Point de situation au Soudan : les pourparlers toujours en vigueur

 

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Au terme de quatre mois de manifestations, un coup d’état de l’armée soudanaise a provoqué la destitution d’Omar el-Béchir le 11 avril 2019. La prise de pouvoir de l’armée au travers d’un Conseil militaire de transition (CMT) attise les tensions avec la population, portée par les Forces de la déclaration pour la liberté et le changement (FDLC) qui souhaitent obtenir un gouvernement civil. Ainsi, depuis plus d’un mois, les pourparlers entre le CMT et les FDLC se poursuivent sans avancée notable, rendant incertain l’avenir politique du pays.

Le porte-parole des FDLC, Taha Osman, a déclaré, concernant les institutions qui doivent encore être mises en place pour le gouvernement de transition : « les autorités seront les suivantes : un conseil souverain, un cabinet et une assemblée législative ». Les deux parties ont réussi à s’entendre mardi 14 mai sur un compromis pour une période transitoire de trois ans avant l’organisation d’élections. Un accord a également été trouvé pour l’attribution des quelques 300 sièges de l’Assemblée législative. En effet, selon le général Yasser Atta, qui est à la tête du CMT, deux tiers des sièges seront attribués aux représentants des manifestants, réunis au sein des FDLC, tandis que le reste sera réservé aux autres forces politiques.

Cependant, les réels blocages résident dans la composition du conseil souverain – organe majeur de la période transitoire qui présidera le pays. D’un côté, les manifestants réclament un pouvoir civil, cette volonté ayant fait l’objet des premières revendications avant la destitution d’Omar el-Béchir. De l’autre, les militaires, sous la houlette du général Yasser Atta et de son adjoint, Mohamad Hamdan Daglo, ne souhaitent pas voir le pouvoir leur échapper entièrement. Pour les manifestants, s’installe une véritable crainte de voir un pouvoir militaire diriger le pays de manière durable.

Le samedi 27 avril, plusieurs propositions ont été formulées afin de trouver un accord concernant ce conseil souverain. Le CMT a exprimé le désir d’établir un conseil conjoint, composé majoritairement de militaires, tandis que les FDLC préfèrent un conseil où le nombre de civils serait supérieur. A l’heure actuelle, aucun accord n’a été trouvé, malgré les nombreuses discussions entre les deux acteurs majeurs de la transition.

Le 16 mai, à la suite d’une suspension des pourparlers entre le CMT et les FDLC, la France a déclaré « être préoccupée par l’évolution de la situation au Soudan ». Elle condamne entre autres les violences survenues à Khartoum, conséquences de l’arrêt des discussions. Paris appelle donc « toutes les parties à la retenue [et] demande que toute la lumière soit faite sur ces violences et exactions ».

En dépit d’une escalade des tensions et des violences grandissantes, des tentatives de dénouement pacifique émergent notamment à travers la création d’un comité technique de 4 ou 5 personnes, chargé de discuter des issues possibles afin d’aboutir à des solutions intermédiaires.