Levant

La force conjointe du G5 Sahel, priorité de la présidence française du Conseil de sécurité

François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations-Unies, a présenté le programme de la présidence française pour le mois d’octobre 2017. Se référant au discours d’Emmanuel Macron, il a confirmé la conviction française que le multiralisme est nécessaire à la résolution des conflits planétaires.

Sans surprise, la priorité française sera la situation dans le Sahel et la force du G5 Sahel. Alors que les médias se focalisent sur l’évolution de la situation au Levant, François Delattre a tenu à souligner la prégnance de la menace terroriste au Sahel, et a appelé à une mobilisation de la communauté internationale en soutien à la force conjointe du G5 Sahel, « outil approprié pour compléter l’action de la MINUSMA ».

Après avoir reçu l’aval du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, les cinq gouvernements du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad, Burkina-Faso), regroupés sous le vocable « Groupe de cinq pays du Sahel (G5 Sahel) », ont en effet décidé le déploiement d’une force conjointe de 5 000 militaires destinée à mener des opérations militaires transfrontalières de lutte contre le terrorisme. Le poste de commandement central de cette force a été inauguré le 9 septembre 2017 à Sévaré, dans le centre du Mali, par le président malien Ibrahim Boubacar Keita. Le financement intégral de cette force est estimé à 423 millions d’euros, dont 75 % restent à trouver. Profitant de son intervention à l’Assemblé générale des Nations Unies, le Président malien avait lancé un appel à la communauté internationale le 19 septembre 2017, invitant « tous les pays amis et les organisations internationales partenaires à la Conférence internationale de planification des contributions de la Force, prévue en décembre 2017 ».

La deuxième priorité française sera celle du maintien de la paix, qui nécessite de revoir les opérations en cours et d’examiner la question cruciale de la « génération de forces ». Les Nations-Unies manquent en effet « d’unités rapidement déployables, capables de remplir les mandats qui leur sont confiés ». A titre d’illustration, un membre de la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale avait récemment observé que « l’essentiel des moyens de la MINUSMA est consacré à soutenir la MINUSMA ».

Enfin, la situation en Syrie, au Yémen mais aussi en Birmanie constitueront les autres priorités de la présidence française.

Le Conseil de sécurité se compose de 15 membres, dont 5 membres permanents et 10 membres élus par l’Assemblée générale pour un mandat de deux ans. La présidence du Conseil est assurée par chacun des Membres à tour de rôle pendant un mois.

VA(2S) Alain Christienne, directeur de la stratégie

Conférence de presse du représentant permanent de la France auprès des Nations unies ⇒

72ème session de l’Assemblé générale des Nations Unies, « la France à l’initiative ».

La conférence de presse du ministre de l’Europe et des affaires étrangères a permis à Jean-Yves Le Drian de présenter dès le 18 septembre les priorités de la France, qui seront développées par le Président de la République lors de son intervention (Emmanuel Macron interviendra ce matin, heure de Washington, peu de temps après le discours très attendu de Donal Trump).

Le ministre français s’est inquiété de la multiplication des crises et de la « dégradation préoccupante de l’environnement international ». Revenant plus particulièrement sur les crises qui ont entraîné une intervention des forces armées françaises, Jean-Yves Le Drian est tout d’abord revenu sur le conflit au Levant, où « Daech sera [bientôt] privé de son emprise territoriale ». Il a rappelé l’investissement personnel du Président français dans la résolution de la crise libyenne et la recherche d’une « solution politique inclusive ». Concernant le Sahel, le ministre, tout en mettant en avant les nombreuses initiatives françaises, dont l’Alliance pour le Sahel lancée en juillet, a rappelé que « le terrorisme représente toujours une menace » et s’est félicité de l’adoption de la dernière résolution du Conseil des Nations Unies. Enfin, Jean-Yves Le Drian a fait part de sa préoccupation concernant le retour des violences en République Centrafricaine, tout en confirmant durant la séance de questions que « le retour d’une opération française n’est pas à l’ordre du jour ». Le ministre a conclu sa revue des crises secouant la planète par quelques mots sur la « tragédie que vivent les Rohingyas ».

Le thème de la non-prolifération a permis au ministre de cautionner la position française relative au Traité d’interdiction des armes nucléaires, dénonçant « la politique de l’incantation [qui] confine à l’irresponsabilité ». Jean-Yves Le Drian a également confirmé que le plan d’action conclu le 14 juillet 2015 (JCPOA – Joint Comprehensive Plan of Action) était, du point de vue français, mis en œuvre et qu’aucun acte ne permettait de penser le contraire. Il a confirmé qu’il était essentiel de le maintenir « pour éviter des spirales de prolifération », dénonçant la responsabilité des Etats-Unis si l’administration américaine se retirait du JCPOA (« nous essaierons de convaincre le Président Trump de la pertinence de ce choix »). Evoquant à nouveau le Président Trump suite à une question d’un journaliste français, le ministre, à propos de la Corée du Nord et des récents essais nucléaires et balistiques, a répondu qu’amener la Corée du Nord à la table des négociations était « la seule démarche possible », rejetant toute « action militaire significative », se référant à la dernière démonstration de force de l’U.S. Air Force.

Alors que la France ne s’était pas encore exprimée officiellement sur le référendum kurde, Jean-Yves Le Drian a insisté sur le respect de l’intégralité territoriale de l’Irak, qualifiant le référendum du 25 septembre d’ « initiative inopportune ».

La crise ukrainienne n’a pas été évoquée ni fait l’objet de questions.

VA(2S) Alain Christienne, directeur de la Stratégie

Vers le site du ministère de l’Europe et des affaires étrangères ⇒