30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques

Séminaire toulousain de la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES)

Une rentrée dans les étoiles en ce début d’année 2020 ! Dans un monde désormais connecté étendu à l’espace exo atmosphérique ou tout ou presque est géoréférencé, il n’était pas inutile de se rendre dans une région plus continentale pour y découvrir des savoir-faire d’exception dans le milieu aérospatial. Evoquer le géoréférencement apparaît ici pour souligner que nous devons la précision de nos systèmes de guidage à partir des multiples applications existantes issues de la constellation de satellites décidée par l’Union européenne et l’Agence spatiale européenne sous le nom de Galileo. Parmi les autres usages des satellites en orbites polaires ou géostationnaires, il faut naturellement souligner les équipements de télécommunication civils et militaires, les outils d’observation de la terre ou les capteurs exploratoires projetés dans notre système solaire au service de la recherche scientifique. L’espace reste donc un champ d’investigations extraordinaires et de compétitions entre les puissances. En cela, la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques avait matière à connecter cette visite d’études avec le thème relatif aux risques et opportunités des nouvelles routes de la soie. Car, à n’en pas douter, la Chine investit dans l’espace.

Cap sur Toulouse donc où prend forme l’aerospace space valley française. Il s’agit d’un véritable accélérateur d’innovations pour soutenir les entreprises développant une activité aérospatiale avec une forte composante technologique duale. Cet accélérateur se trouve donc au cœur d’un écosystème tourné vers l’aéronautique et l’espace. Toulouse, terre d’envol, s’était d’ailleurs largement illustré en d’autre temps avec l’essor d’une aviation postale et commerciale. Toulouse Montaudran n’est-il pas le fossile vivant de l’Aéropostale et de Latécoère ? Elle fut la plateforme aéronautique d’où Mermoz et Saint-Exupéry s’envolaient pour transporter le courrier en Afrique et en Amérique du Sud. Elle fut aussi le site où Latécoère construisait ses premiers avions. C’est à Toulouse que l’armée de l’air décide d’implanter sa première base aérienne militaire. Cette rentrée est donc un rendez-vous avec l’histoire mais aussi un rendez-vous avec l’avenir.

Présentation du CNES pour les auditeurs de la 30ème SMHES

La première visite qui s’est imposée à l’occasion de ce déplacement fut celle consacrée au centre national d’études spatiales le jeudi 16 janvier. Le CNES a été créé à l’initiative du Président Charles de Gaulle le 19 décembre 1961 afin de fournir une structure chargée de coordonner et d’animer les activités spatiales françaises centrées à l’époque sur le développement du lanceur-fusée Diamant. Ce lanceur fut le premier construit en dehors des Etats-Unis et de l’ex URSS. Le CNES est toujours aujourd’hui l’agence spatiale nationale la plus importante des pays de l’Union européenne. Cette initiative, pour le moins stratégique, souligne l’importance qu’il fallait et qu’il faut concéder au domaine spatial pour conserver sa souveraineté, celle de la France et celle de l’Europe. Le directeur d’établissement a ainsi pu présenter le site dans sa globalité d’une part et dessiner les perspectives d’un milieu très convoité d’autre part. Trois ateliers ont permis aux auditeurs de mesurer la performance des activités réalisées. L’un portait sur l’instrument principal de la mission martienne américaine InSight. Il s’agit d’un sismomètre permettant la mesure des vibrations sur une certaine épaisseur de la planète et tous les paramètres de pression ou de température. En entrant dans cette salle avec une vue de la planète rouge et le bruit du vent, inutile d’exprimer ici les sensations ressenties à l’occasion de cette séquence nous projetant à quelques 300 millions de kilomètres de la Terre. L’autre atelier, tout aussi fascinant, présentait l’international space station (ISS). Les présentations ont été réalisées avec une simplicité déconcertante par des spécialistes de renommée internationale. Ces spécialistes aux qualités inestimables ont consenti un énorme investissement, en recherche et développement, pour atteindre de tels résultats. Il ne faut surtout pas l’oublier. La présentation du microsatellite Taranis dédié à l’observation et à la caractérisation des phénomènes lumineux, radiatifs et électromagnétiques se produisant entre 20 et 100 kilomètres d’altitude a souligné les mêmes exigences et le même niveau de performance des équipes du CNES. Enfin, une présentation des enjeux du segment spatial consacré à la défense démontre que dans ce domaine beaucoup d’évolutions sont envisagées à moyen-terme et qu’elles caractérisent bien les engagements pris par les puissances disposant des capacités d’accès à l’espace.

Découverte de l’ISS

Au terme de cette visite, les auditeurs ont pu se rendre sur le site d’Airbus Defence & Space pour consolider leur appréciation sur la forte implication française et européenne dans les programmes spatiaux et les perspectives de ce secteur. La présentation complète des activités du groupe a souligné les principaux défis à relever et les tensions qui pèsent sur ce marché. Ces activités imposent ici aussi d’être très compétitif et de multiplier les offres répondant aux besoins rappelés précédemment dans les capacités de télécommunication civil ou militaire, d’observation de la terre et de recherche scientifique. Elles conduisent aussi à mieux gérer l’occupation de l’espace et le retrait du service des satellites en fin de vie en respectant au mieux la protection de notre environnement. Les équipes d’Airbus Defence & Space ont elles aussi démontré un niveau d’excellence hors du commun. Elles ont témoigné de l’attractivité de ce secteur où le renouvellement des ingénieurs ne semblent pas poser de difficulté particulière. Au terme de cette présentation, la visite des salles blanches a permis de mesurer l’ensemble des actions préalables au lancement d’équipements qui rejoindront prochainement des orbites polaires ou géostationnaires. Parmi ces actions, celles relatives à la mise en situation des satellites en condition de température dans des conteneurs spécifiques pouvant accueillir des plateformes de la gamme de 5 tonnes, celles aussi permettant des mesures spécifiques électromagnétiques dans des chambres anéchoïques ont été présentées aux auditeurs. Cette séquence industrielle, très complémentaire de celle réalisée au CNES, confirme la performance d’un groupe autour duquel constelle des petites et moyennes entreprises de cet aerospace valley toulousain.

Le lendemain, le vendredi 17 janvier, l’approfondissement de la connaissance du milieu spatial en se rendant à un autre rendez-vous industriel s’est confirmé. L’entreprise Thalès Alenia Space nous a donc ouvert ses portes, c’est un industriel qui s’affirme comme un référent européen et un compétiteur à l’échelle mondiale.

Evidemment, une certaine comparaison pourrait être faite avec la visite précédente car certaines actions se ressemblent. Certaines d’entre elles sont d’ailleurs conduites en coopération. Mais d’autres sont en revanche complémentaires. Le directeur de l’établissement de Toulouse a tenu à nous recevoir lui-même, accompagné de ses proches collaborateurs pour présenter le site. Il a également fait le lien avec le site « spatial » implanté sur les rives de la Méditerranée de Cannes. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur tient toute sa place dans les technologies de pointe lui conférant une place de choix dans l’écosystème des entreprises innovantes. La visite dynamique de l’établissement a replongé les auditeurs en salles blanches et leur a permis aussi d’apprécier l’évolution des techniques dans la fabrique des composants équipant les différents satellites. Cette séquence a aussi permis de présenter l’innovation cluster. Ce fut l’occasion d’appréhender des mécanismes spécifiques favorisant l’innovation au sein des équipes. Nous y avons découvert la sérendipité. Terme dont la compréhension saute aux yeux ! Car vous l’aurez compris, la sérendipité se rapporte à une découverte par chance et sagacité de résultats pertinents que l’on ne cherchait pas. Cela se rapporte au fait assez courant d’observer une donnée inattendue et stratégique qui donne l’occasion de développer une nouvelle théorie ou d’étendre une théorie existante. En somme, l’innovation ne se décrète pas et ne peut être imposée, elle se vit… Une visite exceptionnelle donc qui clôt le volet spatial proprement dit. Les auditeurs de la 30ème SMHES dispose désormais d’une vision assez complète des actions conduites dans un domaine stratégique. Ils pourront remettre tout cela en perspective dans la conduite de leurs travaux.

A la découverte de la salle blanche de Thalès Alenia Space.

Toulouse, terre d’envol ! Il nous fallait inévitablement revenir au berceau de l’aéronautique française et européenne. Un retour donc sur le site emblématique où est né l’avionneur Airbus. Que de chemin parcouru depuis l’Airbus A300 qui a marqué la naissance d’un pôle aéronautique dont personne n’imaginait qu’il allait devenir le numéro 1 mondial. Les auditeurs de la 30ème SMHES y ont été admirablement bien reçus. La présentation très complète nous a renvoyé au lendemain de la création de la Caravelle et du Concorde pour un élan aéronautique relevant, les uns derrière les autres, de très nombreux défis dans une compétition internationale très sévère. L’avenir apparaît serein au vu des carnets de commandes. Les perspectives ne se ferment pas et les innovations sont toujours au cœur des enjeux. Car il faut aujourd’hui répondre à de nouvelles exigences, celles des clients dont l’avion commercial constitue un outil à bord duquel il doit pouvoir maintenir toutes les connexions nécessaires, celles de la sécurité dont le niveau est aujourd’hui extraordinairement élevé et dont les conséquences industrielles peuvent être terribles à l’instar de celles vécues par le principal concurrent d’Airbus, celle enfin de l’environnement où la réduction des émissions de gaz à effet de serre est systématiquement recherchée . Alors, en se rendant sur le site de production où les bâtiments anciens aux couleurs de la ville rose côtoient des structures récemment sorties de terre, l’Airbus A350 sur sa chaîne de montage ressemble étrangement aux avions qui l’ont précédé. Mais ne nous y trompons pas ! Presque tout y est différent. Une structure en carbone conjuguant légèreté et résistance, un profil aérodynamique offrant un niveau de performance accru, des équipements satisfaisant la plupart des exigences des exploitants de toutes les compagnies aériennes et une motorisation réduisant drastiquement les coûts d’exploitation et s’inscrivant dans cette dynamique très volontariste de protection de l’environnement. Toulouse terre d’innovation ! C’est un peu le bilan que les auditeurs retiendront de ce séjour très dense consacré au fait aérospatial.

Sur le site d’Airbus

En passant devant le bâtiment B612, nom donné à ce lieu tourné vers le spatial dans ce bassin toulousain souvenir de l’astéroïde dont le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry est originaire, ils se rappellent cette phrase du même auteur qui rappelle que « l’homme se découvre en se mesurant avec l’obstacle ». C’est le prix à payer pour innover, c’est le prix des efforts de la 30ème session pour relever le défi de leur thème d’étude sur les risques et opportunités des nouvelles routes de la soie en Méditerranée. Une belle année 2020 en perspective…

Séminaire de rentrée pour la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES)

C’est parti ! La 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques composée de 25 auditeurs s’est donnée rendez-vous le mercredi 16 octobre au Château de Cadarache pour lancer le cycle 2019-2020.

Une première approche du thème d’étude relatif aux enjeux des nouvelles routes de la soie en Méditerranée a été délivrée par le professeur Patrice Gourdin. C’est sous le prisme d’une province chinoise que ce docteur en histoire, professeur d’histoire contemporaine à l’école de l’air et chercheur associé de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, a choisi d’aborder la question de ce nouveau défi. En s’intéressant à la province du Xinjiang, il a décliné une forme de matrice géopolitique reposant sur quatre facteurs déterminants que sont la population, le territoire, les représentations géopolitiques et les acteurs extérieurs pour finalement dégager les risques et opportunités pouvant être rattachés aux nouvelles routes chinoises. Ce fut une belle entrée en matière avec une méthode dont les auditeurs pourront peut-être s’inspirer pour conduire leurs travaux.

La promotion de la 30ème SMHES à Cadarache.

Ensuite, la « pression » fut maintenue en présentant le programme de l’année. Un point d’attention a été portée sur les travaux de comité pour rappeler qu’il fallait toujours conserver en ligne de mire le rapport final des travaux de la session. Rendez-vous est donc pris au mois de juin prochain pour soutenir les conclusions d’une année de travail collaboratif. L’exercice est difficile mais les auditeurs seront au rendez-vous de l’université de Toulon dans le cadre de l’attribution d’un diplôme universitaire.

Dès le lendemain, la visite du centre de Cadarache a permis, s’il en était besoin, à la session de mesurer la performance du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Cela tombe à point nommé puisque la session compte deux auditeurs issus de ce pôle d’excellence qui poursuivront les explications données à l’occasion de ce rendez-vous. Les savoir-faire dans la conception des chaufferies nucléaires et le réacteur RES ont souligné une expertise hors du commun où la France occupe un niveau d’excellence.

Ces visites tiennent toute leur place dans le déroulement d’une session. La réflexion stratégique doit en effet être conjuguée à la prospective technologique car elle en est souvent interdépendante. Les auditeurs ont été servis ! Car la suite de la visite a été consacrée à celle du chantier ITER.  Ce projet de réacteur de recherche à fusion nucléaire est une exception mondiale. 35 pays participent à la mise en œuvre de ce laboratoire avec pour simplifier, parmi les principaux, les Etats-membres de l’Union européenne, la Chine, la Corée du Sud, les Etats-Unis, l’Inde, le Japon et la Russie. La fusion par compression magnétique… il faut interroger les auditeurs qui ont saisi tous les facteurs déterminants d’un réacteur prometteur pour la production d’énergie et le respect de l’environnement.

Sur le site d’ITER

Dans la soirée de ce jeudi 17 octobre, la session a rejoint la base aérienne d’Orange. Très belle présentation faite par le colonel Jordi Vergé. C’est une première approche des capacités de l’armée de l’air sur les scènes nationale et internationale. Cette base aérienne 115, née en 1939, au nom du « capitaine de Seynes » poursuit, nous dit-il, son envol et participe en permanence à la sûreté aérienne de notre territoire.

Ensuite, c’est un retour au thème de la session avec une intervention de monsieur Emmanuel Puig, sous-directeur de la stratégie au sein de la direction générale des relations internationales et de la stratégie. Docteur en sciences politiques, sinologue, monsieur Puig ne s’aventure pas. Il déroule. Son expertise impressionne et son exposé fait mouche. La Belt and Road Initiative devrait donc bien occuper les auditeurs de la 30ème session.

A l’issue de ces séquences statiques, les auditeurs sont passés à une phase plus dynamique. Le mirage 2000 et son équipage observés de nuit dans sa hangarette alors que le décollage peut être réalisé en quelques minutes seulement ne les ont pas laissés indifférents. La posture permanente de sûreté prend ici toute sa dimension s’inscrivant dans la fonction protection de notre territoire. S’en est suivie la visite dynamique autour d’un hélicoptère Fennec en charge des mesures actives de sûreté aériennes pour l’interception de cibles lentes et d’un groupe de fusiliers commandos dont la mission est de garantir la protection des installations.

Il fallait poursuivre la présentation de l’armée de l’air sur un site d’importance car il constitue l’un des principaux tremplins pour la projection de nos forces en opérations. C’est donc à Istres, le vendredi 18 octobre au matin, que la 30ème Session a fait mouvement pour une présentation plus approfondie encore en l’élargissant aux fonctions stratégiques de projection et de dissuasion. Le colonel Pierre Gaudillière a livré aux auditeurs les clés de lecture indispensables pour comprendre le fait aérien dans sa dimension globale. Une opportunité rare en la circonstance pour compter parmi les premiers auditeurs à découvrir le nouvel avion ravitailleur stratégique Phénix considéré comme un véritable Game Changer pour les forces aériennes. Il faut comprendre ainsi le rôle polyvalent de ce nouveau vecteur qui élargit d’emblée le spectre d’actions dans la nature des opérations aériennes qu’il peut conduire. A l’évidence, au terme de ces deux journées, une très belle image de l’armée de l’air a été adressée à une session qui démarre très vite.

Sur la base aérienne d’Istres.

Pour compléter cette compréhension du monde aéronautique, Dassault Aviation avait mis les petits plats dans les grands. Ce fleuron de l’aéronautique a été présenté à la hauteur de l’image qu’il renvoie dans le monde entier. Monsieur Alexis Durand, ancien auditeur des SMHES, n’a pas boudé son plaisir. La présentation de l’entreprise Dassault et du site d’Istres par le directeur des essais en vol, monsieur Patrick Castagnos, a presque retracé toute l’épopée des essais en vol et de ses équipages, acteurs historiques de l’innovation aéronautique. Les auditeurs ont ensuite parcouru le site en approchant de très près les avions Rafale et Falcon de dernière génération.

Enfin, pour clore ce déplacement, une réception à la préfecture de Région à Marseille a confirmé l’attention qu’il fallait accorder à des auditeurs très impatients d’interroger les grands responsables de l’Etat en Région. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à partager leurs réflexions avec monsieur Pierre Dartout, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, préfet de la zone de défense et de sécurité Sud et préfet des Bouches-du-Rhône.  Cette rencontre a témoigné de l’attachement qu’il porte à une formation née avec l’institut il y a maintenant 30 ans mais aussi de toute l’importance qu’il accorde à la réflexion de niveau stratégique. Les échanges nourris de ce rendez-vous ont d’ailleurs démontré que des auditeurs d’origines professionnelles très variées veulent prendre part au débat portant sur les grands sujets d’actualité et qu’ils entendent y tenir toute leur place.

Le directeur du centre méditerranéen d’études stratégiques, Patrick Lefebvre et le préfet Pierre Dartout, à la préfecture de région de Marseille.

Ce premier séminaire très prometteur s’est conclu le samedi 19 octobre à Toulon avec la conférence du vice-amiral Olivier Lebas sur le thème « la Méditerranée : enjeux opérationnels pour les armées ». Sans surprise, l’adjoint opérationnel du commandant en chef pour la Méditerranée confirme que l’espace méditerranéen est un espace stratégique qui concentre les enjeux et les tensions. Une intervention complète, très riche avec une ouverture sur le thème de la présence chinoise qui confirme la pertinence de ce choix pour une session très engagée.

Sans surprise, l’adjoint opérationnel du commandant en chef pour la Méditerranée a dressé une présentation complète, très riche avec une ouverture sur le thème qui confirme la pertinence de ce choix pour une session très engagée.

Rendez-vous en novembre désormais à Paris avec de très nombreux rendez-vous. Un agenda tendu en perspective avec une ambiance plutôt détendue mais des acteurs très concentrés et déterminés…