Discours du Président de la République à l’ouverture de la conférence des Ambassadeurs

Le discours du Président de la République à l’ouverture de la conférence des Ambassadeurs marque traditionnellement la rentrée diplomatique et donne l’occasion au Président de poser les grands jalons de sa politique étrangère.

Durant son intervention d’une durée d’une heure et vingt minutes, Emmanuel Macron a confirmé que « la lutte contre le terrorisme islamiste [était] la première priorité de notre politique étrangère ». Sans surprise, nos efforts se concentrent sur la Syrie et l’Irak d’un côté, la Libye et le Sahel de l’autre.

Le Président a « choisi la voie d’une France reprenant son rang parmi les Nations en Europe, répondant aux défis du monde actuel et faisant entendre clairement son point de vue ». C’est à ce titre qu’il a réuni à la Celle-Saint-Cloud le Premier ministre libyen Fayez Sarraj et le chef de l’armée nationale libyenne Khalifa Haftar et qu’il a obtenu du Président russe Vladimir Poutine, lors de l’entrevue de Versailles, la fin de l’utilisation des armes chimiques en Syrie.

L’évocation de la crise entre le Qatar et ses voisins lui a également permis de rappeler le rôle d’appui à la médiation de la France et de se positionner sur la rivalité entre l’Arabie Saoudite et l’Iran en refusant de se voir imposer un choix entre chiites et sunnites, tout en critiquant à mots couverts la position américaine (« D’autres grandes puissances ont fait ce choix [de s’enfermer dans un camp] ces derniers temps, j’ai la conviction que c’est une erreur »).

La nécessité de préparer et réussir la sortie de crise est évoquée au Levant comme au Sahel, par une « transition politique inclusive » en Irak comme en Syrie mais aussi par une mise en œuvre de l’accord de paix d’Alger sans laquelle le Mali ne pourra vaincre ses dissensions internes.

Le défi migratoire, illustré par les « 800.000 réfugiés et déplacés qui attendent aujourd’hui du côté libyen » est porté au rang de menace à laquelle répond la déclaration conjointe du 28 août « relever le défi de la migration et de l’Asile ».

L’Europe est peu présente dans ce discours, sauf pour rappeler la prégnance du couple franco-allemand, qualifié d’alliance et de socle. L’Ukraine et « tous les conflits gelés sur notre continent » font l’objet de quelques lignes, Emmanuel Macron appelant « toutes les forces en présence » à respecter le dernier cessez-le-feu décidé à l’occasion de la rentrée scolaire.

Enfin, la Chine est citée en exemple pour son grand projet géopolitique de la nouvelle route de la soie.

Bonne lecture.

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