Barkhane

Cinquième anniversaire de l’opération Barkhane

L’opération Barkhane fête ses cinq ans. Lancée le 1er août 2014 sur demande du gouvernement malien, l’opération de l’armée française déploie 4 500 militaires français dans cinq pays de la région du Sahel : le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Il s’agit de la plus grosse opération extérieure dans laquelle l’armée française est engagée actuellement.

A la suite des opérations Serval au Mali et Epervier au Tchad, l’objectif premier de Paris est de lutter contre le terrorisme dans toute la région sahélo-saharienne. Compte tenu du caractère transfrontalier de la menace terroriste, agir dans le cadre d’une approche régionale est une priorité française.

Depuis sa création, Barkhane a permis l’affaiblissement de l’Etat islamique à l’est du Mali. Cela a conduit les groupes djihadistes à un repli au centre du Mali jusqu’au Burkina Faso. Des conflits et des violences intercommunautaires se sont multipliés ces derniers mois atteignant des niveaux préoccupants.

Depuis juillet 2017 et le sommet de Bamako, Barkhane s’appuie sur la force conjointe du G5 Sahel afin d’aider les pays de la région à lutter contre les groupes armés terroristes. A cette occasion, le président de la République française, Emmanuel Macron, et ses homologues burkinabé, malien, mauritanien, nigérien et tchadien ont officiellement annoncé la mise en place d’une « force conjointe du G5 Sahel ».  Né en février 2014, le « G5S » s’apparente à un cadre institutionnel de coopération et de coordination régionales en matière de développement et de sécurité. Paris est considéré comme un « partenaire stratégique », soutenant fermement les initiatives des pays du Sahel dans leur lutte contre le terrorisme. De fait, la France a plusieurs fois été conviée aux réunions de l’institution. Faute de financement suffisant, la force du G5 Sahel peine toutefois à monter en puissance. Néanmoins, Barkhane développe au Sahel une stratégie de résolution de crise à l’échelle régionale et la logique de partenariat prônée par Paris lui permet de structurer ses relations avec les autres forces engagées au Mali avec la volonté de contribuer activement au processus de stabilisation. Il s’agit de la mission onusienne MINUSMA et européenne EUCAP Sahel Mali, cette dernière ayant été prolongée jusqu’à janvier 2021.

En sus d’un appui militaire, Barkhane agit au bénéfice des populations locales, notamment à travers des aides médicales, contribuant à favoriser le dialogue et l’acceptation des troupes étrangères sur le territoire sahélo-saharien. Mais les soldats de la force Barkhane se heurtent parfois à un sentiment anti-français grandissant dans la région. Les populations, notamment au Mali, questionnent de manière croissante la présence des forces étrangères en général et en réclament le départ.

Pour autant, si rester représente un enjeu, quitter la région pourrait conduire au chaos dans la bande sahélo-saharienne. Si le terrorisme devait se répandre de manière rapide et spectaculaire, les pays de la rive nord de la Méditerranée pourraient alors être exposés à des phénomènes migratoires importants.  Le 27 juillet, la ministre des Armées Florence Parly a remercié le général commandant l’opération Barkhane sortant et a assuré toute sa confiance à son successeur afin de « continuer cette indispensable mission ». Pour l’heure, il n’est donc pas question pour la France d’envisager de quitter la région, la stabilité et la sécurité au sein des pays du G5S faisant partie des priorités françaises.

Soldat français au Sahel. Tous droits réservés.

Conseil de l’UE et G5 Sahel : la situation au Sahel

Des soldats maliens participant à la première opération militaire du G5 Sahel en coordination avec les soldats français de l’opération Barkhane.
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Le 13 mai 2019, le Conseil de l’Union européenne, réuni au niveau des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, a adopté des conclusions sur la situation géopolitique dans la bande sahélo-saharienne. Les ministres ont reçu le 14 mai à Bruxelles leurs homologues du G5 Sahel (Burkina Faso, Niger, Tchad, Mali et Mauritanie), dans un contexte marqué par la libération des deux otages français et le décès des deux officiers-mariniers du commando Hubert.

Le Conseil a évoqué à nouveau les défis de diverses natures auxquels sont confrontés les cinq pays du G5 Sahel et réaffirmé le soutien européen à ces derniers. Mais, selon les conclusions, l« l’instabilité dans les pays limitrophes [a aggravé) la situation sécuritaire dans la région ».

La bande sahélo-saharienne recouvre un territoire vaste comme l’Europe où la menace terroriste présente un caractère transfrontalier. Les priorités pour les forces internationales, notamment européennes, sont axées autour des partenariats avec les pays du G5, afin de favoriser l’autonomie des forces sahélo-sahariennes à lutter contre les groupes armés terroristes.

Roland Marchal, chercheur sur l’économie et les conflits dans l’Afrique sub-saharienne au centre de recherches internationales (CERI) déclare que « ces groupes [djihadistes] ne se développent pas pour des raisons idéologiques. Ils proposent des réponses à des situations locales de domination et de dépossession ». L’instabilité et la corruption qui règnent au sein même des Etats du G5 Sahel renforcent l’implantation de mouvements terroristes. En effet, les populations locales accordent à ces groupes armés une capacité de protéger leurs biens – protection que l’Etat ne peut pas garantir, notamment dans les zones rurales – illustrée par le conflit entre Peuls et Dogons, les groupes armés peuls étant qualifiés de terroristes par l’Etat malien, les groupes armés dogons n’ayant qu’un rang de « milice » malgré les massacres dont ils sont accusés. M. Marchal ajoute que « les Européens doivent accepter que le centre de la crise n’est pas le djihadisme mais le fonctionnement des Etats sahéliens ».

Le Conseil de l’UE revient sur ces points dans ses conclusions rendues le 13 mai. Les ministres énumèrent les difficultés qui restent encore à surmonter, notamment « de graves lacunes en matière de gouvernance, d’Etat de droit et de protection des droits de l’Homme ; l’expansion de la menace terroriste, de la violence extrémiste et de la criminalité organisée, y compris de la traite des êtres humains, le changement climatique ayant un effet négatif sur les ressources naturelles et alimentant les conflits locaux ; une pauvreté endémique, une forte dynamique démographique et une faible cohésion socio-économique ; ces éléments contribuent à l’aggravation de l’insécurité alimentaire, à l’augmentation de la pression migratoire et à la dégradation de la situation humaine ». La réunion du 14 mai avec les pays membres du G5 témoigne de la « priorité stratégique [qu’est le Sahel] pour l’UE et ses Etats membres ». Cet événement fait écho à la récente participation de la chancelière allemande, Angela Merkel, le 1er mai dernier, à un sommet du G5 Sahel sur les questions du terrorisme et de l’opérationnalisation de la force conjointe.

La réunion ministérielle annuelle entre le G5 Sahel et la Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Frederica Mogherini prévue à Ouagadougou en juillet 2019 permettra de faire un nouveau bilan de la situation dans la bande sahélo-saharienne et d’ajuster la mise en œuvre des actions en cours. Est également attendue l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies, en juin prochain, du renouvellement du mandat de la MINUSMA qui se veut être à la hauteur des enjeux du théâtre de la guerre contre le djihadisme en Afrique.

Mali : prorogation de l’Etat d’urgence

Le président malien Ibrahim Boubacar KEITA.
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L’Etat malien a adopté mercredi 24 octobre, en conseil des ministres, la prolongation de l’état d’urgence pour une année supplémentaire, à compter du 31 octobre 2018.

Depuis 2015, le Mali est en situation d’état d’urgence, conséquence de l’attentat contre l’hôtel Radisson Blu de Bamako le 20 novembre ayant fait 20 victimes et revendiqué par le groupe terroriste Al-Mourabitoune. L’état d’urgence permet aux forces de sécurité maliennes d’intervenir en matière de fouilles, de restrictions de circulation et de rassemblements. En octobre 2017, il a été prolongé d’une année supplémentaire, permettant selon le gouvernement de « renforcer les mesures de prévention, de proroger les effets des poursuites judiciaires liées à l’état d’urgence et d’accroitre les actions de contrôle et les capacités opérationnelles des forces de sécurité sur le territoire national ».

Deux mois après la réélection du Président Ibrahim Boubacar KEITA, qui a fait de la sécurité malienne sa priorité, la prorogation de l’état d’urgence jusqu’au 31 octobre 2019 est apparue comme « nécessaire » selon le communiqué du gouvernement malien.

Le nord du pays, en proie aux revendications jihadistes depuis le début de 2012, a fait l’objet d’une intervention internationale à l’initiative de la France. Aujourd’hui encore, l’ONU intervient au Mali à travers la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali), appuyée par la force Barkhane. La mission de l’ONU a également été prorogée jusqu’au 30 juin 2019.

Toutefois, la stabilité au Mali reste un objectif lointain et des zones échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et onusiennes. Ces dernières font régulièrement l’objet d’attaques malgré la signature d’un accord de paix censé isoler les jihadistes. Début octobre 2018, un militaire malien mais également des civils ont péri lors d’une embuscade tendue par les jihadistes au Nord du pays. Cette attaque succède celle de Gao du 1erjuillet 2018, ayant causé la mort de deux civils et visant trois véhicules blindés de la force Barkhane. L’état d’urgence n’a donc pas permis de contenir les violences. Pire, elles se sont propagées du Nord en direction du centre et du Sud du pays. Le Burkina Faso et le Niger, pays voisins, sont également victimes de cette contagion et de conflits intercommunautaires. Les multiples facteurs d’instabilité au Mali mêlent luttes interethniques et terrorisme jihadiste. Les quinze millions de Maliens se divisent en groupes ethniques. Parmi eux, les Bambaras, les Songhaïs et les nomades constitués des Peulhs, des Touaregs et des Maures.

Le communiqué ne précise pas les moyens supplémentaires mis en œuvre pour endiguer l’instabilité lors de cette année supplémentaire d’état d’urgence. Depuis le début de l’année 2018, les Nations Unies estiment à plus de 500 le nombre de civils morts dans les violences intercommunautaires dans le centre du pays. Depuis le déploiement de la MINUSMA, plus de cent casques bleus ont également perdu la vie.

28° SMHES – Au cœur de Naval Group et de la 3ème division « Monsabert »

Les auditeurs de la session 2017-2018 méditerranéenne des hautes études stratégiques ont été accueillis le 15 mars 2018 sur le site d’Ollioules par monsieur Julien Mifsud, directeur et DRH du site.

Situé au cœur du Technopôle de la Mer, le site Naval Group de Toulon-Ollioules est le centre névralgique des activités de haute technologie du Groupe et plus largement des systèmes navals de défense made in-France. Naval Group rassemble à Ollioules plus de mille cadres et ingénieurs spécialisés dans le développement de systèmes de combat complexes équipant les navires militaires.

Avant de visiter le showroom, vitrine des évolutions technologiques développées par Naval Group au profit des prochaines frégates et sous-marins de la Marine nationale, les auditeurs ont profité d’une présentation des grands enjeux de Naval Group face à la concurrence internationale. Malgré d’excellents résultats financiers, le Groupe est en effet confronté à une concurrence acharnée des acteurs industriels européens et mondiaux. Si des partenariats ont été trouvés, tels celui passé avec Fincantieri, illustré par le lancement quasi-simultané des frégates Antonio Marceglia et Normandie, l’arrivée de nouveaux constructeurs, turc ou chinois nécessite d’être toujours à la pointe de la technologie et de l’innovation, qualités qui caractérisent les fleurons de Naval Group, tels que la corvette Gowind, déjà commandée à plus d’une dizaine d’exemplaires, ou la frégate de taille intermédiaire Belh@rra.

L’évocation de cette frégate « numérique » introduisait tout naturellement aux présentations dédiées aux technologies de l’information, avec une visite consacrée à la nouvelle infrastructure navale embarquée ACCESS (Afloat Common Computing Evolutive and Secured System Project) qui sera mise en œuvre de façon native sur cette frégate. Les auditeurs ont achevé cette journée par une présentation de la vision Naval Group de la cybersécurité, caractérisée par la création récente du CSIRT (Computer Security Information Response Team), équipe d’une dizaine d’ingénieurs dédiée à l’anticipation et à l’analyse de la menace et à la réponse aux incidents.

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La journée du 15 mars s’est achevée par une conférence donnée par monsieur Moïse Moyal, référent sécurité des systèmes d’information pour la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur à l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information). Créée par le décret n° 2009-834 du 7 juillet 2009, l’ANSSI assure la fonction d’autorité de défense et de sécurité des systèmes d’information. Elle a notamment pour mission de proposer les mesures destinées à répondre aux crises affectant ou menaçant la sécurité des systèmes d’information des autorités publiques et des opérateurs d’importance vitale mais également de proposer les mesures de protection des systèmes d’information.

L’importance de ces missions essentielles à la sécurité nationale a été souligné par l’étude d’impact annexée au projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025 : « à l’issue de la révélation d’une vulnérabilité majeure affectant les systèmes Windows, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information avait réalisé début 2017 des tests techniques lui permettant d’identifier plusieurs milliers d’adresses IP vulnérables en France. L’agence avait alors demandé aux opérateurs de communications électroniques d’alerter les détenteurs des systèmes concernés, mais n’a reçu aucun engagement de la part de ces derniers. Quelques mois plus tard, le code malveillant WannaCry utilisait cette même vulnérabilité pour se propager massivement en France. »

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Après une journée centrée sur les nouvelles technologies, le 16 mars 2018 a remis l’homme au cœur du système avec une visite de l’état-major de la 3ème division, établi au quartier Rendu, dans le 9ème arrondissement de Marseille. L’ancre de marine conservée à l’entrée du quartier rappelle que le 72ème régiment (puis bataillon) d’infanterie de marine a occupé les lieux de 1991 à 2009.

Créée le 20 juin 2016 dans le cadre du projet « au contact » de l’armée de terre, la 3ème division Scorpion reprend les traditions de la 3ème division d’infanterie algérienne, qui avait libéré la cité phocéenne en 1944, emmenée par le général Joseph de Goislard de Monsabert. Elle engerbe sous les ordres du général de division Bruno Guibert trois brigades, la 11ème brigade parachutiste, la 6ème brigade légère blindée et la 2ème brigade blindée.

Accueillis par le général de brigade Michel Ledanseur, les auditeurs ont bénéficié d’une présentation générale des récentes évolutions de l’armée de terre et de l’activité de la 3ème division, complétant ainsi les éléments recueillis au Cannet-des-Maures en décembre 2017. Répondant totalement aux attentes de l’Institut FMES et à l’importance de montrer la réalité de l’action des forces armées, les officiers ont fait part de leur expérience au sein de la force Barkhane, mais également dans les entités de l’Union européenne (EUTM Mali) ou des Nations Unies (MINUSMA), offrant ainsi une superbe transition entre le séminaire de février, dédié à l’Union européenne, et celui d’avril, qui se déroulera au Palais des Nations de Genève.

De ces deux journées, c’est sans doute la vidéo présentée dans un silence de cathédrale par le GB Michel Ledanseur qui aura le plus marqué nos auditeurs, qui pendant 1 minute et 15 secondes, auront partagé la vie de nos forces spéciales.

VA(2S) Alain Christienne, directeur du centre méditerranéen des études stratégiques.

Algérie – 2016 03 03 – Terrorisme et Libye, l’Algérie en première ligne – Le Point Afrique

L’Algérie fait face à plusieurs défis sécuritaires intenses. D’abord, sur son flanc est, empêcher la Libye de devenir un « Libyenistan », selon l’expression du Premier ministre Abdelmalek Sellal, tout en surveillant d’un œil attentif les turbulences du voisin tunisien dont la révolution dite de Jasmin n’en finit pas de faner. Sur le plan interne se profile désormais une crise économique et sociale alors que le prix du baril est tombé à un niveau si bas qu’il ne permet plus à l’État de continuer à acheter, à grands coups de subventions, la déjà très relative paix sociale. Akram Kharief, journaliste spécialisé dans les questions de sécurité et animateur du très bien renseigné site Secretdifa3.net, analyse pour Le Point Afrique les enjeux sécuritaires que connaît l’Algérie.

Nigeria – 2015 03 25 – En attendant l’intervention en Libye, la guerre contre Boko Haram, par R. Marchal – CERI

Enfin, diront certains. Après des années de relative indifférence, face à l’inaptitude des forces de sécurité nigérianes à endiguer les actions terroristes de Boko Haram, les pays de la région se liguent pour porter un coup décisif à un mouvement ultra-violent qui sévit non seulement dans le Nord-Est du Nigeria mais qui a pris ses aises au Cameroun et au Niger et menace le Tchad. Embuscades ou assassinats ici et là, …