Boko Haram

Rapport du Secrétaire général sur les activités du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest, M. Mohamed Ibn Chambas, a expliqué devant le Conseil de sécurité, qu’en dépit de progrès continus réalisés en matière de transition démocratique et politique, la situation sécuritaire dans la région demeurait une source de grave préoccupation.

Venu présenter le dernier rapport du Secrétaire général sur les activités de Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), M. Chambas s’est notamment dit préoccupé par les incidents sécuritaires au Mali, du fait notamment des activités de groupes affiliés à Al-Qaida et à l’État islamique du Grand Sahara, ainsi qu’au Niger.

Il a souligné qu’après un déclin notable des attaques perpétrées par Boko Haram, les incidents se sont multipliés depuis le mois de septembre.  En tout, deux millions de personnes attendent désespérément que se termine la crise dans le bassin du lac Tchad, s’est-il alarmé.

Aux activités terroristes s’ajoutent également les effets délétères de la désertification qui, a relevé le représentant de la Guinée équatoriale, pousse les éleveurs à la transhumance, une source constante de tension dans la région.  La propagation exponentielle des conflits intercommunaux et entre agriculteurs et éleveurs a du reste été qualifiée de véritable « bombe à retardement » pour la région par M. Chambas.

Face à autant de défis, de nombreux membres du Conseil ont plaidé pour la mise en œuvre intégrale de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, le représentant de la Guinée équatoriale jugeant en outre urgent que la communauté internationale apporte un soutien décisif à la Force multinationale mixte et à la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S).

Alors qu’une structure de commandement militaire ainsi qu’un quartier général de la Force conjointe du G5 Sahel ont récemment été établis, le Représentant spécial a aussi estimé que la réponse sécuritaire devait être complétée par des mesures destinées à renforcer la gouvernance, le développement ainsi que la résilience de la population sahélienne.

Le représentant de la Côte d’Ivoire a également appelé à tirer le meilleur parti des organisations régionales et sous-régionales, comme l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont les médiations au Burkina Faso, en Guinée-Bissau et en Gambie, a-t-il noté, se sont avérées décisives.

À l’instar du Pérou, plusieurs délégations ont par ailleurs salué l’efficacité de l’UNOWAS, notamment dans les domaines de la diplomatie préventive, la coordination avec les organismes sous-régionaux et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

Le représentant du Kazakhstan a toutefois noté que l’UNOWAS se voyait confronté à de nouveaux défis depuis la fermeture de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), ainsi qu’en raison de la menace croissante posée par le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Estimant que toute approche militaire et humanitaire devrait être assortie d’un volet « développement », soutenu par un financement durable et prévisible, la délégation kazakhe a en outre estimé nécessaire de reconfigurer la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel.

Dans son intervention, le Chef de l’UNOWAS a par ailleurs salué l’aboutissement du processus électoral au Libéria, où un nouveau président a été élu à l’issue d’un « remarquable processus électoral », pour citer les propos de la délégation bolivienne qui y a vu la preuve que les processus de réconciliation axés sur un processus sans exclusive sont essentiels.

M. Chambas a estimé que le Conseil devait à présent porter son attention sur les élections qui doivent se dérouler prochainement en Sierra Leone et en Guinée, avertissant par ailleurs que l’absence de consensus sur la mise en œuvre des réformes constitutionnelles au Togo menace le déroulement des élections législatives et locales qui y sont prévues cette année.

Il a également touché mot de la situation au Burkina Faso et en Gambie où les Nations Unies continuent de mettre en œuvre une approche pionnière en matière de pérennisation de la paix.

Le site des Nations Unies ⇒

Golfe de Guinée : la prévention des conflits à l’épreuve de Boko Haram

Partant du constat que la prévention des crises est infiniment moins coûteuse que leur hypothétique résolution, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat se penche sur le Golfe de Guinée, région stratégique qui subit aujourd’hui deux menaces majeures : la piraterie maritime et les agissements de groupes terroristes, en particulier Boko Haram. Comment prévenir une crise que l’on voit chaque jour davantage se profiler ?

Le Nigeria, première puissance démographique et économique d’Afrique, souffre malgré son réel développement de difficultés récurrentes et préoccupantes : des inégalités abyssales ; des forces centrifuges puissantes ; une corruption endémique… La bonne tenue des élections du 28 mars 2015 est un encouragement mais les défis sont immenses.

Or la prévention des conflits relève principalement de la responsabilité des Etats directement concernés ; c’est en particulier le cas dans une guerre asymétrique contre des groupes criminels ou terroristes. La communauté internationale ne peut intervenir que subsidiairement, en appui des mesures mises en oeuvre localement, mais cet appui est crucial. Pour être déterminant, il doit toutefois être mieux coordonné et s’appuyer sur des actions concrètes complémentaires, comme celles que mène la France en matière de renforcement de l’Etat de droit en mer, notamment via l’opération Corymbe, ou en matière de lutte anti-terroriste dans le Sahel, via l’opération Barkhane.

Grâce à la mobilisation des pays riverains et de la communauté internationale, la situation sur le front de la piraterie semble mieux maîtrisée mais les efforts doivent être consolidés. Sur le front Nord, les troupes africaines engagées contre Boko Haram ont obtenu de premiers résultats tangibles mais la menace est plus inquiétante et nécessite que l’on s’attaque aux causes profondes de la radicalisation.

Vers le site du Sénat ⇒

Nigéria – 2012 11 01 – Boko Haram, le reflet des problèmes nigérians, par Pascal de Gendt

Comme en 2010 et 2011, le réveillon et le jour de Noël seront-ils marqués au Nigéria par des attentats sanglants contre des églises ? À chaque fois, les explosions qui ont fait plusieurs dizaines de morts étaient marqués du même sceau, celui de l’organisation connue sous le nom de Boko Haram. Un patronyme en langue haoussa le plus souvent traduit par « l’éducation occidentale est un péché ». Depuis plusieurs années maintenant, ce groupe de djihadistes sème la terreur au Nigéria. On les dit liés à Al-Qaeda et menant une guerre de religion pour faire du géant africain un état entièrement soumis à la charia. Mais cette lecture se révèle trop simpliste. En réalité, Boko Haram semble surtout être le symptôme, très violent,…