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Toulon : « La Minerve » retrouvée après plus de 50 ans

La Minerve.
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L’épave du sous-marin la Minerve, disparu il y a cinquante-et-un ans, a été retrouvée le dimanche 21 juillet à trente-cinq kilomètres au large de Toulon réparti en trois morceaux. Les équipes de recherche ont notamment retrouvé la partie avant du sous-marin à 2 350 mètres de profondeur où les premières lettres du nom du bâtiment inscrites en rouge sont encore visibles.

Le 27 janvier 1968, le submersible la Minerve disparaissait au large de Toulon avec ses 52 membres d’équipage après une implosion alors qu’il naviguait dans de mauvaises conditions météorologiques. Quatre minutes ont suffi à sa disparition. En dépit des opérations mises en place pour retrouver l’épave, il aura donc fallu 51 années pour le localiser, laissant les familles et les proches des disparus dans l’attente.

A l’issue de la découverte, la ministre des armées Florence Parly s’est félicitée lundi 22 juillet : « Nous venons de retrouver la Minerve. C’est un succès, un soulagement et une prouesse technique. Je pense aux familles qui ont attendu ce moment si longtemps ».

Depuis huit mois – date qui correspond à la reprise des recherches – le commandant en chef de la Méditerranée (CECMED) et préfet maritime, le vice-amiral d’escadre Charles-Henri de la Faverie du Ché était en charge de superviser les opérations visant à retrouver l’épave du bâtiment. Il a toutefois précisé que le sous-marin ne serait pas renfloué : « On ne touche pas à l’épave, c’est un sanctuaire maritime, c’est le cas pour toutes les épaves, en tout cas dans la marine nationale ». C’est donc désormais un lieu de recueillement pour les familles. Ces paroles ont été confirmées par le capitaine de vaisseau Eric Lavault, porte-parole de la marine nationale, qui fut auditeur de la dernière session méditerranéenne des hautes études stratégiques de l’institut FMES : « Elle va rester au fond. Parce que la Minerve est un sanctuaire. C’est un cimetière de marins ».

Ce sont des moyens très performants qui ont permis de mener à bien l’enquête. En effet, durant les années suivant le drame, les moyens technologiques ne permettaient pas d’explorer avec une telle finesse les fonds marins. La participation du navire américain Seabed Constructor a été à l’origine de la découverte de l’épave. Il avait d’ailleurs permis de retrouver le sous-marin San Juan, au large des côtes argentines en novembre 2018. Mais il a fallu une étroite collaboration avec la marine nationale pour réaliser une telle prouesse en utilisant un drone sous-marin, de nouveaux sonars et deux navires océanographiques.

Ce succès est également le fruit de l’implication des familles et notamment d’Hervé Fauve, fils du commandant du submersible disparu, qui avait demandé la reprise des recherches à l’occasion du 50ème anniversaire de la disparition du submersible. Dans une société marquée par une plus grande judiciarisation, il y a un besoin toujours plus fort d’explications.

En demandant au préfet maritime de la Méditerranée d’organiser prochainement une cérémonie commémorative en hommage à ces 52 marins, la ministre des armées rend un très bel hommage à ceux qui ont perdu un proche il y a plus de cinquante ans.