Commission de la défense nationale et des forces armées — Audition du vice-amiral Laurent Isnard, commandant les opérations spéciales

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Create Dateven 26 Jan 2018
Last Updatedmar 13 Fév 2018
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Synthèse de l'audition par Ludivine Svabek, auditrice de la 28ème session.

Le commandement des opérations spéciales (COS) a été créé il y a 25 ans afin de fournir aux plus hautes autorités civiles et militaires des réponses « sur mesure » à des problèmes complexes.

Le COS conçoit, planifie et conduit des opérations spéciales décidées par le chef d’état-major des Armées

Sous les ordres de l'officier général commandant le COS (GCOS), les opérations sont exécutées par les forces spéciales des trois armées renforcés des militaires des forces conventionnelles.

800 militaires, dont 600 des forces spéciales, sont déployés en permanence en opérations extérieures (OPEX) et placés sous son contrôle opérationnel.

Les forces sont engagées dans trois types d’action :

  • actions offensives directes (exemple en Afrique ou au Levant)
  • missions de renseignement,

missions d’environnement (la formation et l’accompagnement de partenaires)

Loi de Programmation Militaire 2014-2019

Augmentation en volume du COS et des forces spéciales

  • projet « Forces spéciales 2017 » = renforcement de l’état-major du COS, passé de 110 à 125 personnes en 2018, a permis d’améliorer substantiellement la capacité d’analyse, d’anticipation et de conception des opérations.
  • création le 1er juin 2016 du commandement des forces spéciales terre (CFST).
  • création de 200 postes supplémentaires dans la marine nationale et création le 1er septembre 2015 du 7e commando Ponchardier.
  • création de 240 postes supplémentaires dans l’armée de l’air.

Quatre opérations d’armement majeures

Radios HF

  • moderniser les transmissions nationales,
  • garantir notre autonomie par rapport aux alliés,
  • contribuer à la résilience en cas de rupture d’accès satellitaire
    (premières livraisons en 2020)

Véhicules des forces spéciales (VFS)

202 véhicules lourds prévus mais interdiction d’emploi par la direction générale de l’armement, pour des raisons de sécurité d’emploi.
Les véhicules légers sont en phase de prototypage : prévision de livraison en 2020.

Modernisation des avions C130

14 avions concernés pour une amélioration des capacités tactiques.
Livraison de 5 appareils entre 2019 et 2022, action menée dans l’objectif d’un retrait des C160 à l’horizon 2023.

Acquisition de jumelles de vision nocturne

Opération d’armement par contrat de l’Agence de soutien et d’acquisition de l’OTAN afin de conserver l’avantage offert par la capacité de combat de nuit face à un adversaire qui commence à s’équiper de dispositifs de vision nocturne.

Les engagements

2 Task Forces (forces d’intervention) majeures sont déployées au Sahel et au Levant.

Les forces armées font face à 3 trois types de conflictualité :

Les conflits asymétriques

(ex : Sahel) où se déploient des campagnes contre-terroristes en espace peu contesté, et en autonomie stratégique, qui nécessitent de la fulgurance et de la technicité, commando comme aéromobile.

Les conflits dissymétriques

(ex : au Levant) en espace semi-permissif voire contesté.
De son côté, l’adversaire met en œuvre tous les champs de confrontation (guerre urbaine lourde, artillerie, drones, cyber, risques radiologiques, biologiques et chimiques (RBC), propagande)

Les opérations menées dans le cadre de la fonction stratégique « prévention »

(ex : l’Afrique de l’Ouest) qui appellent à une très basse visibilité de nos actions mais qui nous permettent de renseigner les autorités et de mieux comprendre les crises en cours ou à venir.

Lutte antiterroriste : analyse et enseignements tirés de la période 2014-2017

Précision du rôle du COS dans la lutte contre-terroriste précisé par l’arrêté du 4 janvier 2017.

Enseignements

besoin des moyens américains par défaut de moyens techniques français (drones moyenne altitude longue endurance et des moyens de guerre électronique),
disposer de moyens blindés car fragilité des lignes d’approvisionnement et dépendance aux moyens externalisés,
concurrence entre alliés dans les partenariats militaires opérationnels notamment dans la capacité à équiper au bon niveau nos partenaires.
besoins de compétences nouvelles nécessaires dans la guerre électronique, le cyber, l’emploi des capteurs modernes.

Les enjeux opérationnels et capacitaires du COS pour la prochaine LPM

3 axes prioritaires :

La mobilité tactique dans les trois milieux : air, terre, mer

  • La mobilité aérienne : moderniser et homogénéiser le parc des hélicoptères des forces spéciale,
  • La mobilité terrestre (exemple : acquisition de véhicules légers de type buggy),
  • Le volet maritime : attente de l’admission au service actif du PSM-3G en 2018 (ce sous-marin miniature est destiné à agir en tandem avec un sous-marin nucléaire d’attaque de type Barracuda)

Les moyens de recueil de renseignement (ISR : intelligence, surveillance et reconnaissance)

  • Le drone MALE Reaper de l’armée de l’air dont la capacité de guerre électronique et l’armement représenteront des game changer pour les opérations spéciales (autonomie stratégique vis-à-vis des américains)
  • Le développement du segment des avions légers de surveillance et de reconnaissance
  • Une proposition de lancement d’un programme d’acquisition de drone moyenne altitude, moyenne endurance (MAME) avec une charge de renseignement d’origine électromagnétique, pouvant emporter des armements de faible charge, ainsi que des mini-drones.

Les moyens de transmission et de commandement

Pour garantir l’interopérabilité en coalition et à consolider la capacité à établir des communications à longue distance par satellite par des radios de dernière génération, que l’on appelle les TACSAT-NG.
Et renforcer notre autonomie nationale et notre résilience face aux attaques cyber.

En retirant les programmes déjà bien avancés lors de la précédente LPM, le volume financier nécessaire à la modernisation du modèle COS représente 250 millions en sept ans (soit par an, 36 millions pour les FS = un millième du budget annuel de la défense)


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