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Côte d’Ivoire : la CPI autorise la libération de Laurent GBABGO et Charles BLE GOUDE

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé dans la salle d’audience du siège de la Cour pénale internationale à La Haye, Pays-Bas, le 15 janvier 2019.
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Mardi 15 janvier 2019, la Cour pénale internationale (CPI) annonce avoir « fait droit aux demandes d’acquittement » des avocats de Laurent GBAGBO et de Charles BLE GOUDE, ordonnant leur remise en liberté : « la Cour pénale internationale (…) a acquitté faute de preuves MM. Laurent GBAGBO et Charles BLE GOUDE de toutes les charges de crimes contre l’humanité qui auraient été commis en Côte d’Ivoire en 2010 et 2011 ».

Le procès avait repris le lundi 12 novembre dernier. Les deux hommes sont jugés pour des faits relevant de crimes contre l’humanité qui se seraient déroulés lors de la période postélectorale en 2010-2011 et qui ont causé la mort de plus de 3 000 personnes en 5 mois. L’ancien président était accusé de quatre chefs d’inculpation : meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains.

La décision d’acquittement a été prise à la majorité des trois membres de la chambre, la juge dominicaine HERRERA CARBUCCIA ayant voté contre. Détenu depuis novembre 2011, Laurent GBAGBO a été mis en accusation par la CPI avec son ex-ministre et ancien leader du Congrès panafricain des jeunes patriotes, Charles BLE GOUDE. Leur remise en liberté pourrait prendre quelques jours, voire quelques semaines.

Les réactions à cette annonce ne sont pas unanimes. A Gagnoa, dans le village natal de Laurent GBAGBO, des manifestations de joie ont eu lieu à l’annonce de la décision de la CPI tout comme au sein de la famille de l’ancien président. Pour l’ancien porte-parole du président, Alain TOUSSAINT : « c’est une bonne nouvelle et un grand soulagement pour tous les Ivoiriens. C’est aussi une victoire personnelle pour Laurent GBAGBO et Charles BLE GOUDE, qui sont lavés de toutes les accusations ». Pour le député béninois Guy DOSSOU MITOKPE qui a passé 21 ans de sa vie en Côte d’Ivoire, cette libération est considérée comme « une victoire et une leçon pour la jeunesse ». Il ajoute qu’« il est grand temps aujourd’hui que nous nous posions la question de l’opportunité de cette Cour, qui est devenue une Cour contre les plus faibles ».

A contrario, pour la Fédération internationale des droits de l’homme, l’acquittement des deux Ivoiriens consacre « l’impunité totale » des crimes commis en 2010-2011. Si Florent GEEL, directeur Afrique de la FIDH, avoue que cette décision était prévisible, il estime qu’elle « demeure malgré tout décevante, notamment par rapport aux victimes et à la justice ». En effet, du côté du Collectif des victimes des violences en Côte d’Ivoire, qui regroupe environ 8 000 membres victimes de violence depuis 2000, la déception domine, cette nouvelle venant compliquer les tentatives de réconciliation nationale.

Selon Jean-Paul BENOIT, avocat de l’Etat de Côte d’Ivoire : « la Cour oublie qu’il y a eu plus de 3 000 morts, et que s’il y a eu des morts, c’est qu’il y a eu des responsables ». Joël N’GUESSAN, vice-président du RDR, le parti de l’actuel président Alassane OUATTARA, est plus modéré : « Nous devons prendre acte de cette décision de la CPI, qui est la plus haute juridiction dans le monde. (…). Cependant, je milite pour que nous œuvrions à éliminer les causes qui ont provoqué la mort de 3 000 personnes lors de la crise post-électorale ».

Une audience est toutefois programmée le 16 janvier, durant laquelle le procureur aura la possibilité de faire appel des décisions de la Cour. S’il le fait, l’ancien président ivoirien pourrait ne pas être libéré mais assigné à résidence, notamment en Belgique, le pays ayant accepté de l’accueillir.

On peut noter que les réactions des deux bords tendent à remettre en cause la légitimité de la CPI, ce qui illustre le questionnement croissant des institutions visant à représenter la communauté internationale.

Alliance stratégique au Moyen-Orient : vers un OTAN arabe

Le Président Donald TRUMP et le prince Mohamed BIN SALMAN.
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Mardi 8 janvier 2019 a débuté la tournée diplomatique au Moyen-Orient du Secrétaire d’Etat américain. En une semaine, Mike POMPEO s’est successivement rendu dans 7 pays de la région : Jordanie, Egypte et cinq des six pays du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe : Arabie Saoudite, Oman, Bahreïn, Emirats arabes unis et Qatar. Ces visites permettent de rassurer les alliés régionaux sur la stratégie de Washington au Moyen-Orient, ébranlée par l’annonce présidentielle du retrait des troupes américaines du nord de la Syrie en décembre dernier. Ce déplacement de Mike POMPEO permet aussi de promouvoir les intérêts américains en vue d’une Alliance stratégique au Moyen-Orient (Middle East Strategic Alliance). Surnommée « l’OTAN arabe », cette alliance concrétiserait la mise en place d’un axe contre Téhéran, considéré par Washington comme la menace la plus importante dans la région. Au Caire, dans un discours prononcé près de dix ans après celui de l’ancien Président Barack OBAMA, le secrétaire d’Etat a annoncé un « vrai nouveau départ » américain dans la région où la lutte contre le régime de la République islamique d’Iran constitue l’un des enjeux principaux. Le lendemain, il a annoncé la tenue d’une conférence ministérielle pour promouvoir la paix et la sécurité au Moyen-Orient, les 13 et 14 février prochain à Varsovie, dont l’un des objectifs est de combattre l’influence iranienne dans la région.

En escale à Abu Dhabi, Mike POMPEO s’est entretenu avec la journaliste Najwa KASSEM pour Al Arabiya, chaine saoudienne. Le chef de la diplomatie américaine a exposé la politique étrangère de Washington dans la région qui repose sur trois piliers : la stabilité du Moyen-Orient, l’achèvement de la destruction de l’Etat islamique et la lutte contre l’Iran « le plus grand pays parrain du terrorisme ». Interrogé à propos du sommet en Pologne où « l’accent sera mis sur l’Iran », Mike POMPEO précise que la rencontre ne concernera pas seulement les pays de l’Alliance stratégique mais réunira un spectre plus large avec des pays asiatiques, africains et sud-américains. Toutefois, Mike POMPEO précise que les actions américaines ne sont pas dirigées contre le peuple iranien : « je veux que le peuple iranien sache que nous voulons une vie meilleure pour lui (…). Nous voulons une vraie démocratie en République islamique d’Iran ». Il considère cette potentielle démocratie incompatible avec les milices chiites en Irak ou encore les Houthis, soutenus par Téhéran.

S’il espère une résolution du conflit syrien conforme à la résolution 2254 du Conseil de sécurité, Mike POMPEO précise que l’alliance stratégique ne concernera pas uniquement la situation en Syrie mais fera l’objet d’une « tentative de constituer une coalition de forces du Moyen-Orient capable de réagir à de nombreuses menaces pour la région ».

L’idée d’un OTAN arabe a émergé le 22 mai 2017, lors du premier voyage présidentiel de Donald TRUMP à Riyad. L’Arabie saoudite et l’Egypte, en dépit des accusations de répression des droits de l’homme dont ils font l’objet, restent des partenaires privilégiés de Washington dans sa lutte contre l’Iran et seront les pierres angulaires du partenariat.

Téhéran ne reste pas impassible face aux mesures prises. Le ministère des Affaires étrangères a convoqué le plus haut diplomate polonais basé dans le pays afin de protester contre la décision d’organiser un sommet jugé « anti-iranien ».

Elections en RDC : Un résultat contesté

 

Félix TSHSEKEDI, lors d’un meeting à Kinshasa, le 21 décembre 2018. Tous droits réservés.

En République Démocratique du Congo, l’élection présidentielle du 30 décembre 2018 qui opposait principalement Felix TSHIKEDI, chef du parti historique de l’opposition, Martin FAYULU et Emmanuel SHADARY, soutenu par le président sortant Joseph KABILA. Elle a été sujette à des contestations. La Commission électorale nationale indépendante (CENI), l’une des institutions veillant à appuyer la démocratie du pays, était chargée de donner les résultats. Dans la nuit de mercredi 9 à jeudi 10 janvier 2019, la CENI a annoncé Félix TSHISEKEDI gagnant avec 38,5% des voix contre 35% pour Martin FAYULU et 23,8% pour Emmanuel SHADARY.

A l’issue des résultats, alors que Félix TSHISEKEDI s’est présenté comme le Président « de tous les Congolais », la coalition Lamuka autour de Martin FAYULU dénonce une « fraude électorale ». Ce dernier revendique une victoire avec 61% des suffrages et entend saisir la Cour constitutionnelle dans le dessein de recompter les votes.

Les résultats donnés par la CENI sont également discutés par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO)l’Eglise catholique ayant une grande influence dans le pays – qui affirme que les résultats communiqués ne correspondent pas aux données collectées par ses observateurs.

Le 10 janvier 2019, le ministère des Affaires étrangères français « salue l’engagement démocratique des Congolais qui ont voté dans le calme » mais également « le travail effectué par les missions d’observation des organisations régionales ». Il espère que le « choix démocratique des Congolais soit respecté ». Toutefois, interrogé sur CNEWS le même jour, Jean-Yves le DRIAN, Ministre des Affaires étrangères déclare : « il semble bien que les résultats proclamés ne soient pas conformes aux résultats que l’on a pu constater ici ou là (…). Cela peut mal tourner parce que M. FAYULU était a priori le leader sortant de ces élections. »

Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio GUTERRES « appelle toutes les parties prenantes à s’abstenir d’actes violents et à régler tout contentieux électoral par les mécanismes institutionnels établis conformément à la Constitution de la République démocratique du Congo et aux lois électorales pertinentes. »

Au lendemain de l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle, le Conseil de sécurité des Nations Unies a écouté la cheffe de la Mission l’ONU en RDC (MONUSCO), Leila ZERROUGUI, le Président du CENI, Corneille NANGAA et un représentant de la CENCO, l’Abbé OTEMBI. Pour la Représentante spéciale de l’ONU, « les prochains jours seront donc déterminants pour la conclusion de ce processus électoral historique ». En réponse, le président de la CENI a reconnu que « les élections n’ont pas pu être organisées dans la perfection absolue » mais souligne que la CENI « a fait ce qu’elle pouvait faire », l’essentiel étant que « les résultats sont là ». Corneille NANGAA avertit que « la CENCO sera responsable de ce qui adviendra » et réclame de la communauté internationale un soutien au président élu. L’Abbé OTEMBI appelle le Conseil de sécurité à être « solidaire du peuple congolais » et exige la publication des procès-verbaux pour chaque bureau de vote « afin que soient comparées les données des candidats avec celles de la CENI, et afin de lever tout doute et apaiser les esprits ». Tandis que la Russie, la Chine et l’Afrique du Sud préconisent d’accepter les résultats de ces élections, la France, la Belgique, les Etats-Unis et le Royaume-Uni désirent plus de transparence et invitent la commission électorale à communiquer les procès-verbaux.

Les résultats ont provoqué des manifestations de joie et de protestation. De graves incidents ont été constatés dans le pays, 12 personnes ayant perdu la vie le jeudi 10 janvier. Les résultats définitifs seront annoncés par la Cour constitutionnelle dans une semaine.

Migrants : Malte et Commission européenne annoncent un accord « global »

A bord du Sea-Watch 3, le 24 décembre 2018.
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Au large de la Libye, deux ONG allemandes ont secouru 32 personnes le 22 décembre 2018 et 17 le 29 décembre. Parmi elles, des migrants originaires principalement d’Afrique subsaharienne, de Libye et d’Egypte, dont des mineurs. Depuis leur sauvetage, ces migrants étaient bloqués à bord des Sea-Watch 3 et Professor-Albrecht Penck. Dans l’attente qu’un port sûr puisse leur ouvrir ses portes et face au refus de l’Italie, de l’Espagne et de Malte, la situation s’est dégradée à bord de ces deux navires. Après presque 19 jours de discussions et négociations, le plus long délai connu concernant ce domaine, l’Union européenne est parvenue à un accord pour la répartition des personnes secourues qui sont autorisées à débarquer à La Valette.

A l’issue de longues négociations, Malte a obtenu un accord global comprenant en sus les 249 migrants présents sur l’île et sauvés par ses garde-côtes au début du mois de décembre 2018. Ainsi, 224 migrants seront répartis dans 9 pays. 44 d’entre eux seront renvoyés dans leur pays d’origine, le Bangladesh. Alors que la France et l’Allemagne en accueilleront 60, l’Italie, dont le gouvernement et plus particulièrement le ministre de l’intérieur Matteo SALVINI, affiche ouvertement une ligne ferme en terme de politique migratoire, en accueillera tout de même quinze. Le Portugal, l’Irlande, la Roumanie, le duché du Luxembourg et les Pays-Bas constituent les autres pays d’accueil.

Dans sa déclaration du 9 janvier, le Premier ministre maltais rappelle que « Malte est une nouvelle fois appelée à assumer des responsabilités qui vont bien au-delà de ses attributions ». Joseph MUSCAT considère « très rassurant que la Commission européenne comprenne les préoccupations de ses Etats-membres et intervienne pour apporter une assistance indispensable ». Toutefois, face au nombreux refus, La Valette estime qu’un mécanisme de solidarité ad hoc n’est pas logique et appelle les Etats-membres et les ONG à « suivre les règles appropriées plutôt que d’agir de leur propre chef et d’attendre ensuite que les autres résolvent les problèmes qu’ils créent ». Le commissaire européen Dimitris AVRAMOPOULOS, déclare le 9 janvier 2019 qu’« avoir 49 personnes sur des bateaux en mer pendant près de 3 semaines n’est pas ce que l’Union européenne défend. L’UE repose sur les valeurs humaines et la solidarité. Et si les valeurs humaines et la solidarité ne sont pas respectées, ce n’est pas l’Europe ». En soulignant les difficultés de coordination subies par la Commission européenne dans cette affaire et en félicitant le rôle de Malte, il se dit « très heureux » des efforts qui ont abouti à des résultats et soutient la mission ardue de l’UE en matière de politique migratoire.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés félicite les autorités maltaises, les huit Etats européens pour leur décision et la Commission européenne « pour son rôle de coordination de la réponse des Etats-membres ». Le HCR souligne toutefois la longue période de recherche qu’elle juge « inacceptable ». Filippo GRANDI, Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés déclare : « L’impératif de sauver des vies doit rester prioritaire par rapport à la politique et ne peut être une responsabilité négociée au cas par cas ».

En 2018, 116 674 personnes sont arrivées en Europe par la mer Méditerranée, un chiffre important mais le plus bas depuis 2014. Toutefois, la crise migratoire engendre une vive réaction de l’opinion publique européenne et de plusieurs gouvernements. Le manque de consensus à l’échelle européenne en terme de politique d’asile engendre des décisions ad hoc déplorées par l’UE, les Nations Unies et les Etats-membres. De fait, les tentatives pour mettre en place un mécanisme collectif pour le débarquement des personnes secourues en mer Méditerranée restent complexes.

Retrait des troupes américaines en Syrie : un choix politique loin de faire consensus

 

Soldats américains en Syrie.
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« Nous avons vaincu le groupe Etat Islamique (…) et maintenant il est temps pour nos troupes de rentrer à la maison » a déclaré le président américain Donald TRUMP le mercredi 19 décembre. Le président américain félicite « les grands héros du monde » et les « victoires historiques contre l’Etat islamique ».

Le chef de l’Etat avait déjà affirmé sa volonté de quitter la Syrie et avait fait campagne sur cet argument. Toutefois, il s’était laissé convaincre par son entourage du maintien nécessaire des troupes. John BOLTON, conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, avait déclaré fin septembre qu’il n’était pas envisageable de quitter le pays « tant que les Iraniens n’en auraient pas fait autant ». Dorénavant, le président américain affirme que les Etats-Unis n’ont pas vocation à endosser le rôle de « gendarmes au Moyen-Orient ». Au sein même de son camp, cette décision suscite des critiques. Après plusieurs mises en garde contre le retrait des troupes, Jim MATTIS, secrétaire d’Etat à la Défense, a présenté jeudi 20 décembre sa lettre de démission, qui ne prendra effet qu’en février prochain. Alors que l’ex-général des Marines ne mentionne pas explicitement le dossier syrien dans sa lettre, il alerte sur la nécessité pour Washington de « traiter les alliés avec respect ». Son départ engendre de l’inquiétude tant il incarnait une forme de stabilité à la Maison Blanche. Lindsey GRAHAM, sénateur républicain proche du président estime que « l’EI n’a été vaincu ni en Syrie, ni en Irak, ni en Afghanistan. Et retirer les forces américaines serait une erreur monumentale à la Obama ». Et Donald TRUMP de répondre : « il est temps de se concentrer sur notre pays ».

La diplomatie onusienne n’est pas non plus restée insensible à cette annonce. Pour son dernier briefing au Conseil de sécurité des Nations unies le 20 décembre 2018, Staffan de MISTURA, l’Envoyé spécial de l’ONU en Syrie a admis son échec à réunir un Comité constitutionnel syrien à Genève pour la fin du mois de décembre. Quant au Représentant de la France pour l’ONU François DELATTRE, il conteste lui aussi la fin de Daesh avancée par Washington : « Notre évaluation est que Daesh continue d’être une menace au Levant et que l’organisation terroriste peut continuer de s’y appuyer sur un territoire réduit ». En contrepoint, le ministère russe des Affaires étrangères a estimé que l’initiative américaine « ouvrait des perspectives en vue d’un règlement politique du conflit ».

Aujourd’hui, les troupes américaines ont pour mission première d’encadrer les forces démocratiques syriennes, articulées autour des Unités de protection du peuple (Yekîneyên Parastina Gel – YPG), branche armée du Parti de l’union démocratique (Partiya Yekîtiya Demokrat – PYD) afin de reconquérir les territoires perdus au profit de l’EI. La présence américaine permet du même fait d’endiguer l’influence iranienne en bloquant une partie du corridor iranien reliant Téhéran à Beyrouth. Les forces kurdes vivent ce retrait américain comme une véritable trahison. Selon elles, l’EI est encore présent et « lourdement armé ». La Turquie, également présente dans le nord-ouest de la Syrie, menace les Kurdes de l’YPG et du PYD, qu’elle associe au Parti des travailleurs du Kurdistan (Partiya Karkerên Kurdistan -PKK), identifié également par l’Union européenne comme groupe impliqué dans des actes de terrorisme. Plus globalement, l’axe dit « prorégime » en faveur de Bachar al-ASSAD sera gagnant, avec en première ligne l’Iran.

Une nouvelle fois, la politique menée par Donald TRUMP répond à ses préoccupations de politique intérieure. Si les acteurs concurrents des Etats-Unis (Iran, Syrie, Russie, Turquie) peuvent s’en réjouir, leurs alliés sur ce théâtre (Kurdes, France, Israël, Arabie saoudite notamment) s’en inquiètent.

Visite de Florence PARLY à Bangui

La ministre des Armées Florence PARLY et son homologue centrafricaine Marie-Noëlle KOYARA, à Bangui le 10 décembre 2018.
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La ministre française des Armées, Florence PARLY, s’est rendue les 10 et 11 décembre 2018 à Bangui. Cette visite en Centrafrique, après deux annulations, permet de réaffirmer le soutien de Paris à Bangui. Sur son compte Twitter, la ministre s’exprime : « Je suis à Bangui pour réaffirmer la nécessité d’une action coordonnée avec la communauté internationale ».

Dans sa tribune du 10 décembre 2018, la ministre rappelle l’amitié qui lie les deux pays : « Notre amitié et notre confiance sont un souffle nécessaire pour la paix ». Ce lien repose sur des racines historiques. Juste retour à la présence de tirailleurs venus de Centrafrique durant les deux guerres mondiales, l’intervention de Paris (opération Sangaris) déclenchée en décembre 2013 a été citée par la ministre. Dorénavant, « l’heure est maintenant à la paix, à la réconciliation et à la reconstruction ». « Avocate infatigable des initiatives de l’Union africaine et des Nations unies », la France se veut un soutien indéfectible du pays.

Au cours de ce séjour, la ministre a rencontré les militaires français du détachement d’appui opérationnel de Bangui. Elle a pu s’entretenir à deux reprises avec son homologue centrafricaine Marie-Noëlle KOYARA. Avec l’envoyé spécial des Nations-Unies pour la République centrafricaine, Parfait ONANGA-ANYANGA, elle a rappelé le « rôle stabilisateur de l’ONU » qu’elle considère comme « la seule force légitime pour accompagner le redéploiement des forces armées centrafricaines en province ». Durant sa rencontre avec le président de la République centrafricaine, Fautin-Archange TOUADERA, Florence PARLY évoque « l’attachement de la France à la paix en Centrafrique ». De fait, elle a affirmé son soutien à l’initiative de paix en Afrique sous l’égide de l’Union africaine et écrit : « pas de convergence sans transparence ». Enfin, la ministre s’est entretenue avec Samuela ISOPI, représentante de l’UE ainsi que le général MAIO, à la tête de la mission EUTM RCA. Cette mission de conseil de l’Union européenne en République centrafricaine adoptée en avril 2016 vient en soutien à la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA). Le 30 juillet 2018, le Conseil de l’UE a prorogé le mandat de l’EUTM RCA pour une durée supplémentaire de deux ans, soit jusqu’au 19 septembre 2020. Le budget alloué pour la période allant du 20 septembre 2018 au 19 septembre 2020 est de 25,4 millions d’euros. Fière de l’engagement de l’UE en RCA, Florence PARLY rappelle que la France prendra le commandement de cette opération en 2019.

En Centrafrique, la Russie est devenue au cours de ces dernières années, un acteur incontournable sur le plan militaire à travers la livraison d’armes, la formation militaire délivrée ou encore la signature d’un accord de défense. Toutefois, la présence russe dans le pays n’est pas la raison avancée par la ministre française et son entourage pour cette visite. Elle écrit : « Quand on parle de paix et de vies à protéger, il n’y a pas de rivalités ou d’intérêts particuliers qui tiennent ».

Le déplacement de la ministre des Armées intervient après celui du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères en novembre. La France, rappelle la ministre, est le premier partenaire de Bangui pour l’aide au développement à travers un financement de 130 millions d’euros par an. Selon elle, défense et développement sont intimement liés. Ce déplacement est aussi l’occasion pour Florence PARLY de remettre 1 400 fusils d’assaut AK47 et du matériel militaire amphibie destinés aux forces armées centrafricaines.

Sahara Occidental : un tour pour rien ?

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La table ronde sur le Sahara occidental s’est déroulée les 5 et 6 décembre 2018 au Palais des Nations au siège des Nations Unies à Genève. Initiée par l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental, Horst KOHLER, cette rencontre a réuni le Front Polisario, le Maroc, la Mauritanie et l’Algérie. Elle permet de faire renaitre un processus bloqué depuis 2012.

La première séance de cette table s’est déroulée conformément à la résolution 2440 du Conseil de sécurité de l’ONU du 31 octobre 2018 qui enjoint le Maroc et le Front Polisario, les deux parties au conflit, à reprendre les négociations. Elle a été présentée par l’ONU comme « un premier pas vers un processus renouvelé de négociations en vue de parvenir à une solution, juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ». Cet événement a suscité de vifs espoirs d’autant plus qu’en octobre dernier, le Conseil de sécurité a prorogé sa mission au Sahara occidental pour une durée supplémentaire de 6 mois.

Le Sahara occidental représente un territoire de 266 000 kilomètres carrés. Ancienne colonie espagnole, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) déclare son indépendance en 1976. Toutefois, le Maroc contrôle toujours 80% de son territoire. Le Sahara occidental fait l’objet de tensions dans la région, notamment entre l’Algérie et le Maroc.

Alors que le Secrétaire général de l’ONU Antonio GUTERRES les avait exhortés à se présenter « de bonne foi et sans pré conditions » comme le stipule la résolution 2440, Maroc et Front Polisario ont campé sur leur position. Nasser BOURITA, ministre des Affaires étrangères marocain a relevé la « très bonne atmosphère » durant les discussions mais a prévenu que le royaume chérifien n’était « pas prêt à s’engager dans des réunions sans fin ». De plus, il affirme que « l’autodétermination est une chose, le référendum en est une autre. L’autodétermination se fait par les négociations. Le référendum n’est pas à l’ordre du jour ». Le Front Polisario par la voix de sa représentante en Suisse, Omeima MAHMOUD ABDEL SALAM, a réitéré le rejet du peuple sahraoui de toute solution « en dehors de l’exercice de son droit inaliénable à l’autodétermination ». Le président du « Parlement » sahraoui Khatri ADDOUH a quant à lui déclaré : « si les Marocains ont vraiment la réelle volonté d’en finir avec cela et de façon plus rapide qu’en organisant un référendum, ils doivent reconnaitre la République sahraouie ».

Dans un communiqué du 6 décembre, après « ces deux jours de discussions intenses », l’ancien président allemand Horst KOHLER s’est félicité que les parties se soient « engagées ouvertement et dans un esprit de respect mutuel ». Il poursuit : « Toutes les délégations ont reconnu que la coopération et l’intégration régionale, plutôt que la confrontation, étaient les meilleurs moyens de relever les nombreux et importants défis auxquels la région est confrontée ». Selon lui, aucune partie n’aurait intérêt à maintenir le statu quo et une solution pacifique serait possible. Toutefois, les blocages entre les protagonistes sont restés entiers et certains sujets épineux ont été délibérément évités. Au terme de cette rencontre, aucune avancée significative n’a donc été retenue si ce n’est la tenue à l’horizon 2019 d’une nouvelle rencontre. Cette future table ronde permet d’envisager des conclusions plus concrètes.

COP 24 : Priorité au réchauffement climatique

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Du 3 au 14 décembre 2018, se tiendra à Katowice en Pologne la 24ème Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, dite la COP 24. L’objectif de cette conférence est le sauvetage de l’accord de Paris, signé en avril 2016, les pays signataires s’étant engagés à agir pour contenir le réchauffement mondial sous la barre des 2°C d’ici à 2100.

Pour la troisième fois, ce sommet se déroule en Pologne. Pourtant, elle fait partie des pays de l’Union européenne émettant le plus de CO2, derrière l’Allemagne qui a fait le choix d’abandonner le nucléaire au profit des énergies fossiles. Si Katowice investit afin de sortir progressivement du charbon, deux tiers des villes les plus polluées de l’UE se trouvent en Pologne qui tire 80% de son électricité du charbon, réputé peu cher et dont le pays dispose en abondance. Le partenaire officiel et parrain de cette COP24 n’est autre que le groupe polonais JSW, premier producteur de charbon à coke en Europe. Pour autant, lors de la COP23 à Bonn, certaines délégations représentées ainsi qu’une trentaine d’entreprises avaient signé un pacte pour sortir du charbon (Powering Past Coal Alliance).

Des acteurs non étatiques, des ONG, des institutions et environ 190 Etats seront représentés, exception faite des Etats-Unis, deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde après la Chine. En effet, en juin 2017, Donald TRUMP a annoncé le retrait de son pays de l’Accord de Paris. Pékin, malgré ses promesses en faveur d’une lutte contre le réchauffement climatique, construit de nouvelles centrales thermiques et finance la construction de centrales à charbon chez ses partenaires pakistanais, égyptiens ou dans les Balkans. Quant à la Turquie, elle utilise également largement cette énergie fossile.

Actuellement, 44% des émissions de gaz à effet de serre mondiales sont le fait du secteur du charbon. Ainsi, en amont de la COP24, les 47 Etats (dont 33 africains) faisant partie du groupe des Pays les moins avancées (selon les caractéristiques de l’ONU) ont commencé dès mardi 27 novembre à discuter autour du thème du réchauffement climatique. Si le continent africain n’est pas à l’origine de ces changements climatiques, certains de ses Etats particulièrement sensibles aux phénomènes de sécheresses, en subissent fortement les conséquences.

En sus de garantir l’application de l’Accord de Paris qui prévoit une aide annuelle de 100 milliards de dollars d’ici à 2020 pour aider les pays les plus pauvres à atteindre les objectifs fixés, la conférence vise à « poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C » et à réduire les gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2030.

A l’aube de l’ouverture de la Convention of the Parties, les Nations Unies ont publié un rapport mardi 27 novembre 2018 sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des gaz à effet de serre. Ce rapport estime que « le plafonnement des émissions mondiales d’ici à 2020 est indispensable pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris en matière de température » et souligne toutefois que « l’ampleur et le rythme des mesures d’atténuation actuelles restent insuffisants ».

A l’exception des quelques Etats producteurs d’énergie fossile (Algérie, Libye, bientôt Israël et Egypte), la rive sud de la Méditerranée, faible productrice de gaz à effet de serre et sensible aux conséquences du réchauffement climatique, se trouve dans la position inconfortable du spectateur inquiet.

Géorgie : Salomé ZOURABICHVILI élue présidente

Salomé ZOURABICHVILI le soir de sa victoire.
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Mercredi 28 novembre 2018, Salomé ZOURABICHVILI a remporté les élections présidentielles géorgiennes avec 59,52% des voix. Ancienne diplomate du quai d’Orsay, elle a renoncé à sa double nationalité afin d’être candidate à la présidentielle. Elle est aujourd’hui la première femme élue à la tête de la Géorgie.

La France, à travers son ministère de l’Europe et des affaires étrangères, « lui adresse ses plus sincères félicitations » et se dit prête à travailler avec la nouvelle présidente pour « renforcer encore l’excellente et ancienne relation qui prévaut » entre les deux pays.

Arrivée en Géorgie comme ambassadrice de France en 2003, elle a occupé le poste de ministre des Affaires étrangères géorgien au début de la présidence du pro-occidental Mikhail SAAKACHVILI. Limogée au bout d’une année, elle rejoint alors l’opposition.

Dans une atmosphère tendue, les élections de 2018 ont servi de test pour le Rêve géorgien, parti au pouvoir depuis 2012. Si elles ont suscité un intérêt international, elles relèvent néanmoins plutôt de la symbolique, le poste de président étant voué à être protocolaire. En effet, ses prérogatives ont été notablement réduites par les changements constitutionnels de 2017. Pour le Conseil de l’Europe, « le caractère négatif de la campagne des deux côtés sapait le processus » dans un second tour marqué par « de virulents discours et des violences isolées ».

Derrière ces élections présidentielles se cache la lutte entre deux hommes forts : le milliardaire Bidniza IVANISHVILI, ancien Premier ministre, et Mikhail SAAKACHVILI, aujourd’hui en exil. Tandis que le premier, fondateur du parti Rêve Géorgien, a soutenu la candidate élue, son rival s’est rangé aux côtés de Grigol VASHADZE, ancien ministre des Affaires étrangères.

Les deux candidats se rejoignent sur plusieurs points et prônent notamment un rapprochement avec l’Union européenne et l’OTAN, qu’ils souhaitent rejoindre à terme. Toutefois, VASHADZE s’est distingué par des positions antirusses plus marquées que son adversaire qui promet une diplomatie prudente à l’égard de Moscou.

Les relations entre la Géorgie et la Russie sont conflictuelles. L’ancienne république soviétique a obtenu son indépendance en 1992 mais deux régions à majorité russe ont fait sécession à l’issue de tensions impliquant la Russie : l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Le démembrement de l’URSS avait suscité des troubles entre l’Abkhazie et la Géorgie qui ont aboutis à un cessez-le-feu signé supervisé dès août 1993 par la Mission d’observation des Nations unies en Géorgie (MONUG). Son mandat s’est achevée en juin 2009, le Conseil de sécurité n’étant pas parvenu à se mettre d’accord sur sa prorogation, sur fond de reprise des hostilités.

Dans la nuit du 7 au 8 août 2008, à la suite de nombreuses escarmouches sur la ligne de cessez-le-feu probablement provoquées par Moscou, les forces géorgiennes avaient pénétré en Ossétie du Sud. En réaction, la Russie envoyait des renforts dans les deux régions séparatistes qui ont repoussé les forces géorgiennes. Sous l’impulsion du président Nicolas SARKOZY, alors à la tête de la présidence de l’Union européenne, l’UE avait négocié un accord de cessez-le-feu entre les deux parties. De fait, cinq jours après le lancement de l’offensive visant à recouvrer sa souveraineté en Ossétie du Sud, Mikhail SAAKACHVILI acceptait, mardi 12 août, l’accord politique présenté par le chef de l’Etat français lui imposant de facto ce conflit gelé.

Les deux régions séparatistes ne sont reconnues en tant qu’Etats que par quelques pays dont la Russie. Les Nations Unies les considèrent quant à elles comme partie intégrantes de la Géorgie.

L’élection de Salomé ZOURABICHVILI ne devrait pas fondamentalement faire évoluer la situation, caractéristique de la posture sans concession qu’adopte la Russie dans les zones qu’elle considère comme stratégiques.

Conférence à Genève sur l’Afghanistan

La secrétaire générale adjointe de l’ONU Rosemary DICARLO, le président de l’Afghanistan Ashraf GHANI et Rula GHANI, première dame d’Afghanistan, à Genève.
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Mercredi 27 novembre s’est achevée la 13ème conférence ministérielle concernant l’Afghanistan à Genève, organisée par la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA). Le pays, 17 ans après la chute du régime des Talibans, est toujours en proie à de multiples attentats et à une pauvreté touchant plus de la moitié de la population. Cette conférence, qui se tient tous les deux ans, permet de faire le bilan sur les avancées du pays en matière de développement et de récolter des fonds.

Pour le président afghan Ashraf GHANI, le conflit et la pauvreté sont aggravés par une sécheresse importante qui a provoqué une véritable « crise ». L’enjeu de cette conférence pour le chef de l’Etat est de convaincre que l’aide internationale – 70% du budget national afghan en dépend – est utilisée à bon escient.

A Genève se sont donc réunis la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques de l’ONU, Rosemary DICARLO, le président Ashraf GHANI, le chef du gouvernement Abdullah ABDULLAH ainsi que de nombreux ministres des affaires étrangères, y compris de l’Union européenne, de la Russie et de la Turquie. Le président afghan souligne la volonté de changement du pays et a déclaré qu’ « une feuille de route pour les négociations de paix » avait été établie : « Nous voulons un accord de paix dans lequel les Talibans afghans seront inclus dans une société démocratique et inclusive » mais précise qu’ « aucun groupe armé lié aux groupes terroristes transnationaux ne pourra participer au processus politique ». Une équipe chargée de négocier la paix avec les Talibans a été établie.

Par la voix de Rosemary DICARLO, le Secrétaire général de l’ONU Antonio GUTERRES a félicité les « récents efforts de paix, y compris l’offre du gouvernement de tenir des pourparlers sans conditions préalables ». Afin que cette paix soit durable, elle devra reposer sur un consensus impliquant l’ensemble de la société. Pour la secrétaire générale adjointe « les femmes doivent participer pleinement au processus de paix et les droits humains de tous doivent être garantis ». Toby LANZER, Représentant de la MANUA a déclaré qu’il y a « une immense soif de paix » de la part des Afghans qui souhaitent mettre un terme à la violence.

La Haute représentante de l’UE, Federica MOGHERINI a souligné les efforts entrepris depuis la précédente conférence à Bruxelles et réitèré les engagements de l’UE en matières politique et financière dans le dessein de parvenir à une paix. En saluant « l’offre de paix courageuse » du président GHANI, la cheffe de la diplomatie de l’Union a déclaré : quelque chose de nouveau se passe en Afghanistan et nous nous en félicitons ».

Pourtant, depuis le début de l’année 2018, un record de victimes civiles a été enregistré. Les négociations directes annoncées portent ainsi l’espoir d’une paix en Afghanistan. Dans ce pays en crise ouverte depuis plusieurs dizaines d’années, 2019 marquant le 40ème anniversaire de l’invasion soviétique, la menace des Talibans, qui ne reconnaissent toujours pas la légitimité du gouvernement, se superpose à l’émergence de l’Etat islamique (province du Khorassan), renforcée par de nombreux combattants ayant fui la Syrie et l’Irak. Si l’élection présidentielle au printemps prochain promet d’être « la clé du succès des négociations de paix » pour le président afghan, la mise en œuvre des projets énoncés prendra au mininum cinq ans pour réintégrer les millions de personnes réfugiées et déplacées.