Daech

Interventions extérieures de la France : renforcer l’efficacité militaire par une approche globale coordonnée

La France est engagée depuis 2008 dans de nombreuses opérations extérieures (OPEX).

Cet engagement s’inscrit dans une tradition interventionniste ancienne qui repose sur une responsabilité particulière de la France au nom des valeurs qu’elle porte, en tant que membre du conseil de sécurité des Nations unies, de son histoire et de ses intérêts, du maintien de son influence et des impératifs de sa sécurité.

Force est de constater que, depuis 2011, des opérations majeures en terme de durée et d’intensité ont été menées parfois simultanément : Harmattan, depuis le large des côtes libyennes, du 18 mars 2011 au 31 janvier 2012, Serval, au Mali du 11 janvier 2013 au 1er août 2014, à laquelle a succédé Barkhane étendue à la bande sahélo-saharienne, toujours en cours, Sangaris en République centrafricaine, lancée le 5 décembre 2013 qui devrait arriver à son terme d’ici la fin de l’année 2016 et Chammal en Irak et en Syrie, lancée le 8 août 2014, toujours en cours.

Ce niveau d’engagement inédit mérite une attention particulière.

Ces opérations répondent-elles aux objectifs et aux finalités assignées ? Sont-elles menées dans un cadre légal ou légitime au regard du droit international ? La France dispose-t-elle, pour les mener à bien, d’une autonomie suffisante ? Le contrat capacitaire de ses forces armées permet-il d’aboutir à l’effet militaire recherché ? L’outil militaire est-il en mesure d’apporter une solution durable aux crises justifiant les interventions ? Le coût budgétaire des opérations extérieures est-il trop élevé et à qui incombe-t-il de le supporter ? Le contrôle parlementaire sur les opérations est-il suffisant ? C’est à l’aune des réponses à ces questions qu’un bilan pourra être tiré de huit années d’interventions militaires extérieures. Huit années, car il a paru pertinent au groupe de travail de travailler sur une période englobant deux Livres blancs sur la sécurité et la défense nationale et deux lois de programmation militaire qui sont les documents de référence qui encadrent la politique de la défense.

Syrie : en finir avec une guerre sans fin

Depuis plus de six ans, 400 000 Syriens ont trouvé la mort, plus de 6 millions se sont déplacés dans leur propre pays et plus de cinq millions ont dû fuir à l’étranger.

Pour Michel Duclos, ancien ambassadeur de France en Syrie et auteur de cette note, il existe peut être une “fenêtre d’opportunité” pour mettre fin à cette guerre. Et ce pour quatre raisons principales, qu’il convient de soigneusement peser  :

  • la Russie, même si elle peut être tentée par une formule de “conflit gelé” qu’elle applique en général dans son environnement proche, devrait avoir la préoccupation d’éviter un enlisement pour conforter les gains importants dans la région qui lui ont valu son engagement en Syrie ;
  • depuis les frappes américaines du 6 avril dernier, il existe une possibilité d’un réengagement américain. On ignore quelle sera la constance du président Donald Trump, mais son administration ne restera pas indifférente à la percée actuelle de l’Iran aux côtés de Bachar al-Assad ;
  • les lignes bougent sur le damier régional. La nouvelle disposition américaine à recourir à la force peut présenter une opportunité si elle conduit à un rééquilibrage maîtrisé entre les puissances sunnites et l’Iran.
  • enfin, si la priorité accordée par les Etats-Unis et leurs alliés au combat contre l’EI au cours des deux dernières années avait détourné l’attention de la question syrienne dans son ensemble, la perspective d’une “fin de partie” s’agissant de l’EI devrait relancer les négociations diplomatiques pour un règlement politique de la crise syrienne.

Vers le site de l’Institut Montaigne ⇒

Egypte – 2015 07 08 – Coup de force planifié de l’étranger – Al Ahram hebdo

Al-Ahram Hebdo : Comment évaluez-vous les dernières violences dans le Sinaï entre l’armée et les groupes terroristes ?

Hisham Halabi : Les derniers événements du Sinaï ont révélé que la guerre de quatrième génération ou « guerre asymétrique entre armées et organisations extrémistes transfrontalières » bat son plein. Les forces égyptiennes ont réussi à déjouer le plus grand plan tissé par ces groupes contre l’Egypte, et avec lequel ils ont voulu s’imposer et contrôler des points stratégiques du Sinaï pour déclarer un émirat islamique. Les forces armées ont prouvé, lors de la bataille, leur compétence à faire face à ces groupes, bien que ceux-ci aient utilisé pour la première fois des nouvelles tactiques opérationnelles…

Egypte – 2014 09 23 – L’EI appelle les islamistes du Sinaï à la violence en Egypte – D. Minoui – Le Figaro

Les autorités du Caire s’inquiètent de plus en plus d’une possible affiliation entre Daech et les combattants d’Ansar Beit al-Maqdis, une organisation terroriste locale qui ébranle la péninsule du Sinaï.
Le message adressé aux djihadistes du Sinaï est glaçant. « Placez des explosifs sur les routes. Attaquez leurs bases, faites irruption à leurs domiciles. Tranchez-leur la tête. Qu’ils ne se sentent nulle part en sécurité », déclare, en référence aux forces de sécurité égyptiennes, Abou Mohammed al-Adnadi, un porte-parole de l’État islamique, dans un communiqué diffusé lundi sur Internet…

Egypte – 2014 02 05 – Ansar Beit al-Maqdis ébranle l’Egypte par D. Minoui – Le Figaro

Ce groupe, sans doute lié à l’État islamique en Irak et au Levant, est derrière la récente vague d’attentats.
C’est «la» véritable menace qui pèse aujourd’hui sur l’Égypte. D’abord cantonnée au Sinaï, l’organisation djihadiste Ansar Beit al-Maqdis, derrière la vague d’attentats qui déteint sur le pays, porte la marque d’une sophistication croissante et d’une probable affiliation avec l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL). «Il existe un vrai risque de déstabilisation du pays», observe David Barnett, chercheur auprès de la Fondation pour la défense des démocraties, même si, ajoute-t-il, «on en sait encore peu sur l’organigramme et les capacités réelles d’Ansar Beit al-Maqdis»…

Défense – 2016 07 06 – Les défis stratégiques de l’OTAN avant Varsovie – Sciences Po

Pendant la Guerre froide, le mandat opérationnel de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) était limité à la mission de défense collective de l’Article 5. La disparition de la menace soviétique a engendré une profonde réorientation stratégique et doctrinale de l’Alliance, alors que les guerres civiles dans les Balkans, suivies par les attentats du 11 septembre 2001, ont imposé un changement fondamental dans le caractère opérationnel de l’OTAN et sa compétence géographique. L’OTAN est graduellement passé d’une posture défensive à une organisation expéditionnaire avec un élargissement géographique important de ses missions (Sperling, Webber 2016)…

Arabie saoudite – 2017 02 07 – l’Arabie saoudite mène un projet planétaire d’expansion du totalitarisme religieux wahhabite par P. Conesa – L’Opinion

« Les Saoudiens ont exporté leurs problèmes en finançant les écoles, les madrasas, partout dans le monde islamique ». En reprenant les propos de Richard Holbrooke, ancien ambassadeur américain à l’ONU, Pierre Conesa donne d’emblée le ton de son dernier ouvrage, Dr Saoud et Mr Djihad. Brisant la loi du silence, il dénonce l’aveuglement des pouvoirs publics français qui n’ont jamais vraiment étudié le régime « théocratico-tribal » saoudien qui exporte dans le monde le wahhabisme (terme courant mais erroné puisque les Saoudiens eux-mêmes se qualifiaient dès l’origine de salafistes), une version très rigoriste et intolérante de l’islam sunnite…

Algérie – 2015 10 18 – L’Algérie ferme ses frontières avec la Libye – par Ikram Ghioua – L’Expression

On s’attend à un repli important de terroristes vers la Libye devenue d’ailleurs un lieu de prédilection pour les groupes armés.

Les donnes sécuritaires changent de façon accélérée à une cadence qui donne le vertige. Seuls les plus avertis ayant développé une stratégie de prévention, seraient en mesure d’affronter les nouveaux défis qui s’imposent d’ailleurs avec des équations complexes…

Turquie – 2017 01 24 – Les relations turco-américaines à la croisée des chemins, par J. Marcou – OVIPOT

Alors que l’investiture de Donald Trump vient de s’achever, et que s’ouvre la conférence d’Astana, qui ignore les Occidentaux dans la recherche d’une solution négociée au conflit syrien, beaucoup s’interrogent sur l’avenir des relations turco-américaines. « Boostés » par l’élection de Barack Obama qui, en avril 2009, avait réservé à la Turquie l’un de ses premiers déplacements officiels et un discours à la grande assemblée nationale, avant même celui délivré, deux mois plus tard, à l’Université du Caire, les rapports entre Ankara et Washington …