Midterms : un changement de la politique de Donald TRUMP au Moyen-Orient ?

 

Tous droits réservés.

Le mercredi 7 novembre 2018, les résultats des élections locales et parlementaires de mi-mandat aux Etats-Unis, les « midterms », ont dominé l’actualité internationale. Pour Donald TRUMP, cette élection incarne un référendum autour de sa personne. Fort de son bilan économique, le Président a multiplié les rencontres de personnalités, proches du parti républicain. Du côté démocrate, l’objectif poursuivi était celui d’une « vague anti-Trump ».

Au terme d’une campagne qui a fortement mobilisé les citoyens américains, le parti républicain a perdu la majorité à la Chambre des représentants, mais a accru sa position au Sénat. Sur Twitter, Donald TRUMP s’est félicité de cet « immense succès ». Autre évolution significative : plus d’une centaine de femmes siègeront dorénavant au Congrès, un record pour ces élections. La victoire en demi-teinte pour le camp républicain, qui devra composer avec la Chambre des représentants pour faire adopter les lois, ne doit pas donner lieu pour autant à une surestimation de la poussée démocrate.

Cette élection aura-t-elle des conséquences sur la politique étrangère menée par l’administration TRUMP, notamment en Méditerranée, au Moyen-Orient et en Europe ? Probablement pas. Si le Congrès représente une force de « recalibrage » capable d’ajuster les ambitions du président et peut même, dans de rares cas, initier une procédure d’impeachment dans les faits, il est rarement l’acteur premier de la formulation et de la conduite des actions extérieures du pays. La politique étrangère relève essentiellement de l’exécutif, composé du président et de ses départements. La présidence américaine a d’ailleurs accru ses pouvoirs en matière d’actions extérieures depuis 1945. Par ailleurs, le positionnement américain au Proche et Moyen-Orient n’a pas été un sujet majeur des midterms. Si le président TRUMP a remodelé la forme de la politique étrangère américaine par une posture très directe voire brutale, ses fondamentaux (soutien à Israël et à l’Arabie Saoudite) sont partagés par la classe politique américaine.

Ces élections laissent donc présager une continuation de la politique en place, notamment la poursuite de la politique de sanctions à l’égard de l’Iran, avec ses zones d’incertitudes (positionnement vis-à-vis de l’Europe, de la Turquie, rôle en Syrie, au Yémen,…) dans un contexte qui autorise désormais l’hypothèse d’une victoire de Donald TRUMP en 2020.