Author: FMES

Béatification des martyrs chrétiens d’Algérie : symbole rare d’une unité dans le souvenir des années noires.

L’envoyé du pape, le cardinal Angelo Becciu, lors de la béatification de 19 religieux tués en Algérie. Oran, le 8 décembre 2018.
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Samedi 8 décembre 2018, s’est tenue à Oran la béatification de 19 religieuses et religieux de l’Eglise catholique d’Algérie, assassinés entre 1994 et 1996 durant la décennie noire.  Il s’agit de la première béatification célébrée dans un pays à très grande majorité musulmane.
Dans l’église de Santa-Cruz sur les hauteurs d’Oran en présence de plus de 1 200 personnes, le cardinal Angelo BECCIU, Envoyé de Rome, a présidé la cérémonie de béatification de Mgr Pierre CLAVERIE, évêque d’Oran et ses compagnons, dont les sept moines de Tibhirine. Au total, quinze Français, deux Espagnoles, un Belge et une Maltaise ont été honorés.

Jean-Paul VESCO, évêque d’Oran a demandé une minute de silence « en hommage au peuple algérien et à ses dirigeants qui ont réussi à retrouver le chemin de la paix malgré des blessures encore si douloureuses ». En effet, la décennie noire a meurtri l’Algérie, les violences atroces entre l’armée et les islamistes ayant causé la mort d’au moins 200 000 Algériens auxquels se joignent ces 19 religieux, attachés à l’Algérie qu’ils n’ont pas souhaité quitter malgré le danger.
A travers son message lu, le pape François envoie ses « encouragements fraternels pour que cette célébration aide à panser les blessures du passé et crée une dynamique nouvelle de la rencontre et du vivre-ensemble ». Le pape espère que « cet événement inédit (…) dessinera un grand signe de fraternité dans le ciel algérien à destination du monde entier. » L’Evangile de l’Annonciation a été chanté en arabe par le père Thierry BECKER, ancien adjoint de Pierre CLAVERIE. Cette cérémonie a réuni les familles des martyrs, les principaux imams du pays, les représentants du gouvernement algérien dont le ministre des Affaires religieuses et le wali d’Oran, le secrétaire d’Etat français aux affaires étrangères, les membres de la délégation papale et les représentants des congrégations religieuses catholiques.
Plus tôt dans la journée et en présence du cardinal Angelo BECCIU, la Grande mosquée d’Oran a également rendu hommage aux 114 imams qui se sont élevés contre le terrorisme pendant la guerre civile.
La béatification par l’Eglise catholique de ces « bienheureux » aurait pu être incomprise par l’opinion publique algérienne. Pourtant, cet événement a bénéficié d’un accueil très positif. A Santa Cruz, de nombreux journalistes algériens ont assisté pour la première fois à une messe catholique. L’événement a été vivement salué dans la presse. El Watan, grand quotidien algérien a titré le dimanche 9 décembre : « Béatification des 19 religieux catholiques à Oran : sous le signe de la fraternité et de la communion » tandis qu’en une d’El Moujahid, organe de presse proche du FLN figurait : « Amitié et fraternité ». Algérie Presse Service considère cette béatification comme « un symbole du vivre ensemble » et y voit « une belle communion interreligieuse entre chrétiens et musulmans, bien loin des images de haine et d’intolérance ». Pour le Quotidien d’Oran, « les blessures sont en train d’être cautérisées par tous ceux qui les ont vécues, sans discernement de religion ».
La décennie noire renvoie toujours à un passé douloureux. Cette béatification, bien reçue, est le symbole d’une fraternité entre deux peuples dont les histoires sont très souvent mêlées. A cette occasion, l’esplanade du sanctuaire de Santa Cruz a été inaugurée et baptisée « Place du vivre ensemble dans la paix ». Selon François VAYNE, auteur du livre « Tout simplement là » sur ces martyrs estime qu’ « avec cette béatification, c’est comme si l’Eglise algérienne était née une seconde fois. Elle est modeste mais avec ce sang mêlé entre chrétiens et musulmans, elle est à présent pleinement reconnue, elle n’est plus étrangère ».

Visite de Florence PARLY à Bangui

La ministre des Armées Florence PARLY et son homologue centrafricaine Marie-Noëlle KOYARA, à Bangui le 10 décembre 2018.
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La ministre française des Armées, Florence PARLY, s’est rendue les 10 et 11 décembre 2018 à Bangui. Cette visite en Centrafrique, après deux annulations, permet de réaffirmer le soutien de Paris à Bangui. Sur son compte Twitter, la ministre s’exprime : « Je suis à Bangui pour réaffirmer la nécessité d’une action coordonnée avec la communauté internationale ».

Dans sa tribune du 10 décembre 2018, la ministre rappelle l’amitié qui lie les deux pays : « Notre amitié et notre confiance sont un souffle nécessaire pour la paix ». Ce lien repose sur des racines historiques. Juste retour à la présence de tirailleurs venus de Centrafrique durant les deux guerres mondiales, l’intervention de Paris (opération Sangaris) déclenchée en décembre 2013 a été citée par la ministre. Dorénavant, « l’heure est maintenant à la paix, à la réconciliation et à la reconstruction ». « Avocate infatigable des initiatives de l’Union africaine et des Nations unies », la France se veut un soutien indéfectible du pays.

Au cours de ce séjour, la ministre a rencontré les militaires français du détachement d’appui opérationnel de Bangui. Elle a pu s’entretenir à deux reprises avec son homologue centrafricaine Marie-Noëlle KOYARA. Avec l’envoyé spécial des Nations-Unies pour la République centrafricaine, Parfait ONANGA-ANYANGA, elle a rappelé le « rôle stabilisateur de l’ONU » qu’elle considère comme « la seule force légitime pour accompagner le redéploiement des forces armées centrafricaines en province ». Durant sa rencontre avec le président de la République centrafricaine, Fautin-Archange TOUADERA, Florence PARLY évoque « l’attachement de la France à la paix en Centrafrique ». De fait, elle a affirmé son soutien à l’initiative de paix en Afrique sous l’égide de l’Union africaine et écrit : « pas de convergence sans transparence ». Enfin, la ministre s’est entretenue avec Samuela ISOPI, représentante de l’UE ainsi que le général MAIO, à la tête de la mission EUTM RCA. Cette mission de conseil de l’Union européenne en République centrafricaine adoptée en avril 2016 vient en soutien à la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA). Le 30 juillet 2018, le Conseil de l’UE a prorogé le mandat de l’EUTM RCA pour une durée supplémentaire de deux ans, soit jusqu’au 19 septembre 2020. Le budget alloué pour la période allant du 20 septembre 2018 au 19 septembre 2020 est de 25,4 millions d’euros. Fière de l’engagement de l’UE en RCA, Florence PARLY rappelle que la France prendra le commandement de cette opération en 2019.

En Centrafrique, la Russie est devenue au cours de ces dernières années, un acteur incontournable sur le plan militaire à travers la livraison d’armes, la formation militaire délivrée ou encore la signature d’un accord de défense. Toutefois, la présence russe dans le pays n’est pas la raison avancée par la ministre française et son entourage pour cette visite. Elle écrit : « Quand on parle de paix et de vies à protéger, il n’y a pas de rivalités ou d’intérêts particuliers qui tiennent ».

Le déplacement de la ministre des Armées intervient après celui du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères en novembre. La France, rappelle la ministre, est le premier partenaire de Bangui pour l’aide au développement à travers un financement de 130 millions d’euros par an. Selon elle, défense et développement sont intimement liés. Ce déplacement est aussi l’occasion pour Florence PARLY de remettre 1 400 fusils d’assaut AK47 et du matériel militaire amphibie destinés aux forces armées centrafricaines.

Préoccupée par la crise migratoire, l’UE s’implique en Libye

 

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Le 10 décembre 2018, le Conseil européen a adopté des conclusions sur la Libye.

La conférence de Palerme, organisée par l’Italie, s’est déroulée il y a plus d’un mois. Si elle a permis de réunir les principaux protagonistes du dossier libyen, son bilan est mitigé. Le Conseil européen souligne toutefois qu’à Palerme, « les dirigeants libyens et la communauté internationale ont exprimé leur soutien sans réserve aux efforts que déploient les Nations unies en faveur d’un processus politique pris en charge par les Libyens ». En effet, le statu quo actuel est source d’instabilité et d’insécurité « pour les Libyens, leurs voisins et la région toute entière ». Pour ce faire, l’Union européenne soutient pleinement les actions menées par les Nations unies afin d’établir une situation stable dans le pays et l’accompagnera  dans son adaptation des volets politique, économique et sécuritaire. Face à l’impasse politique dans laquelle se trouve la Libye, l’UE demande à tous les acteurs libyens – dont la Chambre des représentants et le Haut Conseil d’Etat – de « coopérer de manière constructive avec le gouvernement d’entente nationale à la réalisation des objectifs arrêtés à Palerme, y compris la tenue en Libye de la conférence nationale au début de 2019, de progresser sur la question du cadre constitutionnel et législatif nécessaire et de mener à bien les processus constitutionnel et électoral d’ici le printemps 2019 ».

A travers une action diplomatique et un soutien important, l’UE maintient ses relations avec la Libye et agit en faveur de sa transition politique. Elle soutient les efforts entrepris par l’ONU et son représentant spécial, Ghassan SALAME. Depuis le début de la crise, l’UE apporte son soutien à Tripoli et a accordé près de 70 millions d’aide, principalement par le biais de l’Instrument européen de voisinage. Cette somme permet d’encadrer une vingtaine de projets dans différents secteurs tels que la société civile, la gouvernance, la santé, l’économie, l’éducation ou encore les activités de sécurité et de médiation.

La situation en Libye est une préoccupation essentielle de l’Union européenne. Outre les actions menées par la cellule de planification et de liaison et des missions telles que l’EUBAM, mission d’assistance aux frontières, l’opération EUNAVOR MED Sophia, lancée en juin 2015, doit apporter une réponse globale à la crise des migrations et des réfugiés. Cette opération a permis de sauver 45 000 personnes. La stabilisation dans le pays est primordiale, d’autant plus que l’UE se dit concernée par « la violation persistante du droit international humanitaire et des droits de l’homme, y compris les violences sexuelles et à caractère sexiste ». Les Etats-membres, dans leurs conclusions, affirment continuer à aider les Libyens « à faire face aux défis migratoires, en vue notamment de lutter contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains ».

En 2017, l’UE a fourni 10 millions d’euros destinés au financement humanitaire et a mobilisé 286 millions d’euros pour des projets liés à la migration, dont 266 au titre du Fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique.

Serbie – Kosovo : une histoire de querelles

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Ces dernières semaines, la région des Balkans fait face à une nouvelle escalade des tensions entre le Kosovo et la Serbie.

A la fin des années 1990, l’OTAN était intervenue suite au conflit ayant opposé la Serbie à la guérilla albanaise de l’actuel Kosovo. La Force internationale de sécurité au Kosovo (KFOR) veille depuis 1999 à la sécurité de ce nouveau Etat indépendant au travers d’une opération de soutien de la paix autorisée par les Nations unies. Le Kosovo a créé des « Forces de sécurité », regroupant environ 2 500 hommes équipés d’armes légères. Alors que les contours de cette force n’ont pas été réellement définis, le Parlement du Kosovo a voté trois textes de loi, le 19 octobre 2018, engageant le processus de création d’une armée. Il s’agit de transformer ces forces de sécurité en une véritable armée. Proposés par le gouvernement de Ramush HARADINAJ, ces textes ont été adoptés à la quasi-unanimité, cette armée étant chargée de veiller à « la souveraineté et l’intégrité territoriale du Kosovo ». Cette idée est une référence directe aux projets de « correction des frontières » avancés par Belgrade ces derniers mois.

Plus de 10 ans après la proclamation d’indépendance, le Kosovo n’est pas reconnu par tous les Etats, à commencer par la Serbie. Malgré les tentatives de normalisation menées par les deux gouvernements, les relations entre les deux pays restent compliquées. En réponse à ce qu’il considère comme une « attitude destructive » de la Serbie, le Kosovo a mis en place, le 21 novembre dernier, des droits de douane sur les marchandises importées de Serbie à travers une taxe de 100%. Cette annonce intervient après la quatrième tentative du Kosovo de rejoindre Interpol, la Serbie ayant fait campagne contre l’adhésion de son voisin.

Ces initiatives suscitent la colère de la Serbie qui y voit des « provocations ». Les partenaires occidentaux, en l’occurrence l’UE et les Etats-Unis désapprouvent ces taxes, les considérant comme « une violation claire » des engagements pris par Pristina. Ils s’efforcent de vouloir rétablir une situation pérenne dans les Balkans. Le commissaire européen Johannes HAHN s’est rendu le 3 décembre à Belgrade et à Pristina pour tenter de débloquer la crise des taxes douanières.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens STOLTENBERG, s’est entretenu avec Aleksandar VUCIC et Ramush HARADINAJ, le président de la Serbie et le premier ministre du Kosovo. Après les tensions entre les deux parties, Jens STOLTENBERG a « souligné que Belgrade et Pristina devaient faire preuve de calme et de retenir et éviter toute provocation, dans les paroles ou dans les actes ». Face au souhait du Kosovo de se doter d’une armée, certains Etats ont affirmé leur soutien au Kosovo. Les Etats-Unis ne semblent plus s’opposer à la création d’une armée kosovare selon les paroles de l’ambassadeur américain à Pristina Philip KOSNETT. Toutefois, le secrétaire général de l’OTAN considère, comme bon nombre de partenaires occidentaux du Kosovo, cette initiative « malvenue » tant elle est « susceptible de compromettre les perspectives d’intégration euro-atlantiques du Kosovo ». Au Président serbe, Jens STOLTENBERG a évoqué « la nécessité d’apaiser les tensions actuelles ». Aussi, poursuivre le dialogue « sous les auspices de l’Union européenne » est « le seul moyen d’instaurer une paix et une stabilité durables dans la région ».

Pour le chef de la diplomatie russe Sergueï LAVROV, la situation dans les Balkans « suscite de l’inquiétude ». Moscou dénonce l’OTAN et l’UE de jouer un rôle « déstabilisateur », le Kosovo demeurant « le principal foyer de déstabilisation ».

Le Parlement du Kosovo doit se prononcer vendredi 14 décembre en deuxième lecture concernant la transformation en armée régulière de sa Force de sécurité. Il reste à savoir comment évolueront ses relations avec la Serbie au regard de toutes ces tensions.

Union européenne – Egypte : une coopération solide

Federica MOGHERINI et Abdel Fattah AL-SISSI en Egypte, en 2015.
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Le 10 décembre 2018, Le Conseil de l’Union européenne a publié un rapport sur ses relations avec l’Egypte. Les domaines de coopération entre les deux parties sont variés et concernent notamment le développement socio-économique, la recherche scientifique, l’énergie, la migration, la lutte contre le terrorisme et les problèmes régionaux.

Les relations diplomatiques entre l’Egypte et l’Union européenne remontent à 1966. Un accord d’association, signé le 25 juin 2001 et entré en vigueur le 1er juin 2004, lie les deux parties. Le Conseil d’association UE-Egypte a permis d’adopter les nouvelles priorités de partenariat. Le rapport publié couvre la période allant de juin 2017 à mai 2018 et mentionne les objectifs fixés dans les priorités de partenariat 2017-2020 adoptées le 25 juillet 2017.

Le Conseil européen souligne que les objectifs sont atteints et se félicite du succès de cette coopération. Johannes HAHN, commissaire européen chargé de la politique européenne de voisinage et des négociations d’élargissement a déclaré : « Au cours de la dernière année, nous avons intensifié nos actions pour soutenir l’Egypte dans la réforme de son économie, œuvrant pour une croissance durable et inclusive (…). L’UE continuera à aider l’Egypte à relever les défis socio-économiques et continuera à œuvrer de concert pour la stabilité et la prospérité de la région ». Pour la Haute représentante de l’UE, Federica MOGHERINI, « L’Egypte, sa stabilité et son développement sont essentiels pour l’Union européenne, ses Etats membres et l’ensemble de la région. C’est pourquoi nous avons signé nos priorités de partenariat et renforcé notre engagement déjà fort pour le peuple égyptien ».

L’UE constitue la principale source d’investissements directs étrangers pour l’Egypte à hauteur de 60%. Elle fait office de premier partenaire commercial de l’Egypte concernant les importations (machines, équipements de transport) et les exportations (pétrole et produits miniers, produits chimique et secteur textile).  L’ensemble des engagements d’assistance financière de l’UE en faveur de l’Egypte est estimé à plus de 1,3 milliard d’euros de dons. Cette somme est destinée au développement social et économique du pays à plusieurs niveaux mais contribue aussi à l’amélioration de la gouvernance et des droits de l’homme. Le Caire est également le deuxième bénéficiaire de l’instrument européen de voisinage après Rabat. L’UE joue un rôle important de soutien à la société civile égyptienne et aux droits de l’homme à travers l’Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH). Avec la France, le pays entretient du même fait des relations étroites. En témoigne la présence de la Ministre des Armées Florence PARLY au premier salon de l’armement égyptien.

Au cours de cette dernière année, l’engagement de l’UE envers l’Egypte a été réaffirmé. L’Egypte, en tant qu’acteur régional fort, continue de s’engager sur des questions régionales et internationales telles que l’Union africaine – qu’elle présidera en 2019 – les questions syrienne et libyenne ou encore le processus de paix au Moyen-Orient. Le pays dirigé par Abdel Fattah AL-SISSI est un allié incontournable de l’UE s’agissant de la question migratoire. Toutefois, des défis subsistent en matière d’état de droit, de droits de l’homme ou de libertés fondamentales, le régime du maréchal AL-SISSI étant souvent pointé du doigt sur ces questions.

Le prochain Conseil d’association UE-Egypte se tiendra le 20 décembre à Bruxelles, où se poursuivront les discussions relatives à ce partenariat.

Sahara Occidental : un tour pour rien ?

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La table ronde sur le Sahara occidental s’est déroulée les 5 et 6 décembre 2018 au Palais des Nations au siège des Nations Unies à Genève. Initiée par l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental, Horst KOHLER, cette rencontre a réuni le Front Polisario, le Maroc, la Mauritanie et l’Algérie. Elle permet de faire renaitre un processus bloqué depuis 2012.

La première séance de cette table s’est déroulée conformément à la résolution 2440 du Conseil de sécurité de l’ONU du 31 octobre 2018 qui enjoint le Maroc et le Front Polisario, les deux parties au conflit, à reprendre les négociations. Elle a été présentée par l’ONU comme « un premier pas vers un processus renouvelé de négociations en vue de parvenir à une solution, juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ». Cet événement a suscité de vifs espoirs d’autant plus qu’en octobre dernier, le Conseil de sécurité a prorogé sa mission au Sahara occidental pour une durée supplémentaire de 6 mois.

Le Sahara occidental représente un territoire de 266 000 kilomètres carrés. Ancienne colonie espagnole, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) déclare son indépendance en 1976. Toutefois, le Maroc contrôle toujours 80% de son territoire. Le Sahara occidental fait l’objet de tensions dans la région, notamment entre l’Algérie et le Maroc.

Alors que le Secrétaire général de l’ONU Antonio GUTERRES les avait exhortés à se présenter « de bonne foi et sans pré conditions » comme le stipule la résolution 2440, Maroc et Front Polisario ont campé sur leur position. Nasser BOURITA, ministre des Affaires étrangères marocain a relevé la « très bonne atmosphère » durant les discussions mais a prévenu que le royaume chérifien n’était « pas prêt à s’engager dans des réunions sans fin ». De plus, il affirme que « l’autodétermination est une chose, le référendum en est une autre. L’autodétermination se fait par les négociations. Le référendum n’est pas à l’ordre du jour ». Le Front Polisario par la voix de sa représentante en Suisse, Omeima MAHMOUD ABDEL SALAM, a réitéré le rejet du peuple sahraoui de toute solution « en dehors de l’exercice de son droit inaliénable à l’autodétermination ». Le président du « Parlement » sahraoui Khatri ADDOUH a quant à lui déclaré : « si les Marocains ont vraiment la réelle volonté d’en finir avec cela et de façon plus rapide qu’en organisant un référendum, ils doivent reconnaitre la République sahraouie ».

Dans un communiqué du 6 décembre, après « ces deux jours de discussions intenses », l’ancien président allemand Horst KOHLER s’est félicité que les parties se soient « engagées ouvertement et dans un esprit de respect mutuel ». Il poursuit : « Toutes les délégations ont reconnu que la coopération et l’intégration régionale, plutôt que la confrontation, étaient les meilleurs moyens de relever les nombreux et importants défis auxquels la région est confrontée ». Selon lui, aucune partie n’aurait intérêt à maintenir le statu quo et une solution pacifique serait possible. Toutefois, les blocages entre les protagonistes sont restés entiers et certains sujets épineux ont été délibérément évités. Au terme de cette rencontre, aucune avancée significative n’a donc été retenue si ce n’est la tenue à l’horizon 2019 d’une nouvelle rencontre. Cette future table ronde permet d’envisager des conclusions plus concrètes.

Querelle russo-américaine sur fond de concurrence énergétique

Le Vladimir Rusanov, et l’Atlantic Max Pskov lors des opérations de transbordement.
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Dans le cadre des livraisons de Gaz Naturel Liquéfié (GNL)[1] provenant de Sibérie vers les terminaux européens, un premier transfert de GNL ship to ship a été réalisé hors terminal portuaire le 24 novembre à 500 m du rivage au large du port norvégien Honningsvag situé au Cap Nord, entre le méthanier brise-glace Arc 7[2] Vladimir Rusanov et le méthanier de classe inférieure Arc 4 Atlantic Max Pskov.

Un transbordement ship to ship en eaux intérieures norvégiennes

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Ce transbordement, réalisé par la société norvégienne Tschudi[3], s’est déroulé dans les eaux intérieures norvégiennes, à 500m de la côte. Quatre zones de transfert[4] ont été déterminées par l’administration norvégienne en prévision de 140 opérations entre novembre 2018 et juin 2019 soit en moyenne une toutes les 36 heures. Ces transferts ship to ship étant des opérations délicates utilisant des tuyaux cryogéniques, des consignes de sécurité avaient été établies[5] par la direction norvégienne de la protection civile (DSB)[6].

Un transbordement qui accroît la compétitivité de GNL russe

Affrétés par Yamal LNG[7] qui exploite depuis décembre 2017 d’immenses ressources gazières en Sibérie, ces navires ARC7 de nouvelle génération[8] acheminent dans des conditions extrêmes le GNL depuis le terminal de liquéfaction vers le Nord de l’Europe et/ou vers l’Asie. La route maritime du Nord, navigable en été, permet d’atteindre l’Asie via le détroit de Béring. En revanche, hors saison estivale, les méthaniers brise glaces doivent accoster dans des ports du Nord de l’Europe pour effectuer des transbordements[9].

Transfert du GNL du port russe de Sabetta vers l’Europe. Tous droits réservés.

Ces opérations ship to ship, surtout celle réalisée au large du Cap nord[11], montre la volonté de la Russie de développer plus que jamais ses exportations de gaz en améliorant son transport qui constituait jusqu’à présent un goulet d’étranglement coûteux limitant le flux de  production de Yamal. En effet, cette zone de transbordement en Norvège permet aux méthaniers brise-glace de revenir au plus vite vers le site de production en Sibérie et diminue notablement les frais et délais de transports[12].Ce fut le cas début janvier 2018, au terminal méthanier de Montoir de Bretagne, au cours d’une escale simultanée de deux navires, où, pour la première fois, le transfert de navire à navire de la cargaison GNL a été opéré du méthanier brise-glace russe vers un méthanier classique. Quelques jours plus tard, Dunkerque LNG a réalisé la même opération. Le Terminal GNL de Zeebrugge[10] a lui aussi effectué en mai 2018, son premier transbordement direct ship to ship.

Un transbordement qui inquiète les Américains

Le GNL représentant une excellente alternative au fuel lourd pour relever les défis environnementaux, les besoins ne cessent d’augmenter, rendant ainsi encore plus âpre la concurrence entre les exportateurs. Si le premier exportateur est le Qatar avec 77Mt, suivi par l’Australie (55mt), les États Unis et la Russie se positionnent respectivement aux 7ème  (12 Mt) et 8ème (11 Mt) places. Mais la Russie possède la plus grande réserve gazière mondiale[13].

Le marché européen constitue un enjeu majeur pour lequel la Russie et les États Unis sont en concurrence directe.  Actuellement, 35% de la consommation de GNL de l’Union européenne (UE) est assurée par la Russie tandis que les approvisionnements en provenance des Etats-Unis restent très modestes. La raison réside essentiellement dans des tarifs américains plus élevés à cause des coûts de production de leur méthane issu du gaz de schiste. Le transbordement ship to ship augmente donc encore la compétitivité du gaz russe.

Face à cette situation et compte tenu de leur volonté d’augmenter leur part de marché en Europe, l’administration américaine n’hésite donc pas à recourir à tous les arguments diplomatiques possibles. Ils dénoncent ainsi la trop grande dépendance énergétique des européens vis-à-vis de la Russie et torpillent le projet de doublement du gazoduc Nord Stream qui approvisionne l’Europe. En réponse, la Russie condamne « l’utilisation par les États-Unis d’instruments politiques au service d’une concurrence injuste » et la « violation directe des principes de liberté commerciale ».

Un transbordement révélateur des liens étroits entre énergie et diplomatie

Enfin, le rétablissement des sanctions américaines vis-à-vis de l’Iran touche comme par hasard le pays qui possède la deuxième réserve gazière au monde après la Russie. Et ces sanctions ont contraint les grandes entreprises européennes comme Total à se désengager des projets iraniens d’exploitation de gisement gazier.

Une fois de plus, force est de constater que les enjeux énergétiques et la politique internationale – voire des conflits interétatiques – sont intimement liés. Un simple transbordement ship to ship dans les eaux intérieures d’un Etat souverain peut donc revêtir une dimension diplomatique et entraîner une crispation entre deux tierces puissances majeures.

Mais la proximité de la côte de ce transbordement pose également une autre question : celle de la responsabilité d’un Etat côtier en matière de protection de l’environnement et d’acceptabilité par son opinion publique vis-à-vis d’une opération délicate comportant des risques non négligeables.

 

***

[1] Le GNL est un gaz naturel transformé sous forme liquide après plusieurs traitements successifs. Au final, il est refroidi à 160° est essentiellement constitué de méthane (95%). Ces traitements permettent de réduire le volume du gaz. En effet, 600 m3 de gaz naturel occupent seulement 1 m3 à l’état liquide, ce qui facilite son transport par voie maritime.

[2] Ces navires, relevant de la qualification ARC 7, possèdent une coque renforcée pour permettre de naviguer dans une épaisseur de glace allant jusqu’à 2.5 mètres (la certification précise 2,1 m) et des équipements de pont résistant à des températures jusqu’à -52°C. De 299 mètres de long pour 50 mètres de large, le Vladimir Rusanov peut embarquer 172 000 m3 de GNL. Un navire de type ARC 4 peut naviguer dans une épaisseur de glace allant jusqu’à 0,6m en hiver/printemps et 0,8 mètres en été/hiver.

[3] Tschudi avait déjà des autorisations pour transborder du condensat de gaz, le permis a été renouvelé en 2013 puis, très récemment, a été ajouté le chargement de GNL.

[4] L’opérateur est autorisé à utiliser simultanément trois des quatre zones STS (ship to ship).

[5] Un des deux navires doit être à l’ancre. Le transfert est assisté par deux navires (secours et sécurité).

[6] Direktoratet for Samfunnssikkerhet og Beredskap (DSB) est un organisme gouvernemental norvégien placé sous l’autorité du ministre de la justice et de la police .

[7] Les partenaires de ce projet sont les sociétés russe Novatek (50,1 %) et française Total (20 %), la compagnie pétrolière chinoise CNPC (20%) et le fonds souverain chinois Silk Road Fund (9,9%).

[8]  Une flotte de 15 navires méthaniers brise-glace ARC 7 sera mise en service d’ici 2019.

[9] Le service de transbordement utilise des canalisations reliant directement les deux navires sans passer par un réservoir.

[10] Le Terminal GNL de Zeebrugge et Yamal Trade ont signé un contrat de 20 ans qui prévoit jusqu’à 107 transbordements par an.

[11] 150 à 160 transferts seraient envisagés pour l’année 2019.

[12] En réduisant de 12 jours les trajets effectués par les brise-glaces Arc7 dont les coûts d’exploitation sont plus élevés. Cette zone tampon de transfert GNL serait temporaire. La Russie envisage l’installation de terminaux sur la côte de la mer de Barents, dans la péninsule de Kola, à moins de 100 km de la Norvège et dans une zone libre de glace.

[13] Réserves de gaz naturel mondiales : Russie 23%, Iran (17%) et Qatar (13%). Ces trois pays possèdent la moitié des réserves estimées.

Premier sommet extraordinaire pour le G5 Sahel

Les chefs d’Etats des 5 pays membres du G5 Sahel. Tous droits réservés.

La capitale mauritanienne a accueilli les 5 et 6 décembre 2018 la Conférence de coordination des partenaires et des bailleurs du G5 Sahel, premier sommet extraordinaire destiné à mobiliser 2 milliards d’euros afin de financer la première phase du Programme d’investissement prioritaire (PIP).

Le G5 Sahel, né en février 2014, regroupe le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Les chefs d’Etats des pays membres se sont rendus à Nouakchott à l’exception notable d’Ibrahim Boubacar KEÏTA, le président malien. L’organisation cherche à démontrer aux bailleurs de fonds ses atouts et sa capacité à favoriser le développement dans les zones frontalières. La somme attendue permettra de financer près de quarante projets communautaires dans la région où la menace djihadiste s’appuie sur la frustration générée par des conditions de vie difficiles.

Le PIP est un plan régional ambitieux nécessitant 1,9 milliard d’euros d’investissements sur la période 2019-2021. Les deux tiers de cette somme serviront aux infrastructures et au développement humain. A Nouakchott, des enjeux cruciaux seront débattus, cette jeune organisation rencontrant des problèmes financiers. Ces derniers mois, la Force du G5 Sahel peine à être efficace face à une recrudescence de l’insécurité et un manque de moyens. De fait, l’organisation a fait l’objet de discussions du Conseil de sécurité de l’ONU.

Les pays membres du G5 Sahel doivent développer une approche équilibrée soucieuse des problématiques frontalières, longtemps délaissées. International Crisis Group, dans son rapport du 12 décembre 2017, souligne que le G5 Sahel ne remplira sa mission que s’il parvient à gagner la confiance des populations.

Jean-Yves Le DRIAN, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères s’est rendu en Mauritanie. Depuis 2014, « la France soutient activement » le G5 Sahel. Le ministre a annoncé une contribution importante de la France à ce programme, cette action de Paris allant de pair avec l’engagement français pris au sein de l’Alliance Sahel. Lancée en juillet 2017 par le Président de la République française, la chancelière allemande et la Haute représentante de l’UE, l’Alliance Sahel a pour objectif de financer et de coordonner plus de 500 projets pour répondre à tous leurs défis actuels, sécuritaires, démographiques, économiques et sociaux en vue d’une stabilisation et d’un développement de la région.

Au terme des discussions, l’Union européenne et la France ont annoncé prendre en charge la plus grande partie du financement. Neven MIMICA, commissaire européen pour la Coopération internationale et le développement a déclaré : « Grâce aux 125 millions d’euros additionnels que l’Union européenne annonce aujourd’hui, l’accent sera mis sur des projets de développement dans les zones les plus fragiles, avec un impact immédiat sur les conditions de vie des populations locales. ». Au total, la contribution européenne s’élève à environ 800 millions d’euros. La France ajoutera quant à elle 220 millions d’euros de financements aux 280 millions déjà engagés. Selon Jean-Yves le DRIAN, « la moitié de cette somme concerne des projets déjà en gestation et en cours » et « l’autre moitié sera octroyée de manière accélérée dans les deux ans qui viennent » afin de permettre aux pays du G5 Sahel d’être « au rendez-vous de leurs priorités ».

In fine, les Etats du G5 Sahel sont parvenus à obtenir 1,3 milliard d’euros sur les 2 milliards escomptés. Cette somme, axée sur la prévention du terrorisme, permettra d’améliorer la lutte contre ce phénomène qui, depuis 2013, s’est progressivement répandu dans toute la région.

Conférence de Marrakech sur les migrations, un sujet qui divise

Des demandeurs d’asile et des migrants à bord d’un canot dans les eaux internationales au large des côtes libyennes en novembre 2016.Tous droits réservés.

Les 10 et 11 décembre 2018 se tient à Marrakech une conférence des Nations Unies concernant les migrations. L’objectif de cette Conférence de Marrakech est d’adopter officiellement un pacte global afin de « rendre les migrations plus sûres et plus dignes pour tous ».

Le texte de l’accord, le « Pacte mondial pour des migrations plus sûres, ordonnées et régulières », a été approuvé par les Etats membres de l’ONU le 13 juillet 2018. Il entend mieux gérer les migrations internationales, renforcer le droit des migrants et à contribuer au développement durable et répond à la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants du 19 septembre 2016. Pour la première fois, les Etats se sont accordés pour négocier un accord couvrant toutes les dimensions des migrations internationales. « Réalisation importante » pour le Secrétaire général de l’ONU Antonio GUTERRES, il s’agit d’un « moment historique » pour Miroslav LAJCAK, président de l’Assemblée générale jusqu’au 18 septembre 2018, puisqu’en décembre ce pacte « deviendra officiellement le premier cadre global sur la migration que le monde ait jamais vu ».

Ce Pacte mondial mentionne 23 objectifs à atteindre qui reposent sur des valeurs telles que la souveraineté des Etats, le partage des responsabilités, la non-discrimination et les droits de l’homme afin d’encadrer les migrations. Toutefois, ce texte propose des pistes de réflexion. Même s’il aura de facto une valeur normative, il ne sera pas contraignant juridiquement.

La Canadienne Louise ARBOUR, Représentante spéciale des Nations Unies pour les migrations internationales, présidera la Conférence et espère après adoption du Pacte « une nette amélioration des aspects développement, de l’aspect humanitaire et de tous les avantages économiques que la migration peut produire » à condition que cette dernière soit « bien gérée de manière coopérative ». Si la migration n’est pas un phénomène nouveau, le nombre de migrants s’est accru ces dernières années. « Aujourd’hui, 3,4% de la population mondiale sont des migrants. En 2000, il était de 2.7% » déclare la Représentante spéciale de l’ONU qui affirme que les changements climatiques donneront également lieu à une hausse significative de ce nombre.

L’adoption de cet accord apparait essentielle à l’heure où les conséquences de la migration deviennent préoccupantes. Selon l’OIM, plus de 3 300 personnes ont péri sur les routes migratoires au courant de l’année 2018. Parmi elles, plus de 1700 sont mortes en Méditerranée en tentant de rejoindre l’Europe. Les préoccupations d’un autre ordre se font également entendre. Les pays d’émigration perdent une partie de leurs compétences, les migrants étant souvent qualifiés. Les pays d’accueil sont confrontés à l’inquiétude liée à la perception de concurrence et de vulnérabilité culturelle générée par l’arrivée des migrants.

Ce Pacte fait donc l’objet de critiques dans plusieurs pays craignant qu’il ne devienne un « droit à la migration ». Les gouvernements français et belge annoncent qu’ils signeront ce pacte en accord avec l’ONU mais font face à une vive opposition. Quant aux Etats-Unis, ils se sont retirés des négociations du texte. D’autres Etats, soutenant une ligne ferme en matière de politique d’asile des migrants, ont annoncé pour leur part qu’ils ne signeraient pas le document. Il s’agit en l’occurrence de l’Autriche, la Bulgarie, la Hongrie, Israël, la Pologne, la Slovaquie ou encore la République Tchèque. Face à ces absences, Louise ARBOUR défend que « l’écrasante majorité des Etats membres de l’ONU soutient ce projet de coopération » qui « réaffirme la souveraineté des Etats en terme de politique migratoire ».

Le Conseil européen prolonge le mandat de l’UE en Géorgie

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Lundi 3 décembre 2018, le Conseil européen a prolongé le mandat de la mission de surveillance de l’Union européenne en Géorgie jusqu’au 14 décembre 2020. Le budget alloué pour la période allant du 15 décembre 2018 au 14 décembre 2020 est de 38,2 millions d’euros.

Après l’indépendance du pays en 1992, deux régions à majorité russe ont fait sécession : l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Une mission d’observation des Nations Unies, mandatée en 1993 – et effective jusqu’en 2009 – a mis fin au conflit et donné lieu à un cessez-le-feu. Toutefois, en août 2008, les forces géorgiennes ont pénétré dans la région d’Ossétie du Sud, provoquant une escalade des tensions avec Moscou. L’Union européenne est parvenue à un cessez-le-feu entre les deux parties grâce à un accord en six points. Depuis lors, le conflit est gelé. La mission EUMM Georgia (European Union Monitoring Mission) est une mission civile déployée en 2008 à l’issue de l’accord conclu entre la Géorgie et la Russie.

EUMM Georgia compte plus de 200 observateurs de tous les Etats membres de l’Union européenne. Ces derniers fournissent des policiers, des militaires et des civils. Le siège se trouve à Tbilissi mais il existe trois autres bureaux. La mission a pour dessein de contribuer à la stabilisation, à la normalisation et au renforcement de la confiance entre les deux Etats. Le mandat de l’EUMM s’étend dans tout le territoire géorgien, à l’intérieur des frontières internationalement reconnues. Toutefois, les régions d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie se montrent réticentes à l’accueil de la mission.

En octobre 2018, la mission de surveillance a célébré son dixième anniversaire. Durant cette période, l’EUMM a effectué plus de 65 000 patrouilles sur le terrain qui ont impliqué plus de 1 700 ressortissants des 28 Etats-membres de l’UE. Pour Erik HOEG, chef de la mission de surveillance « au cours de ses dix années d’existence, la mission a dû s’adapter aux évolutions de son contexte de sécurité ». Il assure que le rôle de la mission est « compris et respecté ».

L’EUMM Georgia fait partie des dix missions civiles de gestion de crise déployées par l’Union européenne dans le cadre de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC). La décision de prolonger le mandat pour une durée supplémentaire de deux ans témoigne de l’engagement de l’UE en Géorgie. Elle répond tout de même à la relative stabilité de la région, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie partageant une frontière terrestre avec la Russie.
Le pays vient d’élire une nouvelle présidente. Contrairement à son principal rival, Salomé ZOURABICHVILI, présidente fraichement élu s’est distinguée par ses positions modérées envers Moscou.