Author: FMES

Séminaire de clôture de la 2ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN

Le 7 juillet 2017, c’est à l’École militaire que le séminaire de clôture de la 2ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » s’est déroulé. Il était présidé par Vincent Bouvier, secrétaire général de la mer, à l’invitation du général de corps d’armées Bernard de Courrèges d’Ustou, directeur de l’institut.

Quintessence de près d’une année de formation, ce séminaire a permis aux auditeurs de présenter le fruit de leurs réflexions sur trois thèmes qui leur avaient été confiés : « Politique et stratégies maritimes de la France et de l’Union européenne », « Évolution du droit maritime » et « Planification spatiale des espaces maritimes ».

L’intervention d’autorités, dont le vice-amiral d’escadre Denis Béreau, major général de la marine, Thierry Cocquil, directeur des affaires maritimes, Serge Ségura, ambassadeur des océans et Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du Cluster maritime français et la présence d’un grand nombre d’experts du monde maritime, ont donné lieu à des débats animés et d’une grande franchise, dans la plus pure tradition de l’IHEDN.

Le franc-parler des auditeurs ne leur ayant pas été reproché – bien au contraire – l’attestation de formation leur a été remise.  Forts de leur qualité d’auditeurs de l’IHEDN, ils disposent, désormais, de tous les atouts nécessaires pour participer à la diffusion, au sein de la Nation, de l’esprit de défense et d’un peu de sel marin.

Remise des diplômes aux auditeurs

Le navire de relève montre déjà son étrave car le décret du Premier ministre désignant les futurs auditeurs de la 3ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » est paru au Journal officiel le lendemain de ce séminaire.

 

Séminaire de clôture de la 27ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques

La 27ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques organisée par l’Institut FMES a effectué son séminaire de clôture du 15 au 17 juin 2017. La dernière phase de la formation s’est déroulée dans une ambiance à la fois très sérieuse et conviviale montrant ainsi toute la cohésion de cette session et les objectifs atteints pour l’Institut.

Deux visites ont été effectuées :

  • l’une à l’Institut océanographique Paul Ricard sur l’île des Embiez centrée sur les recherches pour le développement durable et les conséquences en particulier sur les flux migratoires,
  • et l’autre à Antibes au centre national d’instruction nautique de la Gendarmerie nationale qui a permis de découvrir toutes ses activités avec quelques baptêmes de plongée pour les auditeurs et la présentation pratique sur une scène de crime aquatique.

La session a par ailleurs eu le privilège d’avoir un échange très ouvert avec Monsieur le Préfet du Var Jean-Luc Videlaine. La session a enfin présenté devant une table ronde de trois grands témoins les professeurs Patrice Gourdin de l’Ecole de l’Air et Ioannis Mazis venu d’Athènes, et Monsieur Alain Dumort directeur de la représentation de l’UE à Marseille, les conclusions de son étude sur les flux migratoires en zone euro-méditerranéenne : chance ou menace ?

Ce travail a été salué par tous les participants pour son sérieux et sa pertinence, la session a alors reçu les diplômes venant concrétiser l’ensemble de la formation délivrée.

Une excellente conférence du professeur Mustapha Benchenanne sur les incertitudes stratégiques en Méditerranée a clos la matinée.

La 2ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN en mission d’étude à Shanghai

Sous la conduite du directeur, le général de corps d’armée Bernard de Courrèges d’Ustou, la 2ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN a fait escale en Chine à l’occasion de sa mission « Monde ».

Ce fut une semaine de réflexion et de découvertes particulièrement riche pour les auditeurs, qui ont bénéficié d’un programme dense et varié. Cette réussite est en premier lieu due au soutien de l’ambassade de France à Pékin et du consulat général de Shanghai, mais aussi à l’aide apportée par des entreprises françaises installées en Chine, en particulier le Bureau Veritas, CMA-CGM, Orange et la CCIF[1].

La Chine met en œuvre avec détermination une politique et des stratégies maritimes fondées sur une vision globale de long terme, qui éclaire notamment les tensions actuelles en mer de Chine méridionale et le développement de son nouveau projet stratégique de route de la soie (OBOR[2]). Elle compte désormais sept ports, dans les dix premier mondiaux, une flotte de commerce au premier rang mondial et une marine de guerre, la 2ème au monde, dont le développement est vertigineux. Premier port du monde et abritant le premier chantier naval de la planète, la ville de Shanghai constitue, donc, une destination privilégiée pour l’étude des problématiques maritimes.

Le plus grand port du monde sous la pluie

Dans un premier temps, Axel Cruau, consul général de France à Shanghai, le capitaine de vaisseau Pascal Carré, attaché de défense et leurs équipes, ont dressé un panorama général des enjeux politiques, économiques et culturels de la Chine, de même que de ses relations avec la France. Les auditeurs ont, ainsi, pu disposer de premières clés de compréhension indispensables pour la suite de la mission.

Ensuite, les auditeurs ont pu visiter le port en eau profonde de Yangshan et le chantier naval Shanghai Waigaoqiao Shipbuilding, où sont construits les plus grands porte-containeurs du monde[3] et le futur porte-avions chinois. Ce fut pour eux une parfaite illustration de la politique maritime mise en place par la Chine, de sa planification rigoureuse et déterminée et de son extraordinaire essor économique dans les domaines du shipping et de la construction navale.

Devant le plus grand porte-containeurs du monde en construction

Ils ont ensuite été particulièrement impressionnés par la visite du centre de recherche de la société Huawei, site de plusieurs milliers de chercheurs, dont la dimension et le niveau technologique sont à l’image de l’investissement de la Chine dans le domaine stratégique de la maîtrise de l’information. Après avoir pris une position dominante sur les marchés chinois et africain, cette société se lance à la conquête du reste du monde avec une volonté et des moyens à la hauteur des enjeux.

Chez HUAWEI

Les conférences et les débats plus académiques, que ce soit avec des chercheurs chinois, à l’Académie des sciences et au SIIS[4], avec des experts français de la Chine ou avec la directrice des relations internationales de la ville de Shanghai, ont été très riches. Ils ont permis aux auditeurs de mieux comprendre le pragmatisme de nos amis chinois, leur ouverture au monde et les stratégies maritimes qui motivent, notamment, leur projet de nouvelle route de la soie.

Enfin, au cours de leurs rares moments de visite culturelle et de détente en ville, les auditeurs ont eu l’occasion de visiter la Shanghai Tower (632 mètres) et le musée de Shanghai. Ils ont ainsi pu appréhender la dimension et le modernisme architectural de cette mégapole de plus de 25 millions d’habitants, le spectaculaire niveau de connexion de la population et l’efficacité des applications développées en Chine. Le plus bel exemple est la gestion du parc de vélos en libre-service, sans comparaison avec ce qui existe en France. Ils ont surtout mieux appréhendé la psychologie chinoise et affiné le regard qu’ils portaient sur cette Chine qui continue à fasciner par son spectaculaire essor économique aux caractéristiques bien spécifiques.

Navigation sur le Huangpu devant le Bund

Une densité urbaine impressionnante

[1] Chambre de commerce et d’industrie française à Shanghai.
[2] One belt one road.
[3] Plus de 21 000 « boîtes », terme consacré pour désigner les containeurs de 20 pieds.
[4] Shanghai Institute of International Studies.

Le Sahel, un enjeu international – Résumé de la conférence de Mr Patrice GOURDIN prononcée le 11 mai 2017

Après un bref rappel des interventions militaires françaises (Libye en 2011, Mali en 2012/ 2013 auxquelles vient s’ajouter l’opération Barkhane au Sahel depuis 2014), Mr Patrice GOURDIN commence par une présentation  géographique et géopolitique du Sahel, puis il dresse un tableau des risques encourus.  En dernière partie, notre intervenant aborde les  actions en cours dans cette zone d’incertitudes.

Une zone défavorisée

Le Sahel géographique couvre un territoire de 3 millions de km2 qui s’étend sur une bande au sud du Sahara, d’Est en Ouest. La conférence traite du Sahel géopolitique, c’est-à-dire les pays constituant le G5 Sahel : Mauritanie, Mali, Burkina-Faso, Niger et Tchad. La zone sahélienne est l’une des plus pauvres du monde. Plusieurs facteurs expliquent cette pauvreté.

L’aridité du climat est l’un des facteurs déterminants, aggravé par les variations saisonnières et interannuelles qui peuvent engendrer des conséquences dramatiques pour la population. Au-delà de deux années consécutives de sécheresse, la situation peut rapidement entrainer une famine. En conséquence, ces éléments climatiques sont peu propices aux activités et le mode vie est essentiellement axé autour du  nomadisme.

Mais l’on ne peut attribuer au seul climat, les difficultés du Sahel. L’analyse spatiale montre que quatre pays sur cinq sont enclavés (seule la Mauritanie a une façade maritime). L’absence d’accès à la mer rend vulnérable la zone sahélienne au bon vouloir et/ou à la situation intérieure des pays voisins possédant des ports. Cet enclavement n’est pas sans poser problème, notamment en matière d’infrastructures, de communications.

Le Sahel est dépourvu des ressources naturelles ou bien alors, il ne peut les exploiter dans des conditions économiquement rentables.  Seules exceptions : la Mauritanie et le Tchad. Pour la première, il s’agit de l’exploitation du  fer, mais la production reste faible. Quant au Tchad, depuis 2010, il extrait du pétrole. Mais les revenus issus de ces ressources sont soumis aux variations des cours sur le marché mondial et sont mal distribués.

Le bilan démographique est très préoccupant. Actuellement le taux de fécondité est de 6 enfants par femme. Cette démographie galopante implique un doublement de la population tous les 20 ans. On prévoit dans 40 ans, 280 millions d’habitants au Sahel !  La jeunesse, qui  représente 40 à 60 % de la population, ne peut être valorisée. Une agriculture en ruine, une industrie inexistante et des services faiblement développés font que, en dehors de l’économie informelle (trafics, etc.),  les  jeunes  ont peu de perspectives d’avenir. Des efforts sont faits mais les progrès sont contrariés par cette explosion démographique. Depuis les années 1960, l’agriculture traditionnelle a été négligée, parfois au profit de la mécanisation. Les analyses récentes montrent qu’il est préférable de revenir à ces cultures traditionnelles pour maintenir la population dans les campagnes plutôt que de générer un exode massif vers les zones urbaines où le travail est rare.

La zone sahélienne est aussi confrontée à un grave problème de gouvernance. Globalement les gouvernements sont incapables de lutter contre la corruption, d’assurer la sécurité et la justice, ainsi que de corriger les inconvénients de la marginalité géographique. Néanmoins, l’émergence de jeunes talents africains, non corrompus,  pourrait faire bouger les  lignes. Dans les pays du G5-Sahel on observe une « démocratie en chantier ».

Une zone dangereuse

Contrairement à une idée  très répandue le risque djihadiste n’est pas la seule menace qui plane. Les premiers risques sont l’insécurité alimentaire (malnutrition, etc.) et le  risque sanitaire. Les ONG sont présentes sur ce terrain.

Les clivages ethniques accentués par la pauvreté peuvent, en période de pénurie, évoluer en rivalités voire en affrontements, notamment pour l’accès aux ressources.  Le banditisme est également un problème car les États sont défaillants en matière de sécurité.

Pour ce qui concerne les phénomènes migratoires, le Sahel est un lieu de passage très fréquenté. Peu de contrôles sont réalisés car les États sont défaillants. Certaines populations locales en tirent profit, parfois avec la complicité d’une partie des cadres étatiques (politiques, militaires, policiers voire judiciaires).

Quant aux divers trafics, ils sont sources de revenus et, à cause de la pauvreté, ces trafics augmentent d’année en année. Ils entretiennent l’insécurité, mais les populations locales (tout comme une partie des cadres étatiques) ne sont pas foncièrement favorables à un retour à la normale car ces trafics génèrent des revenus.

Face à la pauvreté, une partie de la population se radicalise.  Des rébellions (par exemple au Tchad contre le président Deby, ou les Touaregs au Mali) ont éclaté, mais les dissensions tribales et la diversité ethnique ne facilitent pas les  ralliements, au demeurant fluctuants.

La dégradation des conditions de vie, la partialité des gouvernements et une sécurité défaillante,  ont entrainé une montée en puissance des groupes salafistes. En mars 2017, est apparu, le « Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans ».  Cette formation résulte de la fusion d’Ansar Dine, d’al-Mourabitoune, du Front de libération du Macina et de l’émirat du Sahara (branche d’al-Qaïda au Maghreb islamique-AQMI). AQMI domine dans les cinq États sahéliens et accroit sa capacité opérationnelle. Il vise nettement à interdire l’implantation de Daech qui, voyant sa base territoriale en Syrie et en Irak sur le point de s’effondrer,  envisage de s’implanter au Sahel.

Cette menace fait que le Sahel est devenu un enjeu international.

Une zone d’incertitude

Confrontée à l’incertitude dans la zone sahélienne, la communauté internationale fournit de nombreuses aides, tant économiques (4 milliards de dollars par an) que militaires (1 milliard par an pour les opérations militaires de la force ONU, par exemple). Ces budgets sont élevés et équivalent à 10% du PIB de l’ensemble des pays du Sahel et à 40% de leurs recettes fiscales.

Cependant, une absence de coordination, voire une certaine compétition entre les donateurs, rendent moins efficaces ces soutiens. Et ces aides publiques, axées sur le développement, n’intègrent pas le volet sécurité, pourtant nécessaire.

Le G5 Sahel n’obtiendra de résultats que si, d’une part, les pays membres luttent contre la corruption et contre les inégalités et si, d’autre part, ils reçoivent l’aide des pays voisins. Or, ce n’est pas le cas actuellement, certains pays collaborent peu avec le G5 Sahel. Par exemple, l’Algérie, pays bordier du Sahel, ne s’implique pas dans le G5 et limite pour l’essentiel son assistance militaire au droit de passage des systèmes d’armes aériens venus de France et à la fourniture de quelques renseignements. AQMI a été créé sur son sol et elle  elle ne souhaite pas que les djihadistes chassés vers le Sahel reviennent sur son territoire.

L’intervention française (opération Barkhane) vise à contenir et réduire l’expansion géographique des djihadistes. Elle soutient également les opérations militaires menées par les forces africaines. Mais la zone contaminée est immense par rapport à la zone traitée. Le corps expéditionnaire ne pourra seul juguler le djihadisme. Il est nécessaire que des effectifs et des moyens plus substantiels soient engagés par les États de la région et qu’une politique de développement économique et social ainsi que de bonne gouvernance soit menée à bien.

Les intérêts de la France sont nombreux. En premier lieu, garantir sa sécurité : AQMI est “en guerre“ avec la France. Ensuite, protéger les ressources en uranium du Niger (approvisionnement de la filière énergétique nucléaire), ainsi que d’importants intérêts économiques au Sénégal et au Cameroun (ce pays exportateur de pétrole  est déjà touché au Nord par Boko Haram). En outre, protéger les ressortissants français dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest (20 000 personnes environ dans les pays du G5 Sahel, en premier lieu). Enfin, assurer sa crédibilité : le respect de ses engagements de défense conditionne la poursuite des coopérations militaires avec plusieurs pays de la région et, au-delà, le soutien d’une partie des pays africains dans les grandes instances (et durant les négociations) internationales

Il est à noter que, de manière générale, toute force militaire étrangère lorsqu’elle s’installe dans la durée finit par être vue comme une force d’occupation. Comme elle ne peut pourvoir aux besoins locaux en matière de sécurité, d’administration, de santé, d’alimentation etc.,  elle devient mal perçue par une partie de la population.

Dans le cadre d’une “Stratégie pour la sécurité et le développement au Sahel“ (démarche intégrée, adoptée en 2010, révisée en 2015 et 2016), des programmes européens sont engagés. Il s’agit d’aide économique et militaire non combattante. S’ajoutent les missions d’assistance technique EUCAP Sahel Niger, (lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme), EUCAP Sahel Mali (réforme du secteur de la sécurité) et EUTM-Mali (restructuration et réorganisation des forces armées). Il apparaît nécessaire d’améliorer la coordination entre les divers intervenants de l’UE.

Depuis les années 1990, les États-Unis s’impliquent davantage en Afrique, perçue dorénavant comme un continent d’avenir et un fournisseur de matières premières avec qui coopérer, notamment dans le cadre de l’African Growth Opportunities Act-AGOA (2000). Des coopérations, matérialisées  en particulier par l’exercice annuel « Flintlock »,  sont mises en place depuis 2001 afin de lutter contre le terrorisme.

L’ONU est aussi largement engagée au travers d’actions civilo-militaires : par la résolution n° 2100 (2013), le Conseil de sécurité a autorisé la mise sur pied de l’ambitieuse “Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation au Mali“-MINUSMA. Parallèlement, une “Stratégie intégrée pour le Sahel“ a été adoptée.

En conclusion, près de trois ans après la fin de son intervention au Mali, la France demeure engagée au Sahel, dans le cadre de l’opération Barkhane. Al Qaïda a survécu et semble se renforcer tandis que Daech tente de s’implanter. La lutte contre le terrorisme suppose un minimum de soutien dans la population, ce que les gouvernements locaux s’avèrent incapables de réaliser. Le soutien des États africains, de l’Union européenne, des États-Unis et de l’ONU reste indispensable pour la recherche de solutions pérennes. Faute de quoi, le Sahel risque de devenir un nouvel Afghanistan.

 

Séminaire dans les Hauts de France pour la 2ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN

Après les ports bretons et méditerranéens, la 2ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » a fait escale dans les ports de la Côte d’Opale les 19 et 20 mai.

Ce fut d’abord les retrouvailles avec Stéphane Raison, président du directoire du Grand Port Maritime de Dunkerque et auditeur de la 1ère session, qui a fait partager sa vision des grands enjeux auxquels sont confrontés les ports français puis a guidé la visite du 3ème port français. Le Vice-amiral d’escadre Pascal Ausseur, préfet maritime Manche et mer du Nord, a également rejoint les auditeurs à Dunkerque pour leur exposer ses grandes préoccupations et les enjeux liés à la planification spatiale des espaces maritimes.

Un rapide transit vers Calais a permis aux auditeurs de toucher du doigt les problématiques humanitaires, de sécurité et de sûreté portuaire liées à l’immigration clandestine grâce à une rencontre avec Vincent Berton, sous-préfet de Calais et une visite des infrastructures portuaires stratégiques en termes de transport de marchandises et de passagers entre la France et l’Angleterre.

La visite du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) de Gris-nez a ensuite mis les auditeurs face à l’Angleterre et à la voie maritime la plus fréquentée au monde après le détroit de Malacca. La préservation de la vie humaine ainsi que les enjeux de sécurité et de préservation de l’environnement y sont une préoccupation de tous les instants.

Boulogne sur Mer a constitué la dernière étape de ce séminaire aussi dense que passionnante. Les auditeurs se souviendront encore longtemps de la qualité de l’accueil de la communauté d’agglomération du Boulonnais et de leur début de journée à 4 heures du matin  pour la visite de la criée puis du premier port de pêche français. Ont suivi deux tables-rondes sur les enjeux de la pêche et le ressenti par les usagers des projets de planification des espaces maritimes.

Après un déjeuner  reconstituant et quelques cafés indispensables, les auditeurs ont eu l’opportunité de visiter le chasseur de mines tripartite la Croix du Sud, en escale à Boulogne, où le commandant, le capitaine de frégate Fanny Galichet, et son équipage leur ont présenté leur bâtiment et ses missions.

A bord du chasseur de mines tripartite La Croix du Sud à Boulogne sur Mer

Riches de ces enseignements, les auditeurs ont ensuite consacré la fin de la journée à la présentation des rapports de leurs travaux de comité qu’ils devront finaliser avant leur restitution prévue le 7 juillet prochain à Ecole Militaire à l’occasion du séminaire de clôture de la session.

Un module « Sécurité et Défense » pour les étudiants de l’école SeaTech de La Garde

Le 29 mai a eu lieu à La Garde, près de Toulon, en présence du président de l’Institut FMES, le vice-amiral (2s) Benoit le Masne de Chermont, la signature d’un partenariat entre l’école d’ingénieurs SeaTech, spécialisée dans l’ingénierie maritime, et l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN). Ce partenariat cherche à rapprocher les milieux universitaire et militaire. Dès la rentrée 2018, une trentaine d’élèves pourra suivre un nouveau module de formation de 85 heures intitulé « Sécurité défense IHEDN ». Les cours seront dispensés par des enseignants de SeaTech, mais également par des intervenants de la marine nationale, de l’armée de terre et des professionnels d’entreprises spécialisées dans la défense et la sécurité. Au programme : cybersécurité, protection d’informations, systèmes d’armement, ainsi que des visites de sites militaires. Cette convention vise aussi à faciliter la recherche de stages chez des industriels de la défense comme DCNS, THALES, AIRBUS ou encore la DGA.

De gauche à droite, M. Eric Moreau, directeur de SeaTech, M. Patrick Perrier, président de l’association régionale AR 20 de l’IHEDN, et M. Eric Boutin, président de l’Université de Toulon, ont signé le 29 mai 2017 un partenariat pour assurer un nouveau module de formation « Sécurité et défense » dès la rentrée 2018.

La 27ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques à Toulouse

La 27ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques a effectué son avant-dernier séminaire délocalisé à Toulouse du 18 au 19 mai 2017 sur le thème de la Recherche et de l’Innovation avec l’exemple de la filière aéronautique et spatiale.

Ce déplacement a permis au travers de trois visites de grandes entreprises et organismes leaders au niveau mondial de montrer à nos auditeurs l’immense capital humain et la très grande expérience que notre pays a acquis au fil des années grâce à des décisions stratégiques prises il y a maintenant plusieurs décennies et sans cesse enrichies.

Le programme a donc conduit en premier la session dans l’entreprise TAS Thales Aleniaspace avec en particulier la visite des salles blanches pour la réalisation des satellites de communication avec un point sur les différents projets les plus innovants. La deuxième journée a été consacrée au site du CNES Centre National Spatial avec des moments extraordinaires comme la « visu en live » de notre astronaute Thomas Pesquet dans la station spatiale, ou avec le véhicule Curiosity sur Mars avec des images qui ne sont pas du cinéma, sans parler des programmes Pléiades pour l’imagerie ou AthenaFidus pour les télécommunications. Le troisième jour s’est déroulé chez AIRBUS avec le point sur les principaux programmes d’avions militaires A400M et MRTT, et la visite des bancs d’essais IRON BIRD et la chaine du dernier né l’A350, avion reposant en particulier sur des matériaux composites.

Les auditeurs auront pu mesurer également au travers de tous les échanges et de l’accueil réservé que le réseau des anciens FMES fonctionnaient parfaitement et qu’ils gardaient tous un excellent souvenir de leur formation. Malheureusement la fin approche à grands pas…..