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Israël renforce la barrière de séparation avec Gaza

La barrière à la frontière entre l’Etat d’Israël et Gaza.
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Le 3 février 2019, le Premier ministre israélien Benjamin NETANYAHU a annoncé le début des travaux pour la construction d’une nouvelle barrière de séparation à la frontière avec Gaza : « Cette barrière empêchera les terroristes gazaouis de pénétrer sur notre territoire. Si le calme n’est pas maintenu à Gaza, nous n’hésiterons pas à agir ».

De six mètres de hauteur, cette barrière de métal s’étendra sur 65 kilomètres : de Kerem Shalom dans le sud jusqu’au mur fortifié dans la Méditerranée, afin d’éviter les intrusions des plongeurs palestiniens par la mer. Ce mur, semblable à une haute clôture, sera construit à la surface des systèmes déjà installés pour contrer les tunnels souterrains.

Le ministère de la Défense, dont Benjamin NETANYAHU est également ministre, confirme cette nouvelle dans un communiqué et annonce que les travaux ont été initiés le jeudi 31 janvier. Un vidéoclip explicatif donne à voir le grand mur de barbelés.

La frontière entre Israël et Gaza est le théâtre perpétuel d’affrontements entre Palestiniens et armée israélienne. Depuis 2008, trois conflits majeurs ont opposé l’Etat d’Israël et le Hamas – le mouvement islamiste contrôlant la bande de Gaza et figurant dans la liste des organisations terroristes de l’Union européenne, des Etats-Unis et de nombreux Etats. Israël accuse le Hamas au pouvoir d’instrumentaliser la protestation et assure ne faire que défendre sa frontière.

Les Palestiniens de Gaza manifestent le long de la barrière afin de protester contre le blocus imposé par Israël et l’Egypte qui étouffe l’enclave depuis 10 ans. Gaza, coincée entre Egypte, Israël et mer Méditerranée, est éprouvée par la pauvreté. Les affrontements se sont accrus depuis mars 2018, accentués par le phénomène de la « Marche du retour ». Entamée par les Gazaouis, cette marche illustre la volonté des Palestiniens d’un « droit au retour » sur les terres qu’ils ont quittées à la création de l’Etat d’Israël en mai 1948. Depuis le début des heurts, 247 Palestiniens ont été tués. La plupart sont morts le long de la frontière gardée par Tsahal et d’autres ont été les cibles des frappes israéliennes en représailles à des actes hostiles provenant de Gaza.  Côté israélien, deux soldats ont perdu la vie et plusieurs autres ont été blessés.

L’opposition israélienne qualifie la décision du Premier ministre d’électoraliste. En effet, en pleine campagne, le Premier ministre sortant est candidat à sa propre succession pour les élections législatives d’avril prochain. Mardi 5 février, se tiennent par ailleurs les primaires du Likoud, principale formation de droite du pays dirigée par Benjamin NETANYAHU qui demande le soutien de ses adhérents.