La guerre 1914-1918 en Méditerranée

 

Le débarquement des troupes à Salonique, 1915.
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Le 11 novembre célèbre le centenaire de l’armistice de 1918. A Paris, se tient ce dimanche une cérémonie commémorative rassemblant plus de cent chefs d’Etats et dignitaires étrangers. Un « geste symbolique » qui rappelle « l’importance de construire une paix mondiale » selon l’Elysée. La Grande Guerre, par ses dimensions européennes et mondiale, sa durée, ses 10 millions de morts civils et militaires et son caractère brutal, a  provoqué un véritable séisme géopolitique. Dans la mémoire collective, les batailles de Verdun, de la Somme ou des Vosges résonnent encore. Toutefois, le bassin méditerranéen a également constitué un espace essentiel de la Première guerre mondiale.

L’assassinat à Sarajevo de l’archiduc et héritier au trône de l’empire d’Austriche-Hongrie, François Ferdinand, est retenu comme l’élément déclencheur du conflit, cristallisant les multiples facteurs de tensions déjà perceptibles. Après les déclarations de guerre entre les deux camps, la Méditerranée fait l’objet, dès 1914, d’affrontements entre les puissances européennes. Les combats que se livrent les hommes en mer est d’une violence extrême.

La France mobilise ses troupes coloniales afin de les rapatrier sur les fronts occidentaux. Le 4 août, les croiseurs allemands Goeben et Breslau ouvrent les hostilités en Méditerranée en bombardant les villes de Bône et de Philippeville en Algérie. Poursuivis par les forces navales françaises et britanniques, les deux bâtiments rejoignent l’Empire ottoman qui  entre en guerre contre l’empire russe.

Affaibli au début du siècle dernier avec la perte de nombreux territoires et  considéré comme « l’homme malade de l’Europe », l’Empire ottoman demeure une puissance en Méditerranée grâce à ses possessions arabes (Syrie et Palestine), sa côte anatolienne et le contrôle des détroits. Son entrée dans la guerre fait émerger la notion de front périphérique pour forcer les passages maritimes, primordiaux pour les ravitaillements. L’idée, émise par Winston CHURCHILL, premier lord de l’Amirauté, effraie les chefs militaires occidentaux.

Du 18 mars 1915 au 9 janvier 1916, se tient la bataille des Dardanelles. La France, alors que les accords lui donnaient la direction des opérations en Méditerranée, est doublée par la Royal Navy (en charge de la mer du Nord) qui ne la juge pas assez réactive et craint la perte de Suez. En sus du climat éprouvant et d’un terrain difficile, les forces alliées ne se sont pas montrée à la hauteur de cet objectif ambitieux. La résistance ottomane donne lieu à une victoire défensive mais les deux camps s’enlisent au terme d’une bataille meurtrière.
Le revers franco-britannique engendre le redéploiement des forces en Egypte et en Grèce. L’Empire ottoman est exsangue.

Face à cette défaite de revers, les alliés mènent l’expédition de Salonique du 21 octobre 1915 au 30 septembre 1918. Aussi appelée Front d’Orient, il nourrit l’espoir, à ses débuts, de rallier la Bulgarie, la Grèce et la Roumanie. Ces visées contradictoires n’aboutiront pas. Le Front d’Orient a également pour dessein d’assurer son soutien à la Serbie.
Salonique est l’avènement d’un nouveau front qui permet de récupérer des territoires perdus tout en soulageant le front occidental. L’Armée d’Orient, parfois raillée pour son caractère « périphérique », devient centrale au point d’influencer l’issue de la guerre à l’Ouest.
La Bulgarie cesse les combats à la fin du mois de septembre et l’Empire ottoman finit par capituler. Le sultanat est aboli et la Turquie est réduite à l’Anatolie quelques années plus tard.

En parallèle des fronts occidentaux l’action des alliés dans le bassin méditerranéen, moins bien connue, a contribué à leur victoire.

La Première guerre mondiale a mobilisé beaucoup d’hommes et de femmes, en métropole, dans les colonies et les dominions. Ils ont marqué notre histoire par leur courage et leurs sacrifices.