bande de Gaza

Un cessez-le-feu à Gaza après une nouvelle vague de violence

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Lundi 6 mai, à l’issue d’un regain de violence, inédit depuis 2014 dans la région t qui a causé la mort de 31 Palestiniens et de 4 Israéliens, un cessez-le-feu a été décrété autour de la bande Gaza.

Samedi 4 mai, les roquettes gazouies ont marqué le premier jour de cette nouvelle escalade de tensions. Face aux 700 roquettes palestiniennes, 250 missiles israéliens ont été tirés. Faisant redouter la perspective d’un quatrième conflit ouvert depuis 2008, cet événement représente la plus grave vague de violence de ces cinq dernières années. De nombreuses réactions de la communauté internationale ont marqué le weekend, et en premier lieu de l’Organisation des Nations unies. Son Secrétaire général, Antonio Guterres, a condamné dimanche « avec la plus grande fermeté le lancement de roquettes depuis Gaza » et a exhorté toutes les parties à « faire preuve de la plus grande retenue ». Le président américain Donald Trump a dénoncé les attaques palestiniennes et a affirmé son soutien « à 100% » à l’Etat d’Israël. Le président Emmanuel Macron a quant à lui déclaré : « La France soutient la médiation de l’ONU et de l’Égypte. Je réaffirme le droit d’Israël à la sécurité, et la légitimité des aspirations du peuple palestinien. » Ankara s’est démarqué en condamnant « les attaques d’Israël contre Gaza », qualifiées d’« actes disproportionnés », sans jamais évoqué les tirs de roquettes depuis la bande de Gaza.

La région a connu plusieurs épisodes d’embrasement depuis plus d’un an avec un scénario similaire : une campagne de frappes aériennes mesurée de l’Etat hébreu est commandée en réaction aux tirs palestiniens. La situation dans la bande de Gaza, victime d’un blocus, est dans l’impasse. Si le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a accepté en novembre dernier le transfert d’une aide financière émanant du Qatar, l’absence d’un nouveau transfert a engendré des tensions ces dernières semaines. Le Hamas, confronté à la détresse sociale des habitants de la bande de Gaza, a ainsi réprimé des manifestations contre le coût de la vie. S’agissant de l’Etat hébreu, les différentes factions gazaouies considèrent que seule la violence est capable d’engendrer une réaction d’Israël.

Dans la nuit de dimanche à lundi, un cessez-le-feu a été négocié. Le Caire a assuré la médiation entre les deux entités dès les premiers tirs de roquettes, convoquant les deux principales factions armées de la bande de Gaza, le Hamas et le Jihad islamique dont les actions menacent le dernier accord en date de mars 2019.

La trêve, qui intervient le premier jour du Ramadan, s’explique par l’organisation du concours de l’Eurovision, dont la finale doit se tenir le 18 mai à Tel Aviv. Pour l’Etat hébreu, les tensions avec les Palestiniens ne doivent pas ternir cet événement incarnant un enjeu de visibilité à l’échelle internationale. En effet, il s’agit d’un événement médiatique réunissant plus de 200 millions de téléspectateurs. Toutefois, pour ne pas attiser davantage les critiques de l’opinion publique israélienne, Benjamin Netanyahou n’a pas prononcé le terme de cessez-le-feu et déclare que : « la campagne n’est pas terminée (…). Nous sommes prêts à continuer ».

Le cessez-le-feu représente par la même un intérêt côté palestinien. En effet, les représailles israéliennes se sont manifestées par raids aériens menés sur des positions militaires et sur des bureaux du Hamas et du Jihad islamique.

En somme, l’accord prévoit des mesures d’allègement du blocus imposé à l’enclave de Gaza. Du côté palestinien, le mouvement islamiste réclame des mesures avec l’entrée de dons émanant du Qatar afin de financer, entre autres, les salaires des fonctionnaires du Hamas. Si cet accord promet un apaisement, il n’en reste pas moins fragile. Les précédentes trêves n’ont permis que quelques semaines de calme, les deux parties s’accusant mutuellement de ne pas respecter les engagements pris. A ce titre, les mesures acceptées par l’Etat hébreu sont impopulaires et ont conduit, en novembre dernier, à la démission du ministre de la Défense. Il ne fait nul doute que dans un contexte de formation d’une coalition, l’accord négocié ne sera pas une priorité pour Israël.