Laurent GBAGBO devant le Cour pénale internationale

L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, le 28 janvier 2016, lors d’une audience à la Cour pénale internationale de La Haye.
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Le procès de l’ancien président ivoirien Laurent GBAGBO à la Cour pénale internationale a repris lundi 12 novembre 2018. Tout comme Charles BLE GOUDE, ex-leader du Congrès panafricain des jeunes patriotes, l’ancien chef d’Etat est jugé pour des faits relevant de crimes contre l’humanité. Les faits qui lui sont reprochés se seraient déroulés lors de la période postélectorale en 2010-2011.

Entre 2010 et 2011, les événements en Côte d’Ivoire ont fait plus de 3 000 morts en cinq mois. Laurent GBAGBO est accusé de s’être « accroché au pouvoir par tous les moyens » et d’avoir fomenté une campagne de violence à l’encontre de son rival, Alassane OUATTARA, reconnu vainqueur de la présidentielle. En détention depuis sept ans, il fait l’objet depuis janvier 2016 d’un procès auprès de la Cour pénale internationale.

Au début du mois d’octobre, le Bureau du Procureur a exposé son argumentaire dans le dessein de montrer les rôles de l’ancien président et du responsable politique dans la gestion de la crise à l’issue de l’élection présidentielle. L’accusation repose sur la preuve d’une planification de manière systématique de l’usage de la violence contre les populations civiles. Pour ce faire, le procureur prend pour exemple un discours prononcé par Laurent GBAGBO en août 2010 dans lequel ce dernier qualifie les forces de l’ordre de « combattants de la République ». Tandis qu’il a déclaré : « S’il y a des dégâts, les juges après rétabliront », pour le substitut du procureur, « Laurent GBAGBO a incité les forces qui lui étaient loyales à commettre des crimes ».

Le lundi 12 novembre 2018, la parole était à la défense. Arguant que le procureur ne bénéficie pas d’assez de preuves, les avocats de Laurent GBAGBO ont plaidé l’acquittement. La défense estime que le procureur en charge du procès n’est pas parvenu à vérifier l’hypothèse selon laquelle « un plan commun » aurait été élaboré en vue de maintenir le président au pouvoir et aurait engendré des violences contre la population civile ivoirienne. Pour l’avocat principal de l’ancien chef d’Etat, Me ATLIT, l’accusation ne repose que sur des présupposés sans preuve directe. Selon Me BAROAN, autre avocate de GBAGBO, « le procureur n’a rien, tout est construit sur du sable mouvant ». Après un mois et demi d’interruption, les audiences visent actuellement à étudier la demande de non-lieu et la principale ligne de défense des avocats consiste à dénoncer la « démarche biaisée » de la Cour pénale internationale

Les audiences sur les demandes d’acquittement de Laurent GBAGBO et Charles BLE GOUDE se tiendront jusqu’au 22 novembre. Après plusieurs années de procès, aucune décision de la chambre d’accusation n’est prévue cette semaine et la décision des juges pourrait prendre plusieurs mois.