L’instabilité méditerranéenne : fatalité ou défi à relever ?

Par Mustapha Benchenane,

Docteur d’État en science politique. Conférencier au Collège de défense de l’Otan et à l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice. Éditorialiste à l’institut FMES.

Article publié dans le numéro d’été 2019 de la Revue Défense Nationale.

 

La plupart des études portant sur la Méditerranée se concentrent sur son importance stratégique au regard de sa configuration et de ses ressources énergétiques : plus de 600 millions de tonnes de pétrole y transitent (un tiers du trafic mondial). On insiste aussi sur le problème israélo-palestinien dont on affirme tantôt qu’il est central, tantôt qu’il est devenu secondaire. On y ajoute un phénomène nouveau : les câbles sous-marins dont l’importance stratégique est au moins aussi grande que celle qui concerne l’énergie. En effet, ces câbles constituent l’ossature d’Internet. Qui plus est, il y a des approches différentes selon que l’on considère la Méditerranée comme un tout, ou comme deux bassins, l’un occidental, l’autre oriental. De surcroît, cette région du monde reste le berceau des civilisations monothéistes, exacerbant passions et antagonismes, même si les peuples qui y vivent ne sont pas des étrangers les uns pour les autres. Plus que tout, la Méditerranée souffre de faiblesses structurelles, géographiques et politiques, qui facilitent les ingérences des puissances étrangères.

Une géographie et une géopolitique complexes

La Méditerranée est une mer étroite et compartimentée. Le Monde occidental et le Sud sont séparés par les 14 km du détroit de Gibraltar.  La Tunisie est à 147 km de la Sicile. Cette proximité a entraîné des relations particulières entre les pays des deux rives, marquées par de nombreux conflits mais aussi par des périodes de coopération, voire même d’alliances entre musulmans et chrétiens (1). Deux porte-avions avec leurs navires d’accompagnement, l’un en Méditerranée occidentale, l’autre en Méditerranée orientale, suffisent aujourd’hui à contrôler la Méditerranée.

La complexité qui caractérise la Méditerranée reste la fragmentation des populations et les difficultés qu’elles éprouvent à vivre en paix, chacune dans sa construction « nationale ».

On parle communément de « Monde arabe » qui commence en Mauritanie et qui se termine aux frontières de la Turquie et de l’Iran. Cette affirmation ne correspond pas à la réalité, qui est beaucoup plus complexe. Le Maghreb est arabo-berbère. Il comprend la Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Cette région était berbère jusqu’à l’arrivée des Arabes et de l’Islam. Elle le reste pour ceux qui n’ont pas adopté la langue arabe, soulignant la « panne » du sentiment national dans certains pays qui privilégient les systèmes d’appartenance ethnique, régionaliste et tribale. Les pays maghrébins font moins de 2,5 % de leur commerce extérieur entre eux, malgré la tentative de création de l’Union du Maghreb arabe qui reste une fiction. Cette absence d’intégration leur coûte plusieurs points de croissance annuelle. On prétend que cela est dû au problème du Sahara occidental qui cristallise les rivalités entre le Maroc et l’Algérie ; pourtant, même s’il n’y avait pas ce contentieux, il n’y aurait pas davantage de coopération entre ces États car les différentes composantes des peuples qui s’y trouvent ont du mal à cohabiter pacifiquement. La situation n’est pas meilleure au Machrek, c’est-à-dire au Levant, où la fragmentation est encore plus grave. Le pays le plus important, l’Égypte, vit sous perfusion américaine depuis que le président Sadate a signé une paix séparée avec Israël (1978-1979). Il est confronté au puissant mouvement des Frères musulmans et au terrorisme qui sévit dans le Sinaï. Le Liban ne s’est jamais remis de la guerre civile qui a fracturé ce pays de 1975 à 1990. L’Irak et la Syrie sont ravagés par des guerres civiles. La Jordanie ne survit que grâce à l’aide extérieure. L’Arabie saoudite est obsédée par ce qu’elle perçoit comme la « menace iranienne » et par des contradictions internes. Mais le Machrek, c’est aussi la question nationale palestinienne, même si on n’en parle presque plus. Un peuple vit sous occupation militaire depuis plusieurs décennies sans que la communauté internationale s’en émeuve. Le sentiment d’impuissance et d’humiliation favorise la propagande des islamistes qui dénoncent « le deux poids, deux mesures » des Occidentaux.

S’agissant de la rive Nord, le problème concerne surtout les Balkans, l’Europe occidentale ayant su préserver la paix grâce à la construction européenne. Malgré l’accord de Dayton (1995) qui a mis fin à la guerre en ex-Yougoslavie, les tensions restent vives, notamment entre le Kosovo et la Serbie. Entre Orient et Occident, Chypre reste une île divisée depuis 1974. L’Union européenne a commis une faute en admettant une moitié de cette île comme État-membre, au lieu de surseoir la décision d’admission en l’assortissant d’une condition : réunification d’abord, admission ensuite.

Pour l’heure, l’attention est fixée sur le Moyen-Orient où les populations éprouvent des difficultés à trouver des facteurs qui les rassemblent. Car tout semble les opposer, compte tenu de la diversité qui les caractérise. Toutes les tentatives d’unification ont échoué, qu’elles aient eu recours à la religion, au nationalisme arabe ou encore au socialisme. Les initiatives venues d’Europe pour établir des partenariats Nord-Sud ont échoué. Il en a été ainsi du Dialogue euro-arabe voulu par le président Pompidou et son ministre des Affaires étrangères Michel Jobert en 1973. Le Partenariat euro-méditerranéen lancé à Barcelone en novembre 1995 a connu le même sort. Il en a été de même pour le projet d’Union pour la Méditerranée porté par Nicolas Sarkozy en 2008, qui n’a atteint aucun de ses objectifs. L’une des raisons principales de ces échecs renvoie à l’incapacité des pays du Sud à identifier, ne serait-ce qu’un seul intérêt commun. À aucun moment et sur aucun sujet, ceux-ci n’ont pu parler d’une seule voix. Une autre raison de cette désillusion tient aux mentalités qui prévalent au Sud, consistant à croire que le Nord, anciennement colonisateur, ne peut vouloir de bien à l’ancien colonisé.

Des pays menacés d’implosion

Plusieurs États du monde musulman ont implosé, principalement à cause de contradictions internes aggravées par des interventions étrangères, tels le Yémen, le Soudan, l’Irak, la Libye et la Syrie où se déroulent des guerres civiles. D’autres États ont été affectés par le « Printemps arabe » à partir de 2011, tels la Tunisie et l’Égypte. Les responsables occidentaux ont éprouvé des difficultés à identifier la nature de ces événements : révoltes, révolutions ou guerres civiles ? En Syrie, même si Bachar el-Assad peut être qualifié de « tyran sanguinaire qui massacre son propre peuple », il reste soutenu par une partie du peuple syrien, dont la plupart des minorités, y compris chrétiennes. Les Alaouites, auxquels il appartient, représentent 8 % de la population. S’il n’avait bénéficié que de l’appui des siens, aurait-il été en mesure de mener un combat si long et si coûteux à tous égards ? Même le soutien militaire de la Russie et de l’Iran n’aurait pas suffi à le maintenir au pouvoir. En Libye, l’intervention de l’Otan a provoqué la mort de Mouammar Kadhafi, entraînant une guerre civile dont on ne voit pas comment elle prendrait fin. En Irak, la guerre déclenchée illégalement par les Américains en 2003 a provoqué la chute du régime, mais aussi une guerre civile. Au Yémen, les bombardements de la coalition menée par l’Arabie saoudite aggravent la situation.

Ce qui se passe en Algérie depuis quelques mois est une révolte dont le détonateur a été la candidature de Bouteflika pour un cinquième mandat, alors que gravement malade, il était incapable d’assurer sa charge. Pendant trop longtemps, le peuple algérien a subi le chantage du régime consistant à faire croire que c’était lui ou le retour à la tragédie des années 1990. En dépit de sa désorganisation, l’opinion publique a obtenu le départ du Président. Quant au changement de régime, ce sont les rapports de force qui en décideront. À cet égard, l’acteur principal est l’armée mais celle-ci a perdu sa cohésion. Il y a, en son sein, des clans qui s’affrontent. Contrairement à bien des idées reçues, tous les généraux ne sont pas corrompus ; la société est, elle aussi, atteinte par la corruption.

Au bout du compte, le « Printemps arabe » aura été une illusion, y compris en Tunisie souvent présentée comme exemple de transition réussie. La culture démocratique en Tunisie comme dans le reste du monde arabe est très loin d’être enracinée. Une fois encore, on constate que la démocratie ne se décrète pas ; elle n’est pas un bien « d’import-export » et l’imposer par la force a mené chaque fois au désastre. Mais les difficultés insurmontables auxquelles se heurtent ces peuples ne sont pas dues essentiellement à ces ingérences étrangères. Elles s’expliquent aussi par l’effondrement du mythe de l’État-Nation, par l’échec des stratégies de développement et par la défaillance du facteur religieux.

Lorsque ces pays ont accédé à l’indépendance, il fut décidé de conserver les frontières de la colonisation. Cette méthode arbitraire consistait à nier l’histoire de peuples qui ont vécu ensemble dans d’autres limites territoriales. La seconde faute a consisté à décréter que ces nouveaux États seraient des « États-Nations », ignorant que ce concept européen correspondait peu à l’histoire du monde arabe. Les peuples décolonisés et leurs élites se sont fait un point d’honneur de démontrer qu’ils avaient toujours vécu dans un cadre national qui correspondait très peu en réalité à la vérité historique renvoyant à des structures tribales, ethniques et claniques.

La greffe de l’État-Nation n’a donc pas pris, pas plus que la façon dont les gouvernants s’y prennent pour diriger leur pays. Les pays du Sud de la Méditerranée, y compris ceux disposant d’importantes ressources d’hydrocarbures, n’ont pas réussi à sortir leur peuple du sous-développement. L’Algérie et la Libye ont bénéficié chacun de l’équivalent de dix fois le plan Marshall sans atteindre les résultats escomptés à la hauteur des sommes englouties dans des stratégies hasardeuses. Outre la corruption, les mentalités des gouvernants comme des gouvernés se caractérisent par l’absence de rationalité et le manque de professionnalisme. Parmi les indicateurs de cette défaillance, citons le rapport au temps qui n’est pas une priorité pour les peuples du Sud. L’absence de motivation et de culture du travail a lourdement pesé dans l’échec de leurs stratégies de développement. Ces mêmes pays sont confrontés à un chômage de masse qui frappe lourdement les jeunes qui constituent l’immense majorité de la population (70 % ont moins de trente-cinq ans), y compris les diplômés. La démographie de ces pays, loin d’être un atout, ajoute aux difficultés. En Égypte, la population augmente de 1,3 million de personnes chaque année. Il faudrait pour l’ensemble de ces pays une croissance annuelle de 8 % sur quarante ans pour faire face au défi démographique et au déficit d’emplois qu’il implique. Or, dans le meilleur des cas, le taux moyen ne dépasse pas 4 %.

Plus grave encore, le système éducatif est largement défaillant. Alors que l’éducation devrait être le vecteur du changement pour s’adapter aux exigences de la mondialisation, ce secteur est l’enjeu de batailles idéologiques et religieuses qui l’empêchent d’évoluer. La religion, ayant pour finalité originelle de relier les hommes les uns aux autres par l’adhésion à une foi commune et à des valeurs partagées, devrait se traduire par un code de conduite permettant de vivre en paix ensemble. Or, la religion ne parvient plus à remplir cette finalité. Elle est devenue l’habillage de la dis- corde. Au nom de la même religion, certains tuent leurs propres coreligionnaires, comme en Algérie durant la décennie 1990, alors que les Algériens sont tous musulmans sunnites. Au Levant, l’accent est mis sur l’antagonisme chiites-sunnites pour expliquer le recours à la violence. Mais ce clivage n’est que le masque d’une opposition entre Perses et Arabes dont le but est la conquête du leadership régional. Dans les pays du Sud de la Méditerranée, les musulmans ont abîmé l’Islam dont la pratique est dévoyée par une partie de ceux qui s’en réclament.

Ces trois faiblesses structurelles favorisent les ingérences étrangères.

La Méditerranée convoitée par des puissances étrangères

La France, l’Espagne et l’Italie sont des pays méditerranéens. Leur présence est légitime. Mais cette légitimité a disparu dès lors que ces pays ont pratiqué une politique de puissance et de colonisation. Toutefois, il n’y a pas lieu de faire le procès de cette politique pour la simple raison que les relations entre les peuples, tout comme entre les États, ont toujours été régies par les rapports de forces. Quand un pays possède les moyens de la puissance, il est rare qu’il ne s’en serve pas au détriment de ceux qui sont plus faibles que lui.

Dès 1794, le gouvernement américain envoie un navire de guerre en Méditerranée. À la même époque, afin de contrecarrer la volonté française de s’établir en Afrique du Nord, Washington signe avec Tunis un traité commercial par lequel le bey (roi) s’engage à protéger les ressortissants américains et à ouvrir la Tunisie à leurs produits, en échange de quoi les États-Unis arment gratuitement les troupes du bey. Des pressions de la même nature sont exercées sur le Maroc, la Libye et l’Algérie qui finissent par conclure des accords similaires. Avec la doctrine Monroe, les Américains s’intéressent moins à la Méditerranée, contribuant à convaincre la France que le moment était venu de se lancer à la conquête de l’Algérie (1830). Les Anglais en profitent pour s’installer à Aden (1839). Mais Washington revient en Méditerranée après la Première Guerre mondiale en élaborant la doctrine Wilson du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ils encouragent les peuples arabes à se dresser contre la France et la Grande-Bretagne. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, un document du Conseil national de sécurité (2) reconnaît que la propagande des États-Unis a contribué à la montée du nationalisme chez les « indigènes ». Cette politique sera poursuivie par John Kennedy qui écrivait à propos de l’Algérie dans un « ordre exécutif » du 20 février 1963 : « Les intérêts des États-Unis constituent le facteur primordial de notre nouvelle ligne envers ce pays qui est la clé de l’Afrique du Nord. […] Notre souci essentiel est l’accroisse- ment de notre propre influence. Le départ de la France de l’Algérie comme celui de l’Indochine sont des faits positifs ». L’intérêt des États-Unis pour la Méditerranée est donc très antérieur à la découverte du pétrole moyen-oriental et à la création d’Israël. Depuis, l’appui de Washington à Tel-Aviv est quasi inconditionnel, a fortiori avec Donald Trump à la Maison-Blanche. Ce dernier ne trouve rien à redire à la colonisation juive des territoires palestiniens occupés depuis 1967, autorisant le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem alors que selon le droit international, Jérusalem-Est est un territoire occupé. Il a fermé la représentation palestinienne à Washington et coupé la contribution de son pays à l’agence de l’ONU chargée d’aider les réfugiés palestiniens. Le 21 mars 2019, il a reconnu l’annexion par Israël du plateau du Golan, territoire incontestablement syrien. Son prédécesseur, Barack Obama, réputé réticent à l’égard d’Israël, a lui aussi apporté un appui sans précédent à l’État d’Israël en lui livrant des bombardiers F-35, faisant voter une aide de 36 milliards de dollars sur dix ans en faveur de Tel-Aviv. Cette politique est menée sans aucun égard pour les Arabes dont le poids sur l’échiquier international est faible au regard de leur nombre, du pétrole et du gaz que recèle leur sous-sol, tout comme de leur position géostratégique.

La Russie nourrit, elle aussi depuis longtemps, des ambitions méditerranéennes. Depuis les tsars, Moscou a toujours eu la volonté de se ménager un accès aux mers chaudes. D’où l’importance vitale que Moscou accorde à la mer Noire et à la Crimée que Poutine a annexée en 2014. L’URSS, en son temps, se présentait comme pays méditerranéen en affirmant que la mer Noire était une dépendance   de la Méditerranée. L’URSS avait réussi à renforcer sa présence au Moyen-Orient en aidant l’Égypte à construire le barrage d’Assouan et en équipant les armées égyptiennes, syriennes, algériennes et libyennes. Aujourd’hui, la Russie affirme que l’Islam fait partie de son identité, obtenant un siège d’observateur au sein de l’Organisation de la conférence islamique. Ce faisant, Vladimir Poutine ne fait que mettre ses pas dans ceux des tsars. Tous ont poursuivi les mêmes objectifs : conjurer le sentiment de claustrophobie par une ouverture sur la Méditerranée et sur l’océan Indien. L’intervention militaire russe en Syrie en faveur du régime de Bachar el-Assad s’explique notamment par cette obsession. Elle manifeste aussi la volonté de retrouver des positions perdues en 1991 après la dislocation de l’URSS.

La Chine s’intéresse également à la Méditerranée. Cela se traduit par des investissements importants dans des infrastructures de transport maritime, comme le port grec du Pirée. Les Chinois organisent de nouveaux forums régionaux. Ils investissent également dans les câbles sous-marins. Le tout s’inscrit dans une stratégie globale de « nouvelles routes de la soie » qui constituent un vecteur de la plus haute importance. La Chine et la Russie ont mené, en mars 2015, des exercices militaires conjoints pendant dix jours en Méditerranée orientale. La Chine veut devenir une puissance maritime afin d’assurer la sécurité de ses axes de communication. Pékin affirme que ses intentions sont pacifiques et prétend que, historiquement, sa politique n’a pas été agressive. Ce propos doit être reçu avec circonspection. En effet, on assiste à une compétition planétaire pour la suprématie commerciale, financière, scientifique, technologique, militaire et culturelle.

En termes de puissance globale, les États-Unis disposent d’une avance importante. En effet, ils maîtrisent toutes les dimensions de la puissance au sens où on l’entend habituellement, à quoi s’ajoute la capacité à produire et à exporter sa culture, au moyen de sa langue, de son idéologie, de ses mœurs, de son mode de pensée, de consommer, de s’habiller, bref à être un modèle dont on s’inspire et que l’on veut reproduire chez soi. C’est là un domaine dans lequel les Américains ont magistralement réussi. Ce n’est pas le cas de la Russie, pas plus que de l’URSS communiste en son temps. Reste à voir si la Chine parviendra à exporter son modèle.

L’instabilité n’est pas une fatalité car elle s’explique par des causes identifiées. Quant au défi à relever, il ne semble pas pour l’instant à la portée de ces pays et de ces peuples. Le demi-siècle écoulé indique clairement que ceux qui dirigent n’ont pas été en mesure de faire face aux problèmes vitaux pour leurs populations. Ils ne pourront donc pas s’en sortir seuls. Mais leur idéologie et leur mentalité les empêchent d’en convenir. Or, la rive Sud de la Méditerranée n’étant qu’à quelques kilomètres de l’Europe, ce qui l’affecte, produit des conséquences négatives sur la rive Nord. D’où la nécessité de prendre conscience que si le Sud va mal, le Nord ne peut pas aller bien. Les deux rives gagneraient à traduire en actions communes ce constat. Cela pourrait se concrétiser par l’élaboration d’une stratégie de développement solidaire.

(1). Citons pour exemple le Traité d’alliance conclu entre Soliman le Magnifique et François Ier en 1525.

(2). Classé N.12.NSC.

 

Tous droits réservés