enjeux et stratégies maritimes

Escales à Bruxelles, La Haye et Rotterdam pour la mission « Europe » de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs réunis au Parlement européen autour de M. Marc Valleys

La première navigation hors de France des auditeurs de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » fut européenne. Du 1er au 3 avril, ils se sont ainsi rendus à Bruxelles, cœur des institutions européennes, et aux Pays-Bas, Etat-membre de l’Union européenne (UE) maritime par excellence, qui a bâti sa prospérité sur le commerce maritime. Ils purent ainsi découvrir les grands enjeux maritimes de l’Union européenne, les politiques et les stratégies mises en œuvre pour y faire face, et la manière dont la France coopère avec ses alliés européens pour construire une Europe forte et prospère.

Dès la première matinée, la Représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne (RPUE) a plongé les auditeurs dans l’atmosphère européenne. S.E. M. Nicolas Suran, ambassadeur, représentant permanent de la France au Comité politique et de sécurité de l’UE, a abordé les enjeux sécuritaires du Brexit et ses conséquences pour la France et son positionnement au sein de l’UE.

Réflexions avec S.E.M. Nicolas Suran

Le vice-amiral d’escadre Chaperon, représentant militaire français auprès de l’Union européenne et de l’OTAN, s’est concentré sur les questions militaires et maritimes avec, notamment, un éclairage spécifique sur le délicat partage des rôles entre l’OTAN et l’UE. Ce sujet particulièrement sensible touche directement la souveraineté des Etats-membres. Enfin, M. Truelle et M. Avrillier, conseillers « pêche » et « transport » de la RPUE, ont permis aux auditeurs de découvrir l’importance de ces sujets au cœur de la politique maritime intégrée de l’Union, et notamment la façon dont la politique commune de la pêche a permis la reconstitution de certains stocks de poissons. Tous ces représentants de la France à Bruxelles contribuent, chacun à leur niveau, à améliorer le dialogue et la compréhension entre les échelons national et communautaire. Ils promeuvent la vision, les positions et les intérêts de la France auprès de ses partenaires européens. Pour clore cette matinée, le Secrétaire général de la mer, Denis Robin, premier inspirateur de la session, a présidé le déjeuner des auditeurs avec lesquels il a eu de nombreux échanges.

Le vice-amiral d’escadre Chaperon répond aux questions des auditeurs

Forts de cette entrée en matière à la RPUE, les auditeurs ont ensuite été reçus au Parlement européen par Marc Valleys, de la direction  générale de la communication (DG COMM), qui leur a présenté sans ambages ce haut lieu de la démocratie européenne avec son fonctionnement fondé sur le compromis. Il s’agit d’un changement de culture difficile pour des Français davantage habitués à la confrontation et aux rapports de force.

Dès potron-minet, la session a appareillé pour une seconde journée de mission passée en dessous du niveau de la mer à étudier la politique maritime de ce pays où la mer a toujours joué un rôle prédominant : les Pays-Bas. Accueillis à La Haye par S.E. M. Philippe Lalliot, ambassadeur de France auprès du Royaume des Pays-Bas, et ses principaux conseillers, les auditeurs ont pris la mesure des fortes, et souvent méconnues, relations bilatérales entretenues par la France et les Pays-Bas. Elles se situent au niveau économique bien sûr, mais concernent aussi, de plus en plus, les domaines de la défense et de la sécurité pour lesquels les deux pays partagent des approches et des intérêts communs et disposent de forces militaires d’excellent niveau capables de conduire ensemble des opérations de forte intensité. Les rencontres organisées par l’Ambassade avec des personnalités du monde maritime néerlandais ont donné lieu à de riches débats sur le développement portuaire et sur les enjeux de sécurité et de défense. Les auditeurs ont ainsi pu découvrir les nombreux points de convergence entre ces deux puissances maritimes, mais aussi le pragmatisme néerlandais sur lequel les Français pourraient prendre exemple dans bien des domaines.

S.E.M. Philippe Lalliot en discussion avec les auditeurs

Cette longue journée s’est terminée avec la visite très attendue du port de Rotterdam, premier port européen. Fidèle à son habitude, M. Frans van Keulen, représentant du conseil de l’Autorité portuaire de Rotterdam et grand ami de l’IHEDN, a réservé aux auditeurs un accueil particulièrement chaleureux et professionnel. Avec une impressionnante hauteur de vue et une parfaite connaissance du monde maritime, il a présenté les défis relevés par le port de Rotterdam et le développement de ce hub impressionnant qui représente à lui seul 6,2% du PIB du pays. Les auditeurs ont ensuite été invités à prendre la mer pour naviguer au plus près des impressionnantes installations qui font la force de ce port, garantissant le chargement et le déchargement de 34 000 navires chaque année. Cette visite restera l’un des moments forts de la mission.

Frans van Keulen présentant le port de Rotterdam

De retour à la RPUE, le troisième jour fut l’occasion d’étudier plus précisément la mise en œuvre de la politique maritime intégrée (PMI) de l’Union européenne, notamment de ses développements en matière de sécurité et sûreté maritimes. Un panel d’experts, issus de la DG MARE[1], de la RPUE ou du SEAE[2] comme d’entreprises privées, a permis aux auditeurs de réfléchir sur des nombreux sujets. La coopération maritime entre les pays membres fut largement débattue, mais aussi le développement de la stratégie de sûreté maritime de l’UE (SSMUE), et surtout la mise en œuvre d’une déclinaison maritime de la toute nouvelle coopération structurée permanente (CSP), domaine qui relève de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC).

Éric Maurice, représentant de la Fondation Schuman à Bruxelles, a animé un dernier débat sur la gouvernance européenne. L’Union européenne sera-t-elle capable de moderniser ses institutions et d’obtenir l’adhésion des citoyens européens pour construire une Europe plus unie et plus forte ? Sera-t-elle en mesure de relever les défis d’un monde multipolaire dont elle doit être l’un des grands acteurs ? Les auditeurs n’en sont qu’au début de leurs réflexions sur les grands enjeux que doit relever l’UE.

Le dernier après-midi a été consacré par les auditeurs à la restitution, devant Jean-Jacques Roche, doyen et directeur de la formation des études et de la recherche de l’IHEDN et leurs camarades, de leurs travaux de réflexion. Les débats furent animés sur les trois sujets qui leur ont été confiés :  la politique portuaire de la France, la politique des outre-mer et le concept Indo-Pacifique.

[1] Direction générale des Affaires maritimes et de la pêche

[2] Service européen pour l’action extérieure

Cap au Nord pour la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN

Dans le magnifique slipway en bois de Boulogne sur Mer datant des années 1960 mais toujours opérationnel.

Sous un vent soufflant en rafales, ce 7ème et dernier séminaire en métropole a fait naviguer les auditeurs de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » dans les Hauts de France les 15 et 16 mars 2019. Ils ont successivement fait escale à Dunkerque, Calais et Boulogne-sur-Mer pour concentrer leurs travaux sur les ports et la pêche. Le très grand nombre d’acteurs qui se côtoient, voire se confrontent, dans les espaces maritimes particulièrement exigus de la Manche et de la mer du Nord engendrent des difficultés de sécurité et de planification spatiotemporelle de leurs activités d’autant plus cruciales que les enjeux liés à l’immigration illégale et au Brexit accroissent les inquiétudes et les tensions.

Stéphane Raison, président du directoire du Grand Port Maritime de Dunkerque (GPMD) et auditeur de l’IHEDN, a lancé la journée en présentant aux auditeurs sa vision et sa stratégie pour faire face aux grands enjeux que rencontre Dunkerque – comme les autres ports français – pour répondre à la concurrence internationale et dynamiser sur le sol français l’activité et les emplois associés. C’est ainsi que Norlink Ports, association des ports de la région, met en œuvre une stratégie commune de développement de cette façade maritime majeure. La visite des impressionnantes installations du GPMD – capables d’accueillir les plus gros navires du monde – a parfaitement illustré cette stratégie de long terme où le développement d’une économie circulaire et la préservation de la biodiversité sont les deux principaux piliers d’une politique déterminée de développement durable.

L’administrateur général Dusart, adjoint pour l’action de l’État en mer du préfet maritime Manche et mer du Nord, a complété cette matinée en présentant aux auditeurs les grandes problématiques de défense et de sécurité rencontrées par le préfet maritime, en particulier face à l’immigration illégale et à la perspective du Brexit.

Les audi teurs ont ensuite mis le cap sur Calais où le sous-préfet, Michel Tournaire, accompagné de Jean-Michel Roussel, directeur de la sûreté du port de Calais, de Philippe Mignonet, adjoint au maire et d’un représentant de la PAF[1] a évoqué les grands enjeux de la ville, notamment liés à la proximité avec le Royaume-Uni et les problématiques induites de l’immigration illégale, du Brexit et de la densité du trafic dans le détroit du Pas-de-Calais, le plus fréquenté au monde après celui de Malacca. La visite du port par Jean-Michel Roussel – en particulier celle des impressionnantes installations pour dissuader et détecter toute tentative d’intrusion illégale – a parfaitement illustré la volonté de coopération des gouvernements français et britanniques pour endiguer ce flux de migrants, mais aussi la détermination de ces derniers, prêt à risquer leur propre vie pour traverser la Manche.

Un branle-bas à 4 heures du matin le samedi suivi d’un rapide petit déjeuner ont permis aux auditeurs de visiter la criée de Boulogne, plus grand port de France en volume, sous la conduite d’Alain Cailler, directeur du port. Après une première halte au milieu de poissons fraichement pêchés et débarqués dans la nuit malgré une mer agitée, les auditeurs ont pu assister à une criée totalement informatisée où les technologies les plus modernes ont succédé aux hurlements pittoresques qui régissent encore de nombreuses criées. A l’issue, ragaillardis par le traditionnel petit-déjeuner boulonnais et sa dégustation des produits de la pêche du matin, les auditeurs ont été guidés par Alain Cailler à travers la Capécure. Cette visite du premier centre européen de transformation des produits de la mer riche de 140 entreprises a définitivement convaincu les auditeurs de l’importance stratégique du secteur de la pêche pour la France.

La deuxième partie de la matinée s’est déroulée dans les magnifiques locaux de la communauté d’agglomération du Boulonnais (CAB) où les auditeurs ont été accueilli par Jean-Philippe Vennin, sous-préfet de Boulogne. Après avoir pu participer à deux tables-rondes portant sur les grands enjeux du Boulonnais, notamment le Brexit et la planification spatiale des espaces maritimes, les auditeurs ont terminé leur matinée avec une admiration non contenue pour tous ces marins qui opèrent en mer avec passion dans des conditions difficiles, que ce soit pour y extraire des granulats, pêcher, en préserver la diversité ou y maintenir la sécurité.

Enfin, les auditeurs ont profité de l’après-midi pour poursuivre leurs travaux de comité dans les superbes locaux mis à leur disposition par la Communauté d’agglomération du Boulonnais qui, une fois de plus, les aura superbement reçus.

[1] Police de l’air et des frontières.

Stéphane Raison, président du directoire du GPMD, débattant avec les auditeurs.

L’administrateur général Thierry Dusart répondant aux questions des auditeurs

A la sous-préfecture de Calais avec Monsieur le Sous-préfet Michel Tournaire

Les auditeurs dans l’un des hangars de contrôle des camions à destination du Royaume-Uni

Sur le port de Boulogne dès potron minet autour de son directeur Alain Caillet

Les auditeurs appréciant la qualité des encornets fraîchement pêchés

Sous le vent et les embruns au pied des éoliennes de la jetée du port de Boulogne-sur-Mer

Table ronde avec Jean-Philippe Vennin, sous-préfet de Boulogne, dans les superbes locaux de la Communauté d’agglomération du Boulonnais.

Escales en région Sud pour les auditeurs de la 4e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” de l’IHEDN

 

 

Autour de Julien Talagrand sur le nouveau site de Monaco Marine à la Seyne-sur-Mer

Transports et routes maritimes, marine marchande, technologies et industries navales, câbles sous-marins, grande plaisance, tels sont les grands thèmes de l’économie bleue qui ont conduit les auditeurs de la 4e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” (ESM) de l’IHEDN à se rendre à Marseille et à Toulon pour un séminaire de deux jours.

Accueillis, dès potron minet, le vendredi 1er février matin chez Naval Group à Ollioules par Didier Gilavert, directeur du site, accompagné de Pierrick Etiemble, directeur “Systèmes” du groupe, les auditeurs furent immédiatement plongés dans la haute technologie et les enjeux stratégiques auxquels fait face ce leader mondial du naval de défense dans un contexte international de plus en plus concurrentiel.

Au cours d’une passionnante table ronde sur l’innovation dans l’industrie navale, Jean Gauthier, directeur de la R&D[1] Innovation de Naval Group et Jean-Charles Nahon, président du comité technique du GICAN[2], ont présenté les grandes ruptures technologiques du secteur : navires propres et intelligents, cybersécurité, drones… Les démonstrations et visites d’ateliers qui suivirent en furent une parfaite illustration.

Un court transit vers la prestigieuse tour CMA-CGM, qui surplombe Marseille, puis ce fut une après-midi en immersion dans le monde du transport maritime. Damien Denizot, responsable des grands projets de Marseille, Guillaume Lathelize, vice-président des lignes est-ouest et intra-européennes du groupe, puis Simon Delfau, responsable de la sûreté, ont présenté aux auditeurs les clés de l’extraordinaire épopée du groupe familial fondé par Jacques Saadé, ainsi que les grands enjeux stratégiques de ce secteur essentiel de l’économie bleue. Philippe Garo, directeur de McLeans les a ensuite initiés aux spécificités et aux complexités de l’assurance maritime, qui trouvent leurs origines dans les tavernes londoniennes du XVIIe siècle. Enfin, la visite du Fleet Center et sa capacité de contrôle en temps réel de centaines de navires ont été l’illustration de l’expertise et de la capacité d’innovation de notre fleuron français, qui lui permettent de figurer dans le peloton de tête des armateurs mondiaux.

À l’invitation de Renaud Muselier, président de la région Sud, Provence Alpes Côte-d’Azur, cette première journée particulièrement dense s’est conclue par une soirée conviviale d’échanges à l’Hôtel de Région de Marseille, où Philippe Vitel, vice-président, accompagné de Jean-Claude Richard, directeur de l’institut FMES, centre de ressources de la région et partenaire de l’IHEDN, a présenté les atouts majeurs qui feront que le “XXIe siècle sera maritime dans le Sud”.

 

Pour commencer la seconde journée, les auditeurs ont d’abord été accueillis à la mairie de Toulon par Yannick Chenevard, maire adjoint et vice-président de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée. Ils y ont découvert les potentialités offertes par l’une des plus belles rades d’Europe en matière de développement économique dans des domaines parfois insoupçonnés, la croisière et la grande plaisance, pourtant sources importantes d’emplois pour le territoire.

 

La théorie s’est rapidement concrétisée par une navigation sur la rade – sous un soleil voilé mais par mer calme – marquée d’une escale chez Monaco Marine. Julien Talagrand, directeur du tout nouveau site de l’entreprise à la Seyne-sur-Mer, a ainsi pu exposer les importants investissements qui y ont été portés en partenariat avec la Métropole, ainsi que les premiers yachts accueillis en carénage. Cette traversée de la rade a également permis aux auditeurs   d’admirer la flotte française, notamment le porte-avions Charles de Gaulle, paré à appareiller avec, fait rare au port, de nombreux Rafale en pontée.

 

La dernière escale de cette navigation les a finalement conduits chez Orange Marine à la Seyne. Ils y furent accueillis par Jean-Luc Vuillemin, vice-président sénior d’Orange International networks, infrastructures et services, et auditeur de la 2e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes”, accompagné de Fréderic Exertier, VP exécutif d’Orange Marine et d’Emmanuel Decugis, directeur du site. Grâce à la visite du navire-câblier Raymond Croze et à l’exposé de Jean-Luc Vuillemin, les auditeurs n’ignorent plus rien des enjeux stratégiques, ni du haut niveau d’expertise et de technicité de l’industrie des câbles sous-marins, autoroutes méconnues mais essentielles concentrant plus de 99 % des communications Internet mondiales. Le samedi après-midi a été consacré aux travaux en comités des auditeurs, dans les salles de travail mises à disposition par Orange Marine.

[1] Recherche & Développement

[2] Groupement des Industries de Constructions et Activités Navales

Intervention de Didier Gilavert chez Naval Group à Ollioules  

Découverte du Fleet Center à la tour CMA-CGM

A l’hôtel de Région Sud Provence Alpes Côte-d’Azur avec le vice-président Philippe Vitel

Avec Yannick Chenevard, adjoint au maire et vice-président de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée


A la coupée du Raymond Croze, navire-câblier d’Orange Marine

En présence d’Emmanuel Decugis, retrouvailles avec Jean-Luc Vuillemin, sénior vice-président d’Orange  et auditeur de la deuxième session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Escale parisienne pour la 4e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes”

La 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN rassemblée autour de son directeur, le général de corps d’armée Patrick Destremau.

Après un premier semestre riche en déplacements, les ayant conduits en Bretagne, en Provence et dans les Pays-de-Loire, les 36 auditeurs de la 4e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” se sont retrouvés à Paris les 18 et 19 janvier derniers pour réfléchir avec les grands acteurs de la gouvernance de la politique et des stratégies maritimes françaises.

 

Le contre-amiral Patrick Augier, secrétaire général de la Mer (SGMer) adjoint et acteur majeur de la gouvernance maritime de la France, a exposé aux auditeurs sa vision des enjeux de l’Action de l’État en mer (AEM). Il a rappelé les principes de l’action interministérielle du SGMer, directement subordonné au Premier ministre et a expliqué comment il parvenait à apporter des réponses aux grands défis maritimes que doivent relever la France et ses acteurs économiques.

 

Les enjeux de l’apport des énergies offshores à la grande équation du mix énergétique ont été également largement débattus lors d’une table ronde animée et réunissant Olivier Appert, ancien président de l’IFPEN, Jérôme Ferrier, ancien directeur de la sureté chez Total et président d’honneur des associations française et internationale du gaz, Jean-Georges Malcor, ancien président de CGG et Jean-Luc Longeroche, PDG de Geps Techno.

 

Ensuite, les auditeurs ont été amenés à réfléchir aux grands enjeux des territoires ultramarins de la France, qui lui apportent la majeure partie de sa dimension maritime et constituent un apport considérable à son influence dans le monde, en la positionnant comme nation riveraine de tous les océans.  Grâce à Ericka Bareigts, députée de la Réunion et ancienne ministre des outre-mer, du vice-amiral d’escadre Hervé de Bonnaventure, directeur adjoint de la DGRIS (Direction générale des relations internationales et de la stratégie du ministère des Armées), et d’Alexis Bévillard, directeur de cabinet du directeur des Outre-mer, la table ronde qu’ils ont animée fut particulièrement riche d’enseignements sur “l’Archipel France”.

 

Après la traditionnelle photo de session autour de la direction de l’IHEDN, la première journée de ce séminaire s’est terminée par une intervention du général d’armée François Lecointre, chef d’état-major des Armées. Il s’est adressé à l’ensemble des auditeurs des sessions nationales de l’IHEDN avec une hauteur de vue, une profondeur d’analyse de l’action militaire et surtout avec une liberté de ton qui les a enchantés.

La seconde journée du séminaire a permis d’aborder deux défis majeurs que doivent relever notre pays, l’Europe et l’ensemble des pays du monde de façon plus générale : l’immigration et le développement durable au cœur desquels, une fois de plus, les enjeux maritimes sont premiers.

 

Une table ronde sur l’immigration illégale par voie de mer a réuni le préfet Hugues Besancenot, directeur de l’immigration, le contrôleur général Bernard Siffert, sous-directeur de la Direction centrale de la police aux frontières, Christophe Goussot, du Service européen d’action extérieure et Francis Vallat, président de SOS Méditerranée. Loin du prisme déformant des médias, la richesse et la sérénité des débats a permis aux auditeurs d’appréhender dans leur dimension stratégique tous les aspects de cette problématique majeure où, bien au-delà des seuls aspects sécuritaires, les enjeux de développement et de solidarité entre les peuples sont au cœur de la solution.

 

Enfin, le cycle de conférences du séminaire s’est conclu par une dernière table ronde sur les enjeux de développement durable en mer. Serge Ségura, ambassadeur de France chargé des océans et Patricia Ricard, présidente de l’Institut océanographique Paul Ricard, ont apporté aux auditeurs leur vision sur la façon de conduire différemment le développement des populations de la terre et la nécessité de faire évoluer le corpus juridique pour protéger la biodiversité des mers et des océans qui la recouvrent à 70%.  En effet, ces espaces maritimes, qui constituent à la fois le poumon et le premier réservoir de richesse et de nourriture de l’humanité, doivent absolument être protégés et s’inscrire dans une approche de développement durable.

Le samedi après-midi, traditionnellement consacré aux travaux en comités, a permis aux auditeurs de présenter l’état de leurs réflexions à l’encadrement pédagogique de l’IHEDN sous la direction de son doyen, le professeur des universités Jean-Jacques Roche.

Intervention du secrétaire général de la Mer adjoint, le contre-amiral Patrick Augier.

Serge Ségura et Patrica Ricard évoquent les enjeux de développement durable en mer.

Table ronde sur les grands enjeux de l’outre-mer.

Escale à Toulon de la 4ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs de la 4ème session “Enjeux et stratégies maritimes” après la visite du sous-marin nucléaire d’attaque Perle

Pour leur première escale dans un port, les auditeurs de la 4ème Session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” se sont rendus à Toulon les 12 et 13 octobre, en pleine opération de sauvetage et d’antipollution à la suite d’une collision en mer entre deux navires. Ils ont ainsi pu suivre en temps réel ce que représente la mise en œuvre en mer des moyens des différentes administrations de l’État coordonnées par le préfet maritime, le vice-amiral d’escadre Charles-Henri du CHE. Les auditeurs ont particulièrement apprécié avoir pu partager leurs réflexions avec des interlocuteurs au temps très compté par les circonstances.

La première matinée a été consacrée aux grands enjeux stratégiques de la France en Méditerranée, présentés par le contre-amiral Laurent HEMMER, adjoint territorial au préfet maritime. Après quoi les auditeurs se sont entretenus dans le cadre d’une table ronde avec les grands acteurs des opérations aéronavales en Méditerranée et de la mise en condition opérationnelle des forces aéromaritimes : les contre-amiraux Jean-Frédéric PLOEBNER, adjoint “opérations” du commandant en chef et Olivier LEBAS, commandant la force aéromaritime française de réaction rapide, le vice-amiral d’escadre Jean-Philippe Rolland, commandant la force d’action navale et le capitaine de vaisseau Laurent Machard de Gramont, adjoint “entraînement-opérations” de l’amiral commandant la force maritime de l’aéronautique navale. Pour la plus grande satisfaction des auditeurs, les débats sur les nouveaux équipements français et de la gestion des équipages ont été d’une grande franchise.

Pendant la table ronde « Action de l’État en mer : risques, menaces et enjeux »

L’après-midi, dédiée à l’action de l’État en mer, débuta par une visite du Cross MED. Les auditeurs y furent accueillis par son commandant, l’administrateur en chef des affaires maritimes Philippe Michaud, et l’administrateur général des affaires maritimes Éric Levert, directeur interrégional de la mer. Les grands acteurs méditerranéens de l’action de l’État en mer, le commissaire général de la Marine Thierry Duchesne, adjoint du préfet maritime, Éric Levert, administrateur supérieur des Douanes, Max Ballarin, directeur régional des garde-côtes de Méditerranée et le colonel Jean-Guillaume Remy, commandant du groupement de Gendarmerie maritime de la Méditerranée se sont ensuite réunis autour d’une nouvelle table ronde. Les auditeurs ont ainsi découvert la complicité et la coopération qui lient ces acteurs, très satisfaits de la coordination exercée par le préfet maritime, notamment à l’occasion des opérations en cours.

Cette journée s’acheva par une plongée dans les abysses à travers une conférence de Frédéric Leroy, directeur adjoint du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drasm), consacrée à l’archéologie sous-marine. Les auditeurs mesurent mieux désormais, à quel point le « plus grand musée du monde » recèle des richesses à préserver, qui constituent parfois de véritables enjeux stratégiques et géopolitiques.

Sur la plate-forme hélicoptère de la frégate anti-aérienne Cassard

Le lendemain, les visites de la frégate antiaérienne Cassard et du sous-marin nucléaire d’attaque Perle ont permis d’aborder plus concrètement les concepts et théories abordés la veille. Les auditeurs ont été saisis à cette occasion, par l’enthousiasme, le professionnalisme et le niveau de responsabilité confiés à des marins dont la jeunesse les a surpris. Pour conclure ces journées, ils se sont finalement livrés aux études concoctées par la direction de l’IHEDN avant de rejoindre plein d’émotions fortes en tête leurs pénates.