Le référendum du 25 septembre, un test pour l’unité de l’Irak

Massoud Barzani, Président du Gouvernement régional du Kurdistan irakien, a annoncé dimanche le maintien du référendum sur l’indépendance qui doit se dérouler le 25 septembre 2017 : « le processus du référendum est maintenu, les propositions présentées [par la communauté internationale] n’apportant pas les garanties nécessaires qui pourraient satisfaire et convaincre notre peuple ».

Alors que la Maison Blanche, par un communiqué du 15 septembre 2017, affirmait ne pas soutenir l’initiative kurde et demandait à Massoud Barzani d’annuler ce référendum et de reprendre les négociations avec le pouvoir central irakien, celui-ci a répondu par la voix de son représentant officiel aux Etats-Unis, expliquant que « notre nation, comme les Etats-Unis et toute autre nation dans le monde, réclame la liberté, la démocratie et l’indépendance ». Le Secrétaire général des Nations Unies s’est lui-même prononcé le 17 septembre contre la tenue de ce référendum, décidé unilatéralement à un moment où la priorité reste la reconstruction de l’Irak.

Le Président turc Recep Erdoğan, qui était initialement un soutien de Massoud Barzani, a récemment adopté un ton menaçant. Le Conseil national de sécurité prévu le 27 septembre a été avancé au 22 septembre, la question du référendum kurde y sera examinée et des « décisions seront prises ». Lors d’un entretien avec The Associated Press, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a également menacé de recourir à la force si la tenue du référendum engendrait des violences dans le nord du pays. Le risque de débordement est grand dans le gouvernorat de Kirkouk, dominé par les Kurdes mais où les Arabes, minoritaires, s’inquiètent de leur avenir alors que ce gouvernorat, riche en ressources pétrolières, ne relève pas du Gouvernement régional.

Les quelques 30 à 40 millions de Kurdes se répartissent entre la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran. Si les premiers rêves d’indépendance datent de plus d’un siècle, ce sont les conséquences indirectes de l’invasion du Koweït en 1990 qui ont permis de concrétiser cette volonté en Irak, l’autonomie de la Région étant reconnue par la constitution irakienne adoptée le 15 octobre 2005.

L’instauration du Califat de l’Etat islamique en Irak et au Levant a donné l’occasion aux Kurdes d’occuper par leurs faits d’armes la Une des médias internationaux, que ce soit en Irak lorsque les Peshmergas ont été confrontés aux forces de Daech dans la région du mont Sinjar ou lorsque les Kurdes des « Unités de protection du peuple » ont résisté victorieusement et sauvé la ville de Kobané, à la frontière turco-syrienne. Ce sont ces mêmes combattants, bénéficiant d’une aide militaire occidentale décisive, qui constituent l’ossature des « Forces démocratiques syriennes » qui progressent sur la rive gauche de l’Euphrate après avoir repris les villes de Manbij puis de Raqqa.

L’article premier de la charte des Nations Unies stipule que les relations amicales entre les nations sont fondées sur « le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes ».

VA(2S) Alain Christienne, directeur de la Statégie