Armées

Projet de Loi de finances 2019 : quid des armées ?

Le Président Emmanuel MACRON accompagné de la ministre des Armées Florence PARLY et le chef d’état-major des armées, à Istres en juillet 2017
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« Cet effort financier exceptionnel dans un contexte de redressement des finances publiques répond au besoin de transformation et d’adaptation des armées dans un environnement stratégique durablement instable et incertain, marqué par l’émergence de nouvelles formes et de nouveaux espaces de conflictualité. »

Le projet de Loi de finances 2019 explique le renforcement des moyens de l’armée. Présenté en Conseil des ministres lundi 24 septembre, le projet de loi de finances 2019 poursuit la transformation du modèle social et permet une baisse d’impôt de 6 milliards d’euros pour les ménages. Ce projet répond surtout aux priorités fixées par le Président de la République en matière de défense et d’armement.

En juin dernier, la Loi de programmation militaire (LPM) a été votée pour la période 2019-2025 et promettait une augmentation du budget de la Défense à hauteur de 1,7 milliard d’euros pour l’année 2019, pour atteindre 35,8 milliards d’euros, ce montant ne concernant pas les pensions militaires versées. Le projet de loi de finances 2019 répond sans surprise à la LPM qui prévoit un effort inédit de 198 milliards d’euros au profit des armées jusqu’en 2023 : le budget devrait augmenter de 1,7 milliards d’euros par an puis de 3 milliards par an à partir de 2023.

Ce financement exceptionnel répond à la promesse faite par le Président de la République de porter l’effort de défense à 2% du PIB en 2025. Il s’agit de combler les besoins immédiats des armées tout en préparant l’avenir en vue de réaliser l’Ambition 2030, prônée par le Président MACRON.

En sus d’un budget plus important, le projet de loi dote les armées de moyens plus importants. En 2019, 18 avions, 16 drones, 5 navires et 639 véhicules seront livrés aux forces françaises.

Cette confirmation de la LPM fait office d’un effort de rattrapage et émane alors que l’armée française est déployée sur plusieurs à travers le monde. Le coût des opérations extérieures est davantage pris en considération. En effet, alors qu’elles coûtent plus d’un milliard d’euros, 450 millions seulement étaient prévus pour les financer pour l’année 2017. Concernant l’année 2018, le montant atteint 650 millions.

Interventions extérieures de la France : renforcer l’efficacité militaire par une approche globale coordonnée

La France est engagée depuis 2008 dans de nombreuses opérations extérieures (OPEX).

Cet engagement s’inscrit dans une tradition interventionniste ancienne qui repose sur une responsabilité particulière de la France au nom des valeurs qu’elle porte, en tant que membre du conseil de sécurité des Nations unies, de son histoire et de ses intérêts, du maintien de son influence et des impératifs de sa sécurité.

Force est de constater que, depuis 2011, des opérations majeures en terme de durée et d’intensité ont été menées parfois simultanément : Harmattan, depuis le large des côtes libyennes, du 18 mars 2011 au 31 janvier 2012, Serval, au Mali du 11 janvier 2013 au 1er août 2014, à laquelle a succédé Barkhane étendue à la bande sahélo-saharienne, toujours en cours, Sangaris en République centrafricaine, lancée le 5 décembre 2013 qui devrait arriver à son terme d’ici la fin de l’année 2016 et Chammal en Irak et en Syrie, lancée le 8 août 2014, toujours en cours.

Ce niveau d’engagement inédit mérite une attention particulière.

Ces opérations répondent-elles aux objectifs et aux finalités assignées ? Sont-elles menées dans un cadre légal ou légitime au regard du droit international ? La France dispose-t-elle, pour les mener à bien, d’une autonomie suffisante ? Le contrat capacitaire de ses forces armées permet-il d’aboutir à l’effet militaire recherché ? L’outil militaire est-il en mesure d’apporter une solution durable aux crises justifiant les interventions ? Le coût budgétaire des opérations extérieures est-il trop élevé et à qui incombe-t-il de le supporter ? Le contrôle parlementaire sur les opérations est-il suffisant ? C’est à l’aune des réponses à ces questions qu’un bilan pourra être tiré de huit années d’interventions militaires extérieures. Huit années, car il a paru pertinent au groupe de travail de travailler sur une période englobant deux Livres blancs sur la sécurité et la défense nationale et deux lois de programmation militaire qui sont les documents de référence qui encadrent la politique de la défense.