever les blocs qui, une fois soudés par les 10 000 ouvriers du site, permettent l’assemblage des navires.

Les auditeurs chez Hyundai Heavy Industries, premier chantier naval du monde

La session s’est ensuite dirigée vers Busan, deuxième ville du pays, impressionnante par son étendue, et le contraste flagrant entre la verticalité de ses nombreuses tours et son riche front de mer, où se mêlent plages, ports de pêche, de plaisance et port industriel.

Les auditeurs se sont d’abord rendus au commandement de la Marine de la République Sud-coréenne (“ROK Fleet”), où le vice-amiral Hwang, directeur du centre des opérations maritimes a donné une dimension toute particulière à cette rencontre par sa présentation des enjeux de cette Marine, régulièrement confrontée à des offensives de la part de son voisin du Nord, qui dispose d’un spectre capacitaire étendu, et participe à de nombreux exercices internationaux. Avec ses 70 aéronefs, 140 bâtiments de surface et 10 sous-marins, elle représente d’ailleurs un allié de poids pour la France en Asie. Au point que nos marines ont effectué onze exercices conjoints d’interaction (“Passex”) depuis 2002.

 Avec le vice-amiral Hwang devant le “ROK Fleet” Command

Toujours à Busan, les auditeurs se sont rendus au cimetière du mémorial des Nations unies en Corée, seul cimetière de l’ONU au monde. Ils y ont déposé une gerbe devant le monument dédié aux soldats français du Bataillon de Corée morts lors de la guerre de Corée (1950-1953), en leur hommage, mais aussi en mémoire de Cédric de Pierrepont et d’Alain Bertoncello. Ils eurent ensuite le grand honneur de participer à la cérémonie des couleurs.

Dépôt de gerbe et Marseillaise a capella au monument dédié aux soldats français

 Cérémonie des couleurs au cimetière de la guerre de Corée avec les soldats de l’ONU

Enfin, avant de rentrer à Séoul par le KTX, dérivé du TGV français, les auditeurs ont eu le temps de découvrir le marché aux poissons de Busan, le plus grand de Corée du Sud, pour y faire des découvertes surprenantes et des dégustations pour le moins exotiques…

Plus culturel, le samedi n’en a pas été moins riche et émouvant. En effet, les auditeurs se sont d’abord rendus au Mémorial de la guerre de Corée pour un dépôt de gerbe et un ultime hommage à nos soldats morts pour la France. A 10 000 km des Invalides ont été lues par l’un des leurs les paroles du chant entonné par le commando Hubert lors de la cérémonie en mémoire de Cédric de Pierrepont et d’Alain Bertoncello avant que la Marseillaise ne retentisse à nouveau en plein centre de Séoul sous le regard admiratif de Coréens chez qui le devoir de mémoire est profondément ancré.

Dépôt de gerbe et Marseillaise a capella devant la stèle des soldats du Bataillon de Corée français mort pour la France  

Après la visite de ce mémorial impressionnant puis de celle du palais royal de Gyeongbokgung cœur de l’âme coréenne, et du quartier d’Insadong particulièrement animé, cette mission s’est conclue par un dîner traditionnel coréen. Ce fut l’occasion pour les auditeurs de remercier l’attaché de défense, le colonel David Johan, et son adjoint, le premier-maître Brenier, pour leur investissement dans la réussite de cette mission en Corée qui fut à la fois dense, riche et passionnante.

Cap au Nord pour la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN

Dans le magnifique slipway en bois de Boulogne sur Mer datant des années 1960 mais toujours opérationnel.

Sous un vent soufflant en rafales, ce 7ème et dernier séminaire en métropole a fait naviguer les auditeurs de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » dans les Hauts de France les 15 et 16 mars 2019. Ils ont successivement fait escale à Dunkerque, Calais et Boulogne-sur-Mer pour concentrer leurs travaux sur les ports et la pêche. Le très grand nombre d’acteurs qui se côtoient, voire se confrontent, dans les espaces maritimes particulièrement exigus de la Manche et de la mer du Nord engendrent des difficultés de sécurité et de planification spatiotemporelle de leurs activités d’autant plus cruciales que les enjeux liés à l’immigration illégale et au Brexit accroissent les inquiétudes et les tensions.

Stéphane Raison, président du directoire du Grand Port Maritime de Dunkerque (GPMD) et auditeur de l’IHEDN, a lancé la journée en présentant aux auditeurs sa vision et sa stratégie pour faire face aux grands enjeux que rencontre Dunkerque – comme les autres ports français – pour répondre à la concurrence internationale et dynamiser sur le sol français l’activité et les emplois associés. C’est ainsi que Norlink Ports, association des ports de la région, met en œuvre une stratégie commune de développement de cette façade maritime majeure. La visite des impressionnantes installations du GPMD – capables d’accueillir les plus gros navires du monde – a parfaitement illustré cette stratégie de long terme où le développement d’une économie circulaire et la préservation de la biodiversité sont les deux principaux piliers d’une politique déterminée de développement durable.

L’administrateur général Dusart, adjoint pour l’action de l’État en mer du préfet maritime Manche et mer du Nord, a complété cette matinée en présentant aux auditeurs les grandes problématiques de défense et de sécurité rencontrées par le préfet maritime, en particulier face à l’immigration illégale et à la perspective du Brexit.

Les audi teurs ont ensuite mis le cap sur Calais où le sous-préfet, Michel Tournaire, accompagné de Jean-Michel Roussel, directeur de la sûreté du port de Calais, de Philippe Mignonet, adjoint au maire et d’un représentant de la PAF[1] a évoqué les grands enjeux de la ville, notamment liés à la proximité avec le Royaume-Uni et les problématiques induites de l’immigration illégale, du Brexit et de la densité du trafic dans le détroit du Pas-de-Calais, le plus fréquenté au monde après celui de Malacca. La visite du port par Jean-Michel Roussel – en particulier celle des impressionnantes installations pour dissuader et détecter toute tentative d’intrusion illégale – a parfaitement illustré la volonté de coopération des gouvernements français et britanniques pour endiguer ce flux de migrants, mais aussi la détermination de ces derniers, prêt à risquer leur propre vie pour traverser la Manche.

Un branle-bas à 4 heures du matin le samedi suivi d’un rapide petit déjeuner ont permis aux auditeurs de visiter la criée de Boulogne, plus grand port de France en volume, sous la conduite d’Alain Cailler, directeur du port. Après une première halte au milieu de poissons fraichement pêchés et débarqués dans la nuit malgré une mer agitée, les auditeurs ont pu assister à une criée totalement informatisée où les technologies les plus modernes ont succédé aux hurlements pittoresques qui régissent encore de nombreuses criées. A l’issue, ragaillardis par le traditionnel petit-déjeuner boulonnais et sa dégustation des produits de la pêche du matin, les auditeurs ont été guidés par Alain Cailler à travers la Capécure. Cette visite du premier centre européen de transformation des produits de la mer riche de 140 entreprises a définitivement convaincu les auditeurs de l’importance stratégique du secteur de la pêche pour la France.

La deuxième partie de la matinée s’est déroulée dans les magnifiques locaux de la communauté d’agglomération du Boulonnais (CAB) où les auditeurs ont été accueilli par Jean-Philippe Vennin, sous-préfet de Boulogne. Après avoir pu participer à deux tables-rondes portant sur les grands enjeux du Boulonnais, notamment le Brexit et la planification spatiale des espaces maritimes, les auditeurs ont terminé leur matinée avec une admiration non contenue pour tous ces marins qui opèrent en mer avec passion dans des conditions difficiles, que ce soit pour y extraire des granulats, pêcher, en préserver la diversité ou y maintenir la sécurité.

Enfin, les auditeurs ont profité de l’après-midi pour poursuivre leurs travaux de comité dans les superbes locaux mis à leur disposition par la Communauté d’agglomération du Boulonnais qui, une fois de plus, les aura superbement reçus.

[1] Police de l’air et des frontières.

Stéphane Raison, président du directoire du GPMD, débattant avec les auditeurs.

L’administrateur général Thierry Dusart répondant aux questions des auditeurs

A la sous-préfecture de Calais avec Monsieur le Sous-préfet Michel Tournaire

Les auditeurs dans l’un des hangars de contrôle des camions à destination du Royaume-Uni

Sur le port de Boulogne dès potron minet autour de son directeur Alain Caillet

Les auditeurs appréciant la qualité des encornets fraîchement pêchés

Sous le vent et les embruns au pied des éoliennes de la jetée du port de Boulogne-sur-Mer

Table ronde avec Jean-Philippe Vennin, sous-préfet de Boulogne, dans les superbes locaux de la Communauté d’agglomération du Boulonnais.

Escales en région Sud pour les auditeurs de la 4e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” de l’IHEDN

 

 

Autour de Julien Talagrand sur le nouveau site de Monaco Marine à la Seyne-sur-Mer

Transports et routes maritimes, marine marchande, technologies et industries navales, câbles sous-marins, grande plaisance, tels sont les grands thèmes de l’économie bleue qui ont conduit les auditeurs de la 4e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” (ESM) de l’IHEDN à se rendre à Marseille et à Toulon pour un séminaire de deux jours.

Accueillis, dès potron minet, le vendredi 1er février matin chez Naval Group à Ollioules par Didier Gilavert, directeur du site, accompagné de Pierrick Etiemble, directeur “Systèmes” du groupe, les auditeurs furent immédiatement plongés dans la haute technologie et les enjeux stratégiques auxquels fait face ce leader mondial du naval de défense dans un contexte international de plus en plus concurrentiel.

Au cours d’une passionnante table ronde sur l’innovation dans l’industrie navale, Jean Gauthier, directeur de la R&D[1] Innovation de Naval Group et Jean-Charles Nahon, président du comité technique du GICAN[2], ont présenté les grandes ruptures technologiques du secteur : navires propres et intelligents, cybersécurité, drones… Les démonstrations et visites d’ateliers qui suivirent en furent une parfaite illustration.

Un court transit vers la prestigieuse tour CMA-CGM, qui surplombe Marseille, puis ce fut une après-midi en immersion dans le monde du transport maritime. Damien Denizot, responsable des grands projets de Marseille, Guillaume Lathelize, vice-président des lignes est-ouest et intra-européennes du groupe, puis Simon Delfau, responsable de la sûreté, ont présenté aux auditeurs les clés de l’extraordinaire épopée du groupe familial fondé par Jacques Saadé, ainsi que les grands enjeux stratégiques de ce secteur essentiel de l’économie bleue. Philippe Garo, directeur de McLeans les a ensuite initiés aux spécificités et aux complexités de l’assurance maritime, qui trouvent leurs origines dans les tavernes londoniennes du XVIIe siècle. Enfin, la visite du Fleet Center et sa capacité de contrôle en temps réel de centaines de navires ont été l’illustration de l’expertise et de la capacité d’innovation de notre fleuron français, qui lui permettent de figurer dans le peloton de tête des armateurs mondiaux.

À l’invitation de Renaud Muselier, président de la région Sud, Provence Alpes Côte-d’Azur, cette première journée particulièrement dense s’est conclue par une soirée conviviale d’échanges à l’Hôtel de Région de Marseille, où Philippe Vitel, vice-président, accompagné de Jean-Claude Richard, directeur de l’institut FMES, centre de ressources de la région et partenaire de l’IHEDN, a présenté les atouts majeurs qui feront que le “XXIe siècle sera maritime dans le Sud”.

 

Pour commencer la seconde journée, les auditeurs ont d’abord été accueillis à la mairie de Toulon par Yannick Chenevard, maire adjoint et vice-président de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée. Ils y ont découvert les potentialités offertes par l’une des plus belles rades d’Europe en matière de développement économique dans des domaines parfois insoupçonnés, la croisière et la grande plaisance, pourtant sources importantes d’emplois pour le territoire.

 

La théorie s’est rapidement concrétisée par une navigation sur la rade – sous un soleil voilé mais par mer calme – marquée d’une escale chez Monaco Marine. Julien Talagrand, directeur du tout nouveau site de l’entreprise à la Seyne-sur-Mer, a ainsi pu exposer les importants investissements qui y ont été portés en partenariat avec la Métropole, ainsi que les premiers yachts accueillis en carénage. Cette traversée de la rade a également permis aux auditeurs   d’admirer la flotte française, notamment le porte-avions Charles de Gaulle, paré à appareiller avec, fait rare au port, de nombreux Rafale en pontée.

 

La dernière escale de cette navigation les a finalement conduits chez Orange Marine à la Seyne. Ils y furent accueillis par Jean-Luc Vuillemin, vice-président sénior d’Orange International networks, infrastructures et services, et auditeur de la 2e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes”, accompagné de Fréderic Exertier, VP exécutif d’Orange Marine et d’Emmanuel Decugis, directeur du site. Grâce à la visite du navire-câblier Raymond Croze et à l’exposé de Jean-Luc Vuillemin, les auditeurs n’ignorent plus rien des enjeux stratégiques, ni du haut niveau d’expertise et de technicité de l’industrie des câbles sous-marins, autoroutes méconnues mais essentielles concentrant plus de 99 % des communications Internet mondiales. Le samedi après-midi a été consacré aux travaux en comités des auditeurs, dans les salles de travail mises à disposition par Orange Marine.

[1] Recherche & Développement

[2] Groupement des Industries de Constructions et Activités Navales

Intervention de Didier Gilavert chez Naval Group à Ollioules  

Découverte du Fleet Center à la tour CMA-CGM

A l’hôtel de Région Sud Provence Alpes Côte-d’Azur avec le vice-président Philippe Vitel

Avec Yannick Chenevard, adjoint au maire et vice-président de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée


A la coupée du Raymond Croze, navire-câblier d’Orange Marine

En présence d’Emmanuel Decugis, retrouvailles avec Jean-Luc Vuillemin, sénior vice-président d’Orange  et auditeur de la deuxième session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »