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Conférence : « Le terrorisme de basse intensité, une nouvelle menace » par Louis CAPRIOLI

Louis CAPRIOLI – Inspecteur général honoraire de police, en charge de la lutte contre le terrorisme international, et ancien membre du directoire du groupe GEOS

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Bien avant l’effondrement de l’Etat Islamique en 2017, l’organisation s’était engagée dans un terrorisme de basse intensité en s’adressant via les réseaux sociaux à une frange de ses sympathisants installés dans les pays occidentaux mais incapables de rejoindre les terres de Jihad. Ce terrorisme low-cost est un mode opératoire qui survit à l’organisation incapable de mettre en place des frappes du types du 13 novembre 2015. Daech apparaît défait mais se trouve dans un état de veille sur les terres de Jihad du monde entier attendant une opportunité due à la lassitude des Occidentaux pour relancer suivant d’autres modalités ses frappes meurtrières dès lors que son idéologie le salafisme jihadiste continue à envoûter des extrémistes.

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N.B. : La conférence est gratuite pour les adhérents à jour de leur cotisation et pour les étudiants (sur présentation d’une carte d’étudiant en cours de validité)

Pour les non-adhérents : 10 € pour une personne – 15 € pour un couple

 

Bulletin d’adhésion 2019

Conférence : « Les enjeux énergétiques dans l’émergence des conflits » par Jacques PERCEBOIS

Jacques PERCEBOIS  – Directeur du CREDEN

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Les enjeux énergétiques sont au cœur de frictions autour de la Méditerranée. L’accès au pétrole et au gaz demeure un facteur de tension au Proche-Orient même si le pétrole saoudien n’a plus la même importance pour les Etats-Unis. Les infrastructures gazières destinées à l’Europe sont un facteur de dissentiment entre les Etats-Unis et la Russie. Le nucléaire est source de discorde entre Européens et de tension avec l’Iran. Les investissements chinois dans les infrastructures énergétiques autour de la Méditerranée et en Afrique sont un risque à ne pas sous-estimer.

 

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Bulletin d’adhésion 2019

Conférence à Genève sur l’Afghanistan

La secrétaire générale adjointe de l’ONU Rosemary DICARLO, le président de l’Afghanistan Ashraf GHANI et Rula GHANI, première dame d’Afghanistan, à Genève.
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Mercredi 27 novembre s’est achevée la 13ème conférence ministérielle concernant l’Afghanistan à Genève, organisée par la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA). Le pays, 17 ans après la chute du régime des Talibans, est toujours en proie à de multiples attentats et à une pauvreté touchant plus de la moitié de la population. Cette conférence, qui se tient tous les deux ans, permet de faire le bilan sur les avancées du pays en matière de développement et de récolter des fonds.

Pour le président afghan Ashraf GHANI, le conflit et la pauvreté sont aggravés par une sécheresse importante qui a provoqué une véritable « crise ». L’enjeu de cette conférence pour le chef de l’Etat est de convaincre que l’aide internationale – 70% du budget national afghan en dépend – est utilisée à bon escient.

A Genève se sont donc réunis la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques de l’ONU, Rosemary DICARLO, le président Ashraf GHANI, le chef du gouvernement Abdullah ABDULLAH ainsi que de nombreux ministres des affaires étrangères, y compris de l’Union européenne, de la Russie et de la Turquie. Le président afghan souligne la volonté de changement du pays et a déclaré qu’ « une feuille de route pour les négociations de paix » avait été établie : « Nous voulons un accord de paix dans lequel les Talibans afghans seront inclus dans une société démocratique et inclusive » mais précise qu’ « aucun groupe armé lié aux groupes terroristes transnationaux ne pourra participer au processus politique ». Une équipe chargée de négocier la paix avec les Talibans a été établie.

Par la voix de Rosemary DICARLO, le Secrétaire général de l’ONU Antonio GUTERRES a félicité les « récents efforts de paix, y compris l’offre du gouvernement de tenir des pourparlers sans conditions préalables ». Afin que cette paix soit durable, elle devra reposer sur un consensus impliquant l’ensemble de la société. Pour la secrétaire générale adjointe « les femmes doivent participer pleinement au processus de paix et les droits humains de tous doivent être garantis ». Toby LANZER, Représentant de la MANUA a déclaré qu’il y a « une immense soif de paix » de la part des Afghans qui souhaitent mettre un terme à la violence.

La Haute représentante de l’UE, Federica MOGHERINI a souligné les efforts entrepris depuis la précédente conférence à Bruxelles et réitèré les engagements de l’UE en matières politique et financière dans le dessein de parvenir à une paix. En saluant « l’offre de paix courageuse » du président GHANI, la cheffe de la diplomatie de l’Union a déclaré : quelque chose de nouveau se passe en Afghanistan et nous nous en félicitons ».

Pourtant, depuis le début de l’année 2018, un record de victimes civiles a été enregistré. Les négociations directes annoncées portent ainsi l’espoir d’une paix en Afghanistan. Dans ce pays en crise ouverte depuis plusieurs dizaines d’années, 2019 marquant le 40ème anniversaire de l’invasion soviétique, la menace des Talibans, qui ne reconnaissent toujours pas la légitimité du gouvernement, se superpose à l’émergence de l’Etat islamique (province du Khorassan), renforcée par de nombreux combattants ayant fui la Syrie et l’Irak. Si l’élection présidentielle au printemps prochain promet d’être « la clé du succès des négociations de paix » pour le président afghan, la mise en œuvre des projets énoncés prendra au mininum cinq ans pour réintégrer les millions de personnes réfugiées et déplacées.

La 29ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques à Paris

Les auditeurs au Quai d’Orsay, lors de la conférence de Gurvan le BRAS du CAPS.

Les auditrices et auditeurs de la 29ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) se sont retrouvés à Paris le 15 novembre 2018 pour leur deuxième séminaire, consacré aux centres de décision de l’action extérieure de la France. Ces trois jours auront également été l’occasion de découvrir qu’un membre de l’Union européenne n’était maître que de 61 % de son territoire.

La première visite a été réservée au Secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale (SGDSN), un service du Premier ministre qui l’assiste dans l’exercice de ses responsabilités en matière de défense et de sécurité nationale. Dirigé depuis le 5 mars 2018 par Madame Claire LANDAIS, conseillère d’Etat, le SGDSN assure en particulier le secrétariat du conseil de défense et de sécurité nationale. Le général de brigade aérienne Stéphane DUPONT, conseiller pour les affaires de défense, a ainsi détaillé les différentes missions de cette « pièce de cohésion » au sein de l’exécutif, qui coordonne les politiques interministérielles de sécurité et de défense.

Monsieur Edouard GENDROT, affecté au bureau « Environnement et politiques de défense » de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) a rejoint les auditrices et auditeurs au 51, boulevard de la Tour-Maubourg. Notamment chargé de mission auprès du Président du comité de la revue stratégique de défense et de sécurité nationale en 2017, il est revenu sur les principaux enseignements de cette revue après avoir rappelé les fondamentaux de la politique de défense française, dont la primauté du Président de la République, qui permet « un processus décisionnel réactif, adapté à la volatilité du contexte international et à la soudaineté des crises ». Cette spécificité française explique la place centrale qu’occupe la France dans l’Initiative européenne d’intervention, construite autour d’un socle restreint de dix États européens « ayant démontré leur volonté politique et leur capacité militaire d’assumer un engagement en opérations au service de la sécurité européenne ».

Après un déjeuner pris en commun dans les salons de l’Ecole militaire, les auditrices et auditeurs ont entendu un officier de la Direction du renseignement militaire (DRM) leur décrire la menace à l’horizon 2030 telle qu’elle est aujourd’hui anticipée. La DRM, l’un des six services spécialisés de renseignement aux côtes de la direction générale de la sécurité extérieure, de la direction du renseignement et de la sécurité de la défense, de la direction générale de la sécurité intérieure et des services à compétence nationale dénommés « direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières » et « traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins », relève du chef d’état-major des armées dont elle satisfait les besoins en renseignement d’intérêt militaire.

Cette première journée s’est achevée par une brillante intervention du professeur Jean-Jacques ROCHE, directeur de la formation, des études et de la recherche de l’Institut des hautes études de la défense nationale. S’appuyant sur de nombreuses études académiques de référence mondiale, le conférencier a démontré, chiffres à l’appui, que « le monde va mieux, beaucoup mieux même », et qu’il « n’a jamais été aussi peu violent ». Dans une deuxième partie, le professeur Roche s’est attaché à décrypter au profit des auditrices et des auditeurs les raisons pour lesquelles « le sentiment subjectif d’insécurité l’emporte sur l’observation objective de la réalité ». Riches de ces éléments, ces derniers sauront désormais mieux comprendre le monde d’aujourd’hui et anticiper celui de demain et les nouvelles surprises stratégiques qui ne manqueront pas de survenir.

Le vendredi 16 novembre 2018 a été l’occasion pour les auditrices et auditeurs d’approfondir leurs connaissances du bassin oriental de la Méditerranée et de ses enjeux géopolitiques. Monsieur Charalambos PETINOS, conseiller de presse de l’ambassade de la République de Chypre, et le lieutenant-colonel Iacovos MIKELLIDES, attaché de défense, ont dans une présentation à deux voix complété l’exposé délivré par le professeur Patrice GOURDIN en octobre dernier. Cette jeune république, qui a obtenu son indépendance en 1960, connait depuis 1974 l’occupation turque sur plus d’un tiers de son territoire. Le thème d’étude de la 29ème session portant sur les conséquences de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures, monsieur PETINOS a plus particulièrement détaillé l’attribution aux grandes compagnies internationales des licences d’exploitation dans la zone économique exclusive chypriote et les violentes réactions turques. La ferme condamnation par le Conseil européen, le 22 mars 2018, des « actions illégales que la Turquie continue de mener en Méditerranée orientale et en mer Égée », et la solidarité « pleine et entière » du Conseil avec Chypre restent dans les mémoires.

La matinée s’est achevée par une présentation de monsieur Nicolas MAZZUCCHI, chargé de recherches à la Fondation pour la Recherche Stratégique. En moins de deux heures, ce docteur en géographie économique a convaincu les auditrices et auditeurs du bienfondé de leur thème d’étude. Soulignant l’évolution du rapport de force favorable à la marine turque, il a clairement défini les enjeux plus politiques qu’énergétiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures, ouvrant plus largement sur l’indépendance énergétique de l’Union européenne et envers la Russie de Vladimir POUTINE, à la tête de 18 % des réserves gazières de la planète, et de Recep ERDOGAN, qui ambitionne pour la Turquie de devenir le hub gazier de la Méditerranée. L’actualité a raisonné en écho à ces paroles, les dirigeants russe et turc ayant inauguré le 19 novembre 2018 le dernier tronçon du gazoduc TurkStream, d’une capacité annuelle de 31 milliards de m3, destiné en partie à couvrir les besoins énergétiques turcs mais également à alimenter le réseau de l’Union européenne.

Le colonel (air) Fabien KUZNIAK, adjoint au chef de la division Euratlantique, a rejoint les auditrices et auditeurs en début d’après-midi dans la salle mise à disposition par l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (IHESJ) pour illustrer le rôle du pôle « relations internationales militaires » de l’état-major des armées. Constitué des divisions « euratlantique » et « coopération bilatérale Sud » ainsi que du bureau « cohérence – synthèse », ce pôle appuie le vice-amiral Henri SCHRICKE, officier général « relations internationales militaires » (OGRIM), chargé des relations militaires avec les armées étrangères et avec les structures militaires des organisations internationales, notamment de l’Union européenne et de l’OTAN. Illustrant ses propos par une revue des pays du nord de la Méditerranée orientale, le colonel KUZNIAK a démontré la complexité de ces relations bilatérales primordiales au succès des opérations miliaires auxquelles participent les armées françaises. Si la Grèce est membre de l’Union européenne et de l’OTAN, la République de Chypre ne peut se faire entendre qu’au travers des institutions européennes auxquelles la Turquie, membre de l’OTAN, n’a pas accès.

La journée s’est achevée par une présentation des activités du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, créé en juillet 1973 par Michel JOBERT. Monsieur Gurvan Le BRAS, conseiller des affaires étrangères (cadre d’Orient), a accueilli les auditrices et auditeurs dans les appartements du ministre, leur ouvrant la porte de l’immense salle à manger, exceptionnelle concrétisation des « ors de la République ». Rappelant la mission du CAPS, partagée avec les services spécialisés de renseignement, d’éviter au ministre d’être surpris, monsieur Le Bras s’est étendu sur la diffusion des travaux au travers de la publication des « carnets du CAPS », en particulier du hors-série de l’automne 2017 consacré aux mondes de 2030. Rejoignant fort logiquement les conclusions de la DRM sur le retour des puissances, sur l’émergence de nouveaux pouvoirs et sur la résilience des mouvements violents, la revue des huit mondes conserve toute sa pertinence, et les dernières actualités font craindre que l’avènement du « monde des carnivores » ne marque la fin d’une époque.

La matinée du samedi 17 novembre 2018 a donné la parole à maître Béatrice TRIGEAUD, avocate au Barreau des Hauts-de-Seine et docteur en droit international public. Apportant un éclairage juridique aux différentes conférences des deux précédentes journées, maître TRIGEAUD a introduit le droit international et la complexité d’un monde où seul le bon vouloir des Etats fait foi. Illustrant son propos par des jurisprudences portant sur la délimitation des espaces maritimes, la conférencière a démontré qu’il est impossible de contraindre un Etat à respecter une convention ou un accord auquel il n’est pas parti ou qu’il n’a pas ratifié, malgré les nombreux instruments d’arbitrage, tels que la Cour permanente d’arbitrage de la Haye ou la Cour pénale internationale. Le rendez-vous a été donné en mars 2019, où des tables rondes permettront aux experts de s’exprimer et d’apporter peut-être une solution aux différends qui opposent aujourd’hui la Turquie et la République de Chypre sur la délimitation de leurs zones économiques exclusives.

Les auditeurs durant les travaux de comités dans les locaux de l’IHESJ.

La conférence de Palerme : un bilan mitigé

De gauche à droite : le président du Conseil d’Etat en Libye, Khaled al-Mechri, le président du Conseil italien Giuseppe Conte, l’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, le 13 novembre à Palerme.
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La conférence de Palerme s’est tenue les 12 et 1novembre 2018. Organisée par l’Italie pour régler la situation en Libye, elle a réuni 38 délégations. Parmi les pays représentés, figurent les Etats voisins et acteurs du dossier libyen, principalement d’Afrique. Ghassan SALAME, émissaire du secrétaire général de l’ONU pour la Libye, était présent, tout comme la représentante de l’Union africaine pour la Libye, Wahida AYARI. Jean-Yves le DRIAN s’est rendu à Palerme le mardi 13 novembrele ministère de l’Europe et des affaires étrangères souhaitant « le succès de cette conférence (…) organisée dans le prolongement de la conférence de Paris du 29 mai ».

La rencontre s’est achevée mardi 13 novembre au soir par un bilan mitigé, lconférence n’ayant abordé aucune des véritables questions de fond.

La venue du maréchal Khalifa HAFTAR a monopolisé toutes les discussions. Reçu par le président du conseil italien Giuseppe CONTE le mois dernier, il avait confirmé sa présence à la conférence. Pourtant, l’homme fort de l’est libyen, chef autoproclamé de l’Armée nationale libyenne et rival du chef de gouvernement d’accord national Faïez al-SARRAJ, n’est arrivé que lundi 12 novembre au soir, laissant les spéculations autour sa venue se multiplier. Avec son attitude, le maréchal HAFTAR envoie un message à Rome, qu’il juge trop proche du gouvernement tripolitain d’al-SARRAJ. S’il a boycotté la première journée, il a accepté mardi matin, de retrouver plusieurs pays actifs dans le dossier libyen (dont l’Egypte, la Russie, l’Algérie, la Tunisie et la France) lors d’une réunion en marge de la conférence.

L’autre événement marquant est le départ de la Turquie. Exclu de la réunion informelle du mardi matin, le pays représenté par son vice-président Fuat OKTAY, s’est déclaré « profondément déçu ». Pour la Turquie, toute réunion sans sa participation serait « contre-productive pour régler le problème ». Ankara déplore les actions de certains Etats qui « continuent de détourner le processus libyen au profit de leurs propres intérêts ».

Durant la conférence de presse finale, Giuseppe CONTE souligne le bon déroulement de la réunion, tous les protagonistes importants en Libye étant présents. D’ailleurs, les deux leaders libyens se sont rencontrés brièvement en marge de la conférence et se sont symboliquement serré la mainToutefois, le président du conseil des ministres italiens a tout de même déclaré : « Nous n’avons jamais eu la prétention de fournir à travers cette conférence, la solution à la crise libyenne ». En effet, la rencontre n’a débouché sur aucune avancée significative. L’Italie souhaitait pourtant faire de cette conférence son grand rendez-vous diplomatique. En rivalité avec la France sur le dossier libyen qui espérait des élections à la fin de l’année 2018, l’Italie a tenté depuis de reprendre la main depuis l’échec de la proposition d’Emmanuel MACRON, jugée « intenable » pour la plupart des observateurs. 

Le nouvel élan au processus politique espéré par Rome n’a pas obtenu l’effet escompté. Avec sa portée symbolique, cette conférence de Palerme entretient toutefois l’espoir de la tenue d’élections générales au printemps 2019, à la suite d’une Conférence nationale organisée par la Libye dans les premières semaines de 2019, annoncée dans le plan d’action présenté le 8 novembre par Ghassan SALAME.