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Exécutions de masse en Arabie saoudite

Exécution à mort par décapitation au sabre en Arabie saoudite. Tous droits réservés.

Mardi 23 avril 2013, 37 Saoudiens ont été mis à mort en Arabie saoudite pour des faits de « terrorisme ».

Dans un communiqué relayé par l’agence de presse nationale SPA, le ministère de l’Intérieur a indiqué l’exécution de ces personnes, reconnues coupables d’avoir « adopté la pensée terroriste extrémiste » et d’avoir « formé des cellules terroristes ». En une seule journée, ces hommes ont été exécutés par décapitation, à l’exception d’un ayant fait l’objet d’une crucifixion. Ce traitement est réservé aux individus ayant commis les crimes les plus graves.

Cette exécution de masse, qui représente la plus importante dans le pays depuis plus de trois ans, a eu lieu dans cinq régions du royaume wahhabite. Parmi elles, la capitale Riyad, les villes saintes de Médine et La Mecque et une région à majorité chiite. Sur les 37 personnes suppliciées, 11 d’entre elles ont été accusées d’espionnage au profit de l’Iran et exécutées après des procès « contraire aux normes d’équité les plus élémentaires », selon Amnesty International. 14 autres étaient déclarées coupables d’actes violents survenus durant les manifestations antigouvernementales menées dans la province orientale à majorité chiite en 2011.

La majorité des individus exécutés mardi 23 avril – 33 selon Human Rights Watch – est chiite. La rivalité Riyad – Téhéran et plus globalement la rivalité sunnite – chiite permet à l’Arabie saoudite d’éliminer des opposants politiques sous couvert de lutte contre le terrorisme. Dans ce pays sunnite abritant une minorité chiite qui représente selon des estimations entre 10 et 15% des 32 millions de Saoudiens, la peine de mort sert ainsi les intérêts politiques de Riyad. En effet, l’Arabie saoudite, qui a rompu ses liens diplomatiques avec l’Iran depuis 2016, accuse la République islamique d’ingérence dans certains pays du Golfe et de tentative de déstabilisation de la région. Cette décision d’exécuter des Saoudiens pour la plupart chiites provoquera certainement une escalade de tensions avec la République islamique.

Riyad est très souvent pointé du doigt concernant le respect des droits de l’homme. Au moment de leur procès, trois des condamnés étaient mineurs, ce que considère « odieux », le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet. Selon Amnesty International, le nombre de personnes exécutées depuis le début de l’année 2019 s’élève à 104. Ce chiffre suscite l’inquiétude. Anne Denis, responsable de la commission Abolition de la peine de mort au sein d’Amnesty International a déclaré : « Globalement, l’ordre de grandeur du nombre annuel d’exécutions dans le pays a toujours oscillé entre 145 et 150 ces dernières années. Mais en être déjà à 104 en avril présage d’une année particulièrement noire pour 2019… ». Toujours selon l’ONG, Riyad est le pays où les exécutions sont les plus nombreuses après la Chine et l’Iran.

L’Arabie saoudite clame être en guerre contre « toutes les formes de terrorisme ». La pétromonarchie, victime au début des années 2000 d’une vague de terroristes est en effet parvenue à contenir la menace des groupes djihadistes mais n’a pas réussi à les éradiquer complètement.