Arabie saoudite

Guerre au Yémen : catalyseur des tensions entre Arabie saoudite et Emirats arabes unis

Des séparatistes à Aden. 29 août 2019. Tous droits réservés.

Le mardi 3 septembre, un rapport des Nations unies, qui sera présenté au cours de la prochaine session du Conseil des droits de l’homme du 9 au 27 septembre, fait état des multiples « crimes de guerre » dans le pays commis par les diverses parties.
Depuis 2015 et l’éclatement du conflit, la guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts et a durement éprouvé les civils. Pour l’ONU, il s’agit de la « pire crise humanitaire au monde ».
Appelé autrefois « l’Arabie heureuse », le Yémen est aujourd’hui le pays le plus pauvre de la péninsule arabique. Embourbé dans des conflits internes depuis une cinquantaine d’années, il est aujourd’hui le théâtre d’une véritable guerre. En mars 2015, les Houthis, une faction minoritaire du chiisme appuyée par l’Iran et le Hezbollah libanais, ont pris le contrôle du palais présidentiel et de la capitale Sanaa. Le gouvernement d’Abdrabbo Hadi, d’abord replié à Aden puis réfugié en Arabie saoudite, demande l’aide de Riyad, son allié historique. Le royaume wahhabite, dirigé par le prince héritier Mohamed ben Salmane (MBS), met en place sous son commandement une coalition de pays arabes voisins pour combattre les Houthis et soutenir les forces loyales au Président Hadi. Sur le sol yéménite, l’Arabie saoudite se livre alors à une guerre par procuration avec l’Iran, son principal rival dans la région. Riyad et Téhéran se disputent en effet le leadership au Moyen-Orient et le conflit au Yémen s’inscrit dans un contexte d’escalade des tensions.
Depuis le mois d’août, un nouveau front s’est ouvert dans un Yémen déjà fragmenté. A Aden, les forces gouvernementales s’opposent aux séparatistes ayant pris le contrôle de la ville qui réclament l’indépendance du sud du pays. Les Emirats arabes unis, engagés dans le conflit depuis ses débuts et considérés comme un pilier de la coalition commandée par le royaume wahhabite, sont accusés d’aider une faction des séparatistes. Abou Dhabi se justifie en avançant avoir mené des raids aériens, notamment contre des « milices terroristes », dans un cas de « légitime défense ».
En juillet, l’émir ben Zayed (MBZ) avait annoncé la réduction de ses troupes, déplorant des pertes importantes en termes d’hommes – Abou Dhabi ayant envoyé un nombre conséquent de soldats sur le sol yéménite. Pour le New York Times, ce revirement des EAU démontre à quel point les combats pesaient lourdement sur l’alliance émirati-saoudienne, les deux Etats étant les plus gros contributeurs tant en moyen humain que matériel au sein de la coalition.
La situation au Yémen cristallise les tensions entre les deux grands pays du Golfe et fait la lumière sur les objectifs différents poursuivis par Riyad et Abou Dhabi. Si les deux pays partageaient, au début de la coalition, la volonté de remettre Hadi en place, désormais, leurs desseins divergent. Tandis que l’Arabie saoudite entend s’affirmer comme la puissance régionale dominante face à l’Iran en combattant les Houthis, les Emirats arabes unis, poursuivent un objectif territorial. Le sud du Yémen est en effet considéré comme une base permettant d’étendre l’influence émiratie en direction de la mer Rouge et de la corne de l’Afrique. A ce titre, les Emirats ont financé divers groupes séparatistes qui leur sont aujourd’hui favorables. La configuration du Yémen antérieure à la réunification de 1990 – correspondant à un pays scindé entre nord et sud – profiterait donc à Abou Dhabi, selon Gilles Gauthier, ancien ambassadeur de la France au Yémen. Ceci n’occulte en rien, pour Riyad, que les Houthis représentent une menace à la frontière sud.
Face aux « ingérences flagrantes des Emirats », le président Hadi a demandé à l’Arabie saoudite d’intervenir. Toutefois, il se heurte au silence de Riyad, qui se trouve très embarrassé par la dislocation de sa coalition.
Après des décennies de rivalités entre les Saoud et les Zayed, l’entente cordiale et respectueuse qu’entretiennent les princes héritiers MBS et MBZ apporte un nouveau souffle à la relation entre les deux pays constituant l’axe fort dans la région en incarnant des alliés symboliques et historiques. Les récents événements prouvent néanmoins les failles de cette alliance et percent au grand jour les différends opposant l’émirat et le royaume saoudien.
Or, l’Arabie saoudite, dans son combat contre les Houthis a tout intérêt à bénéficier de l’appui militaire des Emirats et devrait favoriser la réconciliation entre le gouvernement et les séparatistes. Dans une volonté d’afficher un front uni en dépit des divergences évidentes, les journaux d’Arabie saoudite et des EAU ont affirmé leur soutien mutuel face aux grands défis que connait la région. A ce titre, l’émirati MBZ a déclaré : « Les EAU et l’Arabie saoudite sont des partenaires. (…). Nos objectifs communs sont la sécurité des Emirats et de l’Arabie saoudite et la stabilité de la région. Nous partageons également un destin et un avenir communs ».
Ces tensions au sein du couple le plus puissant du Golfe bénéficie au rival qatari. En effet, pour le média Al Jazeera, le conflit yéménite est dans une impasse. La position des EAU au Yémen « fait partie d’une stratégie globale pour maintenir la nation la plus pauvre du monde arabe dans un état de faiblesse permanent afin de servir ses propres objectifs ». S’agissant du prince héritier MBS, il est, pour le journal qatari, empêtré dans des « sables mouvants » au Yémen : « incapable de remporter la victoire et incapable de quitter le pays ».
Le ministère français des Affaires étrangères condamne les attaques et affirme agir « en faveur d’une solution politique » en soutenant la position des Nations unies « en vue d’une reprise des discussions sur un accord politique global et inclusif ». Toutefois, la communauté internationale peine à s’imposer sur ce dossier crucial du bassin méditerranéen dont les conséquences géopolitiques peuvent avoir des répercussions sur le sol européen.

Carte du Yémen et forces en présence. Tous droits réservés.

Le Soudan suspendu de l’Union africaine alors que la situation se détériore

Une situation explosive au Soudan.
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Jeudi 6 juin, conformément à ses textes en cas de coup d’Etat, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a suspendu avec effet immédiat le Soudan des activités de l’organisation jusqu’à la mise en place d’une transition. : « Nous décidons, en tant que Conseil, de suspendre à compter de ce jour la participation de la République du Soudan à toutes les activités de l’Union africaine jusqu’à la mise en place effective d’une autorité civile de transition, qui est la seule voie pour sortir de la crise actuelle. » Au nom de l’UA, l’ambassadeur du Sierra Leone et président du Conseil de paix et de sécurité Patrick Kapuwa a déclaré : « Le Conseil imposera automatiquement des mesures punitives sur les individus et les entités qui ont empêché l’établissement d’une autorité civile »

Le 30 avril dernier à Tunis, l’organisation panafricaine avait fixé une période de 60 jours au Conseil militaire soudanais afin de remettre le pouvoir aux civils, faute de quoi le pays serait soumis à des sanctions – des interdictions de visas ou des mesures commerciales en particulier. La suspension fait suite à la quatrième réclamation d’une transition de l’UA depuis le 15 avril – quatre jours après le renversement du président Omar el-Béchir par les militaires à l’issue d’un mouvement de contestation.

Née en décembre 2018 autour du prix de pain, la contestation a pris de l’ampleur, détériorant l’état du pays. La décision de l’UA intervient quelques jours après une vague de répression inédite. En trois jours, au moins 108 personnes ont perdu la vie et plus de 500 ont été blessées selon un comité de médecins proches de la contestation. Ces attaques, perpétrées à l’issue d’un sit-in devant le siège de l’armée lundi 3 juin dans la capitale, sont attribuées à des « milices » appartenant au Conseil militaire. Toutefois, ce dernier a justifié « une opération de nettoyage » et a minimisé le nombre de morts.

Le dossier soudanais suscite l’intérêt de la communauté internationale. L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Egypte ont appelé au dialogue entre les deux parties du pays – armée et contestataires. En tant que soutiens de taille du Conseil militaire, ces derniers n’ont pas condamné la répression. Le soutien politique et financier du camp mené par l’Arabie saoudite s’explique par ailleurs par des motifs religieux. En effet, le Conseil militaire entend préserver la charia, en vigueur depuis le coup d’Etat du président déchu Omar el-Béchir en 1989. Toutefois, le reste de la communauté internationale a unanimement dénoncé ce « massacre », à l’exception  de la Chine et de la Russie. En effet, vendredi 7 juin, l’ONU et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont dénoncé les attaques ,qui ont notamment visé « les personnes dans le besoin, les agents de santé et les installations médicales ». La veille, Washington avait dénoncé ces attaques auprès des autorités saoudiennes en réaffirmant l’engagement des Etats-Unis en faveur d’une solution pacifique pour le pays. Le ministère des Affaires étrangères français se dit quant à lui également « préoccupé par l’évolution de la situation au Soudan » et condamne les violences commises.

En dépit des répressions, le mouvement de contestation appelle à poursuivre la mobilisation. Dénonçant des crimes contre l’humanité commis par les milices et face à la violence du régime en place, les manifestants menés par l’Association des professionnels soudanais (APS) – fer de lance de la révolution – soutiennent la voie de la grève et de la désobéissance civile « jusqu’au renversement du régime ».

L’absence de dialogue entre l’institution militaire et la population civile plonge davantage le pays dans l’instabilité et rend la situation d’autant plus explosive.

Réunion des membres de l’OPEP, à l’exception de l’Iran : la République islamique au cœur des débats

 

Réunion des principaux membres de l’OPEP, sans l’Iran, le tout sur fond de tensions dans le Golfe persique. Tous droits réservés.

Dimanche 19 mai, une réunion des ministres de l’Energie des principaux membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) s’est tenue dans la ville de Djeddah. Cette réunion a permis aux pays de l’OPEP de se coordonner afin de stabiliser le marché mondial du pétrole. En effet, les crises iranienne et vénézuélienne ont entrainé une baisse dans la production quotidienne de barils et une chute des exportations. Toutefois, les stocks de brut continuent d’augmenter selon le ministre de l’Energie saoudien, Khaled al-Faleh, malgré les tensions croissantes entre les Etats-Unis et l’Iran – grande absente de cette rencontre.

Le 19 mai, le Président des Etats-Unis a mis en garde sur Twitter la République islamique :« si l’Iran veut se battre, ce sera la fin officielle de l’Iran ». Il prévient la théocratie : « Ne menacez plus jamais les Etats-Unis ! ». Le lendemain, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif a répondu : « les Iraniens sont restés debout pendant des millénaires alors que leurs agresseurs [sont] tous partis ». Il ajoute : « Le terrorisme économique et les railleries génocidaires ne mettront pas fin à l’Iran ».

Ces attaques verbales font suite aux sanctions américaines prises à l’encontre de Téhéran avec une volonté de « porter à zéro les exportations » iraniennes dans le secteur pétrolier. L’Iran étant le 4ème exportateur mondial de pétrole en 2018, ces sanctions fragilisent le marché de l’or noir, qui craint des hausses des stocks mondiaux. Toutefois, les pays de l’OPEP sont « unanimes dans leur volonté de continuer à travailler pour arriver à la stabilité entre l’offre et la demande » a indiqué le ministre de l’Energie saoudien.. Riyad et Abou Dhabi assurent qu’ils « seront flexibles » et qu’il faut rester prudents. « Produire davantage ferait enfler les stocks et conduirait à une chute des cours du baril » selon les mots de Khaled al-Faleh.

La menace iranienne – brandie à plusieurs reprises par la République islamique en cas de conflit aggravé avec Washington – de fermer le détroit d’Ormuz aggrave davantage la situation. Ce couloir, hautement stratégique, est « le point de passage le plus important au monde » selon l’administration américaine. Cependant, l’Iran, auquel les Etats-Unis ont également imposé des sanctions dans le secteur bancaire, et sur les exportations de fer, d’acier, d’aluminium et de cuivre, est au bord de l’implosion économique et ne veut probablement pas envenimer la situation.

La réunion des membres de l’OPEP était également l’occasion de revenir sur les actes de « sabotage » déplorés contre quatre navires au large des côtes orientales des Emirats et l’attaque contre un oléoduc saoudien revendiquée par des rebelles yéménites, soutenus par Téhéran. Néanmoins, le ministre saoudien de l’Energie a voulu se montrer rassurant déclarant que « les actions destructives qui ont été commises la semaine dernière, ne produisent aucun effet à l’encontre de la distribution pétrolière ». Il ajoute concernant le marché pétrolier : « Je ne suis pas sûr qu’il y ait une pénurie de l’offre, mais nous regarderons l’analyse du marché. Nous serons sans aucun doute réactifs et le marché sera fourni ».

Riyad a demandé la convocation de sommets extraordinaires du Conseil de coopération du Golfe ainsi que la Ligue arabe, à La Mecque le 30 mai prochain afin de « discuter des agressions et de leurs conséquences sur la région » selon l’agence de presse officielle saoudienne. Il s’agit également de débattre sur « tous les sujets susceptibles de renforcer la sécurité et la stabilité dans la région ».

Yémen : entre retrait des forces à Hodeïda et recrudescence des tensions avec l’Arabie saoudite

Fumée après l’attaque aérienne dans la capitale yéménite Sanaa le 16 mai 2019.
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Martin Griffiths, envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, s’est félicité mercredi 15 mai devant le Conseil de sécurité du retrait des forces houthistes des ports de la région d’Hodeïda, sous l’égide de la Mission des Nations unies en appui à l’Accord sur Hodeïda (MINUAAH) : « La MINUAAH a confirmé que Ansar Allah [branche politique houthie] a pleinement coopéré tout au long du retrait. Les forces militaires d’Ansar Allah ont maintenant quitté les trois ports d’Hodeïda, de Salif et de Ras Issa ». Ce retrait des forces houthies a également été salué par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères français :« Ces mouvements constituent un signal encourageant pour la mise en œuvre des accords conclus entre les parties yéménites à Stockholm, le 13 décembre 2018. Nous réitérons notre soutien à la MINUAAH, dont la présence sur le terrain est décisive pour observer et faciliter le redéploiement, comme le prévoit la résolution 2452 du Conseil de sécurité ». Paris appelle également toutes les parties à respecter leurs engagements et à mettre intégralement en œuvre le redéploiement.

Toutefois, Martin Griffiths prévient que le pays « reste à la croisée des chemins, entre guerre et paix », puisque « l’intensification du conflit dans d’autres parties du pays est alarmante ». En effet, tout en se retirant d’Hodeïda, les Houthis ont revendiqué des frappes de drones en Arabie saoudite, prouvant leur capacité de nuisance dans la région et confirmant l’inquiétante perméabilité de la frontière saoudo-yéménite. L’attaque revendiquée sur l’un des principaux oléoducs d’Arabie saoudite a été confirmée par le ministère de l’Energie, de l’Industrie et des Ressources minérales.

En réaction, la coalition dirigée par Riyad a frappé deux jours plus tard la capitale Sanaa, aux mains des rebelles. Neuf sites militaires ont été visés. La chaîne de télévision saoudienne Al Arabiya justifie ces représailles comme un moyen de « neutraliser les capacités d’agression » de la milice d’obédience pro-iranienne. Plusieurs officiels saoudiens, dont Khaled ben Salman, fils du roi et vice-ministre de la Défense et Adel Al-Joubeir, ministre d’Etat aux affaires étrangères, considèrent d’ailleurs que ce qu’ils qualifient d’« actes terroristes » sont le fruit des gardiens de la révolution iraniens. Anwar Gargash, le ministre d’Etat aux Affaires étrangères des Emirats arabes unis – le plus fidèle allié du royaume wahhabite dans la guerre livrée aux rebelles houthis – avait en ce sens promis une riposte « avec force » à toute attaques des Houthis.

La guerre au Yémen oppose depuis 2015 les forces pro-gouvernementales soutenues par Riyad et Abu Dhabi aux rebelles chiites houthis qui se sont emparés de vastes territoires dont Sanaa. Alors que des dizaines de milliers de personnes ont indirectement perdu la vie au cours de ce conflit, l’ONU estime à 3,3 millions le nombre de personnes déplacées. 24,1 millions de Yéménites – soit plus des deux tiers de la population – ont besoin d’assistance, bon nombre d’entre eux étant menacés par la famine.

Ce conflit s’inscrit dans un contexte d’escalade des tensions dans le Golfe et cristallise la guerre par procuration que se livrent les deux puissances de la région, Arabie saoudite et Iran, en concurrence pour obtenir le leadership au Moyen-Orient. Au-delà de la querelle Iran – Arabie saoudite, le dossier yéménite renvoie également aux tensions entre Téhéran et Washington, alors que le président américain Donald Trump a mis en garde l’Iran le 19 mai, annonçant la « fin officielle » de ce pays en cas de conflit, et concluant par « ne menacez plus jamais les Etats-Unis ! ».

Exécutions de masse en Arabie saoudite

Exécution à mort par décapitation au sabre en Arabie saoudite. Tous droits réservés.

Mardi 23 avril 2013, 37 Saoudiens ont été mis à mort en Arabie saoudite pour des faits de « terrorisme ».

Dans un communiqué relayé par l’agence de presse nationale SPA, le ministère de l’Intérieur a indiqué l’exécution de ces personnes, reconnues coupables d’avoir « adopté la pensée terroriste extrémiste » et d’avoir « formé des cellules terroristes ». En une seule journée, ces hommes ont été exécutés par décapitation, à l’exception d’un ayant fait l’objet d’une crucifixion. Ce traitement est réservé aux individus ayant commis les crimes les plus graves.

Cette exécution de masse, qui représente la plus importante dans le pays depuis plus de trois ans, a eu lieu dans cinq régions du royaume wahhabite. Parmi elles, la capitale Riyad, les villes saintes de Médine et La Mecque et une région à majorité chiite. Sur les 37 personnes suppliciées, 11 d’entre elles ont été accusées d’espionnage au profit de l’Iran et exécutées après des procès « contraire aux normes d’équité les plus élémentaires », selon Amnesty International. 14 autres étaient déclarées coupables d’actes violents survenus durant les manifestations antigouvernementales menées dans la province orientale à majorité chiite en 2011.

La majorité des individus exécutés mardi 23 avril – 33 selon Human Rights Watch – est chiite. La rivalité Riyad – Téhéran et plus globalement la rivalité sunnite – chiite permet à l’Arabie saoudite d’éliminer des opposants politiques sous couvert de lutte contre le terrorisme. Dans ce pays sunnite abritant une minorité chiite qui représente selon des estimations entre 10 et 15% des 32 millions de Saoudiens, la peine de mort sert ainsi les intérêts politiques de Riyad. En effet, l’Arabie saoudite, qui a rompu ses liens diplomatiques avec l’Iran depuis 2016, accuse la République islamique d’ingérence dans certains pays du Golfe et de tentative de déstabilisation de la région. Cette décision d’exécuter des Saoudiens pour la plupart chiites provoquera certainement une escalade de tensions avec la République islamique.

Riyad est très souvent pointé du doigt concernant le respect des droits de l’homme. Au moment de leur procès, trois des condamnés étaient mineurs, ce que considère « odieux », le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet. Selon Amnesty International, le nombre de personnes exécutées depuis le début de l’année 2019 s’élève à 104. Ce chiffre suscite l’inquiétude. Anne Denis, responsable de la commission Abolition de la peine de mort au sein d’Amnesty International a déclaré : « Globalement, l’ordre de grandeur du nombre annuel d’exécutions dans le pays a toujours oscillé entre 145 et 150 ces dernières années. Mais en être déjà à 104 en avril présage d’une année particulièrement noire pour 2019… ». Toujours selon l’ONG, Riyad est le pays où les exécutions sont les plus nombreuses après la Chine et l’Iran.

L’Arabie saoudite clame être en guerre contre « toutes les formes de terrorisme ». La pétromonarchie, victime au début des années 2000 d’une vague de terroristes est en effet parvenue à contenir la menace des groupes djihadistes mais n’a pas réussi à les éradiquer complètement.

Aux Etats-Unis, le Sénat exige l’arrêt du soutien militaire américain au Yémen

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Le 13 mars 2019, le Sénat américain a voté pour l’arrêt de l’engagement militaire américain au Yémen. Sans participer activement au conflit, Washington est en effet engagé aux côtés de l’Arabie saoudite dans la guerre qu’elle mène contre les Houthis au Yémen depuis 2015.

La Chambre haute, où les Républicains sont pourtant majoritaires, a approuvé la décision par 54 voix contre 46. Elle interdit tout soutien américain à la coalition menée par Riyad au Yémen, sauf en cas « de déclaration de guerre ou d’autorisation formelle » du Congrès. Le vote prévoit le retrait des forces américaines sous 30 jours après l’adoption du texte mais la résolution exclut les opérations visant l’organisation Al-Qaïda.

Ce vote est considéré comme un camouflet à la politique étrangère menée par le Président américain. Alors même que le parti républicain possède 53 sièges sur 100 au Sénat, 7 membres des Républicains ont voté aux côtés des Démocrates. Bernie Sanders, sénateur du Vermont et fervent opposant du Président Donald Trump, a porté cette résolution – déjà approuvée par la Chambre haute en décembre 2018. Avant le vote, celui qui était en lice pour la campagne présidentielle pour le camp démocrate, a salué un vote « historique » et a déclaré : « La participation américaine à la guerre menée par l’Arabie saoudite au Yémen n’a pas été autorisée par le Congrès (…) Et elle contribue à la pire crise humanitaire du monde ». Les propos du sénateur font écho aux mises en garde de l’ONU qui s’inquiète des conséquences de ce conflit.

La mobilisation des sénateurs du camp républicain s’explique également par les circonstances de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en Turquie en octobre dernier. Cet événement a incontestablement ébranlé la politique étrangère du royaume wahhabite et a alerté la communauté internationale et l’opinion publique. Cependant, la « tiède » réaction du Président américain a suscité le désaveu d’une majorité des sénateurs. Certains, issus du parti républicain, ont ainsi fait front contre le soutien américain dans ce conflit.

Pour être entériné, l’accord doit être approuvé par la Chambre basse, en l’occurrence la Chambre des représentants. Les sièges étant majoritairement occupés par le camp démocrate, le vote ne devrait pas être entravé. D’ailleurs, la Chambre avait déjà adopté, le 13 février dernier, un texte similaire qui avait obtenu une large majorité (248 voix favorables contre 177). Pour autant, la Maison Blanche s’est dit « fermement opposée » à cette proposition « imparfaite » et il est certain que le Président américain fera valoir son droit de véto, pour la deuxième fois depuis son accession à la tête de l’Etat fédéral. En effet, le Président a mis son véto le 14 mars 2019 à l’issue d’une résolution émanant du parti démocrate réclamant l’arrêt de la construction du mur avec le Mexique. Toutefois, l’utilisation de ce véto illustre la fragilité du président dont la politique étrangère est désavouée au sein même de son camp.

 

Alliance stratégique au Moyen-Orient : vers un OTAN arabe

Le Président Donald TRUMP et le prince Mohamed BIN SALMAN.
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Mardi 8 janvier 2019 a débuté la tournée diplomatique au Moyen-Orient du Secrétaire d’Etat américain. En une semaine, Mike POMPEO s’est successivement rendu dans 7 pays de la région : Jordanie, Egypte et cinq des six pays du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe : Arabie Saoudite, Oman, Bahreïn, Emirats arabes unis et Qatar. Ces visites permettent de rassurer les alliés régionaux sur la stratégie de Washington au Moyen-Orient, ébranlée par l’annonce présidentielle du retrait des troupes américaines du nord de la Syrie en décembre dernier. Ce déplacement de Mike POMPEO permet aussi de promouvoir les intérêts américains en vue d’une Alliance stratégique au Moyen-Orient (Middle East Strategic Alliance). Surnommée « l’OTAN arabe », cette alliance concrétiserait la mise en place d’un axe contre Téhéran, considéré par Washington comme la menace la plus importante dans la région. Au Caire, dans un discours prononcé près de dix ans après celui de l’ancien Président Barack OBAMA, le secrétaire d’Etat a annoncé un « vrai nouveau départ » américain dans la région où la lutte contre le régime de la République islamique d’Iran constitue l’un des enjeux principaux. Le lendemain, il a annoncé la tenue d’une conférence ministérielle pour promouvoir la paix et la sécurité au Moyen-Orient, les 13 et 14 février prochain à Varsovie, dont l’un des objectifs est de combattre l’influence iranienne dans la région.

En escale à Abu Dhabi, Mike POMPEO s’est entretenu avec la journaliste Najwa KASSEM pour Al Arabiya, chaine saoudienne. Le chef de la diplomatie américaine a exposé la politique étrangère de Washington dans la région qui repose sur trois piliers : la stabilité du Moyen-Orient, l’achèvement de la destruction de l’Etat islamique et la lutte contre l’Iran « le plus grand pays parrain du terrorisme ». Interrogé à propos du sommet en Pologne où « l’accent sera mis sur l’Iran », Mike POMPEO précise que la rencontre ne concernera pas seulement les pays de l’Alliance stratégique mais réunira un spectre plus large avec des pays asiatiques, africains et sud-américains. Toutefois, Mike POMPEO précise que les actions américaines ne sont pas dirigées contre le peuple iranien : « je veux que le peuple iranien sache que nous voulons une vie meilleure pour lui (…). Nous voulons une vraie démocratie en République islamique d’Iran ». Il considère cette potentielle démocratie incompatible avec les milices chiites en Irak ou encore les Houthis, soutenus par Téhéran.

S’il espère une résolution du conflit syrien conforme à la résolution 2254 du Conseil de sécurité, Mike POMPEO précise que l’alliance stratégique ne concernera pas uniquement la situation en Syrie mais fera l’objet d’une « tentative de constituer une coalition de forces du Moyen-Orient capable de réagir à de nombreuses menaces pour la région ».

L’idée d’un OTAN arabe a émergé le 22 mai 2017, lors du premier voyage présidentiel de Donald TRUMP à Riyad. L’Arabie saoudite et l’Egypte, en dépit des accusations de répression des droits de l’homme dont ils font l’objet, restent des partenaires privilégiés de Washington dans sa lutte contre l’Iran et seront les pierres angulaires du partenariat.

Téhéran ne reste pas impassible face aux mesures prises. Le ministère des Affaires étrangères a convoqué le plus haut diplomate polonais basé dans le pays afin de protester contre la décision d’organiser un sommet jugé « anti-iranien ».

Retrait des troupes américaines en Syrie : un choix politique loin de faire consensus

 

Soldats américains en Syrie.
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« Nous avons vaincu le groupe Etat Islamique (…) et maintenant il est temps pour nos troupes de rentrer à la maison » a déclaré le président américain Donald TRUMP le mercredi 19 décembre. Le président américain félicite « les grands héros du monde » et les « victoires historiques contre l’Etat islamique ».

Le chef de l’Etat avait déjà affirmé sa volonté de quitter la Syrie et avait fait campagne sur cet argument. Toutefois, il s’était laissé convaincre par son entourage du maintien nécessaire des troupes. John BOLTON, conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, avait déclaré fin septembre qu’il n’était pas envisageable de quitter le pays « tant que les Iraniens n’en auraient pas fait autant ». Dorénavant, le président américain affirme que les Etats-Unis n’ont pas vocation à endosser le rôle de « gendarmes au Moyen-Orient ». Au sein même de son camp, cette décision suscite des critiques. Après plusieurs mises en garde contre le retrait des troupes, Jim MATTIS, secrétaire d’Etat à la Défense, a présenté jeudi 20 décembre sa lettre de démission, qui ne prendra effet qu’en février prochain. Alors que l’ex-général des Marines ne mentionne pas explicitement le dossier syrien dans sa lettre, il alerte sur la nécessité pour Washington de « traiter les alliés avec respect ». Son départ engendre de l’inquiétude tant il incarnait une forme de stabilité à la Maison Blanche. Lindsey GRAHAM, sénateur républicain proche du président estime que « l’EI n’a été vaincu ni en Syrie, ni en Irak, ni en Afghanistan. Et retirer les forces américaines serait une erreur monumentale à la Obama ». Et Donald TRUMP de répondre : « il est temps de se concentrer sur notre pays ».

La diplomatie onusienne n’est pas non plus restée insensible à cette annonce. Pour son dernier briefing au Conseil de sécurité des Nations unies le 20 décembre 2018, Staffan de MISTURA, l’Envoyé spécial de l’ONU en Syrie a admis son échec à réunir un Comité constitutionnel syrien à Genève pour la fin du mois de décembre. Quant au Représentant de la France pour l’ONU François DELATTRE, il conteste lui aussi la fin de Daesh avancée par Washington : « Notre évaluation est que Daesh continue d’être une menace au Levant et que l’organisation terroriste peut continuer de s’y appuyer sur un territoire réduit ». En contrepoint, le ministère russe des Affaires étrangères a estimé que l’initiative américaine « ouvrait des perspectives en vue d’un règlement politique du conflit ».

Aujourd’hui, les troupes américaines ont pour mission première d’encadrer les forces démocratiques syriennes, articulées autour des Unités de protection du peuple (Yekîneyên Parastina Gel – YPG), branche armée du Parti de l’union démocratique (Partiya Yekîtiya Demokrat – PYD) afin de reconquérir les territoires perdus au profit de l’EI. La présence américaine permet du même fait d’endiguer l’influence iranienne en bloquant une partie du corridor iranien reliant Téhéran à Beyrouth. Les forces kurdes vivent ce retrait américain comme une véritable trahison. Selon elles, l’EI est encore présent et « lourdement armé ». La Turquie, également présente dans le nord-ouest de la Syrie, menace les Kurdes de l’YPG et du PYD, qu’elle associe au Parti des travailleurs du Kurdistan (Partiya Karkerên Kurdistan -PKK), identifié également par l’Union européenne comme groupe impliqué dans des actes de terrorisme. Plus globalement, l’axe dit « prorégime » en faveur de Bachar al-ASSAD sera gagnant, avec en première ligne l’Iran.

Une nouvelle fois, la politique menée par Donald TRUMP répond à ses préoccupations de politique intérieure. Si les acteurs concurrents des Etats-Unis (Iran, Syrie, Russie, Turquie) peuvent s’en réjouir, leurs alliés sur ce théâtre (Kurdes, France, Israël, Arabie saoudite notamment) s’en inquiètent.

OPEP : Le retrait du Qatar

Lundi 3 décembre 2018, le nouveau ministre de l’Energie et de l’Industrie du Qatar, Saad AL-KAABI a annoncé lors d’une conférence de presse le retrait de Doha de l’OPEP.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP, en anglais Organization of the Petroleum Exporting Countries (OPEC)) a été créée en septembre 1960 lors de la Conférence de Bagdad par l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Iran, le Koweït et le Venezuela. L’OPEP est une organisation intergouvernementale permanente dont le siège est à Vienne. Elle a pour mission de coordonner et d’unifier les politiques pétrolières de ses pays membres et d’assurer la stabilisation des marchés du pétrole. L’objectif officiel poursuivi est « de garantir aux producteurs de pétrole des prix justes et stables, aux pays consommateurs un approvisionnement efficace et régulier et aux investisseurs un juste retour sur capital ». Le Qatar a été le premier pays à rejoindre ces cinq membres fondateurs en 1961 et a été rejoint par 9 autres Etats. Actuellement, l’OPEP concentre plus de 40% de la production de pétrole mondiale. Parmi les Etats-membres figurent deux Etats d’Amérique latine, la plupart sont issus du Moyen-Orient et d’Afrique. Deux acteurs de la rive sud de la Méditerranée, l’Algérie et la Libye en sont membres.

Lors de la conférence de presse, Saad AL-KAABI, également PDG de Qatar Petroleum, société d’Etat appartenant au Qatar exploitant les activités pétrolières et gazières, a déclaré : « Le Qatar a décidé de se retirer comme membre de l’OPEP avec effet en janvier 2019 ». Cette décision, annoncée comme« difficile » par le ministre,  est officiellement liée à la faible quantité de pétrole produite par l’émirat qui est l’un des plus petits producteurs de l’OPEP au sein de laquelle il bénéficie d’une influence limitée. Le pays continuera de produire du pétrole mais « notre potentiel, c’est le gaz » a affirmé le ministre, l’industrie gazière étant affichée comme la priorité à moyen et long terme dans ce petit Etat de 2,6 millions d’habitants et de 12 000 kilomètres carrés. En effet, Doha est le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) avec une production de 77 millions de tonnes par an qui sera de l’ordre de 110 millions en 2024. Le secteur gazier a permis de transformer et d’enrichir l’économie qatarie.

Cette décision est à rapprocher des tensions avec l’Arabie saoudite. La monarchie apparait isolée sur la scène régionale depuis juin 2017, subissant un embargo économique et diplomatique de la part de Riyad, qui a fermé ses liaisons terrestres, maritimes et aériennes. Le régime wahhabite, qui domine actuellement le cartel, est suivi par ses alliés dont font partie les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte. Tous soupçonnent le Qatar de soutenir des mouvements terroristes, de favoriser les Frères musulmans et de se rapprocher de l’Iran. Sans surprise Saad AL-KAABI a assuré qu’il ne s’agissait pas d’une décision politique mais d’une réflexion sur les moyens de renforcer le profil international du pays par son industrie gazière.

L’annonce du ministre intervient alors qu’une réunion cruciale doit se tenir les 6 et 7 décembre à Vienne entre les pays membres de l’OPEP et leurs partenaires.  Les discussions porteront notamment sur une baisse de la production de pétrole pour enrayer la baisse du prix des barils. Le Qatar y participera, probablement pour la dernière fois. Cet épisode illustre le clivage croissant au sein du Moyen-Orient.

 

Tournée diplomatique pour le prince MBS

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Alors qu’il doit assister au sommet du G20 à Buenos Aires à la fin de la semaine, le prince héritier saoudien Mohamed BIN SALMANE (MBS) a entamé, jeudi 22 novembre, une tournée diplomatique à travers le monde arabe . Six pays figurent au programme de ce premier déplacement officiel depuis le début de l’affaire Jamal KHASHOGGI : Emirats arabes unis, Bahreïn, Egypte, Tunisie, Mauritanie et Algérie.

L’opinion publique du monde arabe est divisée sur cette tournée initiée par le prince. Reçu lundi par le président égyptien Abdel Fattah al-SISSI, le successeur désigné d’Abdulaziz Al Saud est attendu ce mardi 27 novembre à Tunis par le président Béji CAID ESSEBSI. L’annonce de cette visite a provoqué une vague de protestations au sein de la société civile tunisienne. MBS est critiqué pour son rôle supposé dans l’affaire Khashoggi et dans la guerre au Yémen et à propos des droits de l’homme bafoués dans le royaume wahhabite. Les slogans à l’encontre du prince se multiplient tandis qu’un collectif de blogueurs, d’activistes et de journalistes a organisé une manifestation lundi 26 novembre sur l’avenir Habib BOURGUIBA dans le centre de Tunis. Le Syndicat national des journalistes professionnels (SNJT), dans une lettre ouverte au Président de la république tunisienne, critique le positionnement de la diplomatie tunisienne au regard de la situation en Arabie saoudite, reprochant au ministère des Affaires étrangères de n’avoir que « timidement condamné » le meurtre du journaliste. Sous couvert d’une visite de courtoisie, version officielle avancée par les autorités tunisiennes, il s’agirait également d’une visite au motif financier. Tunis, qui connait une crise économique importante, aurait besoin de l’aide financière de Riyad.

Du côté algérien, la contestation, moins visible, divise la classe politique. Près de 1 900 personnes ont signé une pétition demandant l’annulation de cette visite. Le Maroc, quant à lui, ne figure plus dans la liste des pays visités, certains médias locaux évoquant un refus du roi Mohammed VI de recevoir MBS pour des « raisons d’agenda ». Cette non-rencontre illustre les tensions cachées entre les deux Etats et la lutte d’influence entre le gardien des Lieux Saints et le descendant direct du Prophète.

En vue de la réunion du G20 du 30 novembre au 1er décembre prochain, l’ONG Human Rights Watch a lancé une procédure contre MBS auprès d’un juge argentin pour le faire inculper à son arrivée dans la capitale argentine. Si la démarche pour « crimes de guerre et tortures » face aux actions de la coalition menée par l’Arabie saoudite au Yémen a peu de chance d’aboutir, l’image du prince modernisateur propagée par Mohamed BIN SALMANE est ternie.