Egypte

Sommet tripartite Grèce-Egypte-Chypre

Poignée de mains entre Abdel Fattah AL-SISSI, Alexis TSIPRAS et Nikos ANASTASIADES durant le sommet tripartite Grèce-Chypre-Egypte, le 10 octobre
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Les présidents chypriote et égyptien, Nikos ANASTASIADES et Abdel Fattah AL-SISSI et le Premier ministre grec Alexis TSIPRAS se sont réunis à Elounda, en Crète, le 10 octobre 2018, à l’occasion du 6ème sommet Grèce-Chypre-Egypte.

Dans le cadre de ce partenariat trilatéral et sur la base de valeurs et d’intérêts communs, les Etats ont réaffirmé leur volonté d’élargir et d’approfondir leurs relations dans divers domaines. Dans la déclaration commune publiée par le gouvernement chypriote, les chefs d’Etats et gouvernement affirment reconnaitre que « les principes directeurs du partenariat tripartite sont le respect du droit international et les principes consacrés par la Charte des Nations Unies ».

Lors de ce sommet qui a aussi permis des réunions bilatérales, les chefs des trois délégations se sont félicités des avancées depuis le dernier sommet à Nicosie et ont discuté des nombreux enjeux de la région. Parmi les sujets discutés, les questions liées à l’immigration, à la Libye, à la Syrie, au conflit israélo-palestinien ou encore à la pollution et au tourisme ont fait l’objet de débats. Cette coopération trilatérale ayant pour but de lutter contre le terrorisme international et instaurer une sécurité à long terme, préfigure un partenariat renforcé entre l’Union européenne et l’Egypte et précède le sommet UE-Ligue arabe qui se tiendra au début de l’année 2019.

En termes énergétiques, les défis sont nombreux pour l’avenir. Les trois Etats entendent promouvoir une coopération énergétique dans les domaines des hydrocarbures, de l’électricité et des énergies renouvelables. Le débat des énergies a suscité d’importantes discussions, en rapport avec la découverte et l’exploitation prochaine de gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale qui sont « d’une importance vitale pour la stabilité de la région », la sécurité énergétique s’érigeant en « pierre angulaire de la coopération énergétique trilatérale ».

Les chefs d’Etats et de gouvernement réunis ont exprimé le souhait de renforcer leur coopération par le biais d’une série d’accords concernant l’exploitation et le transfert de gaz naturel, conformément à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Ils entendent du même fait « poursuivre rapidement les négociations sur la délimitation de leurs frontières maritimes communes », en appelant Ankara à cesser ses activités illégales dans la ZEE chypriote. Par ailleurs, les 3 Etats ont également affirmé leur soutien « indéfectible » aux efforts menés par la République de Chypre dans sa recherche d’une solution globale au regard du droit international, dans un contexte d’« occupation militaire illégale par la Turquie ».

En réponse, Ankara, le 12 octobre, par le biais du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hami AKSOY, se dit « consternée par les revendications injustifiées contre la Turquie ». En rappelant que les Chypriotes turcs sont copropriétaires de l’île, le pays accuse la partie grecque de l’île d’atrocités commises entre 1963 et 1974 et promet qu’il « continuera résolument de préserver ses droits et intérêts ». La Turquie fustige « ceux qui prennent des mesures au détriment des droits et intérêts légitimes de la République de Turquie et de la République turque de Chypre-Nord ».

La République turque de Chypre-Nord, indépendante depuis 1983 est un Etat non reconnu par la communauté internationale, à l’exception de la Turquie. La Conférence sur Chypre de juin 2017 n’ayant pas abouti « à un règlement durable, global et juste », le mandat des forces de l’ONU, présentes sur l’île depuis 1964, a été prolongé jusqu’au 31 janvier 2019.

Opération « Sinaï 2018 » : hausse du nombre de terroristes abattus


Soldats de l’armée égyptienne en position dans le Nord-Sinaï, aux abords d’al-Arich, 4 mars 2018.
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La police égyptienne a annoncé le 9 octobre 2018 avoir tué dix djihadistes présumés à al-Arich, au nord du Sinaï. Cette déclaration fait suite au communiqué de la veille, dans lequel l’armée égyptienne a déclaré la perte de trois de ses militaires dans deux opérations différentes des forces de sécurité ayant permis d’abattre 52 islamistes. Selon le communiqué, ces djihadistes étaient armés de fusils automatiques, de grenades et même d’un drone.

Le Caire engage ses forces depuis février dans le cadre de l’opération « Sinaï 2018 », une campagne antiterroriste qui vise la Wilayat Sinaï, affiliée au groupe Etat islamique en Irak et au Levant (Daech). Depuis le début de l’offensive, le nombre d’islamistes tués s’élève à 509, selon les chiffres officiels. Depuis la destitution en 2013 du président islamiste issu des Frères musulmans Mohamed MORSI par l’armée, des centaines de policiers et de soldats mais également de nombreux civils ont péri lors d’attaques djihadistes. A l’issue d’un attentat attribué à Daesh dans une mosquée en novembre 2017, ayant causé plus de 300 morts, « Sinaï 2018 » est lancée à la demande du président égyptien, le maréchal Abdel Fattah AL-SISSI. La région est en effet en proie à l’instabilité et aux affrontements permanents entre les forces armées égyptiennes et l’organisation terroriste Daesh, incarnée par ses chefs locaux au Sinaï.

Ces derniers jours, l’armée égyptienne multiplie les offensives à l’encontre des « takfiristes » (extrémistes) de la nébuleuse Etat islamique. Le 3 octobre, l’annonce de la mort d’Abou Hamza AL-MAQDESSI et de 15 autres djihadistes se répand. AL-MAQDESSI, d’origine palestinienne est l’un des chefs locaux de Daech. Chargé de la planification des attaques et de l’entrainement des combattants au Sinaï, il est connu pour avoir pris part aux opérations contre l’armée. L’Etat islamique a confirmé sa mort sur Telegram, sans en préciser les circonstances précises.

La presse n’étant pas autorisée à se rendre librement dans la zone, seule une visite organisée en juillet par l’armée a permis aux médias étrangers d’aller à al-Arich, chef-lieu du Nord-Sinaï.

L’Union européenne bute sur la question des migrations


Sebastian KURZ, le chancelier autrichien en juillet 2017 lors d’une conférence de l’OSCE.
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Le sommet informel de Salzbourg réunit mercredi 19 et jeudi 20 septembre 2018 les dirigeants de l’Union européenne. Consacré aux migrations et à la sécurité intérieure, le Sommet s’achèvera par un déjeuner et portera sur des discussions autour du Brexit.

Au préalable, le Chancelier autrichien Sebastian KURZ et le Président du Conseil européen Donald TUSK se sont entretenus le 16 septembre dernier avec le Président égyptien Abdel Fattah AL-SISSI. Le Chancelier autrichien a imaginé l’idée de négocier avec l’Egypte afin qu’elle bloque les flux de migrants transitant sur son sol contre un financement européen, à l’image de l’accord actuel euro-turc. Donald TUSK partage ce point de vue et envisage la tenue à l’horizon 2019 d’un Sommet entre l’UE et la Ligue arabe.

Pourtant, les propositions des Etats européens pour éviter les flux de migrants sont loin de faire consensus. Le ministre autrichien de l’Intérieur, Herbert FICKL propose de trier les bateaux avant leur débarquement pour renvoyer les migrants « économiques » ne pouvant pas bénéficier du statut de réfugié politique. Si ces positions qui entendent externaliser le sujet en triant les migrants en-dehors de l’Europe sont partagées par certains gouvernements européens, aucune décision décisive n’est attendue de ce sommet qui a surtout pour but de préparer le Conseil européen d’octobre prochain.

Paris et Berlin espèrent quand même peser sur le dossier de l’élargissement du mandat de Frontex, impulsé par Jean-Claude JUNCKER, le Président de la Commission européenne, mais font face à l’Italie, la Hongrie et l’Autriche qui considèrent la protection des frontières comme une prérogative étatique. Le manque d’entente européen fait dire au Chancelier KURZ que certains pays européens « laisseraient filer des migrants » en évitant de les répertorier.

Face à un consensus européen inexistant, une question appuyée par l’Elysée devrait davantage permettre une cohésion : les procédures d’expulsion des migrants doivent être « plus nombreuses » et se montrer « plus rapides ».

Rapport de groupe interparlementaire d’amitié – L’Égypte, un marché aux atouts multiples

Avec un potentiel de 100 millions d’habitants à l’horizon de 2020 et un positionnement stratégique exceptionnel au carrefour de trois continents et de deux mers, sur la route des flux commerciaux de la région avec le canal de Suez, l’Égypte dispose d’atouts exceptionnels.

Organisé le 20 février 2017, au Palais du Luxembourg, en partenariat avec Business France et placé sous le haut patronage du Président Gérard Larcher, un grand colloque économique a permis de mettre en lumière les multiples potentialités de ce pays, berceau d’une des plus anciennes et des plus riches civilisations du monde, doté « d’une profondeur et d’une richesse historique, culturelle et touristique inouïes » selon les termes de M. André Parant, ambassadeur de France au Caire.

En ouverture, Mme Catherine Morin-Desailly, présidente du groupe interparlementaire d’amitié France Egypte et M. Tarek Kabil, ministre du Commerce et de l’Industrie de la République arabe d’Égypte, ont rappelé l’ampleur des réformes économiques engagées par ce pays, soulignant en particulier le développement des infrastructures, l’apurement de la situation financière, l’évolution positive de la législation et les améliorations de la gouvernance. Influente dans le monde arabe et en Afrique, l’Égypte se trouve désormais au coeur d’une zone de libre échange élargie, suite à la fusion, en juin 2015, du marché commun pour l’Afrique de l’Est et du Sud (COMESA), de la communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et de la communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Les différentes tables rondes, auxquelles ont participé une vingtaine d’intervenants, ont permis d’aborder les opportunités sectorielles et la place des entreprises françaises sur ce marché d’avenir.

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Rapport d’information sur le volet méditerranéen de la politique de voisinage de l’Union européenne

La Commission européenne a présenté, le 18 novembre dernier, une communication proposant une révision de la politique de voisinage. Cette nouvelle approche, plus réaliste, permet de repenser le cadre des relations euro-méditerranéennes. L’Union européenne n’avait en effet pas véritablement réévalué ses relations avec la rive Sud de la Méditerranée à la lumière des conséquences politiques, économiques et migratoires des printemps arabes. L’afflux de réfugiés à ses frontières dans un premier temps et la multiplication des attentats revendiqués par Daech ensuite ont contribué à réviser sa position initiale, fondée sur un soutien aux réformes démocratiques, à la promotion d’une vaste zone de libre-échange pan-euro-méditerranéenne et à la signature de partenariats pour la mobilité avec plusieurs pays. Ces solutions se sont révélées en décalage avec la réalité de la crise migratoire mais aussi avec les aspirations de ses partenaires, en attente de solutions différenciées, pas uniquement économiques.

Le Conseil a validé le 14 décembre 2015 cette réorientation de la politique de voisinage, destinée désormais à diffuser les valeurs européennes mais aussi à défendre les intérêts de l’Union européenne. Il s’agit aujourd’hui d’assurer la stabilité à ses frontières par un soutien précis et efficace, destiné à favoriser la sécurité de la région, le développement de véritables coopérations économiques dépassant le seul libre-échange et la poursuite des réformes démocratiques. Cette ambition doit être soutenue. Elle passe aussi par une rationalisation des instruments dont dispose l’Union européenne et en particulier par la promotion de l’Union pour la Méditerranée.

Cette révision de la stratégie globale incite également à une nouvelle approche des relations bilatérales entre l’Union européenne et chacun de ses partenaires méditerranéens. L’association avec l’Égypte, distendue ces dernières années, pourrait ainsi être repensée dans les mois à venir pour incarner au mieux la nouvelle politique de voisinage.

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Offshore – 2016 02 – Espoir d’un indépendance énergétique retrouvée en Egypte – IFRI

Le destin pétrolier et gazier de l’Égypte semblait encore scellé en juillet 2015. Cet État, producteur de pétrole depuis près de cent ans1 et de gaz depuis 19752 devait composer avec une dépendance énergétique de plus en plus importante vis-à-vis des marchés extérieurs. En 2010, le pays a pour la première fois, et ce depuis fort longtemps, consommé davantage de produits pétroliers (765 000 barils par jour (b/j)3) qu’il n’a produit de brut (725 000 b/j) et cette tendance s’est ensuite poursuivie…

Egypte – 2015 07 08 – Coup de force planifié de l’étranger – Al Ahram hebdo

Al-Ahram Hebdo : Comment évaluez-vous les dernières violences dans le Sinaï entre l’armée et les groupes terroristes ?

Hisham Halabi : Les derniers événements du Sinaï ont révélé que la guerre de quatrième génération ou « guerre asymétrique entre armées et organisations extrémistes transfrontalières » bat son plein. Les forces égyptiennes ont réussi à déjouer le plus grand plan tissé par ces groupes contre l’Egypte, et avec lequel ils ont voulu s’imposer et contrôler des points stratégiques du Sinaï pour déclarer un émirat islamique. Les forces armées ont prouvé, lors de la bataille, leur compétence à faire face à ces groupes, bien que ceux-ci aient utilisé pour la première fois des nouvelles tactiques opérationnelles…

Egypte – 2014 09 23 – L’EI appelle les islamistes du Sinaï à la violence en Egypte – D. Minoui – Le Figaro

Les autorités du Caire s’inquiètent de plus en plus d’une possible affiliation entre Daech et les combattants d’Ansar Beit al-Maqdis, une organisation terroriste locale qui ébranle la péninsule du Sinaï.
Le message adressé aux djihadistes du Sinaï est glaçant. « Placez des explosifs sur les routes. Attaquez leurs bases, faites irruption à leurs domiciles. Tranchez-leur la tête. Qu’ils ne se sentent nulle part en sécurité », déclare, en référence aux forces de sécurité égyptiennes, Abou Mohammed al-Adnadi, un porte-parole de l’État islamique, dans un communiqué diffusé lundi sur Internet…

Egypte – 2014 02 05 – Ansar Beit al-Maqdis ébranle l’Egypte par D. Minoui – Le Figaro

Ce groupe, sans doute lié à l’État islamique en Irak et au Levant, est derrière la récente vague d’attentats.
C’est «la» véritable menace qui pèse aujourd’hui sur l’Égypte. D’abord cantonnée au Sinaï, l’organisation djihadiste Ansar Beit al-Maqdis, derrière la vague d’attentats qui déteint sur le pays, porte la marque d’une sophistication croissante et d’une probable affiliation avec l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL). «Il existe un vrai risque de déstabilisation du pays», observe David Barnett, chercheur auprès de la Fondation pour la défense des démocraties, même si, ajoute-t-il, «on en sait encore peu sur l’organigramme et les capacités réelles d’Ansar Beit al-Maqdis»…