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Algérie : espoir et incertitudes – par Mustapha BENCHENANE

Un article de Mustapha BENCHENANE, docteur d’Etat en science politique, conférencier au Collège de l’OTAN et éditorialiste à l’institut FMES.

Manifestation à Alger, le 22 mars 2019.
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Le « Printemps arabe » (à partir de 2011) a concerné plusieurs États arabes, de la Tunisie à la Syrie, de l’Égypte au Yémen. Il s’agissait soit de révoltes – Tunisie, Égypte, Bahreïn – soit de guerres civiles – Syrie, Libye, Yémen. Le Maroc a fait face en maintenant le mouvement qui s’était constitué dans des limites étroites en se servant d’arguments à caractère religieux : le roi « Commandeur des croyants » et « descendant du Prophète ». Quant à l’Algérie, tout le monde s’interrogeait : « pourquoi rien ne se passe dans ce pays ? « .

La singularité algérienne :

 Ceux qui s’étonnaient ainsi avaient oublié deux choses : d’une part l’Algérie avait vécu avant tous les autres « son » printemps, en octobre 1988. Cette année-là, des émeutes avaient éclaté dans plusieurs villes d’Algérie et l’armée avait tiré sur le peuple alors qu’elle se présentait comme « Armée Nationale Populaire  » (ANP). De ces événements est née une singularité algérienne : c’est le pouvoir qui a octroyé des libertés : dans la presse, l’opinion publique, les partis politiques. Il a fait preuve d’intelligence : la liberté d’expression comme soupape de sécurité et non une menace pour le régime. D’autre part, on ne peut pas comprendre l’inertie du peuple algérien, si l’on n’a pas à l’esprit la décennie tragique des années 1990 : un conflit interne au cours duquel la violence, sous toutes ses formes, s’est déchaînée et a frappé sans quartier tout le peuple de ce pays. Ce traumatisme profond explique en grande partie la torpeur, la léthargie dans lesquelles était plongée la population de ce pays. La candidature de A. Bouteflika pour un cinquième mandat a eu l’effet d’un électrochoc salutaire : des millions d’Algériens se sont réveillés et se sont mis en marche pour s’opposer à un diktat révélateur, selon eux, du mépris dans lequel les gouvernants les tenaient.

Tout ce qui a été si longtemps refoulé, mis sous le boisseau, resurgit mais pacifiquement jusqu’à présent. Les Algériens qui souffraient « chacun pour soi » redécouvrent qu’ils sont capables de vouloir, ensemble, la même chose : le départ du président.

L’armée, arbitre et décideur.

La singularité algérienne, c’est aussi la place et le rôle de l’armée. En effet, depuis 1962, elle est l’épine dorsale du régime qu’elle incarne.

Pour autant, l’approche réductrice de ceux qui se contentent d’affirmer : « le régime des généraux corrompus qui détournent à leur profit la rente pétrolière », ne recouvre pas la réalité dans toute sa complexité. D’une part, l’armée n’est plus un monolithe. Tous les généraux ne sont pas corrompus et, dans ce domaine, la société civile est elle aussi atteinte par ce mal. D’autre part, l’ANP de 2019 n’est plus celle que dirigeait le président Boumediene qui était son chef, reconnu comme tel par tous.

L’Armée Nationale Populaire (ANP) s’est toujours présentée comme « la digne héritière de la glorieuse Armée de Libération Nationale » (ALN). C’est par l’armée, grâce à elle et par elle que s’est constitué l' »État » algérien depuis l’indépendance. Elle était la seule force organisée. L’armée algérienne n’est donc pas la « grande muette » comme c’est le cas en France et dans les pays à régime démocratique. Elle a ouvertement procédé à plusieurs coups d’État : le premier, dès 1962 contre le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA), puis en juin 1965 quand le chef de l’ANP, le colonel Boumediene, a renversé le Président Ahmed Ben Bella. Elle est de nouveau intervenue en 1992 lorsque les « islamistes » du Front Islamiste du Salut (FIS) ont remporté le premier tour des élections législatives. Elle a empêché le déroulement du second tour. Son rôle a été vital pour le pays durant la décennie 1990 dans la lutte contre le terrorisme « islamiste ». Il ne faut donc pas s’étonner de la voir intervenir aujourd’hui encore dans le champ politique par les déclarations du chef d’état-major Gaïd Salah qui réclame l’application de la Constitution pour faire partir A. Bouteflika. Ce faisant, il viole lui-même la Constitution car selon cette « loi suprême » ce n’est pas à lui qu’incombe une telle initiative mais au président du Conseil constitutionnel. En fait, et cela en quelques semaines, il y a eu deux coups d’État : d’abord la décision de reporter les élections, ensuite l’intrusion du Général Gaïd Salah pour obtenir le départ de son chef. Selon la Constitution, le Conseil constitutionnel aurait dû se réunir « de plein droit » et proposer à l’unanimité au Parlement de déclarer l’état d’empêchement du Président de la République (article 88). Mais on risque de ne pas comprendre grand-chose au fonctionnement de ce régime si l’on s’en tient à la référence au Droit.

Un mouvement sans boussole :

 La Constitution en tant que concept qui fonde la légitimité du pouvoir politique est un produit d’importation dans le « Monde musulman » et pas seulement en Algérie. Ces pays se sont dotés de cette « loi fondamentale » d’où découle tout l’édifice institutionnel, sans en avoir l’intelligence. Ce qui prévaut dans ces pays est aux antipodes de l’État de droit. En effet, un pouvoir qui ne respecte aucune règle inflige une forme de violence au peuple qui se sent méprisé, humilié. À partir de cette réalité qui, tôt ou tard, devient insupportable, le meilleur et le pire peuvent advenir. Dans le premier cas, un changement de régime sans effusion de sang. Dans la seconde configuration, la plus effroyable, une guerre civile comme c’est le cas en Syrie. Cette tragédie pourrait être épargnée au peuple algérien, car il a la mémoire de ce qui s’est passé durant la décennie 90, c’est à dire un conflit interne qui a mené le pays au bord de l’implosion. Il convient aussi d’avoir à l’esprit une réalité : ceux qui manifestent contre le régime ne sont pas forcément tous des démocrates…Les plus nombreux se révoltent parce qu’ils n’en peuvent plus de vivre dans un pays où, selon leur perception, il y a d’un côté ceux qui s’enrichissent, souvent par la corruption, alors que d’autres sont condamnés au chômage et, pour certains, à braver la mort en traversant la Méditerranée dans des « coquilles de noix ». En tout état de cause, il ne s’agit pas d’une révolution. En effet, il manque le substrat intellectuel, culturel. Par exemple, les changements politiques majeurs – les révolutions – en Europe, en particulier en France (1789), ont été préparés en amont par la philosophie des Lumières. Il y a eu aussi une alliance de forces politiques qui avaient le même objectif. Des leaders ont émergé de ce mouvement irréversible, et ils avaient un programme propre à mobiliser le plus grand nombre de personnes. Ce n’est le cas ni en Algérie, ni dans aucun pays dit du « printemps arabe ». Souhaitons néanmoins que ces événements constituent l’une des étapes du long et difficile processus d’apprentissage de la culture démocratique.

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Quelle sera l’issue de ce mouvement ? Pour l’heure, il semble irréversible car le peuple algérien a réussi à extirper de son esprit la peur qui le paralysait. Mais tant qu’il sera inorganisé, sans programme et sans leader, il ne représentera pas une véritable alternative à la situation qui prévaut depuis des décennies, c’est à dire bien avant l’arrivée au pouvoir de A. Bouteflika en 1999. L’Algérie indépendante n’a produit ni femmes, ni hommes d’État. Elle souffre de l’incompétence et de la corruption de la plupart des membres de sa « classe politique ». Cette corruption concerne la société dans son ensemble. Le mal est profond et seul un changement des mentalités constituerait le remède approprié. Mais pour cela, il serait urgent de revoir de fond en comble le système éducatif. Dans ce domaine, vital pour l’avenir du pays, il y a de nombreuses oppositions, celle des « islamistes » n’étant pas la moindre. On retrouve alors le problème de l’identité dont la caractéristique est la fragmentation qui semble « oubliée » dans l’élan lyrique de la révolte contre le régime.

Algérie : Bouteflika lâché par l’armée et son camp

Ahmed Gaïd Salah et Abdelaziz Bouteflika. Tous droits réservés.

Ces dernières semaines, l’élection présidentielle a suscité en Algérie une vague de mobilisations pacifiques sans précédent. Après avoir annoncé sa candidature pour un cinquième mandat, le président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999 et lourdement affaibli des suites d’un AVC, , a finalement renoncé tout en décidant du report des élections. Cette situation inédite d’un maintien au pouvoir ne satisfait pas les Algériens.

Après cinq vendredis de mobilisation populaire et une pression de la rue grandissante, le camp du président est ébranlé. Mardi 26 mars, l’armée algérienne, par la voix de son chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, lors d’un discours retransmis à la télévision, a proposé que le président algérien soit déclaré inapte et qu’une procédure d’empêchement à son encontre soit lancée. Le chef d’état-major propose ainsi l’application de l’article 102 de la Constitution qui stipule que « lorsque le Président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose, à l’unanimité, au Parlement de déclarer l’état d’empêchement ». Ahmed Gaïd Salah considère qu’« il devient nécessaire, voire impératif d’adopter une solution pour sortir de la crise, répondant aux revendications légitimes du peuple algérien, et garantissant le respect des dispositions de la Constitution et le maintien de la souveraineté de l’Etat ».

La déclaration du général Ahmed Gaïd Salah surprend tant il incarnait l’un des alliés les plus fidèles d’Abdelaziz Bouteflika, qui l’avait nommé en 1994 chef d’état-major et a fait de lui l’un des hommes les plus incontournables du pays. Egalement vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah avait juré de servir le président jusqu’à sa mort. Depuis le début des manifestations, il s’était fait l’arbitre de la situation et multipliait ses déplacements dans les régions algériennes.

La solution prônée par l’armée est saluée par le parti du Rassemblement national démocratique (RND), principal allié d’Abdelaziz Bouteflika et membre de la coalition au pouvoir. Le dirigeant n’est autre qu’Ahmed Ouyahia, ex-Premier ministre récemment limogé. Mercredi 27 mars, le RND publie un communiqué dans lequel il « recommande la démission du président de la République (…) dans le but de faciliter la période de transition » en réponse aux événements qui « confirment le rejet de la rue pour la feuille de route proposée par le président ». Le même jour, des membres du comité central du Front de libération nationale (FLN), parti du président, ont également apporté leur soutien à la déclaration du général Salah relatif à l’article 102. A Alger, l’étau se resserre autour du clan présidentiel, lâché par ses soutiens historiques.

L’empêchement réclamé par le général Salah donnerait à l’armée – qui est déjà au pouvoir et est partie intégrante du système actuel – l’occasion d’assurer la transition et ne laissera que peu de temps à la société algérienne pour se mobiliser. Face à la tournure que prennent les événements, l’opinion publique algérienne se montre sceptique et rejette ce qu’elle considère comme un coup de force et une immixtion de l’armée. Ainsi, les appels à manifester se multiplient, la solution prônée par Ahmed Gaïd Salah ne répondant pas aux nombreuses protestations dans les villes algériennes qui expriment la volonté d’un changement de régime et pas seulement le départ du président actuel.

C’est au Conseil constitutionnel, réputé proche du pouvoir et du président, que l’avenir politique de l’Algérie se jouera dans les prochains jours. En effet, l’organe devra se prononcer sur la mise en œuvre de l’article 102.

 

Intervention des forces françaises au Tchad : les explications de la ministre des Armées

 

Florence Parly.
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Le 20 février 2019, la ministre française des Armées, Florence Parly, s’est exprimée devant la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat à propos de l’intervention de la France au Tchad.

En effet, au début du mois de février 2019, les autorités tchadiennes ont demandé à Paris d’intervenir afin de lutter contre des groupes armés venus de Libye. Du 3 au 6 février dernier, les forces armées françaises sont intervenues dans le nord-est du pays, à l’aide d’avions déployés dans le cadre de l’opération Barkhane. Le Parlement a été officiellement informé conformément à l’article 35 de la Constitution de 1958. En sus des liens historiques entre Paris et N’djaména, la stabilité dans cette région fragile est un enjeu majeur pour la France. A ce titre, Idriss Déby, Président tchadien au pouvoir depuis 28 ans est un allié stratégique et un gage de stabilité.

A l’issue de l’opération, le ministère des Armées a fait savoir que ses forces sont parvenues à empêcher l’incursion d’une cinquantaine de pickups, rappelant que « les forces armées tchadiennes sont un partenaire essentiel de la France dans la lutte contre le terrorisme, tant au Mali, au sein de la Minusma, qu’au sein de la force conjointe du G5 Sahel qu’au travers de son engagement contre Boko Haram ». N’djaména accueille en effet la flotte française d’avions de chasse ainsi que le poste de commandement de l’opération Barkhane.

Face aux interrogations suscitées par cette action « conforme au droit international », Florence Parly a précisé devant le Sénat : « notre aide a d’abord pris la forme de renseignements, puis de démonstrations de forces (…) destinés à impressionner l’adversaire. Dans un troisième temps, nous avons procédé à des frappes aériennes pour arrêter la progression de cette colonne, qui s’était enfoncée ». S’agissant de l’opération Barkhane, elle poursuit : « Cette intervention est sans rapport avec l’opération Barkhane, dont le mandat consiste à lutter contre le terrorisme au Sahel ». Alors que l’intervention au Tchad est pour le moment « interrompue », la ministre des Armées estime qu’elle est « juste ».

L’action française s’inscrit dans une logique de lutte contre les foyers terroristes dans la région. La déstabilisation d’un pays impliqué dans ce combat aurait des conséquences inquiétantes pour toute la région, la France tient donc à éviter un tel scénario.

Si l’action militaire a permis d’éviter une incursion ennemie, Florence Parly se dit toutefois « convaincue que la solution au Sahel n’est pas militaire, mais politique ». L’aide au développement, l’organisation d’élection libres et la prise de conscience des dirigeants locaux sont des objectifs à atteindre pour parvenir à sécuriser la région.

EDEX 2018 : Premier salon de l’armement en Egypte

 

Le président égyptien Abdel Fattah AL-SISSI au salon EDEX 2018, le 3 décembre 2018.
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Le président égyptien Abdel Fattah AL-SISSI a inauguré, lundi 3 décembre 2018, au Caire, EDEX 2018, le premier salon de l’armement organisé en Egypte. D’une durée de 3 jours, cet événement de grande ampleur a pour dessein de participer au rayonnement de l’Egypte sur la scène internationale. Le ministre égyptien de la Production militaire, Mohamed AL-ASSAR a déclaré aux journalistes que « ce salon renvoie à la force du pays » et qu’une telle démonstration est destinée aux « partenaires occidentaux pour les inciter à produire du matériel militaire en Egypte ».

L’Egypte est la première puissance militaire d’Afrique et l’une des premières puissances militaires de la région moyen-orientale. Les Etats-Unis comptent le plus grand nombre d’entreprises étrangères représentées. Près de 40 délégations et plus de 400 entreprises participent à ce salon.

Florence PARLY, ministre française des Armées, était aux côtés du président égyptien AL-SISSI lors de l’inauguration, lundi 3 décembre. Parmi les entreprises françaises présentes, se trouvent les grands groupes français tels que Dassault Aviation, Airbus, Naval Group ou encore MBDA. De plus petites entreprises étaient également présentes, à l’instar de Sterela, entreprise toulousaine spécialisée dans la fabrication de cibles pour les entrainements à tirs réels.

L’Egypte représente un marché important pour la France. La coopération militaire entre Le Caire et Paris s’est renforcée depuis l’arrivée au pouvoir du président Abdel Fattah AL-SISSI en juin 2014. Les ventes françaises ont permis à l’armée égyptienne de moderniser son arsenal, l’Egypte étant un partenaire de la France dans la lutte antiterroriste. Près de 6 milliards d’euros de contrat d’armement ont été conclus depuis 2015. De nombreuses unités de construction française (Naval Group) ont renforcé l’ordre de bataille naval égyptien. Outre les deux bâtiments de projection de type Mistral Gamal Abdel Nasser et Anouar el-Sadate acquis par Le Caire en 2016, la marine égyptienne compte dans ses rangs la frégate de type FREMM Tahya Misr, livrée le 23 juin 2015 et la corvette de type Gowind El Fateh. Les trois autres corvettes du programme seront construites en Egypte, répondant aux vœux de Mohamed AL-ASSAR. Selon un rapport publié par le ministère des Armées, la région du Moyen-Orient a représenté plus de 60% des exportations de systèmes d’armements français pour l’année 2017 (3,9 milliards d’euros).

Une étude de l’institut de recherche suédois Sipri a démontré que les ventes d’armes au Moyen-Orient ont doublé ces dix dernières années. Durant la période 2013-2017, la région représente environ 32% des importations mondiales. Le marché est dominé par les Etats-Unis, suivis de la Russie et de la France.

La présence française au salon EDEX 2018 a alerté les organisations des droits de l’homme internationales qui accusent le régime du président SISSI d’utiliser ces armements contre des civils pour réprimer les opposants et les activistes politiques. Paris est régulièrement interpellé par des ONG telles qu’Amnesty International ou la Fondation Internationale de la Ligue des droits de l’homme sur ses ventes d’armes à l’Egypte. L’Egypte et la France réfutent ces accusations. Pour Jean-Jacques BRIDEY, président de la commission de la défense à l’Assemblée nationale et présent au Caire, « l’Egypte est un partenaire stratégique pour la France » et ces matériels ne sont pas « des matériels de répression contre la population civile ».

Afrique – 2014 05 25 – « Défense et sécurité en Afrique : quel couple ? », par Jean-Jacques Konadje – Diploweb.com

Continent à la fois riche et appauvri, l’Afrique se définit la plupart du temps par son contraste saisissant. Qualifiée souvent de « scandale géologique », le berceau de l’humanité semble subir la malédiction de ses matières premières et de ses ressources minières. Et pour cause, depuis les indépendances, le continent n’a cessé d’être le théâtre de guerres et de crises qui ont jalonné son histoire et porté régulièrement un frein à son développement…