Prorogation du mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a prorogé jusqu’au 31 août le mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL). Etablie en 1978 pour confirmer le retrait des forces israéliennes, cette force a vu son mandat évoluer au fil des évènements, marqués par une forte présence d’éléments armés du Hezbollah au sud du fleuve Litani et la lenteur du déploiement des forces armées libanaises.

Conclus par un vote à l’unanimité, les débats ont été marqué par l’intervention de Nikki Haley, représentante des Etats-Unis auprès des Nations Unies, qui a accusé le général de division irlandais Michael Beary, commandant des forces armées de la FINUL, de méconnaitre le danger présenté par le Hezbollah. Fondé en juin 1982, ce parti chiite libanais lié à l’Iran est identifié depuis 1997 comme une organisation terroriste par les Etats-Unis. Sa branche militaire est également placée sur la liste des groupes et entités auxquels s’appliquent les articles 2, 3 et 4 de la position commune 2001/931/PESC relative à l’application de mesures spécifiques en vue de lutter contre le terrorisme.

Dans son explication de vote, Anne Guéguen, représentante adjointe de la France, a rappelé la réalité du contexte local, qui ne permet pas aux forces armées de la FINUL, inférieures en nombre et dotées d’un équipement moins performant, de faire appliquer strictement les résolutions du Conseil de sécurité. Elle a insisté sur la « fonction stratégique stabilisatrice » de cette force, sans la présence de laquelle la situation ne pourrait que se dégrader. Elle s’est félicitée des résultats de cette présence, qui permet de maintenir une situation « globalement calme et stable » depuis dix ans.

Le risque pour les militaires de la FINUL d’être victimes des échanges de tirs sporadiques par-delà la « ligne bleue » reste bien réel. Le 28 janvier 2015, le caporal espagnol Francisco Javier Soria Teledo avait ainsi été tué alors qu’il était déployé sur un poste de l’ONU près de Ghajar.

VA(2s) Alain Christienne, directeur de la stratégie Institut FMES

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Le texte de la résolution ⇒ 

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