Union européenne

Visite de Florence PARLY à Bangui

La ministre des Armées Florence PARLY et son homologue centrafricaine Marie-Noëlle KOYARA, à Bangui le 10 décembre 2018.
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La ministre française des Armées, Florence PARLY, s’est rendue les 10 et 11 décembre 2018 à Bangui. Cette visite en Centrafrique, après deux annulations, permet de réaffirmer le soutien de Paris à Bangui. Sur son compte Twitter, la ministre s’exprime : « Je suis à Bangui pour réaffirmer la nécessité d’une action coordonnée avec la communauté internationale ».

Dans sa tribune du 10 décembre 2018, la ministre rappelle l’amitié qui lie les deux pays : « Notre amitié et notre confiance sont un souffle nécessaire pour la paix ». Ce lien repose sur des racines historiques. Juste retour à la présence de tirailleurs venus de Centrafrique durant les deux guerres mondiales, l’intervention de Paris (opération Sangaris) déclenchée en décembre 2013 a été citée par la ministre. Dorénavant, « l’heure est maintenant à la paix, à la réconciliation et à la reconstruction ». « Avocate infatigable des initiatives de l’Union africaine et des Nations unies », la France se veut un soutien indéfectible du pays.

Au cours de ce séjour, la ministre a rencontré les militaires français du détachement d’appui opérationnel de Bangui. Elle a pu s’entretenir à deux reprises avec son homologue centrafricaine Marie-Noëlle KOYARA. Avec l’envoyé spécial des Nations-Unies pour la République centrafricaine, Parfait ONANGA-ANYANGA, elle a rappelé le « rôle stabilisateur de l’ONU » qu’elle considère comme « la seule force légitime pour accompagner le redéploiement des forces armées centrafricaines en province ». Durant sa rencontre avec le président de la République centrafricaine, Fautin-Archange TOUADERA, Florence PARLY évoque « l’attachement de la France à la paix en Centrafrique ». De fait, elle a affirmé son soutien à l’initiative de paix en Afrique sous l’égide de l’Union africaine et écrit : « pas de convergence sans transparence ». Enfin, la ministre s’est entretenue avec Samuela ISOPI, représentante de l’UE ainsi que le général MAIO, à la tête de la mission EUTM RCA. Cette mission de conseil de l’Union européenne en République centrafricaine adoptée en avril 2016 vient en soutien à la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA). Le 30 juillet 2018, le Conseil de l’UE a prorogé le mandat de l’EUTM RCA pour une durée supplémentaire de deux ans, soit jusqu’au 19 septembre 2020. Le budget alloué pour la période allant du 20 septembre 2018 au 19 septembre 2020 est de 25,4 millions d’euros. Fière de l’engagement de l’UE en RCA, Florence PARLY rappelle que la France prendra le commandement de cette opération en 2019.

En Centrafrique, la Russie est devenue au cours de ces dernières années, un acteur incontournable sur le plan militaire à travers la livraison d’armes, la formation militaire délivrée ou encore la signature d’un accord de défense. Toutefois, la présence russe dans le pays n’est pas la raison avancée par la ministre française et son entourage pour cette visite. Elle écrit : « Quand on parle de paix et de vies à protéger, il n’y a pas de rivalités ou d’intérêts particuliers qui tiennent ».

Le déplacement de la ministre des Armées intervient après celui du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères en novembre. La France, rappelle la ministre, est le premier partenaire de Bangui pour l’aide au développement à travers un financement de 130 millions d’euros par an. Selon elle, défense et développement sont intimement liés. Ce déplacement est aussi l’occasion pour Florence PARLY de remettre 1 400 fusils d’assaut AK47 et du matériel militaire amphibie destinés aux forces armées centrafricaines.

Préoccupée par la crise migratoire, l’UE s’implique en Libye

 

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Le 10 décembre 2018, le Conseil européen a adopté des conclusions sur la Libye.

La conférence de Palerme, organisée par l’Italie, s’est déroulée il y a plus d’un mois. Si elle a permis de réunir les principaux protagonistes du dossier libyen, son bilan est mitigé. Le Conseil européen souligne toutefois qu’à Palerme, « les dirigeants libyens et la communauté internationale ont exprimé leur soutien sans réserve aux efforts que déploient les Nations unies en faveur d’un processus politique pris en charge par les Libyens ». En effet, le statu quo actuel est source d’instabilité et d’insécurité « pour les Libyens, leurs voisins et la région toute entière ». Pour ce faire, l’Union européenne soutient pleinement les actions menées par les Nations unies afin d’établir une situation stable dans le pays et l’accompagnera  dans son adaptation des volets politique, économique et sécuritaire. Face à l’impasse politique dans laquelle se trouve la Libye, l’UE demande à tous les acteurs libyens – dont la Chambre des représentants et le Haut Conseil d’Etat – de « coopérer de manière constructive avec le gouvernement d’entente nationale à la réalisation des objectifs arrêtés à Palerme, y compris la tenue en Libye de la conférence nationale au début de 2019, de progresser sur la question du cadre constitutionnel et législatif nécessaire et de mener à bien les processus constitutionnel et électoral d’ici le printemps 2019 ».

A travers une action diplomatique et un soutien important, l’UE maintient ses relations avec la Libye et agit en faveur de sa transition politique. Elle soutient les efforts entrepris par l’ONU et son représentant spécial, Ghassan SALAME. Depuis le début de la crise, l’UE apporte son soutien à Tripoli et a accordé près de 70 millions d’aide, principalement par le biais de l’Instrument européen de voisinage. Cette somme permet d’encadrer une vingtaine de projets dans différents secteurs tels que la société civile, la gouvernance, la santé, l’économie, l’éducation ou encore les activités de sécurité et de médiation.

La situation en Libye est une préoccupation essentielle de l’Union européenne. Outre les actions menées par la cellule de planification et de liaison et des missions telles que l’EUBAM, mission d’assistance aux frontières, l’opération EUNAVOR MED Sophia, lancée en juin 2015, doit apporter une réponse globale à la crise des migrations et des réfugiés. Cette opération a permis de sauver 45 000 personnes. La stabilisation dans le pays est primordiale, d’autant plus que l’UE se dit concernée par « la violation persistante du droit international humanitaire et des droits de l’homme, y compris les violences sexuelles et à caractère sexiste ». Les Etats-membres, dans leurs conclusions, affirment continuer à aider les Libyens « à faire face aux défis migratoires, en vue notamment de lutter contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains ».

En 2017, l’UE a fourni 10 millions d’euros destinés au financement humanitaire et a mobilisé 286 millions d’euros pour des projets liés à la migration, dont 266 au titre du Fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique.

Serbie – Kosovo : une histoire de querelles

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Ces dernières semaines, la région des Balkans fait face à une nouvelle escalade des tensions entre le Kosovo et la Serbie.

A la fin des années 1990, l’OTAN était intervenue suite au conflit ayant opposé la Serbie à la guérilla albanaise de l’actuel Kosovo. La Force internationale de sécurité au Kosovo (KFOR) veille depuis 1999 à la sécurité de ce nouveau Etat indépendant au travers d’une opération de soutien de la paix autorisée par les Nations unies. Le Kosovo a créé des « Forces de sécurité », regroupant environ 2 500 hommes équipés d’armes légères. Alors que les contours de cette force n’ont pas été réellement définis, le Parlement du Kosovo a voté trois textes de loi, le 19 octobre 2018, engageant le processus de création d’une armée. Il s’agit de transformer ces forces de sécurité en une véritable armée. Proposés par le gouvernement de Ramush HARADINAJ, ces textes ont été adoptés à la quasi-unanimité, cette armée étant chargée de veiller à « la souveraineté et l’intégrité territoriale du Kosovo ». Cette idée est une référence directe aux projets de « correction des frontières » avancés par Belgrade ces derniers mois.

Plus de 10 ans après la proclamation d’indépendance, le Kosovo n’est pas reconnu par tous les Etats, à commencer par la Serbie. Malgré les tentatives de normalisation menées par les deux gouvernements, les relations entre les deux pays restent compliquées. En réponse à ce qu’il considère comme une « attitude destructive » de la Serbie, le Kosovo a mis en place, le 21 novembre dernier, des droits de douane sur les marchandises importées de Serbie à travers une taxe de 100%. Cette annonce intervient après la quatrième tentative du Kosovo de rejoindre Interpol, la Serbie ayant fait campagne contre l’adhésion de son voisin.

Ces initiatives suscitent la colère de la Serbie qui y voit des « provocations ». Les partenaires occidentaux, en l’occurrence l’UE et les Etats-Unis désapprouvent ces taxes, les considérant comme « une violation claire » des engagements pris par Pristina. Ils s’efforcent de vouloir rétablir une situation pérenne dans les Balkans. Le commissaire européen Johannes HAHN s’est rendu le 3 décembre à Belgrade et à Pristina pour tenter de débloquer la crise des taxes douanières.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens STOLTENBERG, s’est entretenu avec Aleksandar VUCIC et Ramush HARADINAJ, le président de la Serbie et le premier ministre du Kosovo. Après les tensions entre les deux parties, Jens STOLTENBERG a « souligné que Belgrade et Pristina devaient faire preuve de calme et de retenir et éviter toute provocation, dans les paroles ou dans les actes ». Face au souhait du Kosovo de se doter d’une armée, certains Etats ont affirmé leur soutien au Kosovo. Les Etats-Unis ne semblent plus s’opposer à la création d’une armée kosovare selon les paroles de l’ambassadeur américain à Pristina Philip KOSNETT. Toutefois, le secrétaire général de l’OTAN considère, comme bon nombre de partenaires occidentaux du Kosovo, cette initiative « malvenue » tant elle est « susceptible de compromettre les perspectives d’intégration euro-atlantiques du Kosovo ». Au Président serbe, Jens STOLTENBERG a évoqué « la nécessité d’apaiser les tensions actuelles ». Aussi, poursuivre le dialogue « sous les auspices de l’Union européenne » est « le seul moyen d’instaurer une paix et une stabilité durables dans la région ».

Pour le chef de la diplomatie russe Sergueï LAVROV, la situation dans les Balkans « suscite de l’inquiétude ». Moscou dénonce l’OTAN et l’UE de jouer un rôle « déstabilisateur », le Kosovo demeurant « le principal foyer de déstabilisation ».

Le Parlement du Kosovo doit se prononcer vendredi 14 décembre en deuxième lecture concernant la transformation en armée régulière de sa Force de sécurité. Il reste à savoir comment évolueront ses relations avec la Serbie au regard de toutes ces tensions.

Union européenne – Egypte : une coopération solide

Federica MOGHERINI et Abdel Fattah AL-SISSI en Egypte, en 2015.
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Le 10 décembre 2018, Le Conseil de l’Union européenne a publié un rapport sur ses relations avec l’Egypte. Les domaines de coopération entre les deux parties sont variés et concernent notamment le développement socio-économique, la recherche scientifique, l’énergie, la migration, la lutte contre le terrorisme et les problèmes régionaux.

Les relations diplomatiques entre l’Egypte et l’Union européenne remontent à 1966. Un accord d’association, signé le 25 juin 2001 et entré en vigueur le 1er juin 2004, lie les deux parties. Le Conseil d’association UE-Egypte a permis d’adopter les nouvelles priorités de partenariat. Le rapport publié couvre la période allant de juin 2017 à mai 2018 et mentionne les objectifs fixés dans les priorités de partenariat 2017-2020 adoptées le 25 juillet 2017.

Le Conseil européen souligne que les objectifs sont atteints et se félicite du succès de cette coopération. Johannes HAHN, commissaire européen chargé de la politique européenne de voisinage et des négociations d’élargissement a déclaré : « Au cours de la dernière année, nous avons intensifié nos actions pour soutenir l’Egypte dans la réforme de son économie, œuvrant pour une croissance durable et inclusive (…). L’UE continuera à aider l’Egypte à relever les défis socio-économiques et continuera à œuvrer de concert pour la stabilité et la prospérité de la région ». Pour la Haute représentante de l’UE, Federica MOGHERINI, « L’Egypte, sa stabilité et son développement sont essentiels pour l’Union européenne, ses Etats membres et l’ensemble de la région. C’est pourquoi nous avons signé nos priorités de partenariat et renforcé notre engagement déjà fort pour le peuple égyptien ».

L’UE constitue la principale source d’investissements directs étrangers pour l’Egypte à hauteur de 60%. Elle fait office de premier partenaire commercial de l’Egypte concernant les importations (machines, équipements de transport) et les exportations (pétrole et produits miniers, produits chimique et secteur textile).  L’ensemble des engagements d’assistance financière de l’UE en faveur de l’Egypte est estimé à plus de 1,3 milliard d’euros de dons. Cette somme est destinée au développement social et économique du pays à plusieurs niveaux mais contribue aussi à l’amélioration de la gouvernance et des droits de l’homme. Le Caire est également le deuxième bénéficiaire de l’instrument européen de voisinage après Rabat. L’UE joue un rôle important de soutien à la société civile égyptienne et aux droits de l’homme à travers l’Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH). Avec la France, le pays entretient du même fait des relations étroites. En témoigne la présence de la Ministre des Armées Florence PARLY au premier salon de l’armement égyptien.

Au cours de cette dernière année, l’engagement de l’UE envers l’Egypte a été réaffirmé. L’Egypte, en tant qu’acteur régional fort, continue de s’engager sur des questions régionales et internationales telles que l’Union africaine – qu’elle présidera en 2019 – les questions syrienne et libyenne ou encore le processus de paix au Moyen-Orient. Le pays dirigé par Abdel Fattah AL-SISSI est un allié incontournable de l’UE s’agissant de la question migratoire. Toutefois, des défis subsistent en matière d’état de droit, de droits de l’homme ou de libertés fondamentales, le régime du maréchal AL-SISSI étant souvent pointé du doigt sur ces questions.

Le prochain Conseil d’association UE-Egypte se tiendra le 20 décembre à Bruxelles, où se poursuivront les discussions relatives à ce partenariat.

Premier sommet extraordinaire pour le G5 Sahel

Les chefs d’Etats des 5 pays membres du G5 Sahel. Tous droits réservés.

La capitale mauritanienne a accueilli les 5 et 6 décembre 2018 la Conférence de coordination des partenaires et des bailleurs du G5 Sahel, premier sommet extraordinaire destiné à mobiliser 2 milliards d’euros afin de financer la première phase du Programme d’investissement prioritaire (PIP).

Le G5 Sahel, né en février 2014, regroupe le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Les chefs d’Etats des pays membres se sont rendus à Nouakchott à l’exception notable d’Ibrahim Boubacar KEÏTA, le président malien. L’organisation cherche à démontrer aux bailleurs de fonds ses atouts et sa capacité à favoriser le développement dans les zones frontalières. La somme attendue permettra de financer près de quarante projets communautaires dans la région où la menace djihadiste s’appuie sur la frustration générée par des conditions de vie difficiles.

Le PIP est un plan régional ambitieux nécessitant 1,9 milliard d’euros d’investissements sur la période 2019-2021. Les deux tiers de cette somme serviront aux infrastructures et au développement humain. A Nouakchott, des enjeux cruciaux seront débattus, cette jeune organisation rencontrant des problèmes financiers. Ces derniers mois, la Force du G5 Sahel peine à être efficace face à une recrudescence de l’insécurité et un manque de moyens. De fait, l’organisation a fait l’objet de discussions du Conseil de sécurité de l’ONU.

Les pays membres du G5 Sahel doivent développer une approche équilibrée soucieuse des problématiques frontalières, longtemps délaissées. International Crisis Group, dans son rapport du 12 décembre 2017, souligne que le G5 Sahel ne remplira sa mission que s’il parvient à gagner la confiance des populations.

Jean-Yves Le DRIAN, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères s’est rendu en Mauritanie. Depuis 2014, « la France soutient activement » le G5 Sahel. Le ministre a annoncé une contribution importante de la France à ce programme, cette action de Paris allant de pair avec l’engagement français pris au sein de l’Alliance Sahel. Lancée en juillet 2017 par le Président de la République française, la chancelière allemande et la Haute représentante de l’UE, l’Alliance Sahel a pour objectif de financer et de coordonner plus de 500 projets pour répondre à tous leurs défis actuels, sécuritaires, démographiques, économiques et sociaux en vue d’une stabilisation et d’un développement de la région.

Au terme des discussions, l’Union européenne et la France ont annoncé prendre en charge la plus grande partie du financement. Neven MIMICA, commissaire européen pour la Coopération internationale et le développement a déclaré : « Grâce aux 125 millions d’euros additionnels que l’Union européenne annonce aujourd’hui, l’accent sera mis sur des projets de développement dans les zones les plus fragiles, avec un impact immédiat sur les conditions de vie des populations locales. ». Au total, la contribution européenne s’élève à environ 800 millions d’euros. La France ajoutera quant à elle 220 millions d’euros de financements aux 280 millions déjà engagés. Selon Jean-Yves le DRIAN, « la moitié de cette somme concerne des projets déjà en gestation et en cours » et « l’autre moitié sera octroyée de manière accélérée dans les deux ans qui viennent » afin de permettre aux pays du G5 Sahel d’être « au rendez-vous de leurs priorités ».

In fine, les Etats du G5 Sahel sont parvenus à obtenir 1,3 milliard d’euros sur les 2 milliards escomptés. Cette somme, axée sur la prévention du terrorisme, permettra d’améliorer la lutte contre ce phénomène qui, depuis 2013, s’est progressivement répandu dans toute la région.

Le Conseil européen prolonge le mandat de l’UE en Géorgie

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Lundi 3 décembre 2018, le Conseil européen a prolongé le mandat de la mission de surveillance de l’Union européenne en Géorgie jusqu’au 14 décembre 2020. Le budget alloué pour la période allant du 15 décembre 2018 au 14 décembre 2020 est de 38,2 millions d’euros.

Après l’indépendance du pays en 1992, deux régions à majorité russe ont fait sécession : l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Une mission d’observation des Nations Unies, mandatée en 1993 – et effective jusqu’en 2009 – a mis fin au conflit et donné lieu à un cessez-le-feu. Toutefois, en août 2008, les forces géorgiennes ont pénétré dans la région d’Ossétie du Sud, provoquant une escalade des tensions avec Moscou. L’Union européenne est parvenue à un cessez-le-feu entre les deux parties grâce à un accord en six points. Depuis lors, le conflit est gelé. La mission EUMM Georgia (European Union Monitoring Mission) est une mission civile déployée en 2008 à l’issue de l’accord conclu entre la Géorgie et la Russie.

EUMM Georgia compte plus de 200 observateurs de tous les Etats membres de l’Union européenne. Ces derniers fournissent des policiers, des militaires et des civils. Le siège se trouve à Tbilissi mais il existe trois autres bureaux. La mission a pour dessein de contribuer à la stabilisation, à la normalisation et au renforcement de la confiance entre les deux Etats. Le mandat de l’EUMM s’étend dans tout le territoire géorgien, à l’intérieur des frontières internationalement reconnues. Toutefois, les régions d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie se montrent réticentes à l’accueil de la mission.

En octobre 2018, la mission de surveillance a célébré son dixième anniversaire. Durant cette période, l’EUMM a effectué plus de 65 000 patrouilles sur le terrain qui ont impliqué plus de 1 700 ressortissants des 28 Etats-membres de l’UE. Pour Erik HOEG, chef de la mission de surveillance « au cours de ses dix années d’existence, la mission a dû s’adapter aux évolutions de son contexte de sécurité ». Il assure que le rôle de la mission est « compris et respecté ».

L’EUMM Georgia fait partie des dix missions civiles de gestion de crise déployées par l’Union européenne dans le cadre de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC). La décision de prolonger le mandat pour une durée supplémentaire de deux ans témoigne de l’engagement de l’UE en Géorgie. Elle répond tout de même à la relative stabilité de la région, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie partageant une frontière terrestre avec la Russie.
Le pays vient d’élire une nouvelle présidente. Contrairement à son principal rival, Salomé ZOURABICHVILI, présidente fraichement élu s’est distinguée par ses positions modérées envers Moscou.

COP 24 : Priorité au réchauffement climatique

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Du 3 au 14 décembre 2018, se tiendra à Katowice en Pologne la 24ème Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, dite la COP 24. L’objectif de cette conférence est le sauvetage de l’accord de Paris, signé en avril 2016, les pays signataires s’étant engagés à agir pour contenir le réchauffement mondial sous la barre des 2°C d’ici à 2100.

Pour la troisième fois, ce sommet se déroule en Pologne. Pourtant, elle fait partie des pays de l’Union européenne émettant le plus de CO2, derrière l’Allemagne qui a fait le choix d’abandonner le nucléaire au profit des énergies fossiles. Si Katowice investit afin de sortir progressivement du charbon, deux tiers des villes les plus polluées de l’UE se trouvent en Pologne qui tire 80% de son électricité du charbon, réputé peu cher et dont le pays dispose en abondance. Le partenaire officiel et parrain de cette COP24 n’est autre que le groupe polonais JSW, premier producteur de charbon à coke en Europe. Pour autant, lors de la COP23 à Bonn, certaines délégations représentées ainsi qu’une trentaine d’entreprises avaient signé un pacte pour sortir du charbon (Powering Past Coal Alliance).

Des acteurs non étatiques, des ONG, des institutions et environ 190 Etats seront représentés, exception faite des Etats-Unis, deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde après la Chine. En effet, en juin 2017, Donald TRUMP a annoncé le retrait de son pays de l’Accord de Paris. Pékin, malgré ses promesses en faveur d’une lutte contre le réchauffement climatique, construit de nouvelles centrales thermiques et finance la construction de centrales à charbon chez ses partenaires pakistanais, égyptiens ou dans les Balkans. Quant à la Turquie, elle utilise également largement cette énergie fossile.

Actuellement, 44% des émissions de gaz à effet de serre mondiales sont le fait du secteur du charbon. Ainsi, en amont de la COP24, les 47 Etats (dont 33 africains) faisant partie du groupe des Pays les moins avancées (selon les caractéristiques de l’ONU) ont commencé dès mardi 27 novembre à discuter autour du thème du réchauffement climatique. Si le continent africain n’est pas à l’origine de ces changements climatiques, certains de ses Etats particulièrement sensibles aux phénomènes de sécheresses, en subissent fortement les conséquences.

En sus de garantir l’application de l’Accord de Paris qui prévoit une aide annuelle de 100 milliards de dollars d’ici à 2020 pour aider les pays les plus pauvres à atteindre les objectifs fixés, la conférence vise à « poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C » et à réduire les gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2030.

A l’aube de l’ouverture de la Convention of the Parties, les Nations Unies ont publié un rapport mardi 27 novembre 2018 sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des gaz à effet de serre. Ce rapport estime que « le plafonnement des émissions mondiales d’ici à 2020 est indispensable pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris en matière de température » et souligne toutefois que « l’ampleur et le rythme des mesures d’atténuation actuelles restent insuffisants ».

A l’exception des quelques Etats producteurs d’énergie fossile (Algérie, Libye, bientôt Israël et Egypte), la rive sud de la Méditerranée, faible productrice de gaz à effet de serre et sensible aux conséquences du réchauffement climatique, se trouve dans la position inconfortable du spectateur inquiet.

Conférence à Genève sur l’Afghanistan

La secrétaire générale adjointe de l’ONU Rosemary DICARLO, le président de l’Afghanistan Ashraf GHANI et Rula GHANI, première dame d’Afghanistan, à Genève.
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Mercredi 27 novembre s’est achevée la 13ème conférence ministérielle concernant l’Afghanistan à Genève, organisée par la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA). Le pays, 17 ans après la chute du régime des Talibans, est toujours en proie à de multiples attentats et à une pauvreté touchant plus de la moitié de la population. Cette conférence, qui se tient tous les deux ans, permet de faire le bilan sur les avancées du pays en matière de développement et de récolter des fonds.

Pour le président afghan Ashraf GHANI, le conflit et la pauvreté sont aggravés par une sécheresse importante qui a provoqué une véritable « crise ». L’enjeu de cette conférence pour le chef de l’Etat est de convaincre que l’aide internationale – 70% du budget national afghan en dépend – est utilisée à bon escient.

A Genève se sont donc réunis la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques de l’ONU, Rosemary DICARLO, le président Ashraf GHANI, le chef du gouvernement Abdullah ABDULLAH ainsi que de nombreux ministres des affaires étrangères, y compris de l’Union européenne, de la Russie et de la Turquie. Le président afghan souligne la volonté de changement du pays et a déclaré qu’ « une feuille de route pour les négociations de paix » avait été établie : « Nous voulons un accord de paix dans lequel les Talibans afghans seront inclus dans une société démocratique et inclusive » mais précise qu’ « aucun groupe armé lié aux groupes terroristes transnationaux ne pourra participer au processus politique ». Une équipe chargée de négocier la paix avec les Talibans a été établie.

Par la voix de Rosemary DICARLO, le Secrétaire général de l’ONU Antonio GUTERRES a félicité les « récents efforts de paix, y compris l’offre du gouvernement de tenir des pourparlers sans conditions préalables ». Afin que cette paix soit durable, elle devra reposer sur un consensus impliquant l’ensemble de la société. Pour la secrétaire générale adjointe « les femmes doivent participer pleinement au processus de paix et les droits humains de tous doivent être garantis ». Toby LANZER, Représentant de la MANUA a déclaré qu’il y a « une immense soif de paix » de la part des Afghans qui souhaitent mettre un terme à la violence.

La Haute représentante de l’UE, Federica MOGHERINI a souligné les efforts entrepris depuis la précédente conférence à Bruxelles et réitèré les engagements de l’UE en matières politique et financière dans le dessein de parvenir à une paix. En saluant « l’offre de paix courageuse » du président GHANI, la cheffe de la diplomatie de l’Union a déclaré : quelque chose de nouveau se passe en Afghanistan et nous nous en félicitons ».

Pourtant, depuis le début de l’année 2018, un record de victimes civiles a été enregistré. Les négociations directes annoncées portent ainsi l’espoir d’une paix en Afghanistan. Dans ce pays en crise ouverte depuis plusieurs dizaines d’années, 2019 marquant le 40ème anniversaire de l’invasion soviétique, la menace des Talibans, qui ne reconnaissent toujours pas la légitimité du gouvernement, se superpose à l’émergence de l’Etat islamique (province du Khorassan), renforcée par de nombreux combattants ayant fui la Syrie et l’Irak. Si l’élection présidentielle au printemps prochain promet d’être « la clé du succès des négociations de paix » pour le président afghan, la mise en œuvre des projets énoncés prendra au mininum cinq ans pour réintégrer les millions de personnes réfugiées et déplacées.

Méditerranée orientale : entre initiatives chypriotes et mises en garde turques

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Lundi 26 novembre, le gouvernement chypriote, par la voix de son ministre de l’Energie Georgios LAKKOTRYPIS, a annoncé que les multinationales Total et Eni avaient répondu à un appel d’offres concernant les réserves offshores de pétrole et de gaz situées au large de l’île de Chypre. Les géants français et italien pourront explorer le bloc 7, situé dans la zone économique exclusive déclarée par la République de Chypre. Nicosie espère devenir à terme un acteur énergétique majeur dans la région.

La Turquie s’oppose depuis des années à l’exploration de ces gisements gaziers récemment découverts et en réclame la suspension. Ankara, dont les troupes sont présentes dans le nord de l’île, sur le territoire de la République turque de Chypre du Nord, non reconnue par la communauté internationale, prône au préalable une solution politique pour l’île.

En réaction à l’annonce chypriote, mardi 27 novembre, devant des représentants du parti présidentiel AKP, Recep TAYYIP ERDOGAN a mis en garde Chypre et ses soutiens, déclarant que la Turquie « ne laissera pas agir ceux qui veulent établir une hégémonie économique et politique en Méditerranée ». Le discours du chef de l’Etat turc n’a pas épargné l’Union européenne et en particulier la Grèce : « le comportement irresponsable de la Grèce et de l’administration chypriote-grecque, qui reçoivent le soutien de certains pays européens, sont devenus source de menace et de danger, à commencer pour elles-mêmes ».

Dans la journée, le ministère des Affaires étrangères grec a répondu à ces « déclarations provocantes ». Dans un communiqué, Athènes déclare que « les provocations turques nuisent à la stabilité de la région à un moment crucial et démontrent les faibles arguments juridiques de la Turquie ». Le pays assure continuer « en collaboration avec ses alliés et partenaires, à défendre le droit international et ses propres droits inaliénables ». Enfin, le ministère des Affaires étrangères grec souligne que les autres pays de la région, « malgré leur différence (…), reconnaissent que l’énergie doit être un pont favorisant le dialogue et la coopération ».

Ces derniers mois, le président ERDOGAN ne cesse de multiplier les déclarations  concernant les gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale, dont il revendique une partie au profit de la Turquie et de la communauté turque chypriote, s’appuyant sur son interprétation de la délimitation des zones maritimes. L’Union européenne ne s’est plus prononcée sur ce sujet depuis le Conseil européen du 22 mars 2018, où elle demandait « d’urgence à la Turquie de respecter les droits souverains de Chypre d’explorer et d’exploiter ses ressources naturelles, conformément au droit de l’UE et au droit international ».

La conclusion d’un accord en novembre 2018 entre la Grèce, l’Italie, Chypre et Israël sur la pose future du plus long et plus profond au monde gazoduc, permettant à Chypre et Israël d’exporter leur gaz, pourrait envenimer davantage les relations d’Ankara avec ses voisins.

Brexit : les crispations autour de Gibraltar

Pedro SANCHEZ et Theresa MAY.
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Dimanche 25 novembre, un sommet exceptionnel à Bruxelles scellera l’accord de divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. S’il obtient un vote favorable à la majorité qualifiée, il encadrera la sortie du Royaume-Uni de l’UE en mars 2019. Depuis le « oui » obtenu au référendum sur le Brexit, les négociations ont été difficiles entre les deux parties. Au terme de 17 mois de négociations, un accord provisoire de 585 pages a été trouvé.

La Premier ministre britannique, Theresa MAY, a affirmé devant les députés que les négociations sont à un « moment crucial » et qu’il s’agit du « bon accord » pour le pays.

Néanmoins, la question de Gibraltar est devenue ces derniers jours une menace pour la conclusion de cet accord. L’Espagne se dit prête à voter contre ce projet en raison des incertitudes autour du statut du « Rocher » à l’issue du Brexit. Gibraltar est situé à un emplacement stratégique, permettant le contrôle du détroit éponyme. Cédé en 1713 à travers le traité d’Utrecht par l’Espagne à la Grande-Bretagne à l’issue de la guerre de Succession d’Espagne, le territoire reste revendiqué par Madrid avec qui il entretient des relations compliquées. Le traité d’Utrecht considère Gibraltar comme colonie britannique devant revenir dans le giron espagnol dès qu’un changement de statut de cette colonie intervient. Le ministre des Affaires étrangères espagnol Josep BORRELL considère donc que le Brexit engendrera ce changement de statut, nécessitant des négociations ultérieures.

Conformément aux orientations adoptées par le Conseil européen lors de la réunion du 29 avril 2017, « aucun accord entre l’UE et le Royaume-Uni ne pourra s’appliquer au territoire de Gibraltar sans accord entre le Royaume d’Espagne et le Royaume-Uni ». L’Espagne exige ainsi qu’il soit clairement indiqué dans l’accord que les décisions concernant Gibraltar seront prises entre l’Espagne et le Royaume-Uni, de manière bilatérale. Toutefois, l’accord obtenu la semaine dernière et notamment son article 184 ne mentionnent pas ces revendications espagnoles. Le chef du gouvernement espagnol Pedro SANCHEZ, en justifiant les intérêts de la nation espagnole, menace alors l’Union européenne : « Si cela n’est pas résolu dimanche, l’Espagne malheureusement (…) devra voter non et exercer sa capacité de veto ». Sur Twitter, il réitère ses positions : « Après ma discussion avec Theresa MAY, nos positions restent éloignées. Mon gouvernement défendra toujours les intérêts de l’Espagne. S’il n’y a pas de changement, nous opposerons notre veto au Brexit ». Pour autant, devant les députés, Theresa MAY assure que la souveraineté britannique sur Gibraltar serait « protégée ».

Exaspéré que l’avenir de Gibraltar fasse l’objet de menaces espagnoles, le ministre en chef du territoire, Fabian PICARDO, s’est exprimé devant le Parlement jeudi 22 novembre : « La quatrième économie européenne n’a pas besoin d’un fouet pour amener la plus petite économie d’Europe à s’asseoir avec elle autour de la table ». Et le ministre de déclarer dans un communiqué : « Le langage des vetos et des exclusions devrait être un langage du passé ». Le territoire n’exclut pas des discussions avec l’Espagne pour autant, qui constitue sa porte d’entrée vers l’Europe.

Tandis que l’Union européenne espérait un vote consensuel concernant la sortie prochaine du Royaume-Uni, Gibraltar, rocher de 7 km2 où vivent 30 000 habitants, envenime les discussions autour de cette sortie. Qualifié de territoire d’outre-mer pour le Royaume-Uni, de « paradis fiscal » pour l’Espagne et de colonie britannique pour les Nations unies, ce territoire cristallise un nouveau bras de fer entre l’UE et l’un de ses Etats membres.