La Méditerranée stratégique, laboratoire de la mondialisation

Page de couverture du numéro de la RDN consacré à la Méditerranée.
Tous droits réservés.

Le numéro d’été de la revue de la défense nationale (RDN) se consacre à la Méditerranée. Intitulé « La Méditerranée stratégique, laboratoire de la mondialisation », ce numéro a été codirigé par l’institut FMES et l’institut de recherche stratégique de l’école militaire (IRSEM). Il a été préfacé par le commandant en chef de la Méditerranée (CECMED) et préfet maritime, le vice-amiral d’escadre Charles-Henri de la Faverie du Ché.

Ce numéro particulier dresse les principaux enjeux de cette région où les puissances régionales et internationales sont très présentes. Il s’attache à identifier les principaux points de tension. Le bassin méditerranéen se distingue en effet par la multiplicité de ses crises souvent d’ampleur inégale. Mer quasi fermée de surface modeste à l’échelle du globe, elle ne compte pas moins de 23 pays sur son littoral. L’espace méditerranéen pourrait se définir comme un laboratoire de la mondialisation où se retrouvent les rivalités qui se jouent à l’échelle planétaire. Ce n’est étonnamment pas le point d’attention majeur des médias qui se consacrent davantage au Proche et Moyen-Orient ou à l’Asie du Sud Est. Pour autant, cette mer est l’un des axes commerciaux les plus importants au monde. C’est à la fois un trait d’union et une ligne de fracture entre les rives Nord et Sud.

Après une introduction partagée entre le vice-amiral d’escadre (2S) Pascal Ausseur, directeur général de l’institut FMES et le directeur de recherche du pôle « questions régionales Nord » à l’IRSEM, monsieur Pierre Razoux, ce numéro se scinde en trois parties. La première concerne les grands enjeux et principaux défis de la région en s’intéressant à des domaines divers tels que la territorialisation, les hydrocarbures en Méditerranée orientale, les questions environnementales, financières et religieuses. Le deuxième volet fait référence aux multiples foyers de crise avec le Levant, la Libye, les Balkans et l’hirak algérien. La troisième et dernière partie souligne les ambitions des principaux acteurs en Méditerranée, notamment celles des grandes puissances.  Les Etats-Unis, la Russie et la Chine sont à ce titre des acteurs majeurs de ce laboratoire de la mondialisation. Il ne faut pas pour autant sous-estimer les rivalités régionales avec des « confrontations » Nord Sud et de substantielles différences d’approche entre les pays de la rive Sud, notamment pour l’Egypte, La Turquie, Israël et les pays du Golfe pour ne citer qu’eux.

Cette revue, et c’est un peu l’usage pour la RDN, se distingue par un apport de réflexions issu d’une très grande diversité de rédacteurs qu’ils soient universitaires, chercheurs ou militaires et anciens militaires issus des deux rives de cette mer si singulière. Parmi ces rédacteurs, figurent des experts renommés de la région tels que Gilles Kepel, Nicolas Mazzuchi, Jean Dufourcq ou encore Benoît Pellistrandi qui se réjouissent de partager leurs analyses avec des rédacteurs plus « discrets » mais fascinés par l’intérêt qu’ils portent à un espace euro-méditerranéen qui n’est pas toujours traité à la hauteur des enjeux qu’il contient. Enfin, ce numéro spécial est aussi l’occasion de permettre à Christian Castagna et William Leday, au nom de la 29ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques de l’institut FMES, de partager leur analyse sur la position de la France au regard de la sensibilité du dossier des hydrocarbures en Méditerranée orientale.