Libye : l’inquiétude de la communauté internationale

Ghassan Salamé et Jens Stoltenberg, le 13 mai au siège de l’OTAN.
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Depuis le lancement de l’opération du maréchal Haftar – chef de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) – sur Tripoli, la Libye s’enlise à nouveau dans la guerre. L’insécurité a engendré une aggravation de l’instabilité au sein du pays où sont déplorées de nombreuses pertes et le déplacement de milliers de Libyens. Le dossier libyen suscite l’inquiétude de la communauté internationale.

Le 13 mai, le Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne a adopté une déclaration concernant la situation en Libye : « L’offensive militaire lancée par l’ANL sur Tripoli et l’escalade qui s’en est suivie dans la capitale et aux alentours de celle-ci constituent une menace pour la paix et la sécurité internationales et compromettent encore davantage la stabilité de la Libye. Elles aggravent également le risque de menace terroriste dans tout le pays. L’UE réaffirme son attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale de la Libye ». De fait, l’Union européenne exhorte les parties libyennes à mettre en place un cessez-le-feu et à coopérer avec les Nations unies.

La même journée, la Haute représentante de l’Union européenne, Federica Mogherini a rencontré le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj. Au nom de l’UE, la cheffe de la diplomatie européenne a exprimé la volonté d’un arrêt immédiat des activités militaires et a demandé une reprise du dialogue politique « dans l’intérêt de tous les Libyens ». L’UE soutient « sans réserve » les actions de Ghassan Salamé. En sus du domaine militaire, la situation humanitaire du pays inquiète. Federica Mogherini a donc souligné l’importance de « garantir l’accès à l’aide humanitaire, de protéger les civils (…) et de protéger et d’aider les migrants ». Face à la situation préoccupante du pays, l’UE dénonce la violation du droit international et considère que les attaques dont le pays est victime « peuvent être assimilées à des crimes de guerre ».

Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN, s’est également entretenu le 13 mai avec le Représentant spécial de l’ONU en Libye Ghassan Salamé, l’occasion de rappeler que l’OTAN à l’instar de l’UE, « soutient pleinement le travail des Nations unies en Libye » et de son Représentant spécial. L’OTAN affiche également la volonté d’aider davantage la Libye à se doter d’institutions efficaces. L’organisation exhorte « toutes les parties à mettre fin aux combats et à rejoindre le processus politique », conformément aux demandes exprimées par l’Organisation des Nations Unies.

Mardi 14 mai, l’Organisation des Nations unies a, à son tour, alerté sur l’insécurité en Libye. Face à la situation humanitaire se dégradant, des agences des Nations unies « ont fait part de leur préoccupation » concernant les migrants, les réfugiés et les personnes déplacées.

La communauté internationale est unanime : aucune solution militaire ne résoudra la crise libyenne. Seule une solution politique globale amorçant la tenue d’élections générales favorisera un retour au calme.

Au terme de plus de six semaines de combats, 450 personnes ont perdu la vie, 2 000 ont été blessées et 63 000 ont été déplacées. Cette offensive a accentué la rupture entre les deux parties libyennes.