accord de Vienne

Echange d’ambassadeurs entre France et Iran : la fin d’une crise diplomatique

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Mercredi 6 mars 2019, la France et l’Iran ont respectivement nommé des ambassadeurs. Le Journal officiel a publié le décret de nomination du conseiller d’Etat et ancien ambassadeur au Pakistan, Philippe Thiébaud, en tant qu’« ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République islamique d’Iran ». De son côté, une source officielle iranienne a annoncé la désignation par Téhéran de Bahram Ghassemi, jusqu’à présent porte-parole du ministère des Affaires étrangères et ancien ambassadeur d’Iran en Espagne et en Italie.

Les deux hommes auront pour mission de travailler dans un contexte qui s’est récemment durci. Si elle présage un retour à la normalisation des relations entre les deux pays, cette double nomination intervient dans une atmosphère délicate et particulièrement tendue. En effet, en juin 2018, l’ambassadeur de France en Iran, François Sénémaud, avait été promu représentant personnel d’Emmanuel Macron pour la Syrie. Depuis lors, les deux postes d’ambassadeurs étaient vacants alors que de multiples événements attisent les tensions entre Téhéran et Paris. Le projet d’attentat déjoué contre un rassemblement de l’opposition iranienne, les Moudjahidines du peuple (MEK), survenu en juillet 2018 à Villepinte constitue l’une des raisons de ce froid diplomatique. La France avait accusé une branche du ministère des Renseignements iranien. En réponse, l’Iran a strictement démenti les accusations françaises et accuse la France d’héberger cette « secte terroriste d’hypocrites ». Toutefois, ni Paris ni Téhéran n’ont déclaré que cet événement était la cause directe de l’absence d’ambassadeurs.

La France exige également de l’Iran qu’il renonce à ses programmes de missiles balistiques et dénonce la prolifération d’armement exercée par la République islamique dans la région. Dans le même temps, la France est l’un des trois pays européens – avec l’Allemagne et le Royaume-Uni – à s’impliquer pour maintenir l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, mis à mal par le retrait unilatéral de Washington en mai 2018. Ces trois Etats s’ont à l’origine d’un outil de troc permettant le maintien du commerce entre l’Union européenne et l’Iran malgré les menaces de sanctions de la part de Washington. Cependant, l’Iran juge ces efforts insuffisants.

Sur la scène régionale, Téhéran, allié de Moscou et d’Ankara, veut s’imposer en leader face à son grand rival, Riyad. La République islamique dénonce les actions du royaume wahhabite et son influence. Elle critique par ailleurs les ventes d’armes européennes aux puissances du Golfe, telles que l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

La nomination par Paris et Téhéran de ces deux ambassadeurs intervient alors que les Pays-Bas ont rappelé, le 4 mars 2019, leur ambassadeur en Iran pour consultations. Cette action fait suite à l’expulsion de deux diplomates néerlandais de Téhéran après que Amsterdam a accusé la République islamique d’avoir orchestré l’assassinat de deux Néerlandais d’origine iranienne entre 2015 et 2017 et d’avoir fomenté des projets d’attentats en Europe.