Première tournée en Afrique de l’Est pour Emmanuel Macron

Le président Macron avec son homologue djiboutien, Ismail Omar Guelleh, devant le palais royal de Djibouti, mardi 12 mars 2019.
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Arrivé lundi 11 mars 2019 au soir à Djibouti, le Président de la République Emmanuel Macron entame une tournée diplomatique de quatre jours en Afrique de l’Est.

Il s’agit de la première visite d’un chef de l’Etat français à Djibouti depuis Nicolas Sarkozy en 2010 et de la première tournée africaine dans la région depuis 1966. Les entretiens porteront sur l’environnement, la culture, l’économie et la sécurité.

Depuis son élection, Emmanuel Macron a témoigné son attachement envers le continent africain. A l’université de Ouagadougou en novembre 2017, le Président français a déclaré : « La France entretient avec l’Afrique un lien historique indéfectible, pétri de souffrance, de déchirements, mais aussi si souvent de fraternité et d’entraide. L’Afrique est gravée dans la mémoire française, dans la culture, dans l’Histoire, dans l’identité de la France ». Ainsi, à l’occasion de la visite du chef de l’Etat, l’Elysée estime que « nous devons créer une nouvelle relation avec l’Afrique ».

Paris et Djibouti sont liés par une relation historique. Ancienne colonie française, Djibouti est un allié stratégique de la France. Toutefois, ces dernières années, le pays ressent un abandon progressif de la part de Paris. Par sa visite, Emmanuel Macron entend ainsi réaffirmer la présence française. A ce titre, le Président français s’entretiendra avec son homologue Ismaïl Omar Guellah puis visitera la base militaire. Cette dernière regroupe le plus gros contingent français du continent africain, avec un effectif de près de 1 500 personnes.

La visite d’Emmanuel Macron s’inscrit dans une période où l’Afrique de l’Est, par son positionnement géographique stratégique, fait l’objet de convoitises par les puissances étrangères. Placé à la corne de l’Afrique, Djibouti représente un carrefour qui abrite des bases américaine, japonaise et surtout chinoise qui y a ouvert en 2017 sa première base à l’étranger. L’influence de Pékin dans les domaines économique, militaire et politique s’accroit dans cette zone et s’inscrit dans le cadre des nouvelles routes de la soie. Alors que Paris entend conserver son influence dans la région, la visite présidentielle intervient dans un contexte de recomposition régionale. Ethiopie et Erythrée, frères ennemis et voisins directs, sont parvenus à instaurer une paix entrainant la fin de l’embargo et des sanctions internationales envers Asmara. Toutefois, le différend entre l’Erythrée et Djibouti n’a pas été réglé, cette dernière accusant l’Erythrée d’occuper une partie de son territoire et de détenir 13 de ses soldats.

Après Djibouti, Emmanuel Macron est attendu en Ethiopie mardi 12 mars pour y visiter les églises de Lalibela, classées au patrimoine mondial de l’Unesco. Face à l’érosion dont elles sont victimes, le Président français avait promis au Premier ministre éthiopien en octobre dernier la mise en place d’un accord franco-éthiopien de protection de ces monuments. Durant son séjour, le Président de la République rencontrera mercredi matin les dirigeants de l’Union africaine puis se rendra au Kenya afin d’assister au sommet pour le climat One Planet Summit. La présence de la ministre des Armées, Florence Parly, illustre la dimension sécuritaire de ce voyage. De plus, deux délégations de chefs d’entreprises se déplaceront également en Ethiopie et au Kenya. Parmi eux, se trouvent les dirigeants de Total, Bolloré, L’Oréal, EDF, Engie ou encore, Peugeot.