Monde maritime

Yamal LNG, un pion essentiel sur l’échiquier du secteur russe de l’énergie

Le Président russe Vladimir Poutine a assisté le 8 décembre 2017 au premier chargement de gaz liquéfié depuis le site de Yamal situé en Sibérie occidentale à proximité des gisements de gaz exploités par Novatek, premier producteur privé russe de gaz naturel. Le méthanier choisi pour recevoir ce premier chargement de LNG (liquefied naturel gas) porte le nom emblématique de Christophe de Margerie, ancien Président-directeur général de Total, décédé accidentellement le 20 octobre 2014 alors qu’il quittait Moscou. Total est partenaire à hauteur de 20 % dans le projet « Yamal LNG ».

Un Président russe, premier ambassadeur du secteur russe de l’énergie.

Le même 8 décembre 2017, Vladimir Poutine a présidé une réunion de travail consacrée au développement des capacités de production de LNG. Le Président russe est très actif dans ce domaine de l’énergie, et avait déjà marqué de sa présence la session plénière de la semaine de l’énergie organisée à Moscou au début du mois d’octobre 2017 en présence du secrétaire général de l’OPEC.

La route du Nord.

Au-delà du symbole représenté par ce premier chargement, le discours de Vladimir Poutine consacre l’importance donnée par la Russie au développement des nouvelles routes de l’Arctique et des mers septentrionales. De nouveaux brise-glaces à propulsion nucléaire[1] d’une puissance de 60 MWe[2] permettront ainsi aux entreprises localisées dans le grand Nord de livrer leur production tout au long de l’année. Aujourd’hui, l’accès à l’Océan Pacifique est garanti six à sept mois de l’année, l’accès à l’Océan Atlantique l’étant en permanence. Profitant de la période estivale, le « Christophe de Margerie » a déjà procédé à une première livraison de LNG, chargeant sa cargaison en Norvège pour une livraison quinze jours plus tard au terminal sud-coréen de Boryeong, soit un gain de quinze jours par rapport à une traversée « classique » par le canal de Suez et le détroit de Malacca.

Une réponse aux sanctions économiques.

Vladimir Poutine a souligné que la quatrième phase de développement des capacités de liquéfaction de l’usine de Yamal, permettant d’atteindre 16,5 millions de tonnes par an, mettrait exclusivement en œuvre des technologies russes. Cette remarque répond directement aux mesures restrictives mises en place par l’Union européenne ayant pour effet « de restreindre l’accès de la Russie à certains services et technologies sensibles pouvant être utilisés pour la production et l’exploration pétrolières ». Et le Président russe n’a pas manqué, pour clore son discours, de remercier sans les citer » « les amis et les partenaires étrangers d’Europe et d’Asie sans l’aide et la confiance desquels le projet n’aurait pas vu le jour ».

VA(2S) Alain Christienne, directeur de la stratégie de l’Institut FMES

Le discours de Vladimir Poutine (en anglais) =>

Yamal LNG, sur le site de Total =>

LNG, sur le site de Novatek (en anglais) =>

[1] La flotte de brise-glaces russes est mise en œuvre par Rosatomflot, une filiale de Rosatom.

[2] l’EPR développera 1 600 MWe.

L’intérêt d’un deuxième porte-avions : assurer la permanence opérationnelle du GAN

Les travaux parlementaires réalisés sur les projets de lois de finances par la commission de la défense nationale et des forces armées sont une occasion unique de connaître le situation et l’évolution de nos forces armées. L’avis « marine » fait au nom de cette commission par Jacques Marilossian ne déroge pas à la règle.

Reprenant les arguments développés par le chef d’état-major de la marine durant son audition, le rapporteur confirme en particulier la nécessité de renforcer le nombre de frégates en le portant à 18 bâtiments (frégates « multimissions » et frégates « de taille intermédiaire ») dans le cadre de la prochaine loi de programmation militaire. Regrettant également les « réductions temporaires de capacités » constatées depuis 2010, qu’il qualifie non sans humour de « ruptures permanentes de capacités », il confirme également l’importance capitale du programme BATSIMAR (bâtiment de surveillance et d’intervention maritime), évoqué depuis le début des années 2000 et toujours repoussé. Confirmant là encore les recommandations de l’amiral Christophe Prazuck, Jacques Marilossian évoque un format « idéal » à 18 patrouilleurs repartis entre les territoires ultramarins et chacune des façades maritimes métropolitaines.

Lors de son audition, le président de la commission avait interpellé le chef d’état-major de la marine : « amiral, vous allez devoir revenir pour une audition spéciale sur cette question du porte-avions ! ». Opportunément, le rapporteur pour avis consacre près d’une quinzaine de pages à la place du porte-avions dans la stratégie militaire française, notant que le groupe aéronaval est un instrument politique et diplomatique avant d’être un outil militaire. Il met en avant son autonomie d’action, sa flexibilité et sa capacité à durer, trois avantages indéniables propres aux forces navales.

La revue stratégique de défense et de sécurité nationale 2017 l’affirme clairement : « le maintien de la supériorité aéromaritime implique de préparer le renouvellement du groupe aéronaval ». Jacques Marilossian ouvre le dossier de ce renouvellement, rappelant les choix qui ne poseront sur le mode de propulsion, le choix du système de catapultage ou la proportion de drones dans la composition du groupe aérien embarqué. Il estime à 4,5 milliards d’euros le coût de construction du remplaçant du Charles de Gaulle, ce qui ne représente que le neuvième programme d’armement en termes de coût global, effort « non négligeable, mais parfaitement atteignable ».

Dans les dernières lignes du chapitre consacré à la place du porte-avions dans la stratégie militaire française, le rapporteur pose enfin la question du deuxième porte-avions permettant d’assurer la permanence opérationnelle, qui exista de 1963 à 1997. Sans trop s’avancer sur la priorité à donner à cette option, il propose toutefois un premier calendrier permettant de faire l’économie du troisième arrêt technique majeur du Charles de Gaulle.

VA(2S) Alain Christienne, directeur de la stratégie

Vers le site de l’Assemblée nationale =>

Entrée en vigueur du code Polaire

Le Remorqueur de Haute Mer (RHM) Tenace (A669) passe devant un iceberg durant la mission Grand Nord 2014. Mer de Barents, le 10 septembre 2014.

Le Code polaire est effectif depuis le 1er janvier 2017.

L’application de ce Code international est rendue obligatoire par l’entrée en vigueur des amendements de la Solas et de la Marpol au 1er janvier 2017 et de ceux de la STCW à venir en juillet 2018.

Monsieur Hervé BAUDU, Professeur en Chef de l’Enseignement maritime et Membre de l’Académie de marine nous présente un résumé des objectifs de cette réglementation qui concerne tous les navires exploités dans les zones polaires :

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L’Administration a également anticipé l’entrée en vigueur du Code polaire en publiant dès le 19 décembre dernier au JO l’arrêté relatif à la délivrance des titres requis pour le service à bord des navires exploités dans les eaux polaires.

Pour consulter l’arrêté, cliquez ici.