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Algérie : Vers un cinquième mandat de BOUTEFLIKA ?

Abdelaziz BOUTEFLIKA lors du vote à l’élection présidentielle de 2014.
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Dimanche 28 octobre au soir, lors d’une cérémonie en l’honneur de Mohamed BOUABDALLAH, nouveau chef du groupe parlementaire du Front de libération nationale, Djamel OULD ABBES, secrétaire général du parti a déclaré : « Je le dis en tant que secrétaire général du parti, le candidat du FLN pour l’élection présidentielle de 2019 sera Abdelaziz BOUTEFLIKA ».

Abdelaziz BOUTEFLIKA, président de la République algérienne depuis 1999 et président du FLN, détient le record de longévité à la tête de l’Etat algérien. L’information selon laquelle le président serait candidat à sa propre succession en avril prochain a été très vite reprise dans les médias, notamment en France. En effet, la question de ce cinquième mandat attise les inquiétudes, l’état de santé du président étant fragilisé par un accident vasculaire cérébral survenu en avril 2013. Depuis cet AVC ayant affecté son élocution et sa motricité, le président ne fait que de rares apparitions, son dernier véritable discours aux Algériens remontant à 2012 à Sétif. Déjà, en 2014, sa quatrième candidature faisait débat. Pourtant, son camp l’exhorte depuis des mois à briguer un cinquième mandat, la question de la succession étant « un terrain réservé à un cercle restreint, constitué de la haute hiérarchie militaire et sécuritaire » selon le journaliste et écrivain algérien Abed CHAREF.

Toutefois, si cette nouvelle a été relayée massivement dans la presse française, les médias grand public algériens semblent bouder cet événement. Même le journal télévision de la chaîne officielle ENTV n’a pas commenté l’annonce de Djamel OULD ABBES. Cette annonce est à décrypter avec précaution dans une Algérie en proie aux bouleversements sociétaux ces derniers mois. D’ailleurs, le secrétaire général du FLN a le jour même précisé ses propos à des journalistes : « Nous n’avons pas encore reçu de réponse mais nous avons sollicité le Président » s’agissant plutôt du souhait du FLN et de centaines de milliers de militants interrogés. Pour le site d’informations algérien, Tout sur l’Algérie (TSA), les déclarations du secrétaire général peuvent prêter à confusion et semer le doute.

Cette prise de position prépare l’opinion publique à l’idée d’un cinquième mandat. Du même fait, elle anticipe et paralyse toute tentative de contestation, dans une Algérie où l’opposition est déjà très affaiblie. En effet, depuis le début des discussions concernant cette réélection, seul le collectif Mouwatana (Citoyenneté) composé d’intellectuels, de militants politiques et de membres de la société civile, s’est ouvertement exprimé, demandant au président de renoncer au pouvoir dans le dessein de « préparer les conditions d’une transition pacifique ».

Face à cette très probable réélection du chef d’Etat, l’évolution de son état de santé demeure la grande inconnue que personne ne semble maîtriser.

Cameroun anglophone : le conflit qui empoisonne le Cameroun

Patrouille des forces de l’ordre à Buéa, dans le Sud-ouest du pays.
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L’élection présidentielle se tiendra dimanche au Cameroun où le Président Paul BIYA, au pouvoir depuis 1982, brigue un 7ème mandat consécutif. L’élection se déroule sur fond de tensions et de guerre civile avec le Cameroun dit anglophone.

Dans ce pays aux 24 millions d’habitants, 20% de la population seulement est anglophone, vivant principalement dans deux régions à l’Ouest près de la frontière avec le Nigéria. Depuis deux ans, ces régions sont en proie à des affrontements violents entre le mouvement séparatiste anglophone de l’Ambazonie et l’armée régulière du pouvoir.  Les exactions sont légion : exécutions de femmes et d’enfants, décapitations, routes coupées ou encore villages brûlés. Les séparatistes s’attaquent à Yaoundé et ciblent les symboles de l’Etat. Alors que le pays connait un exode massif touchant plus de 400 000 personnes, ce conflit trouve son origine dans le découpage colonial. Au sortir de la Première guerre mondiale, le Cameroun, sous protectorat allemand, se trouve découpé entre puissances française et britannique, selon le schéma que l’on retrouve actuellement. Au fil des décennies, grandit l’humiliation subie par la population anglophone qui se sent marginalisée et exclue du pouvoir. La crise camerounaise prend une dimension protéiforme avec les attaques au Nord par Boko Haram et les conséquences humanitaires, sociales et économiques engendrées par le conflit. Les usines fermées paralysent l’économie du pays et les recettes d’exportation du café et du cacao, ont chuté de 20%.

Pourtant, Paul BIYA dissimule et minimise l’importance de cette guerre civile, la qualifiant simplement de « troubles ». L’ampleur des événements a éclaté dernièrement sur les réseaux sociaux, dans un Cameroun où le Président contrôle d’une main de fer son pays et notamment les médias.

En juin dernier, Nikki HALEY, ambassadrice américaine aux Nations Unies, a demandé aux autorités de Yaoundé d’arrêter la répression des populations civiles et de respecter les droits de l’Homme, la liberté d’expression et surtout, de mener des « enquêtes crédibles » concernant les massacres. Julie de RIVERO, du département Afrique du Haut-Commissariat des Nations-Unies aux droits de l’Homme, fait part du souhait de « réaliser des enquêtes pour aider les autorités à répondre à cette situation en respectant les cadres des droits de l’Homme » mais déplore n’avoir pas reçu « d’avis favorable pour pouvoir mener ces enquêtes ».

D’ailleurs, s’agissant du scrutin du 7 octobre, le Cameroun n’a pas désiré bénéficier d’observateurs européens. Si les bureaux de vote se feront rares dans les régions dissidentes, pour la revue African Arguments, il y a fort à parier que Paul BIYA sorte une nouvelle fois vainqueur des élections : « Malgré une corruption record et la crise qui s’accentue dans les régions anglophones, le scénario de l’élection de 2011, où Paul BIYA a réuni près de 78% des voix, a de grandes chances de se répéter ».