L’UE dresse le bilan après une année de mise en œuvre de la CSP

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Mardi 14 mai 2019, le Conseil de l’Union européenne, réuni au niveau des ministres des Affaires étrangères et de Défense, a débattu sur la première année de mise en œuvre de la Coopération structurée permanente (CSP).

L’article 42 du Traité sur l’Union Européenne dispose que la CSP regroupera « les Etats membres qui remplissent des critères plus élevés de capacités militaires et qui ont souscrit des engagements plus contraignants en la matière en vue des missions les plus exigeantes ». Si la CSP se place dans une volonté européenne de défense commune, elle ne regroupe cependant pas tous les Etats membres. En effet, le Royaume-Uni, le Danemark, ainsi que Malte ne participent pas à cette coopération sécuritaire de grande envergure.

Toutefois, les membres affirment que la CSP constitue « une étape cruciale pour renforcer la politique de sécurité et de défense commune » et, surtout, qu’elle pourrait permettre d’ouvrir « la voie à une Défense commune » ayant pour conséquence de renforcer l’autonomie de l’UE à agir en tant qu’acteur international en matière de sécurité.

Le Conseil souligne par ailleurs que des « progrès » ont été effectués concernant « les engagements liés aux budgets de défense et aux investissements conjoints en matière de défense ». Les Etats membres ont ainsi augmenté leur budget de défense de « 3,3% en 2018 et de 4,4% en 2019 ». Le Conseil déclare que l’utilisation des « outils, initiatives et instruments de l’UE aux fins de la planification de défense nationale, […] constitue une autre tendance positive ». Cela est également encouragent pour la mise en place du Fonds européen de défense (FED) recouvrant la période 2021-2027. Le FED permettra d’accroître les investissements des Etats membres et de l’UE dans le domaine de « la recherche de défense, le développement de capacités militaires en commun et l’éventuel achat en commun de matériel militaire ».

Néanmoins, des lacunes subsistent quant à la coopération industrielle de défense entre les Etats de l’UE. La Commission estime que « coexistent aujourd’hui dans l’UE 178 systèmes d’armes différents, alors que les Etats-Unis n’en comptent que 30 ». Si l’UE veut être efficace en termes d’industrie de l’armement, et devenir un véritable acteur international pouvant rivaliser avec ses concurrents – les Etats-Unis, la Russie et la Chine – il lui faudra accroître la mutualisation et la coopération entre Etats membres. A titre d’exemple, l’acquisition de F-35 américains par plusieurs pays européens au détriment du Rafale ou de l’Eurofighter, a été critiquée par le Président français qui juge qu’il s’agit d’une décision qui « stratégiquement va a contrario des intérêts européens ». Toutefois, cette décision peut s’expliquer par la nécessité de disposer d’avions « à double capacité » équipés pour emporter des bombes nucléaires américaines, conformément à la politique de dissuasion nucléaire de l’OTAN.

Selon la Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Frederica Mogherini, « les possibilités de la coopération structurée permanente sont immenses ». Alors qu’il existe déjà 34 projets répartis au sein des pays membres de l’UE, de nouveaux seront lancés en 2021.