Energie

Conférence : « Les enjeux énergétiques dans l’émergence des conflits » par Jacques PERCEBOIS

Jacques PERCEBOIS  – Directeur du CREDEN

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Les enjeux énergétiques sont au cœur de frictions autour de la Méditerranée. L’accès au pétrole et au gaz demeure un facteur de tension au Proche-Orient même si le pétrole saoudien n’a plus la même importance pour les Etats-Unis. Les infrastructures gazières destinées à l’Europe sont un facteur de dissentiment entre les Etats-Unis et la Russie. Le nucléaire est source de discorde entre Européens et de tension avec l’Iran. Les investissements chinois dans les infrastructures énergétiques autour de la Méditerranée et en Afrique sont un risque à ne pas sous-estimer.

 

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N.B. : La conférence est gratuite pour les adhérents à jour de leur cotisation et pour les étudiants (sur présentation d’une carte d’étudiant en cours de validité)

Pour les non-adhérents : 10 € pour une personne – 15 € pour un couple

 

Bulletin d’adhésion 2019

Querelle russo-américaine sur fond de concurrence énergétique

Le Vladimir Rusanov, et l’Atlantic Max Pskov lors des opérations de transbordement.
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Dans le cadre des livraisons de Gaz Naturel Liquéfié (GNL)[1] provenant de Sibérie vers les terminaux européens, un premier transfert de GNL ship to ship a été réalisé hors terminal portuaire le 24 novembre à 500 m du rivage au large du port norvégien Honningsvag situé au Cap Nord, entre le méthanier brise-glace Arc 7[2] Vladimir Rusanov et le méthanier de classe inférieure Arc 4 Atlantic Max Pskov.

Un transbordement ship to ship en eaux intérieures norvégiennes

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Ce transbordement, réalisé par la société norvégienne Tschudi[3], s’est déroulé dans les eaux intérieures norvégiennes, à 500m de la côte. Quatre zones de transfert[4] ont été déterminées par l’administration norvégienne en prévision de 140 opérations entre novembre 2018 et juin 2019 soit en moyenne une toutes les 36 heures. Ces transferts ship to ship étant des opérations délicates utilisant des tuyaux cryogéniques, des consignes de sécurité avaient été établies[5] par la direction norvégienne de la protection civile (DSB)[6].

Un transbordement qui accroît la compétitivité de GNL russe

Affrétés par Yamal LNG[7] qui exploite depuis décembre 2017 d’immenses ressources gazières en Sibérie, ces navires ARC7 de nouvelle génération[8] acheminent dans des conditions extrêmes le GNL depuis le terminal de liquéfaction vers le Nord de l’Europe et/ou vers l’Asie. La route maritime du Nord, navigable en été, permet d’atteindre l’Asie via le détroit de Béring. En revanche, hors saison estivale, les méthaniers brise glaces doivent accoster dans des ports du Nord de l’Europe pour effectuer des transbordements[9].

Transfert du GNL du port russe de Sabetta vers l’Europe. Tous droits réservés.

Ces opérations ship to ship, surtout celle réalisée au large du Cap nord[11], montre la volonté de la Russie de développer plus que jamais ses exportations de gaz en améliorant son transport qui constituait jusqu’à présent un goulet d’étranglement coûteux limitant le flux de  production de Yamal. En effet, cette zone de transbordement en Norvège permet aux méthaniers brise-glace de revenir au plus vite vers le site de production en Sibérie et diminue notablement les frais et délais de transports[12].Ce fut le cas début janvier 2018, au terminal méthanier de Montoir de Bretagne, au cours d’une escale simultanée de deux navires, où, pour la première fois, le transfert de navire à navire de la cargaison GNL a été opéré du méthanier brise-glace russe vers un méthanier classique. Quelques jours plus tard, Dunkerque LNG a réalisé la même opération. Le Terminal GNL de Zeebrugge[10] a lui aussi effectué en mai 2018, son premier transbordement direct ship to ship.

Un transbordement qui inquiète les Américains

Le GNL représentant une excellente alternative au fuel lourd pour relever les défis environnementaux, les besoins ne cessent d’augmenter, rendant ainsi encore plus âpre la concurrence entre les exportateurs. Si le premier exportateur est le Qatar avec 77Mt, suivi par l’Australie (55mt), les États Unis et la Russie se positionnent respectivement aux 7ème  (12 Mt) et 8ème (11 Mt) places. Mais la Russie possède la plus grande réserve gazière mondiale[13].

Le marché européen constitue un enjeu majeur pour lequel la Russie et les États Unis sont en concurrence directe.  Actuellement, 35% de la consommation de GNL de l’Union européenne (UE) est assurée par la Russie tandis que les approvisionnements en provenance des Etats-Unis restent très modestes. La raison réside essentiellement dans des tarifs américains plus élevés à cause des coûts de production de leur méthane issu du gaz de schiste. Le transbordement ship to ship augmente donc encore la compétitivité du gaz russe.

Face à cette situation et compte tenu de leur volonté d’augmenter leur part de marché en Europe, l’administration américaine n’hésite donc pas à recourir à tous les arguments diplomatiques possibles. Ils dénoncent ainsi la trop grande dépendance énergétique des européens vis-à-vis de la Russie et torpillent le projet de doublement du gazoduc Nord Stream qui approvisionne l’Europe. En réponse, la Russie condamne « l’utilisation par les États-Unis d’instruments politiques au service d’une concurrence injuste » et la « violation directe des principes de liberté commerciale ».

Un transbordement révélateur des liens étroits entre énergie et diplomatie

Enfin, le rétablissement des sanctions américaines vis-à-vis de l’Iran touche comme par hasard le pays qui possède la deuxième réserve gazière au monde après la Russie. Et ces sanctions ont contraint les grandes entreprises européennes comme Total à se désengager des projets iraniens d’exploitation de gisement gazier.

Une fois de plus, force est de constater que les enjeux énergétiques et la politique internationale – voire des conflits interétatiques – sont intimement liés. Un simple transbordement ship to ship dans les eaux intérieures d’un Etat souverain peut donc revêtir une dimension diplomatique et entraîner une crispation entre deux tierces puissances majeures.

Mais la proximité de la côte de ce transbordement pose également une autre question : celle de la responsabilité d’un Etat côtier en matière de protection de l’environnement et d’acceptabilité par son opinion publique vis-à-vis d’une opération délicate comportant des risques non négligeables.

 

***

[1] Le GNL est un gaz naturel transformé sous forme liquide après plusieurs traitements successifs. Au final, il est refroidi à 160° est essentiellement constitué de méthane (95%). Ces traitements permettent de réduire le volume du gaz. En effet, 600 m3 de gaz naturel occupent seulement 1 m3 à l’état liquide, ce qui facilite son transport par voie maritime.

[2] Ces navires, relevant de la qualification ARC 7, possèdent une coque renforcée pour permettre de naviguer dans une épaisseur de glace allant jusqu’à 2.5 mètres (la certification précise 2,1 m) et des équipements de pont résistant à des températures jusqu’à -52°C. De 299 mètres de long pour 50 mètres de large, le Vladimir Rusanov peut embarquer 172 000 m3 de GNL. Un navire de type ARC 4 peut naviguer dans une épaisseur de glace allant jusqu’à 0,6m en hiver/printemps et 0,8 mètres en été/hiver.

[3] Tschudi avait déjà des autorisations pour transborder du condensat de gaz, le permis a été renouvelé en 2013 puis, très récemment, a été ajouté le chargement de GNL.

[4] L’opérateur est autorisé à utiliser simultanément trois des quatre zones STS (ship to ship).

[5] Un des deux navires doit être à l’ancre. Le transfert est assisté par deux navires (secours et sécurité).

[6] Direktoratet for Samfunnssikkerhet og Beredskap (DSB) est un organisme gouvernemental norvégien placé sous l’autorité du ministre de la justice et de la police .

[7] Les partenaires de ce projet sont les sociétés russe Novatek (50,1 %) et française Total (20 %), la compagnie pétrolière chinoise CNPC (20%) et le fonds souverain chinois Silk Road Fund (9,9%).

[8]  Une flotte de 15 navires méthaniers brise-glace ARC 7 sera mise en service d’ici 2019.

[9] Le service de transbordement utilise des canalisations reliant directement les deux navires sans passer par un réservoir.

[10] Le Terminal GNL de Zeebrugge et Yamal Trade ont signé un contrat de 20 ans qui prévoit jusqu’à 107 transbordements par an.

[11] 150 à 160 transferts seraient envisagés pour l’année 2019.

[12] En réduisant de 12 jours les trajets effectués par les brise-glaces Arc7 dont les coûts d’exploitation sont plus élevés. Cette zone tampon de transfert GNL serait temporaire. La Russie envisage l’installation de terminaux sur la côte de la mer de Barents, dans la péninsule de Kola, à moins de 100 km de la Norvège et dans une zone libre de glace.

[13] Réserves de gaz naturel mondiales : Russie 23%, Iran (17%) et Qatar (13%). Ces trois pays possèdent la moitié des réserves estimées.

Lancement de la 29ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques

Les auditrices et auditeurs en visite à Istres, au sein du site de Dassault Aviation Essais en vol.

 

Les auditrices et auditeurs de la 29ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques se sont retrouvés au château de Cadarache le 17 octobre 2018 pour le séminaire inaugural consacré aux grands enjeux de la géopolitique de l’énergie.

Monsieur Patrice GOURDIN, docteur en histoire, professeur d’histoire contemporaine à l’Ecole de l’Air et chercheur associé de l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence, a prononcé la première conférence du séminaire, baptisée « introduction à la géopolitique ». Le thème d’étude de la session portant sur les conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale, le professeur a choisi d’illustrer son propos par une étude de l’île de Chypre, après avoir rappelé la définition de la géopolitique, l’étude des rivalités de pouvoir (ou d’influence) pour un territoire donné.

La matinée du 18 octobre a permis la découverte des installations du centre de Cadarache, un des 9 centres de recherche du Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA). Les auditrices et auditeurs ont été tout d’abord reçus dans l’enceinte sécurisée de l’Unité de Propulsion Nucléaire, rattachée au centre DAM/Ile-de-France. Ils y ont reçu une information sur la conception et la réalisation des chaufferies nucléaires et des cœurs associés, avant de visiter le réacteur d’essais RES, un réacteur compact à eau pressurisée semblable aux chaufferies nucléaires assurant la propulsion des sous-marins français et du porte-avions Charles de Gaulle.

La visite s’est prolongée par une présentation des vingt installations nucléaires de base, disséminées sur les 900 hectares clôturés du site de Cadarache. Parmi celles-ci, de nombreux réacteurs de recherche, dont le réacteur Jules Horowitz qui, outre sa capacité expérimentale pour étudier le comportement des matériaux et des combustibles sous irradiation, contribuera également à assurer une part importante de la production européenne de radioéléments nécessaires pour l’imagerie médicale.

A l’issue du déjeuner offert par la direction du CEA Cadarache, les auditrices et auditeurs ont bénéficié d’une visite du chantier ITER, « un des plus grands défis de notre civilisation ». Situé à Cadarache à proximité immédiate du CEA Cadarache, le chantier concrétise le développement d’une recherche pacifique sur l’énergie de fusion, proposée en novembre 1985 par Mikhaïl GORBATCHEV au président américain Ronald REAGAN. Le tokamak (acronyme russe pour « chambre toroïdale, bobines magnétiques »), qui pèsera 23 000 tonnes, doit démontrer la maîtrise des technologies requises par un réacteur de fusion. ITER est une étape indispensable pour préparer les réacteurs commerciaux. Le calendrier, validé par les conseils ITER réunissant l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Inde, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et la Russie, prévoit la génération du premier plasma en 2025 et les premières fusions de deutérium et de tritium en 2035.

De retour au château de Cadarache, les auditrices et auditeurs ont été initiés aux secrets de l’énergie hydroélectrique et des responsabilités d’EDF dans la gestion de l’eau, « une richesse convoitée et contrainte ». S’appuyant sur l’expérience de l’unité de production Durance Méditerranée, le conférencier (et ancien auditeur) Vincent RIVIERE, a présenté la complexité du partage de la ressource, lorsqu’il faut aux ingénieurs d’EDF maintenir une cote des retenues d’eau compatible avec les activités touristiques tout en soutenant les débits à l’aval pour l’irrigation, favoriser les sports en eau vive sans mécontenter les pêcheurs, et bien sûr savoir « turbiner » en réponse à une pointe de consommation électrique. L’hydroélectricité, première des énergies renouvelables, représente environ 10% de la production d’EDF et une économie de 13 millions de tonnes équivalent au pétrole. La conférence s’est achevée par un survol des principaux conflits potentiels autour de l’eau et des bassins du Mékong, du Nil ou du Tigre et de l’Euphrate, une occasion de découvrir la convention de 1977 sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation.

Profitant de la proximité des bases aériennes de Salon de Provence et d’Istres, la matinée du 19 octobre a été consacrée à l’Armée de l’air et aux forces aériennes. Après une présentation générale des missions de l’Armée de l’air et de la vision du chef d’état-major par le commandant en second de l’Ecole de l’air, les auditrices et auditeurs ont été reçus par le commandant du centre de formation aéronautique militaire initiale. Ce centre assure l’initiation au vol ainsi que la formation théorique et pratique des futurs pilotes et navigateurs de chasse, de transport et d’hélicoptère au sein de l’Armée de l’air, de la Marine nationale ainsi que de la Direction générale de l’armement. Pour mener à bien sa mission, il dispose d’un escadron d’initiation au vol à voile, de deux escadrons d’instruction en vol pour les pilotes ainsi que de l’escadron de formation des navigateurs de combat.

Quelques dizaines de kilomètres et de minutes plus tard, les auditrices et auditeurs ont été accueillis par deux anciens auditeurs de Dassault Aviation pour une après-midi consacrée aux essais en vol. Les Essais en Vol (Direction des Essais en Vol et Direction des Bases d’Essais) sont en charge des essais globaux, au sol et en vol, de développement et de qualification/certification des avions civils et militaires, de leurs systèmes embarqués et de leurs systèmes de soutien. L’historique des essais en vol au sein de la société Dassault Aviation a permis de comprendre comment, depuis les temps héroïques où le pilote d’essais « allait voir », l’ingénierie et l’électronique ont permis de préserver la vie des pilotes, tout comme le rôle déterminant de Serge DASSAULT, qui fut directeur des essais en vol de 1955 à 1961, ou le traumatisme causé par la mort en 1967 aux commandes d’un Mirage F1 de René BIGAND, ancien officier de l’Armée de l’air et chef pilote d’essais depuis 1959.

Ce premier séminaire a été conclu le 20 octobre par une conférence prononcée à la Maison du Numérique et de l’Innovation par le vice-amiral d’escadre Charles-Henri LEULIER de la FAVERIE du CHE. Préfet maritime de la Méditerranée, commandant l’arrondissement et la zone maritime Méditerranée, CECMED a présenté les enjeux géopolitiques de sa zone de responsabilité, un espace stratégique restreint qu’un bâtiment peut parcourir en une journée de nord en sud et en quatre jours d’est en ouest. Marquée par les zones d’instabilité de Libye, de Syrie mais également d’Ukraine, la Méditerranée héberge 25 % du trafic maritime mondial, 30 % du trafic d’hydrocarbures et les deux tiers des approvisionnements de la France. Rappelant que la Méditerranée était également un espace convoité pour ses ressources, le vice-amiral d’escadre du CHE a terminé sa conférence par quelques conseils au profit des auditrices et des auditeurs, orientant ainsi les travaux qu’ils seront menés à conduire au fil des huit prochains séminaires.

 

Après la visite du chantier ITER

L’indépendance énergétique de l’Europe au filtre du conflit entre Gazprom et Naftogaz

L’Institut d’arbitrage de la chambre de commerce de Stockholm a rendu le 28 février 2018 ses conclusions sur le conflit opposant les compagnies ukrainienne Naftogaz et russe Gazprom. Jugeant que Gazprom avait failli à ses obligations, l’Institut a condamné la compagnie russe à rembourser 2,56 Mds de dollars et revu les conditions d’exécution du contrat qui lie les deux entreprises jusqu’en 2019. En réaction, Gazprom a coupé dès le 1er mars l’approvisionnement en gaz de l’Ukraine. Le vice-président de la Commission européenne Maroš Šefčovič s’est inquiété dès le 2 mars de cette situation et a enjoint « la Russie et l’Ukraine de retrouver toutes deux leur place respective de fournisseur fiable et de pays de transit du gaz ».

Sans surprise, la Pologne a immédiatement apporté un soutien à l’Ukraine. Le président de la compagnie polonaise PGNiG a mis en avant à cette occasion la diversification de son approvisionnement en gaz, en particulier grâce au gaz liquéfié en provenance du Qatar et des Etats-Unis. Cette sécurité de l’approvisionnement en gaz naturel de l’Union européenne est une des préoccupations de la Commission européenne, qui fait l’objet d’un règlement[1] applicable depuis le 1er novembre 2017. S’appuyant sur une analyse d’octobre 2014 sur « les effets d’une rupture partielle ou totale des approvisionnements en gaz en provenance de la Russie », la Commission recommande ainsi l’interconnexion des réseaux gaziers et la diversification des sources d’approvisionnement.

Selon les chiffres de l’office statistique de l’Union européenne, la part de la Russie dans les importations de gaz naturel de l’Union européenne se situe juste en-deçà de 30 % après un pic relatif de 32,4 % enregistré en 2013. La Norvège demeure le deuxième plus grand fournisseur de gaz naturel importé par l’Union européenne, sa part s’élevant à 25,9 % en 2015. Alors que l’approvisionnement en gaz naturel originaire d’Algérie a été réduite de près de la moitié entre 2005 et 2015, celle du Qatar a été elle presque multipliée par cinq[2].

Si 80% du gaz russe transitait par l’Ukraine avant 1989, les tensions entre Moscou et Kiev, exacerbées depuis 2014, ont conduit la Russie, avec l’appui intéressé de l’Allemagne et de la Turquie, à contourner l’Ukraine en développant des réseaux alternatifs par la mer Baltique ou la mer Noire. En 2009, une première interruption des livraisons gazières de l’entreprise russe Gazprom à Naftogaz avait privé l’Union européenne de près de 20% de ses approvisionnements pendant quatorze jours avec douze pays touchés. La dernière crise n’a pas eu d’impacts sur les pays de l’Union européenne, ce qui a permis au président ukrainien Petro Poroshenko de se féliciter de l’attitude de son pays, un « partenaire fiable ».

Ce nouvel épisode a également donné l’occasion à Petro Porochenko de critiquer ouvertement la construction du gazoduc Nord Stream 2[3] alors que « la Russie peut couper l’approvisionnement en gaz de l’Union européenne à n’importe quel moment et sans aucun préavis ? ». En septembre 2015, cinq entreprises européennes de poids, dont Engie, ont en effet signé un accord avec Gazprom en vue de doubler le Nord Stream, qui achemine depuis l’automne 2011 jusqu’à 55 milliards de m3 de gaz russe jusqu’en Allemagne par voie maritime. A terme, ce projet permettra à l’Allemagne de faire transiter par son territoire la quasi-totalité du gaz russe destiné à l’Europe, au détriment de l’Ukraine qui perdra jusqu’à deux milliards de dollars de rentes financières[4].

VA(2S) Alain Christienne, directeur du Centre méditerranéen des études stratégiques

[1] Règlement 2017/1938 du 25 octobre 2017

[2] Les importations française de gaz naturel proviennent principalement de quatre fournisseurs : la Norvège (42% des importations en 2015), la Russie (11%), les Pays-Bas (11%) et l’Algérie (9%)

[3] Et également le gazoducs Turkish Stream qui traverse la mer Noire

[4] Céline Bayou, « Nord Stream 2. Un gazoduc à contre-courant de la politique énergétique européenne ? », P@ges Europe, 9 mars 2016 – La Documentation française © DILA

The Least Developed Countries Report 2017

« Unlike the Millennium Development Goals, the 2030 Agenda for Sustainable Development includes an explicit goal for energy — Sustainable Development Goal (SDG) 7, to “ensure access to affordable, reliable, sustainable and modern energy for all”. Access to modern energy plays a major role in economic structural transformation — a critical issue both for the least developed countries (LDCs) and for the 2030 Agenda more generally.

This year’s edition of UNCTAD’s Least Developed Countries Report focuses on transformational energy access for the LDCs, where 62 per cent of people have no access to electricity, compared with 10 per cent across other developing countries. Today, the majority of people worldwide who lack access to electricity live in LDCs — a proportion that has grown steadily from less than one third in 1990.

Importantly, this year’s Report finds that “energy for all” in LDCs requires more than access to energy for basic household needs. It requires that access to energy in LDCs also serves productive capacities directly, by powering the structural transformation of LDC economies and the development of more productive, modern activities and sectors with adequate and reliable energy supplies.

Structural transformation, in turn, has a role in increasing energy access, by generating sufficient additional demand for electricity for productive uses to make viable the infrastructure investments required for universal access more broadly. Yet strengthening this energy-transformation nexus remains a massive challenge, given that installed generating capacity per person in LDCs is barely one twelfth of that even in other developing countries, and one fiftieth of that in developed countries.

The LDCs are the battleground on which the 2030 Agenda will be won or lost. The central role of access to modern energy in achieving the other SDGs means that meeting SDG 7 will be central to the success or failure of the 2030 Agenda as a whole.

It is our intention that this Report will serve as a valuable input to the deliberations of the 2018 High-level Political Forum, which will review progress on Goal 7. Greater international support and more concerted collective action towards realizing transformational energy access in the least developed countries could be key catalysts for implementing the entire 2030 Agenda. »

Vers le site de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement ⇒