Le Conseil de sécurité condamne l’essai nucléaire nord-coréen et renforce le régime de sanctions

Malgré les craintes exprimées jusqu’alors, le Conseil de sécurité des Nations-Unies s’est prononcé de manière unanime pour renforcer pour la huitième fois les sanctions frappant la République démocratique populaire de Corée.

Décidée sous l’impulsion des Etats-Unis suite à l’essai nucléaire du 3 septembre 2017, la résolution décide l’interdiction d’importation de gaz naturel et le gel des exportations de produits textiles. Elle réaffirme la volonté du Conseil de voir la République démocratique populaire de Corée suspendre de manière « définitive et irréversible » toute activités liée à ses programmes de développement d’armes nucléaires et de missiles balistiques.

Contrairement à la volonté initiale des Etats-Unis d’interdire toute vente ou fourniture de produits pétroliers, et très probablement pour éviter tout veto russe ou chinois, le Conseil s’est limité à un volume maximal de deux millions de barils par an. Les importations de produits pétroliers ne seront ainsi réduites que de 30 %.

La résolution est également marquée par la volonté de priver la République démocratique populaire de Corée des devises provenant de ses ressortissants à l’étranger, en interdisant aux Etats membres l’emploi des travailleurs nord-coréens. Cette mesure, si elle est appliquée, aura de nombreuses implications en Chine, qui emploie de nombreux travailleurs nord-coréens, mais aussi dans quelques pays africains qui entretiennent des relations régulières avec la République démocratique populaire de Corée, confirmées par le dernier rapport publié par le groupe d’experts créé en application de la résolution 1874.

Dans leur explication de vote, les représentants russe et chinois ont rappelé l’initiative commune du 4 juillet 2017 où les deux pays demandaient la reprise du dialogue, l’arrêt des essais nucléaires et de missiles balistiques nord-coréens, mais en contrepartie le gel des grands exercices américano-sud-coréens. Le Président russe Vladimir Poutine s’était exprimé lors d’une conférence de presse le 5 septembre dernier, estimant que les sanctions n’auraient aucun effet sur la République démocratique populaire de Corée, citant les précédents irakien et libyen et affirmant qu’ils « mangeront de l’herbe, mais qu’ils n’abandonneront pas leurs programmes avant de se sentir en sécurité ».

Les paragraphes 7 à 12 précisent les conditions dans lesquelles tout navire de commerce soupçonné de transporter des marchandises ou équipements visés par les sanctions peut être visité en haute mer par les bâtiments de guerre et les navires de l’Etat. Déjà, le 11 août 2016, l’Égypte avait intercepté le Jie Shun. La fouille du navire avait permis de découvrir des caisses en bois contenant 30 000 roquettes RPG-7.

VA(2S) Alain Christienne, directeur de la stratégie.

Le communiqué de presse ⇒

La résolution 2375 ⇒

L’explication de vote du représentant permanent de la France

Le rapport du groupe d’experts créé en application de la résolution 1874 (16 Mo)